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3. Remplissez la grille et comparez les données.
Activez le lien http://www.francophonie.org/membres/etats/lcartes.cfm
Puis cliquez sur "Les données" en haut de
la page à droite.
Pour l'Algérie et la Libye vous devez
utiliser
un moteur
de recherche pour mener votre enquête.
4. Écoutez, puis lisez la fiche pays du Maroc
et de la Tunisie à haute voix.
5. Donnez quelques renseignements sur les plus
grandes
villes du Maroc: Tanger, Rabat, Casablanca, Agadir, Marrakech.
7. Donnez quelques renseignements sur les plus
grandes
villes de la Tunisie: Tunis, Sfax, Sousse.
| données factuelles | 1. le Maroc | 2. la Tunisie | 3. la Mauritanie | 4. (l'Algérie) | 5. (la Libye) |
1.
2.
3.
4.
5
| Nom officiel | ................................................. | ................................................. | ................................................. | ................................................. | ................................................. |
| Nom des habitants | ................................................. | ................................................. | ................................................. | ................................................. | ................................................. |
| Continent | ................................................. | ................................................. | ................................................. | ................................................. | ................................................. |
| Superficie | ................................................. | ................................................. | ................................................. | ................................................. | ................................................. |
| Capitale | ................................................. | ................................................. | ................................................. | ................................................. | ................................................. |
| Population | ................................................. | ................................................. | ................................................. | ................................................. | ................................................. |
| Population de la capitale | ................................................. | ................................................. | ................................................. | ................................................. | ................................................. |
| Densité | ................................................. | ................................................. | ................................................. | ................................................. | ................................................. |
| Espérance de vie (f) | ................................................. | ................................................. | ................................................. | ................................................. | ................................................. |
| Esp. de vie (m) | ................................................. | ................................................. | ................................................. | ................................................. | ................................................. |
| Taux d'urbanisation | ................................................. | ................................................. | ................................................. | ................................................. | ................................................. |
(Cité dans la « Collection Dossiers » N° 5 du Nouvel Observateur, 1991.)
1. Structurez le texte et trouvez des titres pour les différents paragraphes.
2. Pourquoi Foucauld se réfère-t-il à Dieu ?
3. Quel est le nombre des habitants dans le nord-ouest de l’Afrique ?
4. Qu’est-ce que Foucauld veut dire en parlant d’ »un seul bloc face à la France » ?
5. Que signifie « civiliser » et « franciser » dans le contexte ?
6. Qu’impliquent-ils au niveau socio-économique ?
7. Quelles valeurs est-ce que Foucauld attribue aux pays colonisés ?
8. Remplissez le tableau
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| - - - |
- - - |
9. Quelle serait la situation idéale du Maghreb selon Foucauld ?
10. Comment jugez-vous son attitude ?


1. Parlez de la densité de la population (plus dense,
moins
dense, la plus dense, la moins dense) dans les différents
pays du Maghreb.
C'est au Maroc, que la population ...
C'est au / en ..., que la densité
de la population est très forte / très faible.
C'est en Maritanie et ... ..., que ... ...
En Algérie la population est ... ....
qu'... ..., mais plus ... ... ... ...
Continuez ...
2. Décrivez la densité de la population par km2
Au Maroc, la densité de la population est
(est comprise) entre 50 et 100 habitants par km2 (50
et 100 hab/km2)
Continuez ...
3. La répartition de la population montre...
La carte présente est dite anamorphose, elle déforme les surfaces et les tracés nationaux en fonction de la quantité de population, selon une référence commune. Elle permet de constater le poids démographique des trois pays septentrionaux.
Une
autre représentation de la population a été
superposée
à la précédente, qui présente cette
même
population sous l'aspect de points tous assimilés à la
même
quantité de population et disposés en semis
régulier
sur les zones de densités supérieures à 10
hab/km2.
On peut y lire un phénomène très prononcé
de
littoralisation du peuplement, hors Sahara occidental et Mauritanie
où
la population se concentre sur la bande méridionale des berges
du
fleuve Sénégal. En Algérie 2% du territoire
littoral
regroupent plus de 40% de la population. L'implantation des grandes
unités
urbaines, et l'urbanisation massive actuelle viennent confirmer et
accentuer
cette organisation. Les agglomérations de Casablanca, Alger et
Tunis
rassemblent plus de 10% de la population totale du Grand Maghreb.
Le
Maghreb constitue un pôle important en matière de
migrations
des travailleurs. L'échange se fait essentiellement en direction
de l'Union Européenne, en particulier vers la France qui
accueillait
en 1990 70% des 2,2 millions de Maghrébins
émigrés.
La Libye se distingue de ses voisins en accueillant des travailleurs
d'une
grande diversité de provenances, y compris un faible nombre
d'Européens.
Elle s'identifie en cela aux pétro-monarchies du Golfe persique.
a) Soulignez tous les chiffres et commentez-en quelques-uns.
b) Reliez les chiffres aux phrases suivantes:
1. Le phénomène de littoralisation est
particulièrement
prononcé en Algérie.
2. La densité de la population est très faible en Libye
et en Mauritanie, mais relativement élevée au Maroc.
3. En 2015 la population du Maghreb aura plus que doublé.
4. En ce qui concerne les migrations des travailleurs, c'est la France
qui accueille le plus d'immigrés.
5. Au Maroc et en Tunisie on a mis en place une politique de
contrôle
des naissances.
| Chiffres | 1960 | 70% des 2,2 millions de Maghrébins | 40% | 2 hab/km2 56 hab/km2 |
60 millions, 159 millions |
| Phrases | . | . | . | . | . |
c) Rassemblez des informations démograhiques sur les
différents
pays et remplissez la grille.
| la Mauritanie | la Libye | l'Algérie | le Maroc | la Tunisie |
| - - - |
- la densité de la population est très faible,
proche
de 2 hab/km2 - - |
- la littoralisation est très prononcée, ... - - |
- - - |
- - - |
d) Posez des questions sur le texte et essayez d'y répondre
en
plenum. Cette tâche peut aussi être effectuée sous
forme
d'un jeu. La classe est divisée en deux équipes qui se
posent
des questions mutuellement. Pour chaque question posée
correctement
et écrit correctement au tableau l'équipe obtient
deux
fois un point, pour chaque bonne réponse l'équipe adverse
obtient trois points, plus deux points pour une phrase grammaticalement
correcte. Les questions et les réponses doivent être
formulées
sous forme de phrases complètes.
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Textes supplémentaires à exploiter en classe avec des fiches pédagogiques:Pour respecter les droits d'auteur cf. la source sur internetDownload
Un ensemble homogène
Le milieu naturelDownload
Les sociétés traditionnellesDownload
La permanence de l'élément berbèreDownload
Colonisation et indépendancesDownload
Des choix politiques distinctsDownload
La construction de l'UMADownload
Les problèmes contemporainsDownload
L'explosion démographique
Les craintes et les espoirs
Quiz Spielanleitung zum Maghreb-Quiz
Schülerfragen 1
Schülerantworten 1
Schülerantworten 2
Maghreb-Quiz: Überblick für den Lehrer: Niveau 1 Questions et réponses
Maghreb-Quiz: Überblick für den Lehrer NIveau II Questions et réponses
Le
milieu
naturel - Les similitudes géographiques
En dépit de
leurs caractères propres, les pays du Maghreb présentent
de
grandes similitudes géographiques.
Occupant le nord-ouest du continent
africain, étendus sur quelque 6
millions
de kilomètres carrés, ils
connaissent les mêmes contrastes
topographiques:
une étroite plaine
côtière, des ensembles montagneux
importants (chaînes du Tell en
Algérie et de l'Atlas au Maroc) et
une immense zone désertique couvrant
les cinq sixièmes de la superficie.
Les reliefs et les climats sont
également
contrastés. L'aridités'accroît
du
littoral
aux marges du
désert, et les
précipitations
ne sont abondantes que dans les zones
montagneuses.
Enfin, leurs variations interannuelles
marquent
fortement le climat: les
périodes de sécheressepeuvent
durer plusieurs années. Les sociétés du
Maghreb se sont bien adaptées aux contraintes
naturelles des différents
milieux, instaurant
des échanges entre régions complémentaires.
Les mots-clés
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| 1. des ensembles montagneux | 1. Sahara | 1. étendus |
| 2. | 2. | 2. |
| 3. | 3. | 3. |
| 4. | 4. | 4. |
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| 1. | 1. |
| 2. | 2. |
| 3. | 3. |
Les
sociétés traditionnelles
Traditionnellement, ces sociétés
tournaient le dos à la mer. Elles
regardaient vers l'intérieur: le Sahara
et les routes de l'or. Ce sont, dans
l'Antiquité, les colonsphéniciens
et romains, puis, à l'époque moderne,
français qui s'installèrent
sur les côtes et mirent en valeur les
plaines
littorales. Longtemps, ces pays eurent en
commun l'opposition entre des
montagnes densément peuplées
– compte tenu du rapport entre les
terres cultivables et la population – et des
plaines peu occupées. La mise
en valeur des milieux montagnards par des
populations
agropastorales
est en effet tout à fait remarquable,
alors que les plaines sont longtemps
demeurées le domaine des
éleveurs
nomades. Ce n'est que très
récemment, depuis la colonisation
française,
qu'elles ont connu un
développement agricole.
1. Commentez la première phrase: "Traditionnellement, ces
sociétés
tournaient le dos à la mer."
2. Pourquoi, à votre avis, les sociétés
traditionnelles
n'occupaient-ils pas les plaines?
3. Quels sont les peuples qui se sont installés sur les
côtes?
4. Quand est-ce que la colonisation française a commencé
à votre avis? Pourquoi?
La
permanence de l'élément berbère
Les cinq pays du Grand Maghreb ont en commun
un ancien peuplement
berbère qui leur assure une profonde
originalité au sein du monde arabe.
Il est étonnant de constater le
maintien
de la culture et de la langue
berbères après quelque treize
siècles de pénétration de la langue arabe.
Aujourd'hui, on compte 33 % de
berbérophones
au Maroc, 21,5 % en
Algérie, 20 % en Mauritanie, 5,4 %
en Libye et 3 % en Tunisie, soit
environ 14 millions de berbérophones
pour 48 millions d'arabophones.
