Retour au passé

L’école primaire au Québec
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Didactisation réalisée par Annika Pohlner, étudiante à l'École Supérieure de Pédagogie de Ludwigsburg (juin 2007)

Jusqu’aux années quatre-vingt de notre siècle, l’enseignement primaire pour l’immense majorité des enfants du Québec se faisait dans les écoles confessionelles sous la responsabilité de soeurs catholiques.

La vie dans ces écoles, c’est le sujet commun des extraits suivants, tirés de deux romans très connus d’auteurs contemporains du Québec.

Denise Bombardier, Une enfance à l’eau bénite
Editions du Seuil, 1985, 132 s.

 Denise Bombardier est née à Montréal dans les années 40. Journaliste, romancière et essayiste, Denise Bombardier est une figure connue dans toute la francophonie. Ses prises de position provoquent souvent des réactions passionnées, mais elle ne craint pas la polémique et recherche avant tout le débat.

 

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Une enfance à l’eau bénite

(Dans son roman clairement autobiographie Une enfance à l’eau bénite, Denise Bombardier présente un témoignage impressionnant de la vie d’une petite Canadienne française à Montréal dans les années quarante et cinquante. Celle-ci raconte son enfance et ses études dans une école de soeurs catholiques.

Dans l’extrait suivant, elle parle de la septième et dernière année de son cours primaire.)

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Cette année-là fut celle de la mémoire. Toutes les matières devaient être apprises par c½ur : catéchsime, français, arithmétique, histoire, géographie, bienséance et anglais. Et bien malheureuses furent celles qui réclamaient des explications. Soeur Saint-Polycarpe enseignait le programme en vue des examens. Toute question qui débordait ce cadre était qualifiée de question piège, de question insolente, et celle qui la posait subissait les foudres de la titulaire.

La rentrée scolaire passa au second plan, en ce mois de septembre 1952. Elle fut éclipsée par l’arrivée de la télévision, ce nouveau médium très vite populaire. Les autorités scolaires appréhendaient la compétition du petit écran, et les mises en garde ne tardèrent pas. Au nom de la morale, il nous était recommandé de nous méfier de ce qu’on allait nous montrer et nous devions prévenir nos parents des réticences exprimées à l’école.

- Nous n’avons aucune garantie que ceux qui dirigent la télévision sont de bons catholiques pratiquants, déclara un matin s½ur Saint-Polycarpe. Au contraire, il y a des athées qui se sont infiltrés à la radio et ce sont ces mêmes personnes qui se retrouvent aujourd’hui à la télévision.

Moins d’une semaine plus tard, l’école entière fut réunie dans la grande salle.

- Mes filles, nous dit s½ur directrice, nos seigneurs les évêques se questionnent sérieusement sur les bienfaits de cette nouvelle invention. Ils n’ont pas encore de réponses à leurs interrogations. C’est pourquoi ils nous recommandent d’agir avec prudence. Il s’agit du bien de vos âmes. L’Évangile nous dit : « Dans le doute, abstiens-toi », rappela la s½ur.

Elle précisa qu’il ne s’agissait pas de fermer les yeux si l’on se retrouvait par hasard devant un de ces appareils, mais plutôt d’éviter de faire pression sur nos parents pour qu’ils se procurent cette boîte à images suspecte.

Durant la récréation qui suivit cette intervention, quelques compagnes émirent des doutes sur le bien-fondé des propos de la s½ur. C’étaient les plus âgées d’entre nous et comme elles n’étaient pas les plus douées, leur critique des s½urs ne me touchait guère. Lorsque mon père s’opposera à l’achat d’un poste, fort désiré par ma mère, je demeurerai perplexe. Pour la première fois, les s½urs et mon père pensaient la même chose. En fait, mon père refusait simplement de faire cette dépense extravagante. Nous serons donc dépendants des invitations des voisins. Même rares, ces absences nocturnes provoqueront sa jalousie. Finalement, pour éviter ces sorties, il consentira à cet achat en versant le montant nécessaire qui s’ajoutera aux économies de ma mère, amassées à son insu. Cela au moment où, autour de nous, la plupart des gens possédaient déjà des postes. Durant toutes ces années sans télévision, les soeurs me féliciteront d’en être à l’abri comme s’il se fût agi d’une nouvelle vertu.

- Mon père n’en veut pas, expliquerai-je, sans donner de détails.

- Votre père est un homme sage et avisé, me répondront-elles.

J’aurai bien voulu les croire.
 

Sujets d'étude

  1. Expliquez l’expression „l’eau bénite“!
  2. Comment s’appelle le roman de Denise Bombardier?
  3. Quel est le sujet du roman?
  4. Ou l'action se déroule-t-elle?
  5. Pourquoi Bombardier parle-t-elle de l'"année de la mémoire"?
  6. Quel est le contenu de la matière "bienséance"? Est-ce qu'une telle matière est encore enseignée de nos jours?
  7. Quel est le nouveau medium qui  vient perturber la rentrée scolaire?
  8. Qu’est-ce que les autorités de l'école pensent de l’invention de la télé?
  9. Quelle est la récation des évêques? Quelles sont leurs  recommondations?
  10. Expliquez la phrase: «Dans le doute, abstiens-toi»?
  11. Expliquez la différence entre «les soeurs catholiques» et «les athées».

1.)   De quoi Denise Bombardier parle-t-elle dans son roman?

a)  de la vie d’une fille française à Paris pendnt la révolution française
b)  d’un garcon pendant la première guerre mondiale< style="font-weight: bold;">
c)     d’une Canadienne française à Montréal dans les années quarante

2.)   Quelle matière ne faisait pas partie de l’emploi du temps?

a)  la géographie
b)  l'histore
c)  le français
d)  l'allemand

3.)   Quel nouveau medium a été inventé en ce temps?

a)  le téléphone
b)  la télévision
c) la radio