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1. Le Québec 1534-1608-1736-1995 MP3 Ram ![]() 2000 ans d'Historie, Patrick Gélinet avec Daniel Vernet, Le Québec, © France Inter, jeudi 26 juin 2008 de 13h30 à 14h01. Ram «
Nous fîmes
une croix sur le croisillon de laquelle nous mîmes
trois fleurs de lys et un écriteau où il y avait: "Vive le roi de
France". Et nous plantâmes cette croix sur la pointe de Gaspé. »
Jacques Cartier En 1534, François Ier envoyait Jacques Cartier en Amérique pour y trouver de l’or et une nouvelle route maritime permettant d’atteindre l’Asie par l’ouest. Parti de Saint Malo le 20 avril, Jacques Cartier arrivait trois mois plus tard sur la péninsule de Gaspé où, devant les Indiens de la région, il plantait une croix et prenait possession du pays au nom du roi de France. 75 ans plus tard, en 1608, un autre Français, Samuel de Champlain fondait la ville de Québec et y installait les premiers colons de ce qui allait s’appeler : La Nouvelle France. C’était la naissance en Amérique d’une immense colonie française qui allait de la Gaspésie jusqu’aux Grands Lacs et de la baie d’Hudson au Mississippi. Elle comptait déjà 90.000 habitants lorsqu’en 1763, par le traité de Paris, Louis XV la donnait à L’Angleterre. En abandonnant une population qui n’a jamais oublié son histoire, ses traditions, et la langue avec laquelle 200 ans plus tard, Louis Hémon écrivait le roman le plus célèbre de la littérature canadienne : Maria Chapdelaine. 2. Le front de Libération du Québec ou l'affaire Mario Bachand - Niveau B2/C1 Transcription et exercices de réception orale par Manfred Overmann et Sonia Lavanan - Dossier word Niveau B2/C1
[Extrait
2]: Le FLQ1) Qu'est ce que le FLQ? 2) Que s'est il passé à la fin des années 50 sur le plan politique au Québec? 3) Qu'est ce que le RIN? 4) Évoquez en quelques lignes la politique de Duplessis. 5) Qui devient Premier Ministre après la mort de Duplessis? 6) Dans quelle mesure cela représente-t-il un changement? 7) Comment a-t-on appelé ce tournant? 8) Comment se situent les indépendantistes par rapport à cette nouvelle politique? 9) "Comment" le FLQ fait il sa première apparition? 10) Définissez son programme en quelques lignes? 11) Quelle est la réaction de la police face à ces divers attentats? 12) Rédigez un petit paragraphe (5 lignes environ) sur les grandes idées développées par Chatelin dans son enquête publiée dans Le Figaro. [Extrait
3]: Les premiers
militants et la poursuite des actions violentes1) Combien étaient ils au départ? 2) Qui étaient les premiers leaders du FLQ? 3) Que se passe-t-il en 1964? 4) Quelle évolution idéologique peut on constater au sein du FLQ? 5) Pourquoi les "bavures" sont elles contre-productives pour le FLQ? 6) Par qui le FLQ pourrait il être infiltré? 7) Quel est le but premier du FLQ ? Réussit il à l'atteindre? 8) Pourquoi la police canadienne préfère-t-elle contrôler le FLQ plutôt que l'éradiquer, vu qu'elle dispose des moyens pour le faire? 9) Quelle hypothèse est avancée par Monsieur X pour expliquer cela? [Extrait
4]: De Gaulle et la
question québécoise1) Pourquoi le Général De Gaulle est embêté par la question québécoise? 2) Qu'est ce que le "lobby québécois"? 3) Le Général De Gaulle mourrait d'envie de s'exprimer à propos du Québec. Quelle occasion se présente à lui en 1967? Quelle est sa réaction? Pourquoi? 4) Pourquoi les collaborateurs du Général redoutent un tel voyage? 5) Comment le Général se rend il au Canada? Pourquoi? 6) Quel chemin emprunte-t-il? Pourquoi? 7) Comment est-il accueilli par les Québécois ? 8) Quelles conséquences peuvent avoir un tel discours? [ [Extrait
6]: L'évolution des
rapports de De Gaulle avec le Québec et son discours 1) Comment le général de Gaulle voit le Canada? Et le Québec? Vous évoquerez brièvement si sa perception évolue ou non. Si oui, de quelle manière? 2) Effectuez une petite recherche et expliquez les paroles de l'un des conseillers du Général lorsqu'il lui dit : " Mon général, vous venez de payer la dette de Louis XV." 3) Après ce discours comment réagissent les services de sécurité canadiens vis-à-vis des français vivant au Québec? 4) Que signifie le SDEC? 5) Jusqu'où est allé le soupçon canadien vis-à-vis d'un français? 6) La France peut elle être accusée de soutenir à 100% l'action indépendantiste? 7) Faites une recherche et évoquez l'attitude du général face au Québec après son 1967. Y a-t-il eu d'autres gestes ou actions symboliques? [Extrait
7]: Le FLQ et son
démantèlement 1) Quelles fautes commet le mouvement en 1970? 2) Quelle est la réaction du gouvernement d'Ottawa? 3) Pourquoi l'enlèvement de James Cross avait il été "bien vu" par la population québécoise? 4) Le gouvernement d'Ottawa organise une véritable campagne de désinformation. Pourquoi? Citez les principales idées de cette campagne. 5) Que se passe-t-il pour le premier otage, Pierre Laporte? Et le second, James Cross? 6) Quelles sont les conséquences des manoeuvres canadiennes (notamment la désinformation) pour déconsidérer le FLQ ? Influent elles sur le mouvement et ses actions? [Extrait
8]: Conclusions1) Quelle est l'hypothèse la plus plausible concernant l'assassinat de Mario Bachand? 2) Le FLQ entretient très vraisemblablement des liens avec d'autres organisations terroristes lesquelles? 3) Vous comparerez la manière d'agir du FLB et du FLQ. Existe-t-il des différences/des similitudes? Si vous le souhaitez vous pourrez élargir la comparaison à d'autres organisations dans le cas d'un travail plus long (ETA, RAF, ...). 4) Quelle hypothèse concernant le meurtre de Bachand est privilégiée par Monsieur X? 5) Dans quelle mesure peut on parler d'une implication française dans cette affaire (toujours d'après Monsieur X)? 6) Quelles sont les principales idées défendues par le FLQ dans leur manifeste ? Le Front de libération du Québec ou l'affaire Marion Bachand « Vive le Québec libre ! »
Personne, et surtout
pas au Canada, n’a oublié la retentissante conclusion du discours du
général de
Gaulle prononcé au balcon de la mairie de Montréal… Comme un cri du
c½ur!