Si les colonisations antiques n'ont
laissé
que peu de traces, en revanche
la conquête arabe et l'islamisation
qui l'accompagna, dès la seconde
moitié du VIIe siècle, furent
déterminantes. Bien que les Berbères aient
opposé à cette conquête
de fortes résistances, ils se convertirent
massivement à la nouvelle religion:
ainsi, les troupes qui traversèrent le
détroit de Gibraltar quelques
décennies
plus tard étaient essentiellement
composées de Berbères
islamisés.
Par ailleurs, ce furent deux dynasties
berbères
qui réalisèrent une
première unification du Maghreb: les
Almoravides (1061-1147) puis les
Almohades (1147-1269).
Après avoir appelé à
la guerre sainte contre les Almoravides
(1147), les Almohades unifièrent sous
leur commandement toute
l'Afrique du Nord, depuis le Maroc
jusqu'à
l'Ifriqiya, avec la conquête
de Tunis puis de la Tripolitaine. Cette union
fut éphémère, mais elle
occupe une place importante dans l'imaginaire
maghrébin. Elle préfigure
le rêve du Grand Maghreb, dont le
traité
d'Union du Maghreb arabe
(UMA) s'efforce depuis 1989 de poser les
fondations.
Le nombre des Berbères au Maghreb
| Maroc | Algérie | Mauritanie | Libye | Tunisie |
| - | - | - | - | - |
1. Quel est le nombre total des berbérophones et des
arabophones
vivant au Maghreb?
2. Quand est-ce que la conquête arabe a commencé?
3. Quelles en étaient les conséquences?
4. Quelles étaient les deux premières dynasties
berbères?
5. Quel rôle ont-ils joué pour les pays du Maghreb?
6. Cherchez dans l'internet: A quel dynastie le Roi Mohammed VI du
Maroc remonte-t-il?
Colonisation
et indépendances
Après la dislocation de l'Empire
almohade,
le Maghreb se morcela en
régions distinctes (les
Mérinides
au Maroc, le royaume de Tlemcen en
Algérie, les Hafsides en Tunisie),
puis, à partir du XVIe siècle, tomba
sous la coupe de l'Empire ottoman. Seuls le
Maroc et la Mauritanie
conservèrent leur autonomie,
malgré
l'installation des premiers comptoirs
portugais et espagnols sur les côtes.
Le Maghreb devint ensuite l'objet
des ambitions coloniales européennes,
avec la conquête de l'Algérie par
la France (1830), l'occupation de la
Mauritanie
(1855) – qui fut par la
suite intégrée à
l'Afrique-Occidentale
française –, l'établissement du
protectorat français sur la Tunisie
(1881) et sur le Maroc (1912)
et enfin l'installation italienne en Libye
(1912).
1. Énumérez les populations suivantes dans l'ordre
chronologique
de la colonisation et essayez de deviner le siècle où la
colonisation a eu lieu: les arabes, les phéniciens, les
ottomans,
les européens, les romains.
| Peuples | 1 | 2 | 3 | 4 | 5 |
| Siècle | - | - | - | - | - |
Après la Seconde Guerre mondiale,
les
pays du Maghreb accédèrent à
l'indépendance: la Libye en 1951, le
Maroc et la Tunisie en 1956, la
Mauritanie en 1960 et l'Algérie en
1962. Ainsi, la forte identité culturelle
qui caractérise ces
sociétés
arabo-berbères, l'usage de l'arabe comme
langue commune (nonobstant les variantes
dialectales
de l'arabe et la
persistance du berbère), enfin
l'appartenance
à la communauté
musulmane (oumma) sont autant d'atouts en
faveur de l'Union. Il est
d'ailleurs significatif que l'islam soit
religion
d'État dans les cinq pays
concernés et que le chef de
l'État
y doive nécessairement être musulman.
2. En quelle année les Français ont-ils occupé
les pays du Maghreb et quand est-ce que ces pays ont
accédé
à l'indépendance?
| Pays | 1. | 2. | 3. | 4. | 5. |
| Année de l'occupation | - | - | - | - | - |
| Déclaration de l'indépendance | - | - | - | - | - |
3. Quels ont été les atouts en faveur de l'unification des pays du Maghreb?
Des
choix politiques distincts
Pourtant, les facteurs de division ne doivent
pas être négligés, au premier
rang desquels se trouve la
nécessité
pour chacun des cinq pays,
récemment indépendants, de se
constituer en État-nation. Les systèmes
politiques et les choix économiques
de chacun, depuis l'indépendance,
ont été largement
différents.
Cela tient à leurs traditions historiques
spécifiques, aux modalités
distinctes
prises par la colonisation – le
protectorat, depuis 1912, maintenait les
structures
politiques locales au
Maroc, alors que les trois départements
français [Alger, Constantine et
Oran] constituant l'Algérie
étaient
placés sous administration directe de
la métropole, avec une importante
colonie
de peuplement. Enfin, les
conditions dans lesquelles s'est faite
l'accession
à l'indépendance – par la
lutte armée ou non. Mais cela tient
aussi aux fortes personnalités
d'hommes tels qu'en Libye le roi Idris Ier
(1890-1983) et le colonel
Kadhafi, en Tunisie Bourguiba, au Maroc le
sultan Mohammed V
(1909-1961) et son fils le roi Hassan II,
en Mauritanie Ould Daddah et
en Algérie Ben Bella puis Boumediene
(1932-1978).
Ces chefs d'État, dont certains ont
tiré leur légitimité de la lutte pour
l'indépendance, exprimèrent,
chacun, un dessein propre et marquèrent
fortement leur pays. Ainsi, très
schématiquement,
la Tunisie choisit
résolument la voie de
l'occidentalisation.
Le Maroc voulut entrer dans la
modernité tout en s'appuyant sur ses
traditions. L'Algérie s'engagea dans
la voie socialiste, tandis que la Mauritanie
appuyait son développement
sur ses liens anciens avec la France. Quant
à la Libye, après avoir connu
une monarchie confrérique puis de
nombreuses
turbulences, elle
proclama en 1977 l'instauration de la
Djamahiryya
(république) arabe
populaire et socialiste. On comprend
aisément
que des options politiques
et économiques aussi diverses
constituent
des obstacles à une éventuelle
confédération du Grand Maghreb.
Les facteurs de division
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L'ascension à l'indépendance
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Les chefs d'État (à l'heure actuel)
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Leurs intentions et le régime politique actuel
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Dans les premières décennies du XXe siècle se développa la Nahda, courant de renaissance arabe qui concerna surtout les pays du Levant mais également le Maghreb, et qui réactualisa le vieux rêve unitaire de la nation arabe. Les différents mouvements de libération nationale furent ensuite l'occasion de rencontres entre indépendantistes marocains, tunisiens et algériens. Le Comité de libération du Maghreb fut créé en 1948, annonçant la Conférence de Tanger en 1958; puis, en 1964, alors que tous les pays avaient accédé à l'indépendance, fut créé le Comité permanent consultatif maghrébin (CPCM), à vocation plus explicitement économique, et auquel se rattacha un quatrième pays, la Libye. Le CPCM se proposait de développer les échanges entre les pays du Maghreb, d'harmoniser leurs politiques minière, énergétique et industrielle, et de constituer un ensemble face à la CEE. De multiples difficultés, liées plus particulièrement aux conflits frontaliers entre les différents pays membres et à la question du Sahara occidental, freinèrent considérablement l'édification de l'union du Maghreb.
En 1988, la Mauritanie adhéra au CPCM et, le 17 février 1989, fut finalement signé à Marrakech par les cinq chefs d'État le traité portant création de l'Union du Maghreb arabe (UMA), jalon important de l'édification du Grand Maghreb.
Ce dernier bénéficie d'un immense territoire, bien qu'inégalement peuplé, dont le sous-sol renferme des richesses importantes: pétrole (Libye, Algérie), gaz (Algérie, Tunisie, Libye), phosphates (Maroc, Tunisie), fer (Mauritanie), uranium (Algérie) et minerais non ferreux – plomb, manganèse, zinc, barytine des montagnes marocaines. L'usage d'une langue commune, l'appartenance à la communauté musulmane et un patrimoine culturel partagé, sont autant d'éléments favorables à l'Union.
Les problèmes contemporains
Les
craintes et les espoirs
Pour faire face au problème démographique, il
apparaît
indispensable et urgent de planifier les politiques de l'emploi, de la
santé, de l'éducation et du logement. Le taux de
chômage
et l'ampleur prise par le secteur informel, ou «économie
souterraine»
– qui échappe à toute réglementation –, sont
difficiles
à évaluer, mais il est certain qu'une partie de plus en
plus
importante de la population se trouve en situation d'extrême
précarité.
L'aggravation de la paupérisation entraîne de profondes
frustrations
ainsi que des demandes sociales nouvelles. Dans ces conditions, il
n'est
pas étonnant que le fondamentalisme religieux, qui occupe
aujourd'hui
une place prépondérante dans le panorama socioculturel de
cette région, apparaisse à toute une jeunesse
désemparée
comme un recours et un espoir.
Sur la scène internationale, les pays du Maghreb occupent une
place originale. L'histoire, le passé colonial, les flux
migratoires
ont tissé pour quatre d'entre eux des liens
privilégiés
– qui n'excluent pas les conflits – avec le monde occidental, et
notamment
avec la France. Appartenant simultanément au monde arabe et
à
l'espace méditerranéen, assurant la jonction entre
l'Europe
et le monde africain, le Maghreb est appelé à jouer un
rôle
de premier plan dans ce qu'il est convenu d'appeler aujourd'hui les
relations
Nord-Sud.
Les reliefs et grandes régions naturelles des pays du Maghreb
La question de l'eau dans les pays du Maghreb
Agriculture, industrie, énergie, mines
Les
reliefs et grandes régions naturelles des pays du Maghreb
http://www.irmcmaghreb.org/atlas/reliefs.htm


Deux ensembles morphologiques s'opposent. Au nord courent d'est en ouest deux chaînes parallèles, plissées et élevées appartenant au domaine alpino-himalayen : au nord l'Atlas tellien, au sud l'Atlas saharien , prolongés par le Haut-Atlas et l'Anti-Atlas au Maroc. Ces chaînes abritent des systèmes fluviaux de taille modeste. Au sud s'étendent les immensités tabulaires du Sahara appartenant au vieux socle africain, 8 millions de km2, couvrant la quasi totalité de la Mauritanie et de la Libye, les 80% de l'Algérie, 65% du Maroc et près de 50% de la Tunisie. Ces vastes horizons présentent une diversité souvent réduite aux grandes plaines dunaires (ergs). Celles-ci ne représentent pourtant qu' 1/5ème de la surface du Sahara. Le désert, ce sont aussi des reliefs montagnards accidentés, les formes volcaniques du Hoggar, et surtout les regs, grandes plaines pierreuses. Les latitudes et les potentiels hydriques déterminent les milieux naturels, méditerranéen, continental steppique et désertique. Si le problème de l'eau est crucial dans ces régions hyper-arides (Voir carte), le milieu offre d'importantes ressources en hydrocarbures, essentiellement en Libye et en Algérie.
