Amérindiens et Blancs
par Barbara Cuer, 2008

En arrivant en Amérique du Nord, les Européens ne trouvent pas de vastes étendues désertiques mais au contraire de nombreux villages peuplés de ceux qu'ils appellent les « Indiens », croyant effectivement être arrivés en Inde. Ces Amérindiens se partagent alors essentiellement en trois grandes familles : les Inuits au Nord, la famille algonquienne (Algonquins, Montagnais, Atikameks et Cris) en particulier dans la région de l'actuel Québec et enfin la famille iriquoïenne dans le bas Saint-Laurent. Ces peuples ont déjà du se déplacer sous la pression des britanniques.
 
Ils ne sont pourtant pas, comme il est souvent admis, un peuple de nomades mais vivent essentiellement de l'agriculture, étant en effet avant tout des cultivateurs. Chaque peuple a ainsi son territoire qu'il exploite et qu'il défend. Les Français ont donc des résistances à vaincre en voulant prendre possession de ces territoires.
 
Devant ces difficultés, les Français décident de s'allier à certains Amérindiens, les Hurons qui ont de plus une place hautement stratégique pour le commerce car ils contrôlent la région des Grands Lacs et du Saint-Laurent. Cette alliance est donc purement opportuniste et permet aux Français de découvrir et de profiter du pays dans de meilleures conditions.
 
Les Français et les Amérindiens peuvent aussi procéder à des échanges de biens, la fameuse traite des fourrures. C'est d'ailleurs celle-ci qui pousse les Amérindiens à délaisser quelque peu l'agriculture pour se tourner vers la chasse. D. Delage caractérise ce commerce d' « échange inégal », les Amérindiens travaillant beaucoup pour cela et ne faisant pas autant de profit que les Européens. Même si tous les Français ne s'enrichissent pas forcément extrêmement grâce à ce commerce, il leur permet tout du moins d'acquérir un pouvoir de plus en plus accru.
 
Mais cette alliance suppose également que les Français prennent désormais part aux conflits entre Indiens. (cf guerres iroquoises). Dans ces guerres sont morts beaucoup d'Indiens.
 
Le facteur de mortalité le plus important reste tout de même les maladies amenées par les Européens comme la variole, le typhus, le choléra et la peste. Les Amérindiens n'ont en effet pas les anticorps adaptés pour lutter contre ces maladies et sont très touchés par de grandes épidémies pouvant tuer la moitié d'une population.
 
L'alcool, donné par les Européens, est également souvent évoqué comme facteur de mortalité. Le problème de l'alcool a certes existé mais a été exagéré. En effet, la maladie est le fléau le plus redoutable et l'alcool est « seulement » le signe de la grande misère des Amérindiens.
 
Pour lutter contre ces maladies, n'ayant pas les connaissances médicales appropriées, les Amérindiens se tournent vers leurs chamans. Pourtant ceux-ci sont aussi combattus par les missionaires européens voulant imposer le christianisme, la « vraie foi ». Cette entreprise d'évangélisation est au départ perçue relativement positivement par les Amérindiens étant toujours curieux de découvrir de nouveaux dieux. Mais des conflits éclatent dès lors que les Amérindiens doivent abandonner leurs propres dieux pour ce nouveau dieu. Des divisions apparaissent alors aussi au sein même des Amérindiens, entre les convertis et les autres restés fidèles aux traditions ancestrales.
 
Enfin, afin de les sédentariser, les « civiliser » et les surveiller, les Français créent des réserves pour les Amérindiens. Ils sont donc dépossédés de leurs territoires.
 
Le fait le plus marquant reste la gigantesque catastrophe démographique qu'a été pour les Amérindiens l'arrivée des Europées en Amérique du Nord. La population passe en effet en deux siècles (XV°-XVI° siècle) de 70 à 100 millions d'habitants à seulement 12 à 15 millions.

Cf. Delage, Denis (1990) : Le pays renversé. Amérindiens et Européens en Amérique du Nord-Est 1600-1664. Montréal : Boréal.