C’était en 1967. Et le voyage triomphal du président français au Québec
avait fait
sensation et allait durablement pesé sur l’évolution politique du
Canada et de
la « Belle province », comme on dit outre-atlantique. Encouragement aux
sécessionnistes québécois, ingérence inacceptable dans les affaires
d’un État
étranger ou réparation de la faute commise au XVIIIème siècle lorsque
Louis XV
a abandonné à l’Angleterre nos compatriotes installés au Canada? Quoi
qu’on en
pense, le coup d’éclat du général n’a pas laissé indifférent. Et ce
n’est
peut-être pas un hasard si trois ans plus tard, les indépendantistes du
FLQ, le
Front de Libération du Québec, sont passés à la vitesse supérieure et
ont même
assassiné un ministre qu’ils avaient préalablement enlevé. Et que
penser de
cette affaire mystérieuse et jamais résolue ? Le meurtre, en 1971, dans
la
banlieue parisienne, de l’un de ces militants québécois, un fléquiste,
ainsi
qu’on dit là-bas. Des militants qui, après la spectaculaire sympathie
pour leur
cause exprimée par le général, ont rejoint Paris. Mais qui pouvait
avoir
intérêt à tuer ce jeune homme exilé chez nous ? Était-il dangereux ? Ou
avait-il trahi ces amis séparatistes ? Ou encore, détenait-il des
documents
importants dont on voulait s’emparer ? Et pourquoi a-t-il été assassiné
quelques jours avant la visite en France du Premier ministre canadien ? Monsieur X ouvre cet
étrange
dossier: l'affaire Mario Bachand. Chanson Patrick Pesnot, rendez-vous
avec Monsieur X. Le personnage d'abord: En
1971, Mario Bachand a 26 ans. C'est un grand gaillard d'1m80 qui arbore
une
superbe moustache à la Brassens. Sa seule activité connue: peintre
amateur.
Selon certaines sources, il aurait d'ailleurs été impliqué en Belgique
dans une
escroquerie aux faux tableaux. Oh, soyons prudent car cette affaire est
entourée d'un grand flou. De la même façon qu'on lui prêtera une ou
plusieurs
liaisons féminines. P.P: Pour quelle(s) raison(s)? Bah, on retrouvera dans sa
chambre plusieurs correspondances amoureuses. A tel point que les
enquêteurs
penseront à un moment à un drame de la jalousie. Mais c'est évidemment
la piste
politique qui semble la plus sérieuse. P.P: A cause de ses activités
militantes ? Oui, très tôt, à même pas
20
ans, Bachand s'engage au FLQ et ça lui vaudra de passer 4 ans derrière
les
barreaux. Le jeune homme a en effet été accusé d'avoir commis plusieurs
attentats dans son pays. Et puis ce militant qui professe des opinions
d'extrême gauche fuie le Québec, passe par Cuba et Alger avant de
s'installer
dans la région parisienne. P.P: Il faut préciser que le
FLQ, on en reparlera plus, c'est le Front de Libération du Québec. Et
alors,
Bachand là, la région parisienne, où vit il plus précisément ? A Saint-Ouen. Au cours
d'une
réunion, il a sympathisé avec un jeune assistant à l'Université qui lui
a offert
l'hospitalité dans son modeste studio. Alors, maintenant que vous en
savez un
peu plus sur ce Bachand... P.P: Enfin, c'est encore un peu mince... Je suis d'accord avec vous mais enfin j'y reviendrai. Alors
les faits: 20 mars 1971, en début de soirée, ce professeur
assistant
regagne son domicile et il découvre le cadavre de Bachand qui gît sur
la
moquette du studio. Manifestement, le Québécois a été touché à la tête. P.P: Par une arme à feu ? Oui, l'autopsie révèlera
que
Bachand a été mortellement blessé par deux balles de calibre 22. P.P: De 22? C'est un petit
calibre ça ? Oui, oui qui n'est guère
utilisé par les tueurs professionnels mais le 22 aussi ne fait pas
beaucoup de
bruit, surtout quand l'arme est équipée d'un silencieux, c'est pourquoi
il est
parfois utilisé par les spécialistes. P.P: Mais dans le cas de
Bachand, personne n'a rien entendu? Effectivement. Alors les
hommes de la PJ tentent de reconstituer l'emploi du temps de Bachand
avec
l'aide de son hôte naturellement. Et voici ce qu'ils apprennent: La
veille,
alors que le Québécois est sorti, un couple le demande. P.P:
Qui ? Deux
jeunes gens, un homme et une femme, des Canadiens. Ils sont revenus le
lendemain
dans la matinée. Ils se sont entretenus assez longuement entretenus
avec
Bachand. P.P: Et cet assistant là, a
assisté à l'entretien ? Non, non, d'ailleurs il a
l'impression que ni Bachand ni ce couple ne tenait à ce qu'il entende
leur
conversation puis ils sont tous allés déjeuner ensemble. Avant que le
professeur ne parte pour l'université. P.P: Et au cours de ce
déjeuner? Que se sont ils dit? Oh, rien de saillant. Des
banalités émaillées d'expressions québécoises. P.P: Bon. Lorsque cet homme
là, cet assistant à l'Université, est revenu chez lui, Bachand était
mort. C'est ça, oui. P.P: Donc, il y a de fortes
chances qu'il ait été tué par ce couple. Bien sûr, mais ces deux
mystérieux Canadiens n'ont pas été
retrouvés. S'ils étaient réellement les assassins, ils ont dû très vite
passer
une frontière et disparaître avant qu'on retrouve le corps de leur
victime. P.P: Il ont quand même pris
beaucoup de risques, non? Le déjeuner, la présence de ce témoin... Certes, mais ils avaient
sans
doute bien préparer leur fuite. Et puis ils savaient peut être qu'on ne
les
rechercheraient pas très activement... P.P: Hé, hé... Que voulez vous
dire là ? Écoutez, un peu de
patience,
je vous expliquerai c'est promis. Bien sûr la police a enquêté dans les
milieux
québécois de la capitale pour en apprendre un peu plus sur Bachand. P.P: Alors, avec quels
résultats? Bien,
les enquêteurs ont découvert le passé activiste du jeune homme. P.P: oui, sa condamnation, ses
années de prison... Ils ont surtout découvert
une
personnalité un petit peu brouillonne, d'après ces québécois, qui
avaient été
eux mêmes des militants du FLQ, des fléquistes comme on dit là-bas...