La
question de l'eau dans les pays du Maghreb
http://www.irmcmaghreb.org/atlas/eau.htm


Située à cheval sur la diagonale aride, qui parcourt
Afrique
et Asie depuis l'Atlantique jusqu'à la Chine, la majeure partie
du Maghreb est constituée par le désert. Seules les
régions
méditerranéennes et montagnardes du nord reçoivent
de l'eau en quantité suffisante pour les populations qui y
vivent.
Si la présence d'une agriculture saharienne préhistorique
est attestée, l'augmentation de la température et la
désertification
rendent aujourd'hui indispensable un recours à l'irrigation. La
pression démographique (décuplement de la population en
deux
siècles) et le développement des techniques agricoles
créent
une situation critique sur l'ensemble de la région, à
court
ou moyen terme. Le problème est traité
différemment
selon les pays. La Libye, qui connaît la situation la plus
critique,
s'est lancé dans le programme de la Grande Rivière
pompant
les réserves fossiles d'eau enfouies sous le désert. Ces
ressources n'étant pas renouvelables à l'échelle
humaine,
leur exploitation massive conduit à un épuisement certain
dans quelques dizaines d'années. L'Etat libyen a
également
développé un réseau d'usines de déssalement
près des grandes villes, qui correspond bien aux attentes de la
consommation domestique. En Algérie et en Tunisie le pompage est
complété par des ressources en eau superficielle, mais la
pénurie est déjà palpable dans les régions
méridionales. Le Maroc bénéficie lui de ressources
superficielles qui suffisent pour l'instant à sa consommation,
grâce
à l'aménagement de 85 barrages. Quant à la
Mauritanie,
elle est le seul pays de la région à ne pas avoir de
souci
hydrique en vue, sa faible population aidant, elle se contente de
transférer
l'eau douce vers les concentrations de population
côtières,
participant par ailleurs à l'aménagement hydro-agricole
du
fleuve Sénégal.
Agriculture, industrie, énergie, mines


Les villes
Tanger (en arabe T]andjah),
ville et l'un des principaux ports du Maroc, sur le détroit de Gibraltar; 266 350 habitants; chef-lieu de la province du même nom. Tourisme actif. --La ville (ancien Tingi carthaginoise et Tingis romaine) fut convoitée dès le Moyen Âge par les puissances commerciales, en raison de sa situation géographique. Elle fut notamment portugaise de 1471 à 1662. Déclarée zone internationale en 1923, occupée par les Espagnols de 1940 à 1945, elle fut rendue au Maroc en 1956.
© Hachette Multimédia / Hachette Livre, 1999
Rabat,
capitale du Maroc et port sur l'Atlantique, à l'embouchure du Bou Regreg; l'agglomération compte 1,5 million d'habitants [1997]. Centre politique, la ville possède quelques industries textiles (tapis) et alimentaires.-- Archevêché. Université. Mur des Andalous (remparts autour de la ville musulmane, habitée par de nombreux expatriés d'Andalousie au XVIIe siècle). Tour Hassan (XIIe siècle). Casbah des Oudaïa. --Fondée lors de la colonisation de l'Andalousie par les Almohades (XIIe siècle), Rabat connut un grand essor au XVIIe siècle avec l'arrivée des morisques exilés d'Espagne. En 1912, Lyautey en fit la capitale administrative et politique du protectorat.
© Hachette Multimédia / Hachette Livre, 1999
Casablanca (en arabe ad-Dar al-Bayda),
principal port et plus grande ville du Maroc; 923 630 habitants (agglomération urbaine, 2 408 600 habitants); préfecture. Premier centre économique du pays: industries chimique, alimentaire, mécaniques et textile. Exportation de phosphates. --L'aménagement initial du port est dû à Lyautey. Grande mosquée Hassan II. --La conférence de Casablanca (1943), entre Churchill et Roosevelt, coordonna de façon décisive la politique de guerre des Alliés.
© Hachette Multimédia / Hachette Livre, 1999
Agadir,
ville et port du sud marocain, sur l'Atlantique; 110 480 habitants; chef-lieu de la province du même nom. --En 1960, un tremblement de terre détruisit la ville qui, reconstruite, est devenue un important centre touristique. --Incident d'Agadir, constitué après l'envoi, le 1er juillet 1911, par le gouvernement allemand d'une canonnière devant cette ville pour protester contre l'entrée des troupes françaises à Fès et à Meknès; la négociation aboutit à la cession d'une partie du Congo français aux Allemands, en échange de leur non-intervention au Maroc.
© Hachette Multimédia / Hachette Livre, 1999
Marrakech,
ville du Maroc méridional, dans la plaine du Haouz, au pied nord du Haut Atlas; 439 730 habitants; chef-lieu de la province du même nom. Grand marché du Sud; huileries; artisanat. Centre touristique. --Nombreuses mosquées, dont la très belle Kutubiyyah (XIIe siècle). Porte Bab Agnau (entrée de la casbah). Palais. Tombeaux des Saadiens. --Fondée en 1062 par les Almoravides, elle fut la capitale des Almohades (XIIe-XIIIe siècle).
© Hachette Multimédia / Hachette Livre, 1999
Le protectorat français
La conférence d'Algésiras (1906), qui entérinait
l'intervention des puissances occidentales au Maroc, reconnut à
l'Espagne et à la France des droits particuliers. De 1907
à
1912, une série d'incidents provoqua l'intervention de
l'armée
française; en août 1907, les Français
débarquèrent
à Casablanca, puis occupèrent Oujda, Casablanca et
Fès.
En dépit de l'opposition de l'Allemagne, le traité de
protectorat,
finalement imposé au sultan du Maroc, fut signé à
Fès le 30 mars 1912. (Par ailleurs, en novembre 1912, la
convention
de Madrid plaçait le nord du pays sous protectorat espagnol.) Le
général Lyautey fut nommé premier résident
général de la France.
La résistance marocaine fut vive, et les révoltes
berbères
nombreuses. Après la reddition d'Abd el-Krim, qui souleva les
masses
paysannes dans le Rif (1919-1926), la France mena une campagne de
«pacification»
qui ne prit fin qu'en 1934; le protectorat fut remplacé par
l'administration
directe. La France encouragea la colonisation rurale avec
l'installation
d'Européens, qui, par ailleurs, introduisirent de nouvelles
cultures
et commencèrent l'exploitation des phosphates. Elle entretint
également
l'opposition entre Arabes et Berbères : un dahir de 1930 retira
la juridiction des populations berbères au sultan, responsable
de
la loi musulmane, et leur établit des tribunaux propres
appliquant
le droit coutumier. Ce fut l'occasion d'un réveil de
l'opposition.
Allal al-Fasi et un groupe de jeunes lettrés fondèrent
à
Fès le parti national, avec pour revendication essentielle
l'abrogation
du dahir. Mais, alors que s'achevait la pacification française,
les prémices du mouvement pour l'indépendance se
faisaient
déjà sentir. Le mouvement nationaliste fut
influencé
par les doctrines réformistes et le panarabisme qui agitaient
alors
toutes les sociétés musulmanes. Un Comité d'action
marocain pour la réforme, créé en 1934,
réclama
l'application stricte du traité de protectorat. En 1937, le
Comité
se sépara entre l'Istiqlal (1943) et le Parti
démocratique
de l'indépendance (1946).
La défaite de 1940 devant les Allemands affaiblit encore la
position de la France. L'Espagne occupa Tanger de 1940 à 1945.
Pendant
la Seconde Guerre mondiale, les troupes marocaines combattirent aux
côtés
de la France libre, mais la rencontre entre le sultan Mohammed V
ben Youssef et le président américain Roosevelt à
Anfa, en juin 1943, accentua les revendications nationalistes. En 1944,
Mohammed V refusa de ratifier les décisions du résident
général
et, dans un discours prononcé à Tanger, en avril 1947,
commença
à réclamer l'indépendance.
Au lendemain de la guerre, la pénurie alimentaire provoqua une
grande misère et une forte émigration rurale. La
résistance
au protectorat prit alors un caractère plus urbain. Oppositions
rurale et urbaine se rejoignirent après 1950, au moment
où
le sultan prenait une part prépondérante dans la lutte
pour
l'indépendance. Le gouvernement français nomma des
résidents
généraux intransigeants: les généraux Juin
(1947-1951) et Guillaume (1951-1954). En 1951, sous la pression des
autorités
françaises, soutenues par le pacha de Marrakech, Al-Hadj Thami
al-Glaoui,
surnommé le Glaoui, le sultan fut contraint de renvoyer ses
collaborateurs
membres de l'Istiqlal. Après avoir tenté, en vain, de
négocier
avec la France, Mohammed V prononça, en novembre 1952, un
discours
exigeant l'émancipation politique totale et immédiate du
Maroc. Appuyé par la France, des notables et des chefs de
confrérie,
avec à leur tête le Glaoui, entrèrent alors dans un
complot visant à renverser le sultan: le 20 août 1953, la
France déposa Mohammed V, qui fut exilé en Corse, puis
à
Madagascar, avec ses fils, dont le futur roi Hassan II. Une rupture
totale
s'instaura dès lors entre le nouveau régime et la
population,
qui ne reconnut pas la légitimité du sultan mis en place
par la France, Mohammed ibn Arafa, un autre membre de la famille
alaouite.
Ce refus revêtait un caractère politique, religieux et
économique
(boycott des produits français); il s'accompagna d'une vague
d'agitation
et de la constitution d'une armée de libération.
Le Maroc indépendant
La conjonction des insurrections marocaine et algérienne
contraignit
Paris, qui choisit de consacrer l'essentiel de son effort militaire
à
l'Algérie, à engager des négociations avec le
sultan
Mohammed V. En 1955, à la suite d'actes terroristes, la France
se
résigna finalement à accepter le retour du sultan au
Maroc.
