Tougas,
Rémi (2003): L'Allemande: la scandaleuse histoire d’une
fille du roi. 1657-1722. Sillery, Québec:
Septentrion.
Résumé du récit
« L’Allemande, la scandaleuse
histoire d’une fille du roi » par Anne-Ségolène Verneret.
Version
Word
Le
récit de Remis Tougas retrace le destin aussi unique que tragique
d’Anne-Marie
Fanesèque. Née à Hambourg en 1657, Anne-Marie à rejoint la France à la suite du décès de son père, et pour fuir
une vie de misère, elle se joint aux « filles du roi » et
part pour
la Nouvelle France.
Elle arrive à
Québec en 1673 et entame alors le parcours de toutes les filles
envoyées comme
elle, afin de peupler la colonie : elle se marie rapidement et
fonde une
famille. Avec son mari Hubert Leroux, elle s’installe à Ville Marie
(Montréal)
ou elle donne naissance à ses trois premiers enfants Anne Charlotte
(1674),
Jean (1678), et Jeanne (1681). Le couple mène alors une vie rude, mais
l’activité de pelletier fourreur d’Hubert permet à la famille de vivre.
La vie d’Anne Marie
bascule cependant en octobre 1682, lorsqu'Hubert meurt à l’âge de 42
ans. La
seule solution de survie pour une veuve à cette époque reste le
remariage et
Anne Marie s’exécute dès 1683, en épousant Gabriel Cardinal, jeune
homme
fougueux et bagarreur qui va très vite provoquer la déchéance de notre
Allemande.
Gabriel n’est que
journalier et malgré le travail accompli par Anne Marie, les revenus
sont
insuffisants pour la famille qui s’élargit en 1683 avec la naissance de
jean, 4ème
enfant de la jeune femme. Gabriel Cardinal part alors transporter des
marchandises vers les terres du nord et laisse Anne Marie seule à Ville
Marie
avec les enfants.
Devant la
nécessité, elle trouve rapidement une solution : elle transforme
sa maison
en cabaret, vend illégalement de l’alcool et se livre avec sa fille à
la
prostitution. La lente descente aux enfers commence alors pour la mère
et sa
fille aînée, elle aussi mariée depuis ses 12 ans. Elles sont
régulièrement
emprisonnées et accusées d’adultère, d’activité plus illégales les unes
que les
autres, et souffrent de leur réputation de mauvaise vie. En 1703 après
une
séparation inévitable d’avec Gabriel, Anne Marie se trouve dans un tel
besoin
qu’elle fuie Ville Marie pour Québec afin de recevoir une aide pour les
pauvres. Elle y séjourne plusieurs années et meurt en 1722 dans
l’indifférence
et la pauvreté la plus totale.
Son nom lui-même ne
figure pas sur son acte de décès, et le prêtre qui l’a rédigé pense
alors
qu’elle est irlandaise, triste fin pour la seule représentante de son
pays en
Nouvelle France.
Le
devenir d’Anne Marie Fanesèque est dans cet ouvrage relaté par l’auteur
grâce à
des archives exceptionnelles. Les actes juridiques et commerciaux
utilisés par
Remis Tougas témoignent en effet de la vie de cette femme qui de
« fille
du roi est devenue fille de joie », mais aussi d’une époque :
la fin
du XVII siècle en Nouvelle France.
Le
devenir d’Anne Marie Fanesèque est dans cet ouvrage relaté par l’auteur
grâce à
des archives exceptionnelles qui résultent d’une recherche documentaire
poussée
et passionnante. Les actes notariaux et de baillage utilisés par Remis
Tougas
témoignent en effet de la vie de cette femme qui de « fille du roi
est
devenue fille de joie », mais aussi et surtout d’une époque :
la fin
du XVII siècle à Montréal. Les difficultés de la vie de cette petite
colonie,
les mentalités de ces habitants et leurs pratiques contrastées sont
consignées
entre les lignes de ces documents. C’est aussi la grande Histoire qui
transparaît à travers des faits à première vue anecdotiques, celle de
la
construction de la Nouvelle France.