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Les pays du Maghreb

Dictionnaire à utiliser pour exploiter les textes

Quiz à faire après l'exploitation du cours

Lancer une petite recherche


1. Essayez de trouver des cartes géographiques qui illustrent les pays du Maghreb.
    Utilisez un moteur de recherche: http://www.google.fr/
2. Quels sont les trois pays qui constituent le "nord-africain".
3. Quels sont les pays qui forment le "Grand Maghreb"?
4. Quels sont les pays voisins du Maghreb?
5. Décrivez la situation géographique de l'Algérie.
6. Notez au moins trois événements d'actualité sur le Maghreb.
7. Notez un détail qui attire votre attention.

Petite définition
Pour composer le texte sur le Maghreb il faut reconstituer les phrases dans l'ordre:Download

1.   Le terme Maghreb désigne les pays
2.   qui le composent reste compromise
3.   pays du soleil levant – l'Orient arabe.
4.   qui réunit, outre ces pays,
5.   Dans son acception traditionnelle, il comprend
6.   trois anciens pays berbères, islamisés et arabisés.
7.   du soleil couchant – l'Occident nord-africain – par opposition au Machreq («le Levant»),
8.   par les problèmes socio-politiques inhérents à chacun d'eux.
9.   le Maroc, l'Algérie et la Tunisie,
10. En 1989 fut signé le traité portant création de l'Union du  Maghreb arabe (UMA),
11. la Libye et la Mauritanie.
12. Mais l'union économique et politique des cinq pays
 
1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12
1 - - - - - - - 11 - - -

 

Recherches sur le Maroc, la Tunisie, la Mauritanie, L'Algérie et la Libye.


3. Remplissez la grille et comparez les données.
    Activez le lien http://www.francophonie.org/membres/etats/lcartes.cfm
    Puis cliquez sur "Les données" en haut de la page à droite.
    Pour l'Algérie et la Libye vous devez utiliser un moteur de recherche pour mener votre enquête.
4. Écoutez, puis lisez la fiche pays du Maroc et de la Tunisie à haute voix.
5. Donnez quelques renseignements sur les plus grandes villes du Maroc: Tanger, Rabat, Casablanca, Agadir, Marrakech.
7. Donnez quelques renseignements sur les plus grandes villes de la Tunisie: Tunis, Sfax, Sousse.
 
 
 
données factuelles 1. le Maroc 2. la Tunisie 3. la Mauritanie 4. (l'Algérie) 5. (la Libye)

1.2.3.4.5Drapeau de Libye par Graham Bartram

            Carte                              Carte                                  Carte
 
 
 
Nom officiel ................................................. ................................................. ................................................. ................................................. .................................................
Nom des habitants ................................................. ................................................. ................................................. ................................................. .................................................
Continent ................................................. ................................................. ................................................. ................................................. .................................................
Superficie ................................................. ................................................. ................................................. ................................................. .................................................
Capitale ................................................. ................................................. ................................................. ................................................. .................................................
Population ................................................. ................................................. ................................................. ................................................. .................................................
Population de la capitale ................................................. ................................................. ................................................. ................................................. .................................................
Densité ................................................. ................................................. ................................................. ................................................. .................................................
Espérance de vie (f) ................................................. ................................................. ................................................. ................................................. .................................................
Esp. de vie (m) ................................................. ................................................. ................................................. ................................................. .................................................
Taux d'urbanisation ................................................. ................................................. ................................................. ................................................. .................................................


Le Maghreb - une colonie française?Download

1912
Lettre du père Charles de Foucauld (1858-1916), explorateur et missionnaire à sa sœur :
Ma chère Elisabeth,
Le bon Dieu a donné à la France au nord-ouest de l’Afrique un magnifique empire colonial : le tiers ou le quart de l’Afrique formant un seul bloc face à la France, séparé d’elle par quelques heures de mer. Prie pour que ces peuples soient bien gouvernés…
Ces vastes étendues comprennent environ 30 millions d’habitants ; elles en auront le double dans cinquante ans, grâce à la paix.
Si on gouverne bien, si on civilise, si on francise, si on se fait aimer de ces peuples, ils deviendront un admirable prolongement de la France.
Si on ne comprend pas le devoir d’aimer le prochain comme soi-même, si on administre mal, si on exploite au lieu de civiliser, si on se fait haïr et mépriser par des injustices et des duretés, ce tiers d’Afrique qui apprendra le maniement de nos armes et de notre outillage, qui aura une élite instruite comme nous, par nous-mêmes, profitera de l’union, de la force, des moyens d’actions que nous-mêmes lui aurons donnés, pour nous échapper et pour devenir non seulement indépendant de nous mais un redoutable ennemi…
Prions pour qu’on le comprenne en France.