Le 2 mars 1956 fut signée une convention qui abolit le
traité
de Fès et reconnut l'indépendance du Maroc. Le statut de
Tanger fut aboli (29 octobre 1956). L'ampleur des manifestations
populaires
obligea également l'Espagne à mettre fin à son
protectorat,
le 7 avril 1956. Après quarante-quatre ans de tutelle
étrangère,
le Maroc retrouvait son indépendance et son unité.
Mohammed
V rentra dans son pays, acclamé comme le libérateur de la
nation marocaine. Dès 1958, il annonça des
réformes
économiques, sociales et politiques, et s'engageait à
doter
le Maroc, érigé en royaume, d'institutions permettant une
participation directe du peuple à la gestion des affaires
publiques.
Le règne de Hassan II
Mohammed V mourut le 26 février 1961. Son fils Hassan II lui
succéda. Respectant la promesse qu'il avait faite à son
père
d'établir un régime démocratique dans le cadre
d'une
monarchie constitutionnelle, il fit approuver par
référendum,
le 7 décembre 1962, une Constitution qui instituait le
multipartisme
et la séparation des pouvoirs. Le rôle du Parlement
était
toutefois relativement limité. Celui du roi, en revanche,
était
très étendu: le monarque nommait le Premier ministre et
les
ministres, qu'il pouvait révoquer à son gré. Chef
des forces armées, il avait le pouvoir de proclamer
l'état
d'exception si le pays venait à être menacé. En
tant
que «Commandeur des croyants», il était le chef
religieux
suprême et veillait au respect de l'islam. Les années qui
suivirent l'investiture d'Hassan II virent éclater des
émeutes
populaires à Casablanca, Rabat et Fès. Le Front de
défense
des institutions constitutionnelles, formation progouvernementale, ne
put
obtenir la majorité aux premières législatives.
Dans
l'incapacité de former un gouvernement, le leader de l'Istiqlal,
Allal al-Fasi, passa à l'opposition en janvier 1963. En juillet
1963, le gouvernement fit arrêter des militants de l'UNFP (Union
nationale des forces populaires), parti d'opposition dirigé par
Al-Mahdi Ben Barka, lequel dut fuir à l'étranger. En mars
1965, des manifestations d'étudiants furent
sévèrement
réprimées par le général Oufkir, ministre
de
l'Intérieur. En juin, l'état d'exception fut
institué,
la Chambre fut dissoute et le roi prit les pleins pouvoirs. En octobre
1965, Ben Barka, condamné à mort par contumace pour
complot
contre le régime, était enlevé à Paris et
secrètement
assassiné.
Une nouvelle Constitution fut adoptée par
référendum,
en juillet 1971, malgré l'hostilité de l'Istiqlal et de
l'UNFP
qui se regroupèrent en un Front de l'opposition et
refusèrent
de participer aux élections législatives. La
découverte
d'un complot contre le roi en mars 1971 donna lieu à 180
arrestations.
Deux nouvelles tentatives d'assassinat de Hassan II devaient provoquer
une sévère répression : le 10 juillet 1971, les
cadets
de l'École militaire tentèrent de renverser le roi lors
d'une
réception dans sa résidence de Skirat ; le 16 août
1972, l'avion ramenant de France le roi échappa de justesse aux
tirs de l'aviation de chasse marocaine. Compromis dans l'attentat, le
général
Oufkir fut trouvé mort le lendemain.
À partir de 1973, le roi, en habile politique, comprit la
nécessité
d'assouplir son pouvoir. La «marocanisation» des terres
reprises
aux étrangers lui redonna l'adhésion populaire, et la
question
du Sahara espagnol lui permit de ressouder autour de sa personne
l'ensemble
de la population.
Le Front Polisario avait entamé sa lutte armée en 1973
(Madrid envisageait alors d'accorder l'indépendance à ce
territoire, que le Maroc revendiquait). À l'automne de 1975,
Hassan
II organisa la «Marche verte»: environ 350 000 Marocains
répondirent
à son appel et, «drapeau en tête et Coran à
la
main», marchèrent pacifiquement jusqu'au Sahara
occidental.
Cette marche eut un impact extrêmement fort à
l'intérieur
du pays, dans la mesure où toutes les forces politiques, y
compris
celles de l'opposition, hormis l'UNFP, se placèrent aux
côtés
du monarque. Par contre, cette question entraîna une crise
profonde
entre le Maroc et l'Algérie, qui apporta son soutien au
mouvement
sahraoui. L'admission, en 1982, de la République arabe sahraouie
au sein de l'OUA constitua un revers diplomatique pour le Maroc. Les
difficultés
économiques et les mesures de redressement
préconisées
par le FMI provoquèrent de nouveau, en mai et juin 1981 puis en
janvier 1984, des manifestations à Casablanca qui furent
sévèrement
réprimées. Les années 1990 furent toutefois
marquées
par la reprise du dialogue avec l'opposition parlementaire, une
certaine
diminution des tensions sociales et un début de règlement
de l'affaire du Sahara occidental. Le 6 septembre 1991, le Maroc, ayant
maîtrisé la «guerre des sables», signa avec le
Front Polisario un cessez-le-feu dont l'entrée en vigueur
devrait
permettre la tenue d'un référendum
d'autodétermination
– proposé par l'ONU et l'OUA depuis 1988 – qui décidera
de
l'avenir des populations du Sahara occidental.
Sur le plan intérieur, la monarchie marocaine, qui se trouve
également confrontée à un islamisme en expansion
depuis
les années 1970, cherche un modèle original de
démocratisation.
Hassan II, qui souhaite moderniser son pays, s'efforce d'ailleurs de
prolonger
le climat d'union nationale qu'avait suscité la «Marche
verte»
: libération de prisonniers politiques, levées de la
censure,
élections, reconnaissance des partis d'opposition, dont
l'Istiqlal,
et légalisation des mouvements de défense des droits de
l'homme.
Sous la pression conjointe de la contestation intérieure et de
la
volonté du roi, une nouvelle Constitution, approuvée par
référendum en septembre 1992, a élargi le
rôle
du Parlement et affirmé plus nettement la séparation des
pouvoirs. Ainsi, en novembre 1997, les premières
élections
législatives au scrutin universel ont donné la
majorité
des sièges à l'Union socialiste des forces populaires
(USFP),
tandis que le Mouvement populaire constitutionnel démocratique
(islamiste)
obtenait six sièges dans la nouvelle Assemblée.
Nommé
Premier ministre par le roi Hassan II, le socialiste Abderahmane
Youssoufi
s'est alors vu confier la formation d'un gouvernement de coalition.
Sur le plan international, le Maroc, qui a adhéré au
GATT (c'est à Marrakech que fut signé le 15 avril 1994
l'accord
final de l'Uruguay Round), a activement participé à la
création,
le 17 février 1989, de l'Union du Maghreb arabe (UMA) avec
l'Algérie,
la Libye, la Mauritanie et la Tunisie. Par ailleurs, entre grogne
sociale
et agitation islamiste, l'ancrage à l'Europe semble
revêtir
une importance stratégique : en 1987, le Maroc – dont la
diplomatie
joue un rôle actif dans la recherche de la paix au Moyen-Orient –
a fait acte de candidature pour rejoindre la Communauté
européenne.
État et institutions
Monarchie constitutionnelle, le Maroc est un État islamique.
Le souverain (amir al-mouminine), qui possède une
légitimité
religieuse, appartient aux Alaouites, dynastie chérifienne issue
du Prophète. Au moment de son investiture et à l'occasion
de la fête du Trône, chaque année, ses sujets
renouvellent
le pacte d'allégeance qui les lie à leur souverain. On
comprend
donc que son rôle réel soit plus étendu que ne le
laisse
paraître une Constitution qui met l'accent sur le multipartisme,
la séparation des pouvoirs et le rôle du Parlement. Le roi
«garant de l'indépendance de la Nation et de
l'intégrité
territoriale du royaume dans ses frontières authentiques»,
nomme le Premier ministre, et sur proposition de celui-ci, les autres
membres
du gouvernement.
Le Parlement est composé de deux Chambres. La Chambre des
représentants
est composée de 333 membres élus pour cinq ans
(entièrement
au suffrage universel direct depuis 1996). La deuxième chambre,
la Chambre des conseillers, créée en 1996, est
élue
au suffrage indirect, pour les 3/5 de ses membres par un collège
électoral composé de représentants des
collectivités
locales, et pour 2/5 par des membres élus par les chambres
professionnelles
et des représentants des salariés. La Chambre des
conseillers
est renouvelable par tiers tous les trois ans. Pour promouvoir le
développement
économique et social, le Maroc a opéré une
régionalisation
et une décentralisation communale.
Société
Avec la diversité d'une population de souche berbère,
un autre facteur d'hétérogénéité
tient
aux fortes disparités sociales. Un tiers de la population
vivrait
au-dessous du seuil de pauvreté, aussi bien dans les villes
qu'en
milieu rural. Le taux de chômage atteindrait près de 20 %
de la population active. En 1990, 49,5 % des personnes
âgées
de 15 ans et plus étaient alphabétisées. La
scolarisation
primaire, si elle touche 80 % des enfants, ne concerne que 64 filles
pour
100 garçons. Ces lacunes tiennent à l'insuffisance des
infrastructures,
surtout dans les montagnes, et à la persistance du travail des
enfants
(ce dernier facteur expliquant d'ailleurs les fortes résistances
auxquelles se heurte le planning familial). Le statut de la femme, s'il
a considérablement évolué pour certaines couches
de
la population au mode de vie occidentalisé, n'a cependant pas
connu
de changement radical. Le Code marocain de statut personnel s'inspire
très
largement, en dépit de quelques assouplissements, de la loi
musulmane:
reconnaissance de la polygamie, maintien pour l'homme du droit de
répudiation.
La présence médicale est encore très
inégalement
répartie sur le territoire, qui compte en moyenne un
médecin
pour 4 380 habitants et 1 lit d'hôpital pour 830 habitants. La
mortalité
infantile (62 [permil]) [estimation 1997] est la plus
élevée
de l'Afrique du Nord.