Bachand
était d'abord un type qui voulait faire parler de lui. P.P: D'accord, mais enfin il a
tout de même fait de la prison à cause de ses idées, hein? Et de son utilisation de la
dynamite... Il avait une nette tendance à la mythomanie et puis il
parlait
beaucoup trop... P.P: Un type imprudent... Sans doute. Toutefois il
semblait avoir rompu avec ses camarades et il affirmait même qu'il
réprouvait
maintenant l'action violente. P.P: Mais était il pour autant
un traître? Difficile à dire, mais bon
il
est vrai que pour une organisation clandestine un bavard représente
toujours un
danger. P.P: Oui, on aurait pu vouloir
le faire taire une fois pour toutes... ********************************* P.P: Alors, c'est peut être le
moment de me parler de ce FLQ, le Front de libération du Québéc. Volontiers, oui, pour ça il
faut faire un petit retour en arrière si vous voulez bien. Un rappel
d'abord:
Au Québec vous le savez les francophones sont très largement
majoritaires, plus
de 80% de la population. Et à la fin des années 50, on voit apparaître
des
mouvements indépendantistes. P.P: Oui, donc, qui s'opposent
à la tutelle d'Ottawa ? Et au fait que le Canada
est
un dominion britannique dont le Québec n'est qu'une des provinces. P.P: Mais ces
indépendantistes, là, sont ils déjà des clandestins ? Non, non, ils ont créé des
partis politiques parfaitement légaux dont le principal était le RIN,
c'est à
dire le rassemblement pour l'indépendance nationale. P.P: Oui, le RIN Oui. Le Québec est alors
gouverné par Maurice Duplessis, un conservateur ultra catholique,
opposé à tout
changement. Et alors que les autres provinces anglophones connaissent
une
évolution dynamique, le Québec se replie sur lui même et demeure figé.
Toutefois ça change radicalement en 1960 avec la disparition de
Duplessis. Le
nouveau premier ministre, Jean Lesage, fait le pari de la modernité. P.P: Et le Québec va
effectivement
changer. Ah très vite oui. La
Province
se réveille et sort à grands pas de l'obscurantisme. L'État se lance
dans un
important programme de réformes. En même temps, évidemment, on observe
une
véritable effervescence à la fois politique et culturelle. Il faut
aussi
souligner la présence dans l'équipe gouvernementale d'un certain René
Levesque,
un journaliste de télévision très populaire. P.P: Et qui deviendra
lorsqu'il sera à son tour premier ministre un ardent promoteur de
l'indépendance québécoise. C'est exact oui. P.P: Est ce que ce sursaut
québécois s'accompagne d'une montée des idées indépendantistes? Ah ben c'est forcé. Le
slogan
de cette révolution tranquille comme on l'appelle c'est "mettre chez
nous". P.P: Ah oui, ça me parait
assez clair , ça. Oui. P.P: Mais ce n'est pas
suffisant pour les indépendantistes purs et durs, partisans de la
manière
forte... Eh, c'est donc dans ce
climat
bouillonnant que le FLQ fait son apparition P.P: Mais comment ? Par l'explosion d'une
première
petite bombe, en fait. Un simple cocktail Molotov lancé sur le bâtiment
abritant une radio anglophone. Et peu après il diffuse son programme,
essentiellement la lutte contre le colonialisme anglophone,
l'affirmation de
l'identité québécoise et une véritable révolution sociale. P.P:
Oui, ce sont donc des militants de souche, hein? Et
même d'extrême gauche. Leurs héros sont Fidel Castro, Mao Zedong ou Franz
Fanon. En tout cas, très vite ces révolutionnaires passent à l'action.
Après
leur première bombinette ils s'attaquent au symbole du colonialisme et
de la
bourgeoisie anglophone. P.P: Par exemple ? Bien, ils posent des bombes
près des installations militaires britanniques, commettent des
attentats dans
le quartier chic de Montréal où habite le gratin de la population
anglophone et
s'en prennent également à la police montée. P.P: Mais si je comprends
bien, c'est en priorité la couronne britannique qui est visée? Et notez le bien c'est en
seulement quelques semaines que ces attentas sont perpétrés. Cependant
rapidement,
il va y avoir des bavures. Fin avril, un garde est tué au cours de
l'attaque
d'une armurerie et quinze jours plus tard, un soldat est grièvement
blessé
alors qu'il tente de désamorcer une bombe. P.P: Ah oui, ça devient plus
sérieux... Et la police fédérale
contre-attaque. Assez vite elle procède à plusieurs arrestations. P.P: Ce qui montre que le FLQ
est assez perméable. Ça me parait évident. Et
tout
cela relève d'un certain amateurisme. Malgré la présence au sein du
groupe d'un
militant aguerri, un nommé George Shoeters, un belge, un commis
voyageur de la
révolution qui est chargé de l'entraînement des fléquistes. P.P: Est ce que cette vague
d'arrestation suffit à neutraliser le FLQ ? Non, non évidemment bientôt
il
y aura d'autres morts.
MUSIQUE En mai 1964 le Figaro
publie
une grande enquête de Nicolas Chatelin sur les indépendantistes
québécois. Le
journaliste revient d'abord sur les années Duplessis et parle ainsi de
ce
personnage qui a été si longtemps Premier Ministre du Québec. Ce
personnage redouté
avait fait de Québec une sorte de fief féodal sur lequel il faisait
régner son
autorité paternaliste. Il était résolument conservateur, il maniait une
multitude de ficelles, de moyens de pression et d'instruments de
chantage d'une
efficacité telle que personne n'eût songé à bouger. Le clergé
traditionaliste
de l'époque lui apportait un appui enthousiaste. Lorsque Monseigneur
Charbonneau, archevêque de Montréal osa par exemple faire faire des
quêtes pour
des grévistes, Duplessis pût obtenir du Vatican de Pie XII cette chose
incroyable, l'exil du gêneur. Démis de son siège le primat fut relégué
dans une
ville obscure de l'ouest canadien. C'est à ce moment que le futur
Cardinal
Léger devint archevêque. Redouté de son vivant, Duplessis soulève
aujourd'hui
encore des passions. Ses adversaires ne disent pas qu'il est mort mais
qu'il
est allé crever quelque part dans le Nord. Le franc-parler canadien
tolère des
expressions e ce genre. Et plus loin, le journaliste rencontre l'un des
leaders
d'un parti indépendantiste légal et recueille sa profession de foi.
Elle
exprime parfaitement la revendication de ses militants. Le FRI, Front
républicain indépendantiste, ne reconnaît aucune légitimité au système
établi,
système qui découle de la conquête de notre pays par les armes. Le
gouvernement
du Québec colonialisé et provincialisé par le conquérant est lui-même
issu de
ces structures politiques étrangères mises en place par le colonisateur
britannique. Il ne peut en aucune façon prétendre représenter
l'expression véritable
et démocratique de la population québécoise.
