Les guerres
iroquoises
par Barbara Cuer, 2008
Les Iroquois sont
les Indiens d'Amérique ayant leurs villages dans les vallées du
Saint-Laurent
et au Nord des lacs Erié, Ontario et Huron. Le nom
d' «Iroquois »
leur est donné par les Français. Ce peuple est cultivateur mais a aussi
des
territoires de chasse étendus au Nord de leurs villages. Leur
civilisation
était déjà très developpée au néolithique. Lorsque les Français
arrivent, les
Iroquois sont organisés en une confédération désignée par les Français
sous le
nom de « Cinq nations » ou « Cinq cantons ». Y
appartiennent les tribus des Agniers (Mohawks), établis à l'Ouest de
l'actuelle
New-York, celle des Onneyouts (Oneida), des Onontagués (Onondaga), des
Goyogouins (Cayuga) et enfin celle des Tsonnontouans (Seneca).
D'autres peuples
existent dans cette région de l'Amérique du Nord comme par exemple les
Algonquins qui vivent au Nord-Ouest du Saint-Laurent ou les Hurons,
établis au
bord du Saint-Laurent et dans la région entre les lacs Huron et
Ontario. Il
existait des rapports commerciaux entre ces peuples, par exemple entre
les
Mohawks et les Algonquins et Montagnais, une autre tribu du Canada. Des
conflits, plus ou moins durables, existaient également entre ces tribus.
Les Français, à
leur arrivée sous la direction de Champlain début XVII° siècle, ne sont
donc
pas directement perçus comme des ennemis, les « Indiens »
étant déjà
trop engagés dans leurs conflits internes. Champlain commence à être
plus ou
moins vu comme un danger par les Iroquois dès lors qu'il s'allie aux
Hurons,
aux Algonquins et aux Montagnais, peuples avec lesquels ils sont en
guerre. En
réalité, Champlain n'est pas foncièrement contre les Iroquois mais se
sert
plutôt des autres peuples ayant bien voulu s'allier à lui, pour
découvrir le
territoire dans les meilleures conditions possibles. De plus, les
Algonquins et
Montagnais ne s'estimaient pas dirigés par les Français, ceux-ci étant
en
grande infériorité numérique. En 1609 a lieu un affrontement sur les
bords du
lac Champlain. Les Algonquins remportent la victoire contre les
Iroquois, grâce
aux Français et à leurs fusils, inconnus des tribus indiennes. A partir
de
cette bataille, les Français s'impliquent de plus en plus dans cette
guerre
interne entre Algonquins et Iroquois.
Deux grandes phases
sont à distinguer dans les guerres franco-iroquoises : 1641-1667 et
1684-1701.
En effet, les Français sont réellement touchés par la guerre à partir
de 1641.
Le gouverneur de Montmagny décide alors la construction d'un fort à
l'embouchure du Richelieu, fleuve naissant au lac Champlain et coulant
ensuite
vers le Nord, mais surtout établissant une liaison entre le
Saint-Laurent et
l'Hudson. Les déplacements des Iroquois sont ainsi plus difficiles. Dès
lors
les affrontements sont plus fréquents. Une trève survient pourtant
entre 1653
et 1660, des échanges de peaux se font entre Iroquois et Français. Les
rapports
ne sont pas forcément très sains mais la période est relativement
calme. Le
conflit reprend violemment en 1660. Les Iroquois ne veulent pas
forcément
attaquer les Français mais surtout réintégrer les Hurons vivant en
territoire
français à la communauté iroquoise. Le danger que courent les Français
n'est
donc pas énorme mais est exagéré afin d'obtenir des renforts de Louis
XIV qui
permettraient d'éradiquer le conflit. En 1665 , débarque ainsi le
régiment
Carignan-Salières charger de consolider le fort Richelieu et de si
possible
détruire la menace iroquoise, bien qu'elle était à cette époque
beaucoup moins
forte qu'auparavant. Après de nombreuses ambassades, la paix est
finalement
négociée en 1667.
Dans les années
1680, les Français veulent étendre considérablement leurs territoires
dans la
vallée du Mississippi. Ils s'allient alors à la tribu des Senecas,
tribu la
plus puissante de toutes. La guerre reprend donc entre Iroquois et
Français. Un
des sommets de violence entre ces peuples est le massacre de Lachine en
1689.
Les Français menaient alors des expéditions pour envahir le pays
iroquois et
ceux-ci attaquèrent donc les deux forts de Lachine le 5 août 1689. 200
victimes
furent rapportées dans les documents officiels. Ce chiffre est sûrement
à
minorer, mais reste néammoins très important. Le conflit est très fort
jusqu'en
1697 et est doublé d'une guerre entre Français et Anglais. Des
négociations
sont alors entreprises et aboutissent en 1701 à la paix de Montréal.
Cf. Delage, Denis
(1990) : Le pays renversé.
Amérindiens et Européens en Amérique du Nord-Est 1600-1664.
Montréal :
Boréal.