Aussi hétérogène que soit la population, aussi
inégales que soient ses conditions de vie, et en dépit
des
différences linguistiques – alors que les hommes berbères
sont pour la plupart bilingues, les femmes non scolarisées ne
comprennent
pas l'arabe –, un certain nombre de facteurs, au premier rang desquels
vient l'islam, assurent à la société marocaine une
forte cohésion. L'appartenance à la communauté
musulmane
s'affirme, en effet, comme un puissant ciment. L'appel aux cinq
prières
quotidiennes, la prière commune du vendredi, le respect du
ramadan,
la fête du sacrifice créent de solides liens. Si l'islam
marocain
présente certaines particularités, avec notamment
l'importance
du culte des saints (qui est combattu par les réformistes), il
est
frappant de voir se côtoyer des gens de toutes origines, comme
à
l'occasion des moussems.
Le lien familial est également très fort. Près
de la moitié des foyers marocains, tout particulièrement
en milieu rural, abritent des familles étendues. En permettant
une
répartition des tâches et une diversification des
activités,
ces dernières constituent un palliatif de la
précarité
économique. L'idéal de la grande famille
patrilinéaire
et du capital d'honneur qui y est attaché reste très
prégnant.
Que ce soit pour obtenir une bourse ou trouver un emploi, les
réseaux
traditionnels ayant pour base la parenté se
révèlent
toujours plus efficaces que les démarches officielles.
Culture et civilisation
Les premières traces d'art sont des gravures rupestres datant
du néolithique. La plupart des sites se trouvent dans le Sud,
l'Anti-Atlas,
le Tafilalet et le Haut Atlas. Dans le Nord, les sites sont peu
nombreux,
mais certains sont d'une grande richesse (Volubilis).
Le patrimoine architectural du Maroc est à la fois très
riche et diversifié. Les différentes dynasties qui se
sont
succédé depuis le IXe siècle ont toutes connu de
grands
bâtisseurs qui ont laissé leur empreinte. Plusieurs
d'entre
elles ont fondé une ville: Fès al-Bali (Fès
l'Ancienne)
a été fondée au VIIIe siècle par les
Idrisides,
Marrakech au XIe siècle par les Almoravides, Rabat au XIIe
siècle
par les Almohades, Fès Djedid (Fès la Neuve) au XIIIe
siècle
par les Mérinides. Meknès devint la capitale des
Alaouites
au XVIIe siècle. Les quatre villes impériales portent
ainsi
la marque de leurs fondateurs.
Un riche patrimoine architectural
L'architecture marocaine est une synthèse originale des
influences
andalouse et orientales (Kairouan). Les artistes excellent dans le
travail
du bois ciselé et peint, dans la sculpture du marbre, dans les
marqueteries
de céramique polychrome et dans le plâtre ciselé.
Les
monuments les plus remarquables ont souvent une vocation religieuse:
mosquée
Qarawiyyin à Fès, minaret de la Koutoubia à
Marrakech,
médersas (collèges religieux) Bou Inaniyya à
Fès
et Ibn Yousouf à Marrakech. De ces époques subsistent
aussi
des remparts, des casbahs (citadelles défensives), des palais,
des
nécropoles et des tombeaux. Les médinas de Fès et
de Marrakech conservent une organisation spatiale et sociale
traditionnelle.
L'enchevêtrement des ruelles et des impasses a pu faire croire
à
une incohérence constitutive de la ville musulmane
traditionnelle.
Or, bien au contraire, celle-ci obéit à un plan
très
rigoureux valorisant la hiérarchisation des espaces. La
mosquée
occupe le coeur de l'ensemble. À sa proximité se trouvent
implantés les médersas et le souk des libraires. Les
autres
métiers sont répartis par secteurs agencés selon
un
ordre précis, des plus prestigieux (souk des tissus) aux moins
valorisés
(souk des tanneurs). Chaque quartier jouit d'une relative autonomie et
constitue un espace de voisinage avec sa fontaine, son four, son hammam
et quelques épiceries; les maisons, construites autour d'un
patio,
protègent la vie privée des regards extérieurs. La
richesse ornementale du Maroc se déploie également en
milieu
rural, avec une architecture de pierre et, plus encore, de terre crue
(pisé
rouge ou blanc) en pays berbère. Pouvant être
qualifiée
d'«architecture sans architecte», elle comprend entre
autres
les ksour, villages fortifiés de la vallée du Draa, et
les
greniers collectifs du Haut Atlas.
Littérature orale et écrite
La littérature berbère est toujours extrêmement
vivante, qu'il s'agisse des contes et légendes ou des chants
poétiques.
La langue littéraire, de tradition orale, en prose ou en vers,
obéit
à des règles très strictes. Elle utilise un style
sophistiqué et souvent métaphorique, reprend des
thèmes
récurrents (l'amour, la nostalgie, le mal du pays), non sans une
certaine improvisation. L'utilisation du magnétophone permet
à
la poésie de passer directement d'une transmission orale
à
l'enregistrement magnétique sans passer par la phase de
l'écriture.
Il en va de même de la littérature orale arabe, qui
utilise
la langue dialectale. Elle comprend un vaste répertoire de
poésies,
d'épopées, de contes et de récits merveilleux.
La littérature écrite de langue arabe ne s'est
développée
que plus tardivement et, peu traduite, reste encore mal connue en
Occident.
L'arabe classique n'est d'ailleurs compris au Maroc que par une petite
élite, l'arabe dialectal marocain en étant très
éloigné.
Le premier écrivain de l'époque moderne est Allal
al-Fasi,
poète et théologien, orateur politique qui milita pour
l'indépendance
du Maroc. Le premier roman fut publié peu après
l'indépendance
(1957) : Pendant l'enfance, de Abdelmajid Ben Jelloun. D'autres
romanciers
s'illustrèrent : Mohammed Zefzaf (Murailles et Trottoirs, 1974),
Ahmed el-Madini (Un temps entre l'accouchement et le rêve, 1976),
Rabi Moubarak (le Vent d'hiver, 1978), mais l'école
poétique
apparaît plus riche, et cela depuis le début du
siècle;
depuis l'indépendance, on peut citer : Mohamed Seghini, Moustafa
Madaoui, Ahmed Mejati, Allal el-Hajjam, Mohammed Bennis, Mohammed
al-Achaari.
Dans le domaine des essais, Mouhammad al-Sabbagh s'exprime sous une
forme
poétique et romancée (l'Arbre de feu, 1955; la Grappe de
rosée, 1961), Mouhammad Aziz al-Lahbabi tenta de fonder le
personnalisme
musulman (1964), tout en écrivant des romans et, en
français,
des poèmes.
La littérature écrite, longtemps de langue
française,
a acquis une grande renommée internationale. Les
premières
oeuvres en français, dans les années 1920-1930, furent
des
pièces de théâtre (notamment de Kaddour Ben
Ghabrit)
et des nouvelles. Depuis, parmi les auteurs majeurs se détachent
les noms d'Ahmed Sefrioui (le Chapelet d'ambre, 1949; la Boîte
à
merveilles, 1954), de Driss Chraïbi (le Passé simple, 1954;
la Foule, 1961), d'Abdellatif Laabi – dont la revue Souffles accueillit
poètes marocains et algériens de 1966 à 1971, et
qui
dénonce avec angoisse l'obscurantisme (l'OEil et la Nuit, 1969)
–, de Mohammed Khaïr-Eddine (Nausée noire, 1964; Agadir,
1967),
d'Abdelkébir Khatibi (la Mémoire tatouée, 1971; la
Blessure du nom propre, 1974), et de Tahar Ben Jelloun, qui exprime le
malheur de l'émigration (Cicatrices du soleil, 1972; la Plus
Haute
des solitudes, 1977; l'Enfant de sable, 1985) et qui obtint le prix
Goncourt
avec la Nuit sacrée (1987).
Artisanat
L'artisanat occupe partout une place de premier plan. Les
précieux
manuscrits de la Bibliothèque royale ou ceux de la
mosquée
Qarawiyyin témoignent d'un art remarquable de la calligraphie.
Les
bijoux en or et en argent sont finement travaillés. Les
céramiques
anciennes (poterie vernissée ou faïence
émaillée)
présentent des décors constitués de fleurs et
d'arabesques
monochromes, généralement bleus, ou polychromes, aux tons
bleus, bruns, verts et jaunes. Celles de Fès sont
particulièrement
renommées. La richesse de ce patrimoine ne doit pas laisser dans
l'ombre l'extraordinaire variété de l'artisanat: poterie,
travail du bois, maroquinerie, confection, travail des métaux,
vannerie,
assemblage de tapis et de couvertures. Les artisans marocains, que ce
soit
en milieu rural – essentiellement berbère – ou dans les villes –
ils sont organisés en corporations dans les cités –, font
preuve d'un savoir-faire et d'une habileté remarquables.
Musique
Les styles musicaux sont variés. La musique d'inspiration
arabo-andalouse
se rencontre dans les villes. Dans l'ala, les chanteurs
accompagnés
de nombreux instruments (tambourin, luth, cithare, violon, alto)
entrecoupent
d'évocations libres les thèmes classiques. Dans le Haut
Atlas,
comme dans toutes les régions berbères, chaque fête
villageoise s'accompagne de chants dansés. Lors des ahwach, les
choeurs se font face et reprennent alternativement une phrase musicale
d'abord interprétée par un soliste.
Cinéma
Mohammed Asfour réalisa le premier long métrage en 1958,
l'Enfant prodigue. Le film Wechma (1971), d'Hamid Bennani, marqua un
tournant
dans le cinéma marocain en ouvrant la voie à
l'exploitation
de thèmes considérés comme sensibles, car touchant
à la nature du pouvoir politique dans le monde arabe. Les Mille
et Une Mains (1972), de Ben Barka Souhayl, décrit la
misère
des teinturiers d'un souk de Marrakech. Le Coiffeur des quartiers
pauvres,
de Mohamed Reggab, étonne par son originalité et son
audace,
saluées par de nombreuses distinctions (Carthage, Ouagadougou,
Berlin,
Cannes). Le cinéaste Nabyl Lahlou occupe une place
privilégiée;
ses films Al-Kanfoudi, le Gouvernement général de
l'île
Chakerbakerben, l'Âne qui brait abordent les problèmes
politiques
et sociaux sur le mode de la dérision et du sarcasme.
© Hachette Multimédia / Hachette Livre, 1999

capitale de la Tunisie, au fond du golfe de Tunis; 1,8 million d'habitants (agglomération) [1994] (Tunisois). C'est la métropole commerciale et industrielle (sidérurgie, phosphates, notamment) du pays, desservie par le port de La Goulette et l'aéroport d'el-Aouina. --Université. Grande mosquée Az-Zaytuna, créée en 732, reconstruite au IXe siècle, et qui renferme une université islamique. --La ville, d'origine punique, jouxtant Carthage, prit son essor après la conquête des Arabes (fin du VIIe siècle), qui en firent un grand centre économique, religieux et politique. Depuis 1979, Tunis est le siège de la Ligue arabe.