[Extrait
3]: Les premiers
militants et la poursuite des actions violentesAvant de parler de
l'évolution
du FLQ et de l'escalade qui va s'en suivre, quelques mots sur les hommes P.P: Les militants, vous
voulez dire ? Oui, les idéologues. P.P: Et d'abord les effectifs. Au
départ ils sont une quinzaine. Tous originaires de ces mouvements
indépendantistes qui sont apparus au début des années 60. P.P:
C'est bien peu... En
effet. P.P: Alors les leaders ? Il y a d'abord ce
Shoetlers,
dont je vous ai parlé. Il est arrivé au Canada au tout début des années
50 et
par rapport aux autres beaucoup plus jeunes, c'est un vieux routier, un
théoricien aussi qui va peu à peu s'imposer intellectuellement aux
autres. On
trouve ensuite un type très intéressant, un nommé Vallières, un
autodidacte qui
a connu une enfance et une adolescence misérables et qui publiera un
livre au
titre éloquent: "Nègre blanc d'Amérique". P.P: D'autant plus, j'imagine
que les nègres blancs, ce sont les Québécois francophones... Et parmi eux les plus
pauvres
exploités par les anglophones, oui. C'est d'ailleurs ce Vallières qui
établira
un lien entre le combat des Québécois et la lutte des opprimés dans les
pays du
Tiers-Monde. Mais il faut rappeler qu'on est alors en pleine période de
décolonisation. Quoiqu'il en soit Pierre Vallières devra fuir le Québec
pour
les États-unis mais il sera extradé et condamné à une lourde peine de
prison. P.P: D'autres militants? Villeneuve. Raymond
Villeneuve. Un tout jeune homme qui s'engage à peu près au même âge que
Mario
Bachand mais comme ces derniers il sera arrêté après les premières
actions
violentes du FLQ et après sa libération il fuira à Cuba. P.P: Décidément, le pays de
Fidel Castro exerce une grande attraction sur ces jeunes gens car vous
m'avez
vous dit Bachand aussi est passé par
Cuba. C'est
juste. Un dernier nom peut-être: Gabriel Hudon. Et lui, c'était le
fournisseur
de dynamite. P.P: Et où allait il la
chercher ? Ben, il la volait et en
particulier sur les chantiers ou les carrières mais il ne se contentait
pas
d'être le fournisseur, il a aussi participé à toutes les premières
actions du
FLQ et ça lui vaudra d'être condamné à 12 ans de pénitencier et 5 ans
en plus
pour tous les attentats auxquels il a participé. P.P: Donc si je vous entends
bien là, ils ont presque tous été arrêtés. Oui, ce premier noyau de
dirigeants devra être remplacé. Mais notez bien que ces arrestations
dont celle
de Bachand ne ralentiront pas l'activité du FLQ. Alors venons en à ces
nouveaux
attentats sanglants que je vous annonçais. En 1964, un commando de
l'organisation attaque une nouvelle fois une armurerie. P.P: Pour se procurer des
armes j'imagine ? Bien entendu. A la tête de
cette petite équipe se trouve un ancien militaire de la légion
étrangère. Que
se passe-t-il? Je ne sais pas précisément mais les indépendantistes
ouvrent le
feu. Deux personnes sont tuées. P.P: Là ça devient
excessivement grave. Et pardonnez moi d'être
cynique mais ce genre de bavure est extrêmement contre-productif. P.P:
Oui sur le plan de la propagande. Naturellement. Il y a
encore
plus grave si je peux dire. Alors que le combat des indépendantistes
devient de
plus en plus anticapitaliste, que les patrons soient anglophones ou
francophones,
le FLQ intervient de plus en plus dans les conflits sociaux. Et au
cours d'un
raid mené contre une usine dont les ouvriers sont en grève, une femme
de ménage
est tuée. Et pour les indépendantistes qui espèrent rallier les
travailleurs à
leur cause, c'est naturellement une vraie catastrophe. P.P: Un grave échec, hein... Mais au fond, ça correspond
à
l'évolution de cette organisation terroriste. Certes le FLQ fait parler
de lui
en perpétrant des actions très spectaculaires. Plus de 200 actions
violentes en
7 ans dont des braquages de banque mais il ne réussit pas à sortir de
la
marginalité. P.P: Il n'a pas réussi à
mobiliser derrière lui l'opinion québécoise. La sensibilisation des
masses
comme on disait à l'époque. Oui c'est la vérité et les fléquistes n'ont
jamais
eu la possibilité de susciter l'insurrection populaire qui devait être
à terme
leur objectif. En outre, je suis à peu près certain que le FLQ a été
infiltré. P.P: Par qui ? Des individus téléguidés
par
les organes de sécurité tels la gendarmerie royale canadienne, des
infiltrés
qui ont peut être même participé à des attentats , et, tenez ça me
rappelle
exactement ce qui s'est passé chez nous avec le FLB, le Front de
Libération de
la Bretagne, vous vous rappelez, nous y avons consacré un entretien. P.P: Oui, le faux vrai
attentat contre la villa de Francis Bouygues. Avec la complicité de
policiers
de la DST. Oui, c'est ça , oui. P.P: Alors, là, la police
canadienne aurait donc pu assez aisément coffrer tous ces
indépendantistes. Je le pense oui, mais
parfois
il est plus intéressant de laisser vivre
une organisation subversive en la contrôlant. P.P: Expliquez, la... En l'éliminant de manière
radicale, on risque de faire naître d'autres vocations P.P: Oui, d'autres militants,
d'autres organisations... *********************************
[Extrait
4]: De Gaulle et la
question québécoiseP.P: Oui mais je vous écoute
quand même. Alors pour bien comprendre
il
faut évoquer le fameux voyage du Général de Gaulle au Québec. P.P: Ah, 1967, c'est ça ? Exactement. Alors pardonnez
moi d'oublier un temps le FLQ et
l'affaire Mario Bachan. Je veux d'abord dire que De Gaulle pensait
d'abord depuis
longtemps à la question québécoise et pour parler de façon triviale, le
Général
était profondément agacé par cette affaire. P.P: C'est à dire ? Ben, il supportait mal de
voir
un état de souche française, le Québec, subordonné à une fédération
anglo-saxonne.
