Les dirigeants britanniques étant
déterminés à en finir avec la présence
acadienne en Nouvelle-Écosse, une flotte de 36 navires est
déléguée à l'embouchure de la
rivière Missaguash (près du fort Beauséjour) le 2
juin, dans laquelle prennent place 2 350 soldats et miliciens. Le
gouverneur du Massachusetts, William
Shirley, collabore aussi à cette expédition en
dépêchant une cohorte de 2 000 hommes.
Se voyant incapables de résister à une
telle attaque, l'abbé Le
Loutre et le commandant Duchambon
de Vergor choisissent de brûler la nouvelle église,
les maisons, les granges et toutes les autres structures de la
région de Beauséjour (N.-B.). Le fort inachevé
offre peu d'opposition; son siège ne dure que 12 jours. Le 16
juin, un obus pénètre une casemate et tue quatre
personnes. Vergor demande alors un cessez-le-feu, requête
à laquelle le colonel Monckton
acquiesce le jour même. Le sort de l'Acadie est alors jeté.
Suivant la conquête du fort
Beauséjour, le colonel Charles
Lawrence adopte une résolution le 28 juillet 1755,
où
il prévoit l'éparpillement des Acadiens sur le continent
nord-américain, ainsi que l'implantation de mesures visant
à empêcher leur retour. Il ordonne ensuite le
rassemblement des habitants de l'Acadie pour les aviser de leur expulsion.
Le 31 juillet, Lawrence donne ses instructions et
déploie les forces anglaises de la façon suivante :
le colonel Robert Monckton est chargé de l'isthme de Chignectou,
le colonel John
Winslow, du district des Mines, le capitaine Alexander
Murray, de celui de Pigiguit, et le major John Hanfield,
déjà en poste à Annapolis Royal, de ce district.
Les Acadiens de la Nouvelle-Écosse sont alors
embarqués sur des navires à destination des colonies
britanniques de la côte atlantique où ils sont maintenus
et éventuellement dispersés. De 6 000 à
7 000 Acadiens sur 13 000 sont expulsés en 1755.
Un groupe de résistants acadiens, dirigés
par Joseph
Broussard dit Beausoleil, poursuit la lutte et mène une
série d'opérations de guérilla contre les
Britanniques.