© Hachette Multimédia / Hachette Livre, 1999
Sfax,
ville et grand port de commerce de Tunisie, sur le golfe de Gabès; 231 910 habitants; chef-lieu du gouvernorat du même nom. Pêche, exportation de phosphates.
© Hachette Multimédia / Hachette Livre, 1999
Sousse,
port de Tunisie, sur le golfe d'Hammamet; 83 510 habitants; chef-lieu du gouvernorat du même nom. Exportation de phosphates; constructions mécaniques (automobile). --Casbah, Grande mosquée (IXe siècle), ribat (forteresse islamique du VIIIe siècle, dégagée et restaurée au XXe siècle). Important musée archéologique (mosaïques).
© Hachette Multimédia / Hachette Livre, 1999
Bizerte,
port de Tunisie, au débouché du lac de Bizerte, relié à la Méditerranée par un canal; 94 510 habitants; chef-lieu du gouvernorat du même nom. Raffinerie de pétrole. --Base navale, française de 1882 (date de sa création) à 1963.
© Hachette Multimédia / Hachette Livre, 1999
Histoire
De nombreuses traces d'industrie humaine datant du paléolithique
inférieur témoignent de l'ancienneté du
peuplement.
À une civilisation littorale dite ibéro-maurusienne et
à
une autre, capsienne – de Capsa, nom antique de l'actuelle Gafsa –,
succéda
le néolithique jusqu'au IIe millénaire. Cependant,
l'histoire
ancienne des premiers habitants du pays, les Berbères (dont le
nom
dérive de barbaroi, terme par lequel les Grecs
désignaient
les peuples ne parlant pas leur langue), n'est le plus souvent connue
que
par celle de leurs conquérants. Des Phéniciens à
l'indépendance,
en 1956, l'histoire de la Tunisie a été en effet
marquée
par une étonnante suite d'invasions.
L'Antiquité
La Tunisie entre dans l'histoire avec l'expansion des Phéniciens
qui, cherchant à développer leur réseau
commercial,
fondèrent une série de comptoirs dans le bassin
occidental
de la Méditerranée et au-delà du détroit de
Gibraltar. Celui de ces comptoirs qui connut le développement le
plus considérable fut Carthage, fondée sur la côte
tunisienne par des Tyriens en 814 av. J.-C. (date traditionnelle).
Entre
le VIe et le Ve siècle, la rivalité avec les Grecs amena
Carthage à développer ses ressources propres;
contrôlant
bientôt tout le nord-est du pays, cette colonie renforça
son
autorité sur les autres comptoirs phéniciens de la
côte
d'Afrique au cours du Ve siècle av. J.-C. Elle entreprit alors
de
plus lointaines reconnaissances vers le nord, attirée par le
commerce
de l'étain, et vers le sud, pour bénéficier du
commerce
de l'or avec le Soudan. Au début du IIIe siècle av.
J.-C.,
Carthage s'affirmait comme une grande puissance maritime et
commerciale,
mais son incapacité à intégrer les populations
berbères
indigènes dans sa civilisation allait la rendre
vulnérable
lorsque les Romains supplantèrent les Grecs comme principaux
concurrents.
Rivales pour la maîtrise de la Méditerranée
occidentale,
les deux puissances entrèrent en conflit (les guerres puniques).
La possession de la Sicile était au centre des enjeux qui
allaient
opposer à trois reprises les deux cités à partir
de
264 av. J.-C. Une révolte des Berbères durant la
première
guerre punique (264-241 av. J.-C.) contribua à éviter la
victoire de Carthage sur Rome. La victoire d'Hannibal à Cannes
en
216 av. J.-C. donna un moment l'avantage à Carthage mais,
à
l'issue de la deuxième guerre punique (218-201 av. J.-C.), la
victoire
romaine, encore une fois facilitée par une révolte des
Berbères
sous la conduite de leur roi Massinissa, se matérialisa par la
conquête
de nombreux territoires carthaginois. Enfin, à l'issue d'une
troisième
guerre (148-146 av. J.-C.), Rome écrasa définitivement
Carthage
et s'installa sur les décombres de la ville après l'avoir
rasée. Partie intégrante de la République puis de
l'Empire, avec la Numidie, la Tunisie antique devenue la province de
l'Africa
Proconsularis, devint alors pendant six siècles le siège
d'une brillante civilisation romano-africaine. Au IIe siècle le
christianisme y fit souche, et la province vit naître de
prestigieux
hommes d'Église en saint Cyprien (IIIe siècle) et saint
Augustin
(IVe siècle). En 429, menés par leur chef
Geiséric,
les Vandales franchirent le détroit de Gibraltar ; dix ans plus
tard, après s'être rendus maîtres d'Hippone, ils
entrèrent
dans Carthage, où ils s'installèrent pour près
d'un
siècle. Mais les Vandales se révélèrent
incapables
de contenir les tribus hostiles qui s'agitaient aux frontières
de
leur territoire, et leur défaite devant les Berbères, en
530, fournit à l'empereur Justinien l'occasion de s'emparer du
territoire
(533). Toutefois, en proie à d'incessantes querelles et luttes
religieuses,
les Byzantins ne purent pas davantage intégrer dans la structure
de leur empire les Berbères qui se soulevèrent plusieurs
fois. En 647, la première vague de l'expansion arabe emporta
Sufetula
(Sbeïtla), capitale du patrice Grégoire; d'autres
expéditions
suivirent et Carthage fut détruite en 698.
L'arabisation
Contrairement aux précédents envahisseurs, les Arabes
ne se contentèrent pas d'occuper la côte et entreprirent
de
conquérir l'intérieur du pays. En 670, Oqba Ibn Nafaa
fonda
à Kairouan la capitale de l'Ifriqiya. Après avoir une
fois
de plus vaillamment résisté, les Berbères,
après
la défaite de la Kahina, se convertirent à la religion de
leurs nouveaux conquérants. Toutefois, refusant l'assimilation,
ils furent nombreux à rejeter la religion dominante et à
adhérer au kharidjisme, hérésie née en
Orient,
proclamant l'égalité de tous les musulmans, sans
distinction
de races ni de classes. En 745, les kharidjites berbères
s'emparèrent
de Kairouan. Province omeyyade jusqu'en 750, abbasside jusqu'en 800,
aghlabide
jusqu'en 909, l'Ifriqiya tomba ensuite entre les mains des chiites
fatimides
(909-973). Lorsque ces derniers partirent pour l'Égypte, la
Tunisie
échut au Berbère Bulukkin (ou Bologgin) ibn Ziri. Au
milieu
du XIe siècle, lorsque les Zirides rompirent avec le chiisme,
les
Fatimides, pour se venger, lâchèrent sur le pays les
nomades
Banou Hilal (Hilaliens). Fragilisée, l'Ifriqiya sombra alors
dans
un long désordre. Elle ne retrouva sa stabilité et la
prospérité
que sous les Hafsides (1236).
Des Ottomans aux Français
À la fin du XVIe siècle, les Ottomans, qui portent le
plus grand intérêt à la Méditerranée
occidentale, font de la Tunisie une de leurs provinces, après
que
Tunis eut été prise par les Espagnols (1535). Au bout de
quelques années d'administration turque, le pays est
gouverné
par un bey (1590), puis par une dynastie beylicale fondée par
Murad
Ier (1612-1631). Sous les Muradides, puis lors des premières
décennies
de règne de leurs successeurs, les Husaynides (1705-1957), le
pays
connaît un incontestable essor économique. Mais au XVIIIe
siècle, le détournement vers l'Atlantique d'une grande
partie
du trafic commercial ainsi que la mauvaise gestion beylicale
entraînent
l'asphyxie financière d'une régence convoitée par
les Européens. En 1881, prétextant une incursion
khroumire
en Algérie, Jules Ferry décide une expédition
punitive
qui débouche sur le traité du Bardo (12 mai 1881).
Le protectorat français
En 1883, après avoir maté un soulèvement de
tribus,
les Français confient l'organisation de la conquête au
résident
Paul Cambon. Devenu résident général en 1885,
Cambon
place aux côtés du bey et de son Premier ministre un
secrétaire
général chargé de contrôler leurs
décisions
et remplace les ministres tunisiens par des directeurs techniques
français.
Ses successeurs continuent son oeuvre de «francisation» de
la Tunisie. Après une période d'administration militaire
(1883-1884), des contrôleurs civils venus d'Algérie se
substituent
aux caïds locaux. Le développement économique a pour
conséquence la formation d'une bourgeoisie réformiste et
la montée du nationalisme. Exclus de la gestion des affaires de
leur pays, les Tunisiens commencent à réclamer leur
indépendance.
En 1907, Ali Bach Hamba et Hedi Sfar créent le groupe des Jeunes
Tunisiens. En 1911, une émeute déclenchée à
Tunis au moment de la guerre italo-turque donne le point de
départ
d'un mouvement d'opposition organisé, mais celui-ci fait
aussitôt
l'objet d'une très dure répression. Le mouvement des
Jeunes
Tunisiens ne pourra réapparaître qu'après 1918.
Après la Première Guerre mondiale, la quête de
libération, animée d'abord par les destouriens, ensuite
par
les néodestouriens, gagne en détermination. La
création,
en 1920, du Destour relance le mouvement nationaliste. Le mouvement est
touché par l'arrestation et l'exil, en 1925, des leaders de la
Confédération
générale des travailleurs tunisiens (CGTT). Une dynamique
nouvelle résulte de l'orientation spécifiquement
tunisienne,
libérale et laïque donnée, en 1933, au Destour par
Habib
Bourguiba. En 1934, la rupture se produit avec le Vieux Destour. Les
chefs
du Néo-Destour sont déportés dans le Sud, puis
libérés,
en 1936, par le gouvernement Léon Blum qui ouvre des
négociations
interrompues par la chute du ministère en juin 1937. Des
incidents
sanglants se produisent, en juillet 1937, et provoquent à
nouveau
l'arrestation des chefs du Néo-Destour et, en 1938, la
proclamation
de l'état de siège
La marche vers l'indépendance
La Seconde Guerre mondiale interrompt à peine l'action des
nationalistes;
dès la fin des années 1940, le mouvement prend de
l'ampleur.