Ça l'exaspérait d'autant plus que la Constitution Canadienne excluait
que la
France puisse nouer des liens diplomatiques
directs avec le Québec. P.P: Oui, puisque le Québec
n'était qu'une des provinces de la Confédération. Mais n'a-t-on pas un peu
triché en permettant la création à Paris d'une maison du Québec ? Vous avez raison, cette
maison
québécoise fait un peu office de délégation officielle. Toutefois ce
n'est pas
une ambassade. P.P: Oui, oui. En tous cas si je vous suis bien, ce que De
Gaulle
voulait au fond c'était un état québécois indépendant C'est incontestable. Et
puis
vous connaissez sa méfiance pour tout ce qui est anglo-saxon. P.P: oui et même sa
détestation Ah, mais n'exagérons pas
quand
même. Quoiqu'il en soit le Général brûlait de s'exprimer publiquement
sur le
sujet et il y était encouragé par quelques personnalités gaullistes, ce
qu'on
appelé le lobby québécois, des gens diplomates ou haut fonctionnaires qui lui faisait valoir que le peuple
québécois était un rameau de la nation française. P.P: Mais c'était des
français, hein, qui composaient ce lobby ? Oui, oui. P.P: Le Québec avait par
conséquent droit à son indépendance, c'est ça. Mais au fond le Général
avait-il
besoin d'être convaincu ? Je
ne le pense pas. En
1967, une occasion se présente: l'Exposition Universelle se tient à
Montréal et déjà des responsables canadiens ont invité le Président de
la
République à venir inaugurer le Pavillon Français mais le Général
hésite. P.P: Pour quelle raison ? En 1967, c'est aussi le
centenaire de la création de la Confédération Canadienne et De Gaulle
ne veut
en aucune façon cautionner cette création. P.P: Toujours à cause du
Québec ? Bien entendu. En outre, la
fondation de cette Confédération centenaire symbolise la défaite de la
France
au Canada. Et puis il n'a pas très envie de se rendre à Ottawa, la
capitale de
la Confédération. Or s'il va au Canada, il pourra difficilement éviter
d'aller
saluer le Premier Ministre. Cependant le lobby québécois en France se
montre
très actif. Et finalement malgré les objections du Quai d'Orsay le
Président
saute le pas. P.P: Pourquoi les Affaires
Étrangères là sont elles hostiles à ce voyage ? Le premier ministre,
Maurice
Couve de Murville, qui connaît bien son Général, craint l'incident
diplomatique. P.P: A juste raison ? En effet. Donc malgré ces
objections, le Président décide de se rendre outre-atlantique et pas
n'importe
comment: en avion il serait pratiquement obligé d'atterrir à Ottawa. P.P: Oui, le protocole... Et les usages
diplomatiques.
Alors il décide de voyager au bord d'un bâtiment de la Marine Française
qui
remontera le Saint Laurent. P.P: Ah oui ! Comme ça son
voyage commencera par le Québec ? Ben voilà ! Et dès sa
première
étape dans la ville de Québec où son croiseur a jeté l'ancre, De Gaulle
donne
le ton en évoquant l'émancipation du Québec. Puis le lendemain, il
emprunte le
chemin du Roi, c'est à dire la route qui relie Québec à Montréal. P.P: Et pour De Gaulle, le
Chemin du Roi, c'est tout un symbole, hein... Le Général est très
sensible à
ce genre de choses. En tous cas, sur le parcours, De Gaulle reçoit un
accueil
triomphal. C'est un libérateur qu'on applaudit.. Et à chaque arrêt, la
foule
brandit des pancartes qui réclament la liberté pour le Québec. P.P: Et De Gaulle doit être
conforté dans ses idées. Bien sûr. Et son fameux
"Vive le Québec libre!" lui viendra presque naturellement aux lèvres.
mais en donnant cet encouragement formidable aux indépendantistes, le
Général
prend des risques parce que parmi ces indépendantistes il y a aussi les
terroristes du FLQ. ********************************* [Extrait
6]: L'évolution des
rapports de De Gaulle avec le Québec et son discoursQu'en
était
il réellement des rapports du Général de Gaulle avec le Québec? Maurice
Vaillisse auteur d'un ouvrage sur la politique étrangère du Président
français
fait l'analyse suivante: Qu'est cela a fait qu'il s'est préoccupé des
Québécois? Peut on y voir un aspect de son antiaméricanisme? Avait il
de
l'intérêt pour le Québec avant 1967? Sa perception du Canada s'inscrit
dans une
évolution relativement lente. De Gaulle voit dans cet état un allié des
deux
guerres mondiales et s'y rend d'ailleurs deux fois. Bien que l'appel
aux
Canadiens Français lança le premier août 1940 reste sans écho, ses deux
voyages
en juillet 1944 et août 1945 lui donnent l'occasion d'exprimer son
attachement
sentimental pour la communauté française mais à ce moment là le Général
a une
vision très unitaire du Canada. Son attitude à l'égard du Québec évolue
par à
coup de 1958 à 1969. Il ne devient sensible au fait Canadien qu'à
partir des
années 1960. Il se sent responsable de tous les Français où qu'ils se
trouvent,
donc les français d'Amérique. Il a de plus mauvaise conscience à
l'égard de
ceux du Canada abandonnés après la guerre de sept ans de 1763. Il
exprime
implicitement le poids d'une certaine culpabilité de la France
vis-à-vis du
passé dans la comparaison qu'il fait du Québec avec un enfant naturel
dont on
reconnaît la paternité, ce qui justifie une présence plus active de la
France
ainsi qu'un intérêt plus marqué à l'égard de ce rameau d'elle-même.
MUSIQUE Ce "Vive le Québec libre!"
prononcé
au
balcon de la mairie de Montréal a provoqué des vagues. P.P: Je m'en souviens encore
très, très bien. J'entends même encore la petite hésitation du Général
avant de
prononcer ces quatre mots, comme si c'était d'abord un cri du coeur. Ah peut-être avez vous raison
mais
De Gaulle était
un politique avisé et puis il venait de constater tout au long du
chemin du Roi
combien les Québécois voulaient leur liberté. Alors bien sûr à Ottawa
on a été
très fâché. Le Général a profité de ce mécontentement pour brûler
l'étape
d'Ottawa et rentrer aussitôt en France et il a particulièrement
apprécié le
commentaire de l'un de ses conseillers qui lui a dit:"Mon Général, vous
venez de payer la dette de Louis XV?" P.P: Ah c'est très gaulliste ça
non ? Effectivement, en dehors de la
brouille
diplomatique qui a suivi et sur laquelle je passe, ce voyage
présidentiel a
poussé les services de sécurité canadiens à surveiller de très près
certains
français installés au Québec P.P: Ah oui, parce qu' ils
seraient soupçonnés d'aider les indépendantistes ? Ben éventuellement oui. Et ça
va
aller assez loin
puisque l'un de ces membres du lobby québécois qui avait même été l'un
des
organisateurs du voyage du général a été accusé d'être un agent du SDEC. P.P: Oui, notre service de
renseignement... Oui en tant que tel, ce
personnage
a été expulsé
du Canada. P.P:... A votre avis ? Je ne crois pas que cet homme
était
un agent mais
il est vrai que la France à travers toute une série d'associations a
soutenu
l'action des indépendantistes. Et encore une fois, parmi ces gens-là,
il y
avait peut être des types qui étaient des activistes du FLQ mais je
ferme cette
longue parenthèse et je vous explique où je voulais en venir, c'est à
dire
l'intérêt pour les autorités canadiennes de ne pas démanteler
complètement le
FLQ. P.P: Oui je suis curieux
d'entendre votre démonstration. Bah, le FLQ va commettre des
fautes, de très
graves fautes et je n'exclue pas que l'organisation clandestine ait été
poussée
à faire commettre des excès. P.P: Par ces faux militants
infiltrés, non? Ben, pourquoi pas ?
Enfin,...Je
poursuis. Ces
fautes sur lesquelles je vais revenir vont forcément discréditer le FLQ
et par
conséquence plus largement la mouvance indépendantiste et cela pour
Ottawa c'est
"pain béni". P.P: Oui, c'est quand même assez
vicieux... C'est pourquoi je vous ai dit
qu'il
ne s'agissait
que d'une hypothèse. Mais une hypothèse assez crédible à mes yeux. P.P: Bon. Alors ces fautes graves
? En octobre 1970, le FLQ enlève
James Cross,
délégué commercial britannique en poste à Montréal. P.P: Un homme qui a donc un
statut de diplomate. Oui. L'organisation
indépendantiste
menace de tuer
son prisonnier et pose plusieurs conditions à sa libération.
Essentiellement,
l'élargissement de plusieurs condamnés du FLQ et la lecture au micro de
Radio
Canada d'un manifeste politique. P.P: Un manifeste du FLQ? Bien entendu. Assez vite les
autorités cèdent à
cette dernière exigence. Le manifeste est une violente diatribe contre
le
pouvoir tant canadien que québécois et aussi contre les puissances
financières
et économiques. Mais il n'est pas question de libérer les détenus du
FLQ. P.P: Par conséquent Cross demeure
dans les mains de ses ravisseurs... Oui. Et cinq jours plus tard le ministre québécois de la justice offre aux kidnappeurs un sauf-conduit pour l'étranger s'ils libèrent leur otage. Mais ce même jour on apprend qu'une autre cellule du FLQ vient de procéder à un nouvel enlèvement. P.P: Et là qui est la
victime ? C'est un ministre, un homme politique québécois de premier plan, Pierre Laporte. P.P: Ah oui, c'est une sorte de réponse aux autorités qui refusent les exigences des auteurs du premier enlèvement... Évidemment.
Et tandis qu'un certain nombre de personnalités comme René Levesque
appelle à la négociation, le premier ministre canadien Pierre Eliot
Trudeau
choisit la solution de force. P.P: Ce qui signifie là ? En terme de la loi sur les
mesures
de guerre, il
envoie l'armée à Montréal l'armée chargée de seconder une police locale
complètement débordée et il est aussitôt procédé à des arrestations
massives.
Plus de 450 personnes soupçonnées à tort ou à raison d'avoir des
sympathies
pour le mouvement indépendantiste sont emprisonnées. Mais il faut le
souligner,
la plupart seront ensuite libérées sans que rien ne soient retenu
contre elles.
Cependant les évènements s'accélèrent. P.P: Et que se passe-t-il alors ? Ben, le lendemain du jour où
l'armée est arrivée à
Montréal, Pierre Laporte est retrouvé dans le coffre d'une voiture, il
a été
étranglé. Cet assassinat provoque une grande émotion et si le premier
enlèvement a plutôt été bien vu par la population francophone... P.P: Oui, parce que, parce que la
victime était britannique. Bien sûr. Autant ce meurtre
horrifie les gens et
les ravisseurs de la première équipe s'empressent de faire savoir
qu'ils
n'exécuteront pas James Cross. P.P: Mais pour autant le
relâchent ils ? Non, non, ils maintiennent
leurs
conditions dans
le même temps les autorités fédérales se livrent à une véritable
campagne de
désinformation: les fléquistes seraient plus d'une centaine et
disposeraient de
2000 réservistes. Ils auraient aussi infiltré toutes les institutions
de la
Belle Province et auraient accumulé un impressionnant stock de dynamite
afin de
faire exploser le centre de Montréal. Enfin, et ce n'est pas le moins
important, un putsch serait en préparation et les principaux dirigeants
indépendantistes dont René Levesque seraient prêts à s'y rallier. P.P Tout cela est exagéré? Bien entendu. P.P: Ça veut dire qu'Ottawa essaye
de faire peur aux... Ben c'est évident oui. P.P: Et alors, revenons à ce
James Cross là ? Il va être libéré lui? Oui. Au début décembre la
police
découvre le lieu
où il est détenu .Après négociation et obtention pour les ravisseurs
d'un
sauf-conduit pour Cuba, le diplomate britannique est libéré. Et quatre
semaines
plus tard, les membres du commando responsable de l'enlèvement de
Laporte et de
son assassinat seront arrêtés. P.P: Hum. D'après vous la manoeuvre qui consistait à déconsidérer le FLQ a-t-elle réussie ? En partie oui et d'ailleurs le FLQ devra mettre fin à ses actions violentes. Par contre ces évènements ne parviendront pas à affaiblir le sentiment indépendantiste québécois. Mais c'est une autre histoire. Alors si vous le voulez bien revenons à Mario Bachand et à l'énigme de son assassinat. *********************************
[Extrait
8]: ConclusionsP.P: Et un assassinat qui
intervient avez vous dit au printemps 1971 donc très peu de temps après
les
deux enlèvements. Eh oui on ne peut pas
s'empêcher de
penser qu'il y
a un rapport. P.P: C'est votre avis? Oh encore un petit peu de patience si vous voulez bien... P.P: Bon... La thèse la plus
vraisemblable,
celle qui a tout
de suite été émise par un journal de Montréal c'est que Bachand ait été
exécuté
par des membres du FLQ P.P: Parce qu'il aurait trahi? Ou qu'il aurait détenu des
documents
compromettants pour l'organisation P.P: Peut-être en rapport avec
les récents enlèvements là. Ben ça on peut pas l'écarter.