Pour avoir tenté de canaliser à son profit les
idées
nationalistes, Moncef bey est déposé après la
campagne
de Tunisie qui met fin à l'occupation allemande du pays
(novembre
1942 à mai 1943). Il est remplacé par Lamine bey. En
1947,
Habib Bourguiba participe à la création du Comité
de libération du Maghreb au Caire et favorise en 1948 la
constitution
de l'Union générale des travailleurs tunisiens (UGTT). En
août 1950, le bey forme un gouvernement auquel participe le
secrétaire
général du Néo-Destour. Habib Bourguiba
présente
un programme invitant la France à lâcher prise. Les
nationalistes
s'élèvent vivement contre l'affirmation, le 15
décembre
1951, par le gouvernement français «du caractère
définitif
du lien qui réunit la Tunisie à la France»; face
aux
atermoiements de Paris, Bourguiba se résout à la
confrontation
et encourage la résistance armée. Il est une nouvelle
fois
arrêté en janvier 1952, alors que les nationalistes ont
commencé
la lutte armée. En 1954, les choses changent brusquement avec
l'arrivée
de Pierre Mendès France à la présidence du Conseil
: la France consent à négocier avec les nationalistes.
Dans
un discours prononcé à Carthage, le 31 juillet 1954,
Mendès
France s'engage à accorder l'autonomie interne; celle-ci fait
l'objet
des conventions signées, le 3 juin 1955, avec le gouvernement
Tahar
ben Ammar. Le 20 mars 1956, un protocole abolit le traité du
Bardo
et reconnaît l'indépendance de la Régence. Le
Néo-Destour
obtient 95 % des suffrages aux élections d'avril 1956. Devenu
chef
du gouvernement, Habib Bourguiba brise l'opposition de Salah ben
Youssef
(1956-1957), écarte Lamine bey et, le 25 juillet 1957, proclame
la République tunisienne dont il devient le premier
président.
La Tunisie indépendante
Bourguiba met sur pied un régime qui se veut à la fois
moderniste (laïcisation de l'enseignement, promulgation du Code du
statut personnel avec interdiction de la polygamie et
déclaration
de l'égalité entre les hommes et les femmes...),
libéral
(reconnaissance des libertés fondamentales) et socialiste
(réforme
agraire, développement planifié). Les relations avec la
France
sont tout d'abord difficiles comme le révèle, en 1961,
l'affaire
de Bizerte – dernière base militaire française en Tunisie
– qui est finalement évacuée par les troupes
françaises,
le 15 décembre 1963. Néanmoins, passé les premiers
temps de l'indépendance, sa politique suscite la montée
des
mécontentements. Une nouvelle série de nationalisations
de
terres de colons en 1964 provoque la suspension de l'aide
financière.
En septembre 1964, le dinar doit être fortement
dévalué.
Réélu président le 8 novembre, Habib Bourguiba est
critiqué par les pays arabes pour ses positions
modérées
envers Israël. Les relations diplomatiques avec l'Égypte
sont
rompues en octobre 1967, puis avec la Syrie en mai 1968. La
détérioration
des rapports entre le Parti socialiste destourien (PSD) et l'UGTT
aboutit
à l'arrestation et à la condamnation, en janvier 1966,
d'Habib
Achour (1913-1999), secrétaire général du
syndicat.
Le projet d'accélération de la réforme agraire
provoque
un mécontentement généralisé. En novembre
1969,
le Premier ministre Ahmed Ben Salah est déchu et exclu du parti.
Après la réélection de Bourguiba, le 2 novembre
1969,
le Premier ministre Baghi Ladgham met fin à la réforme
agraire,
augmente les salaires des ouvriers et abaisse les prix. Habib Achour
retrouve
ses fonctions de secrétaire général de l'UGTT.
À
partir de 1970, la Tunisie se rapproche de nouveau des pays arabes.
(Fidèle
à ses engagements envers le peuple palestinien, la Tunisie sera
une terre d'accueil pour les dirigeants de l'OLP de 1982 à
1993).
En mai 1970, Ahmed Ben Salah est condamné à dix ans de
travaux
forcés. En juin, Hedi Nouira est nommé à la
tête
du gouvernement. Au congrès d'octobre 1971, les libéraux
l'emportent mais sont écartés du bureau politique. Leur
dirigeant,
le ministre de l'Intérieur Mestiri, est exclu du parti en
janvier
1972. En janvier 1974, Habib Bourguiba et le colonel Kadhafi
décident
de fusionner la Tunisie et la Libye. Le projet est annulé en
mars,
et le ministre des Affaires étrangères Masmoudi est
écarté
du gouvernement. L'agitation étudiante quasi permanente est
sévèrement
réprimée en avril 1974. Le congrès du PSD
abandonne,
en septembre, la ligne libérale. Élu président
à
vie du PSD, Habib Bourguiba fait exclure les opposants et adopter le
système
du parti unique. Réélu le 3 novembre 1974, il est
élu,
en mars 1975, chef de l'État à vie. Mais les crises,
dès
lors, se succèdent.
Pour enrayer l'agitation sociale engendrée par la crise
économique,
le gouvernement, l'UGTT et le patronat signent, en janvier 1977, un
pacte
sans grands effets. L'UGTT déclenche, le 26 janvier 1978, une
grève
générale qui dégénère en une
émeute,
brutalement réprimée par l'armée. Les principaux
responsables
du syndicat sont arrêtés et Habib Achour est
condamné
à dix ans de travaux forcés; il sera gracié en
1979
et assigné à résidence. En avril 1980, Mohammed
M'Zali
est nommé Premier ministre et secrétaire
général
du PSD. Les dirigeants de l'UGTT et les membres du Mouvement
d'unité
populaire (MUP) condamnés sont amnistiés (à
l'exception
de Ben Salah) en 1981. Au congrès du PSD d'avril 1981, Bourguiba
affirme les droits des syndicats à l'autonomie et annonce une
évolution
vers le multipartisme. Le 1er novembre, le Front national,
constitué
entre le PSD et l'UGTT, obtient la totalité des sièges
et,
le 8 novembre, Mohammed M'Zali est confirmé dans ses fonctions.
Le multipartisme est instauré en novembre 1983. La hausse du
prix des produits de première nécessité provoque,
début 1984, de graves émeutes. Bourguiba annule les
hausses
pour restaurer le calme. En décembre 1984, Habib Achour
redevient
secrétaire général de l'UGTT. La répression
s'abat en 1985 sur l'UGTT. En 1987, deux militants du Mouvement de la
tendance
islamique (MTI) sont condamnés à mort.
L'après-Bourguiba
Déclaré «médicalement
empêché»,
le président Bourguiba est destitué, le 7 novembre 1987,
et remplacé par le général Zine el-Abidine Ben
Ali,
nommé un mois plus tôt Premier ministre. Doté de
nouvelles
structures, le PSD devient le Rassemblement constitutionnel
démocratique
(RCD) et un processus de renouvellement des dirigeants est
engagé.
La Constitution abolit les dispositions relatives à la
présidence
de la République à vie et des mesures d'amnistie
sélectives
sont prises. Le 2 avril 1989, Ben Ali, candidat unique, est élu
président de la République et le RCD obtient la
quasi-totalité
des sièges à l'Assemblée nationale. De graves
incidents
se produisent, le 8 mai 1991, sur le campus universitaire de Tunis:
deux
étudiants sont tués. Le 22 mai, un projet de complot de
l'organisation
islamiste Ennahda, visant à assassiner le président Ben
Ali,
est découvert. Cinq auteurs de l'attaque sanglante (17
février)
contre un local du RCD en plein centre de Tunis sont
exécutés
le 9 octobre. Plusieurs milliers d'islamistes sont arrêtés
en 1991-1992. En juin 1992, la Ligue tunisienne des droits de l'Homme
(LTDH)
est dissoute. 279 islamistes sont jugés au cours de deux
procès,
en juillet-août, pour le complot découvert en 1991: les
principaux
dirigeants d'Ennahda, dont certains sont en fuite, sont
condamnés
à la prison à perpétuité. Cependant, la
libéralisation
de l'économie et les efforts en faveur du développement
économique
se poursuivent.
Reconduit dans son mandat pour cinq ans en 1994, le président
Ben Ali a renforcé son emprise sur l'État et continue
à
répondre à la montée islamiste par une
énergique
répression. La modification du code électoral a permis
aux
partis d'opposition de siéger à l'Assemblée, mais
aux élections municipales de 1995 l'opposition n'a obtenu, dans
le pays, que 6 sièges sur 4 090.
État et institutions
La Tunisie est une république de type présidentiel et
pluraliste. Selon la Constitution, le président de la
République,
élu au suffrage universel pour une durée de cinq ans et
rééligible
une fois, détient l'essentiel du pouvoir: chef suprême de
l'armée, il nomme le Premier ministre et les membres du
gouvernement.
L'Assemblée nationale, dont les députés sont
également
élus pour cinq ans, est composée de 141 membres; elle
peut
demander au gouvernement de lui rendre compte de son action.
Culture et civilisation
La langue officielle est l'arabe, mais le français est
utilisé
fréquemment, tandis que le berbère, en voie d'extinction,
ne subsiste plus que dans quelques villages de la zone
désertique
méridionale et dans l'île de Djerba.
Littérature arabe et francophone
La Tunisie a donné aux lettres et aux sciences arabes des noms
aussi célèbres que ceux d'Ibn Charaf al-Qayrawani, Ibn
Rachiq,
Ibn Khaldun et Abou al-Qasim al-Chabbi; depuis l'indépendance,
cette
importante production intellectuelle a trouvé un nouvel essor.
Al-Bachir
Khrayyif (né en 1917), romancier réaliste, donne une
place
importante à la femme. Son contemporain Mohammad al-Arousi
al-Matoui
a une veine plus poétique (les Mûres amères). Parmi
les nombreux nouvellistes se distinguent Ali al-Douadji et Izz al-Din
al-Madani
(la Littérature expérimentale, 1969), contestataire et
formaliste
(l'Homme zéro). Le recueil de nouvelles de Samir al-Ayyadi, le
Vacarme
du silence, est plus formaliste encore. Dans un autre genre, plus
proche
de la philosophie que de la littérature, se place l'oeuvre de
Mahmoud
al-Masadi (le Barrage, 1955). La poésie de al-Tahir al-Hammami,
en arabe dialectal, replace le peuple au centre des
préoccupations.