Autre
hypothèse: il
est certain qu'à Ottawa on craignait que le FLQ ne récidive... Le FLQ
qui était
en relation avec d'autres organisations terroristes étrangères. P.P: Lesquelles? Des palestiniens par exemple
et
même notre FLB. P.P: Les indépendantistes
bretons... Oh bah, pourquoi pas? Bachand
tranquillement
installé à Paris aurait pu être l'un des artisans de cette renaissance P.P: Et on aurait décidé de
l'éliminer alors ? A la réflexion, je penche pour
une
autre version P.P: Ah, ah... Les assassins, ce fameux
couple qui
a déjeuné avec
Bachand avant de l'exécuter était vraisemblablement membre d'une sorte
de
filiale du FLQ, une délégation établie à Alger. Or cette organisation
avait été
elle aussi infiltrée par la gendarmerie royale du canadien. P.P: Je veux bien vous croire,
mais là le rapport avec Bachand? Le Québécois aurait obtenu des
informations sur
ces éléments infiltrés au sein du FLQ et on venait donc le liquider
avant que
l'on ne révèle à ses amis qu'ils étaient complètement manipulés par la
Gendarmerie Royale et si les assassins ont agi sans prendre beaucoup de
précautions, c'est qu'ils étaient sûrs de s'en sortir. P.P: Pourquoi alors? Ben parce qu'en France même,
des
services étaient
au courant et avaient pour mission de les couvrir et aussi de veiller
sur leur
fuite. P.P: Oui mais attendez là, est ce
que vous avez des preuves de ce que vous avancez ? Une au moins. Le commissaire
qui a
dirigé
l'enquête s'est plaint de ne pas avoir bénéficié de la collaboration de
notre
service de contre-espionnage. P.P: La DST Oui, et ce policier a même eu
l'impression qu'on a
tout fait pour étouffer sinon saboter son enquête Cette dernière thèse a été
plus ou
moins confirmée
par l'enquête d'un écrivain, Michael Mac Logan auteur d'un ouvrage
intitulé
"Dernier arrêt Paris: l'assassinat de Mario Bachand et la mort du
FLQ.", un livre où cet auteur donne même les noms de cet homme et de
cette
femme qui auraient été les exécuteurs de Bachand. Quant au manifeste du
FLQ
évoqué par Mr X et diffusé par Radio Canada, je l'ai retrouvé. En voici
les premières
lignes: "Le Front de Libération du Québec n'est pas le messie ni le
Robin
des Bois des Temps modernes, c'est un regroupement de travailleurs
québécois
qui sont décidés à tout mettre en oeuvre pour que le peuple du Québec
prenne
définitivement en main son destin. Le Front de Libération du Québec
veut
l'indépendance totale des québécois réunis dans une société libre et
purgée à
jamais de sa clique de requins voraces, les big boss patronneux et
leurs valets
qui ont fait du Québec leur chasse gardée et de l'exploitation sans
scrupules.
le Front de Libération du Québec n'est
pas un mouvement d'agression mais la réponse à une agression,
celle
organisée par la Haute Finance, par l'entremise des marionnettes des
gouvernements fédéral et provincial." Vive le Québec libre!!! http://www.cyberjean.com/quebec/histliterrature.php Après la défaite des Patriotes, au début du 19e siècle. L'élite libéral du Canada Français (Québec) est complètement disparut. L'église, après avoir vu le nationalisme dont les Canadiens Français pouvait faire preuve, décide d'exploiter ce thème à leur avantage, en misant sur la défense de la croyance, et ensuite de la langue, car, la défense de la culture et de la langue, passe par la défense de la croyance selon les Catholiques Canadiens Français de l'époque. Pendant cette période et jusqu'a le révolutions tranquille dans les années 1960, l'église exercera un contrôle et une influence sur le millieu littéraire Québécois, poussant des Québécois à s'exiler du pays pour pouvoir s'exprimer. Donc pendant tout le 19e siècle, et jusqu'en 1930-40 à peu près, l'église contrôle la littérature, et tout les livres sont passés à la censure de celle-ci, qui, n'autorise aucun livre renfermant de l'immoralité ainsi que des livre poussant à l'hérésie, donc, notre littérature, selon les gens de l'église, doit vanter les mérites d'un siècle de géants, celui de la Nouvelle-France, doit vanter les mérites de l'habitant, du cultivateur, de la terre et de la religion. La femme détient un rôle de procréatrice et de femme au foyer. Pendant toute cette période, aucuns livre n'évoquera ce qui se passe en ville, quand on y voit la ville, on la décrit comme un milleu de pervertions. Bien entendu, tout ceci est dicté par les règles strictes de l'église, de plus, notre culture littéraire ne peu évoluer, car, tout les livres qualifiés d'immorale sont à l'index ( Rousseau, Voltaire ...), et il faut une permission pour aller les voir. Donc, peu de gens voient et lisent ces livres. Dans les années '30, '40 et '50, la littérature pré-révolution tranquille commence à parler de la ville petit à petit. Le refus globale exprime bien le désir en littérature d'exprimer ce qui se passe vraiment, et non ce que l'église veut imposer comme vision. Une oeuvre dans ces années là est faite par Gabril Roy (Bonheur D'occasion), mettant en vedette une héroïne, le temps de la conscription, la ville, le chômage etc etc Les année '60 en littérature Québécoise peuvent être illustrées par le mouvement terroriste du FLQ, comme lui, la littérature Québécoise de l'époque va tout faire sauter sur son passage. Avec le gouverment de Lesage qui abolit la censure, les écrivains vont enfin utiliser le joual, vont parler de sexe, de meutre, de drogue, de sadisme, d'anti-religion et autres. La littérature veut innover, elle veut provoquer, les jeunes de la génération baby-boomer lisent et consomment de plus en plus de biens culturel en provenance du Québec et de l'extérieur. Les gouvernements encouragent la création de bibliothèques et autres. ****************************
3.
Radio-Canada (clips télé):
Duplessis, Lesage, Lévesque, Parti québécois, Octobre 70, Une seule langue, Loi 101, Référendum 1980 / 1995 Maurice
Duplessis, le Chef 1936-1959 (9 clips)
Jean Lesage: Maîtres chez nous - 22 octobre 1962 C’est en brandissant le thème de la nationalisation de l’électricité que Jean Lesage remporte haut la main les élections de 1962. Lors de cette campagne électorale, il prononce son fameux « Maîtres chez nous », phrase symbolique grâce à laquelle Lesage passera à l’histoire et sera baptisé « père du nationalisme québécois ». Ses années au pouvoir sont marquées par une croissance importante de l’économie. Grâce à l’économie florissante que connaît le Québec dans la première moitié de la décennie 1960, le gouvernement Lesage crée plusieurs sociétés d’État : la Société générale de financement en 1962, la Sidérurgie du Québec en 1964, la Société québécoise d'exploration minière en 1965 ainsi que la Caisse de dépôt et de placement en 1965. Lesage entame également une profonde réforme de la fonction publique. C’est sous son gouvernement que le ministère de l’Éducation voit le jour en 1964. Outre le « Maîtres chez nous », un autre slogan marque les années de Lesage au pouvoir : « C'est le temps que ça change ». Et ça a changé, puisque, en 1964, trois réformes législatives sont introduites : une révision en profondeur du Code du travail; l’adoption de la Loi 16, qui met fin à l’incapacité juridique de la femme mariée; et la création d’un régime de retraite. La Révolution tranquille est en marche… Vive le Québec livre - Discours prononcé par Charles de Gaulle à Montréal le 24 juillet 1967 «Vive le Québec libre!». Les Archives de Radio-Canada . Société Radio-Canada. Dernière mise à jour : 25 janvier 2007. <http://archives.radio-canada.ca/IDC-0-17-209-1048/politique_economie/gaulle_quebec_libre/clip1>. [Page consultée le 6 mars 2007.] ou http://gaullisme.free.fr/DGQuebec.htm ou (3); (4) Lorsque le général de Gaulle arrive à Montréal, le 24 juillet 1967, il est au Québec depuis la veille et gagne Montréal en suivant le Chemin du Roy. Il doit ensuite poursuivre sa visite à Hull et à Ottawa, mais son discours et, surtout, son « Vive le Québec libre! » écourteront son périple. Il reprend l’avion le 26 juillet, sans avoir rencontré le chef du gouvernement fédéral, Lester B. Pearson. S’est-il laissé emporter par sa verve ou bien a-t-il sciemment lancé ce cri qui semble entériner le désir d’indépendance des Québécois? Selon Alain Peyreffite, homme politique gaulliste, la phrase fatidique n’a pas été le fait d’une improvisation, pas plus, ajoute-t-il, que l’appel du 18 juin 1940 incitant les Français à résister à l’occupation allemande. Il est venu, affirme Peyreffite, à Montréal en 1967 afin d’exhorter les Canadiens français à préserver leur identité française. « L'appel à la liberté, lancé le 24 juillet, n'eut rien de fortuit », avance-t-il. En lançant son « Vive le Québec libre! », de Gaulle confirme les liens particuliers qu’il tisse depuis le début des années 1960 entre le Québec et la France, en cette période où le nationalisme québécois s’affirme. Ses relations avec le Canada resteront marquées par son voyage de l’été 1967. Deux annotations du général sont significatives. Sur un télégramme reçu d’Ottawa et daté du 22 décembre 1967, de Gaulle écrit en marge : « Il faut soutenir le Québec. » Sur un autre télégramme, daté du 10 avril 1968, il affirme : « Nous n'avons aucune concession, ni même aucune amabilité, à faire à M. Trudeau, qui est l'adversaire de la chose française au Canada. » René Lévesque et la naissance du Parti québécois - le 21 avril 1968 Ce 21 avril 1968, l’Aréna Maurice Richard rassemble quelque 4500 personnes autour de René Lévesque et François Aquin qui viennent de quitter le Parti libéral de Jean Lesage, en proie à de profonds déchirements quant à son orientation politique. L’objectif de ce congrès est de doter la scène politique québécoise d’un nouveau parti dont l’idéologie reposerait sur le principe d’un Québec souverain associé librement au reste du Canada. Parmi tous les points présentés dans le programme du nouveau parti en gestation, il en est un qui divise l’assemblée et oppose messieurs Lévesque et Aquin : celui des droits linguistiques et scolaires des minorités. L’amendement prévoit que les droits acquis soient maintenus mais seulement durant une période transitoire. René Lévesque sollicite le rejet d’une telle mesure qu’il juge discriminatoire et contraire aux principes de justice, confiance et bon sens politique. L’amendement sera finalement rejeté par les membres et la tenue d’un congrès de fondation d’un nouveau parti politique adoptée. En octobre 1968, le MSA se nomme désormais Parti québécois et devient la principale force indépendantiste en ralliant les membres du Rassemblement pour l’indépendance nationale (RIN) et du Ralliement national (RN). René Lévesque: « Un parti à fonder, un pays à bâtir » ( 11 clips) Période du dossier : 1964 - 1976 Issu des mouvements indépendantistes foisonnant à l'aube des années 1960, le Parti québécois est fondé en octobre 1968. C'est le résultat de la fusion du Mouvement souveraineté-association et du Ralliement national. Président du nouveau parti, René Lévesque parvient grâce à son prestige et son charisme à rallier auprès de lui les diverses tendances autour de l'idée de l'indépendance. Après une percée aux élections de 1970 et 1973, le PQ est porté au pouvoir en 1976. Le Québec se souvient de René Lévesque - 1er novembre 1987 Octobre 70 : le Québec en crise - (8 clips) La langue québécoise Une seule langue : le français 1er avril 1977 Le 1er avril 1977, le ministre d’État au Développement culturel, le docteur Camille Laurin, dépose à l’Assemblée nationale un livre blanc sur la politique québécoise de la langue française. C’est avec émotion que le docteur Laurin explique la position de son gouvernement en ce qui concerne la reconnaissance du français comme seule langue officielle au Québec. Le projet de loi sur la langue française est déposé quatre mois après l’élection qui a porté au pouvoir le Parti québécois pour la première fois. À peine Camille Laurin est-il assermenté en qualité de membre du Conseil exécutif, le 26 novembre 1976, que René Lévesque lui confie la mission de redonner au français son rang et son statut de langue première au Québec. Avec ce projet de loi, le gouvernement veut enrayer la perte de popularité du français comme langue première, tant auprès des immigrants qu’au sein de la population francophone. La loi vise non seulement à faire du français la langue officielle dans les écoles, les entreprises et les relations de travail, mais surtout à faire en sorte qu’elle devienne, comme l’anglais, un outil de promotion social, de fierté et d'identité culturelle. Loi 101 : l'avenir du français? (11 clips) Le 26 août 1977, la Charte de la langue française devient la plus élaborée des politiques linguistiques jamais adoptées au Québec. Mieux connue sous le nom de « loi 101 », elle consacre des années de lutte pour la primauté du français dans la province. Mais à l'instar des controversées « lois » 63 et 22 qui l'ont précédée, elle attise les passions et fait l'objet de contestations successives devant les tribunaux. Les référendums
Référendum 1980 : l’avenir du Québec en question (10 clips) Le 20 mai 1980, une majorité de Québécois refuse le projet de souveraineté-association du gouvernement péquiste. Référendum 1995 : le Québec face à son destin (10 clips) « Si je vous ai bien compris, vous êtes en train de dire à la prochaine fois », lance René Lévesque après la défaite du référendum de 1980. Cette prochaine fois,... 4.
Espaces francophones: Le Québec.
Module élaboré par Sylvie Bernard. Avec l'aimable autorisation de Radio Bavière 2 Espaces
francophones: Le Québec
Auteure: Sylvie Bernard Rédaction: Francine Singer / Petra Hermann Avec l'aimable autorisation de l'auteure, Sylvie Bernard et Bayern2Radio - radioWissen Texte légèrement adapté ou modifié par Manfred Overmann - Pour accéder au site: Cliquez ici 1. De Québec à Vancouver: 10 épisodes de 5 mn 2. Caraquet Nouveau-Brunswick 5'26 3. Moncton Nouveau-Brunswick 4'29 4. Déco à Québec TV5 - Web TV 13'32 Fiche pédagogique B1 / B2 PDF 13 p. 5. Apprendre le français à partir du site Québec Cité du monde - L'aventure pédagogique
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