Salah Garmadi (Allahma al hayya, «la Chair vive», 1970)
écrit
aussi en français.
Le théâtre en arabe dialectal est représenté
par les cinq pièces créées par le Nouveau
Théâtre
sous la direction de Fadl Dyaybi. Les dramaturges Hachemi Baccouche
(Baudruche)
et Fawzi Mellah (Néron ou les Oiseaux de passage) ont
écrit
des pièces provocatrices sur le colonialisme, le racisme, le
paternalisme.
La pièce Messieurs ! Je vous accuse, de Mohammed Moncef Metoui
(1982),
est un réquisitoire contre l'influence européenne au
Maghreb.
Des années 1920 aux années 1950, la communauté
juive a donné de nombreuses oeuvres en français;
l'écrivain
le plus célèbre reste Albert Memmi (la Statue de sel,
1953).
L'essor de la nouvelle littérature tunisienne de langue
française
débute dans les années 1970: Mustapha Tlili (la Rage aux
tripes, 1975) traite notamment de l'exil; lui aussi romancier,
Abdelwahab
Meddeb (Talismano, 1979; Phantasia, 1986) tend à l'essai et au
poème
dans une prose complexe. Citons aussi: Fawzi Mellah (le Conclave des
pleureuses,
1987), Anouar Attia (De A jusqu'à T, 1987). L'école
poétique
est abondante: Salah Garmadi, poète bilingue (Nos ancêtres
les Bédouins, 1975), Hédi Bouraoui (Vésuviade,
1976),
Moncef Ghacem (Car vivre est un pays, 1978), Majid El Houssi (Iris
Ifriqiyya,
1981), Mohammed Aziza, dit Chems Nadir (le Livre des
célébrations,
1983), Tahar Bekri (le Chant du roi errant, 1985), Hafedh Djedidi
(Intempéries,
1988). Les femmes écrivains sont nombreuses: Souad Guellouz (les
Jardins du Nord, 1982), Hélé Béji (l'OEil du jour,
1985), Emna Bel Haj Yahia (Chronique frontalière, 1991).
Art et architecture
Outre les grandioses réalisations architecturales romaines,
encore visibles sur de nombreux sites (amphithéâtre
d'el-Djem,
mausolée libyco-punique de Dougga, forum de
Sbeïtla-Sufetula),
l'art de la mosaïque, importé de Grèce et d'Orient,
atteint son épanouissement aux époques romaine et
byzantine.
La Tunisie conserve plusieurs monuments des premiers siècles de
l'islam (mosquée Sidi Oqba de Kairouan, mosquées de Gafsa
et de Sousse, ribat de Monastir). Elle dispose également d'une
riche
architecture locale: les bâtiments en terre de la région
du
Djérid (Tozeur et Nefza) ainsi que les habitations
troglodytiques
de Matmata et de la région du Dahar sont particulièrement
originaux.
L'art contemporain puise dans un fonds traditionnel de techniques
anciennes
qu'illustrent remarquablement les musées et les monuments:
tapisserie,
calligraphie, orfèvrerie, poterie, céramique. La peinture
est particulièrement riche; dans ce domaine, Yahia Turki
apparaît
comme un pionnier. L'artisanat se distingue par la diversité et
la qualité de ses productions.
Cinéma
Tous les deux ans, Tunis accueille le festival international des
«Journées
cinématographiques de Carthage» créé en
1966.
Depuis le premier long métrage d'Omar Khlifi, l'Aube (1967), le
cinéma tunisien a abordé des genres très divers.
Plusieurs
oeuvres, telles les Ambassadeurs (1973) de Naceur Ktari, qui
dénonce
la condition des ouvriers émigrés en Europe, ou l'Ombre
de
la terre (1982) de Taïeb Louhichi, ont eu une distribution
internationale.
Aziza d'Abdellatif Ben Ammar livre une étude féministe
des
mutations de la société. Mahmoud Ben Mahmoud se penche
sur
l'affrontement de l'Orient et de l'Occident dans Traversées. Aly
Mansour réalise une comédie, Deux Larrons en folie,
record
de recettes. Nacer Khemir renoue avec la tradition orale dans les
Baliseurs
du désert et le Collier perdu de la colombe (1991). L'Homme de
cendres
de Bouzid Nouri élargit la réflexion sur la
société
arabe. La réalisatrice Moufida Tlatli brise le silence entourant
la vie des femmes (les Silences du palais, 1994).
Musique
Classique ou populaire, profane ou religieuse, la musique est partie
intégrante de l'univers tunisien. Le malouf, version
hispano-arabe
de la musique musulmane d'Orient, est fort prisé.
Société
En consacrant une grande part de son budget à l'éducation
(20,3 % en 1990) et en menant une politique de scolarisation
très
poussée, la Tunisie a sérieusement combattu
l'analphabétisme
et s'est dotée d'un système éducatif assez
performant.
Auparavant inspiré du modèle français, celui-ci a
été progressivement adapté aux
réalités
du pays: recours à un personnel national, arabisation des
différents
cycles.
L'expérience tunisienne est également positive dans le
domaine de la santé. Chaque grande ville est aujourd'hui
équipée
de plusieurs hôpitaux et cliniques; seules les petites communes
disposent
encore d'un «centre de santé de base». Grâce
à
cette infrastructure et aux efforts consentis dans le domaine de la
prévention,
les épidémies sont totalement écartées; de
même, la mortalité infantile, de l'ordre de 200 [permil]
en
1956, est descendue en dessous des 50 [permil]. Toutefois, ce chiffre
traduit
le chemin qu'il reste à parcourir dans ce domaine.
La Tunisie est un pays islamique se réclamant du sunnisme et
du malékisme. Attesté à l'époque
médiévale,
le kharidjisme ne concerne plus aujourd'hui que l'île de Djerba,
où cette doctrine semble se perpétuer à travers
une
architecture originale. Les juifs, auparavant nombreux, ont presque
tous
émigré en France. Les chrétiens, partis au
lendemain
de l'indépendance, disposent encore de quelques paroisses,
surtout
à Tunis et dans ses environs.
© Hachette Multimédia / Hachette Livre, 1999

Les sites Internet à exploiter:
Institut de recherche sur le Maghreb contemporain
http://www.irmcmaghreb.org/index.htm
Une collection de cartes de synthèse représentant le
Grand
Maghreb sous différents aspects. Analyse statistique et
exploitation
cartographique.
Le Maghreb des droits de l'Homme
http://www.maghreb-ddh.org/
http://www.maghreb-ddh.sgdg.org/
http://www.khaoula.com/
http://africol.net/maghreb/maghreb-accueil.htm
Algérie
Maroc
http://www.ferhane.com/
Ministère
de la Cultre et de la Communication
Fondements:
géographie, poplulation, le Roi,
MoroccoWeb
Ambassade de France au Maroc
Le grand Sud
Marocain-Photos
Tunisie
Libye
Mauritanie
islamiser
1. intégrer, convertir à l'islam
2. appliquer la loi islamique
arabiser
donner un caractère arabe à
berbère
l. employé comme adjectif: relatif aux premiers habitants
d'Afrique
du Nord
2. employé comme nom: langue parlée par les
Berbères
Le mot Berbères, emprunté par le français à
l’arabe et par ce dernier au latin, a perdu très tôt son
sens
primitif d’«étranger à la civilisation
gréco-romaine».
Il désigne aujourd’hui stricto sensu un groupe linguistique
nord-africain:
les berbérophones, ensemble de tribus qui ont parlé ou
parlent
encore des dialectes apparentés à un fonds commun, la
«langue»
berbère. Dans l’usage courant, qui continue la tradition arabe,
on appelle Berbères l’ensemble des populations du Maghreb.
Toutefois, l’usage devient fautif, lorsqu’il parle de race
berbère.
Il n’existe pas en effet de race berbère, les
berbérophones
présentant des types ethniques bien divers
inhérents
des problèmes qui sont propres à chaque pays
atout
1. carte de jeu choisie, ou retournée, qui détermine
la plus forte couleur
2. moyen, capacité de réussite
étroite
qui a peu de largeur (être logé à l'étroit)
chaîne
plusieurs montagnes qui se succèdent (suivent)
désertique
le désert: région sèche et chaude, sans
végétation et sans population: sahara
couvrir
qui s'étendent sur 5/6ème
superficie
1. étendue d'une surface
2. mesure qui exprime cette étendue
reliefs
qc. qui s'élève sur un plan, une surface, dans un
paysage:
une chaîne de montagnes
aridité
caractère de ce qui est sec, aride, stérile
s'accroître
augmenter; à la forme pronominale :
s'étendre, se développer
littoral
Employé comme adjectif :
1. situé au bord de la mer
2. relatif au bord de la mer
Employé comme nom :
bande de terre située au bord de la mer
marge
1. la place laissé de chaque côté d'un
texte imprimé
2. écart, distance entre des limites
précipitations
pluie, neige, grêle, etc.
abondantes
1. en grande quantité
2. luxuriant, pour une végétation
3. copieux pour la nourriture
sécheresse
1. caractère de ce qui est sec
2. absence de pluie
contraintes
Employé comme adjectif :
ce qui contraint, pression physique ou morale pour forcer, obliger
Employé comme nom :
gêne produite par cette pression, état d'oppression
ressenti
colon
immigré pour coloniser un pays ou descendant de cet
immigré
phéniciens
Employé comme adjectif :
relatif à la Phénicie, bande côtière du
littoral syro-palestinien
Employé comme nom :
habitant de cette région, dans l'Antiquité
langue sémitique ancienne du groupe cananéen
mirent
passé simple du verbe mettre
agropastorales
vivant d'agriculture et d'élevage
Le terme Maghreb désigne les
pays
du soleil couchant – l'Occident nord-africain – par opposition au
Machreq
(«le Levant»), pays du soleil levant – l'Orient arabe. Dans
son acception traditionnelle, il comprend le Maroc, l'Algérie et
la Tunisie, trois anciens pays berbères, islamisés et
arabisés.
En 1989 fut signé le traité portant création de
l'Union
du Maghreb arabe (UMA), qui réunit, outre ces pays, la
Libye
et la Mauritanie. Mais l'union économique et politique des cinq
pays qui le composent reste compromise par les problèmes
socio-politiques
inhérents à chacun d'eux.