(Cité dans la « Collection Dossiers » N° 5 du Nouvel Observateur, 1991.)

1. Structurez le texte et trouvez des titres pour les différents paragraphes.
2. Pourquoi Foucauld se réfère-t-il à Dieu ?
3. Quel est le nombre des habitants dans le nord-ouest de l’Afrique ?
4. Qu’est-ce que Foucauld veut dire en parlant d’ »un seul bloc face à la France » ?
5. Que signifie « civiliser » et « franciser » dans le contexte ?
6. Qu’impliquent-ils au niveau socio-économique ?
7. Quelles valeurs est-ce que Foucauld attribue aux pays colonisés ?
8. Remplissez le tableau
 
Si on gouverne bien 
Si on administre mal
-
-
-
-
-
-
9.   Quelle serait la situation idéale du Maghreb selon Foucauld ?
10. Comment jugez-vous son attitude ?

Cartographie
http://www.irmcmaghreb.org/atlas/demographie.htm

1. Parlez de la densité de la population (plus dense, moins dense, la plus dense, la moins dense) dans les différents
    pays du Maghreb.
    C'est au Maroc, que la population ...
    C'est au / en ..., que la densité de la population est très forte / très faible.
    C'est en Maritanie et ... ..., que ... ...
    En Algérie la population est ... ....  qu'... ..., mais plus ... ... ... ...
    Continuez ...
2. Décrivez la densité de la population par km2
    Au Maroc, la densité de la population est (est comprise) entre 50 et 100 habitants par km2 (50 et 100 hab/km2)
     Continuez ...
3. La répartition de la population montre...


La démographie des pays du Grand Maghreb Download
La démographie des pays du Grand Maghreb
Les estimations portent la population du Grand Maghreb de 66 millions d'habitants au début des années 90, à près de 159 millions d'ici 25 ans.Pourtant les pays du Maghreb sont dans leur ensemble peu peuplés, une grande partie des territoires étant déserts. La Libye et la Mauritanie présentent des densités particulièrement faibles, proches de 2 hab/km2, pour un maximum de 56 au Maroc. La région traverse actuellement une période de transition démographique rapide : les taux de mortalité diminuent, mais les taux de natalité restent forts. Le Maroc et surtout la Tunisie ont opté pour une politique de contrôle des naissances dès les années 1960. Mais les effets mettront un certain temps à se faire sentir, la baisse des taux de fécondité ( entre 5 en Mauritanie et moins de 2 en Tunisie) ne se traduisant qu'avec un long décalage dans les taux de natalité du fait de l'importance de la population jeune.

La carte présente est dite anamorphose, elle déforme les surfaces et les tracés nationaux en fonction de la quantité de population, selon une référence commune. Elle permet de constater le poids démographique des trois pays septentrionaux.

Une autre représentation de la population a été superposée à la précédente, qui présente cette même population sous l'aspect de points tous assimilés à la même quantité de population et disposés en semis régulier sur les zones de densités supérieures à 10 hab/km2. On peut y lire un phénomène très prononcé de littoralisation du peuplement, hors Sahara occidental et Mauritanie où la population se concentre sur la bande méridionale des berges du fleuve Sénégal. En Algérie 2% du territoire littoral regroupent plus de 40% de la population. L'implantation des grandes unités urbaines, et l'urbanisation massive actuelle viennent confirmer et accentuer cette organisation. Les agglomérations de Casablanca, Alger et Tunis rassemblent plus de 10% de la population totale du Grand Maghreb.

Le Maghreb constitue un pôle important en matière de migrations des travailleurs. L'échange se fait essentiellement en direction de l'Union Européenne, en particulier vers la France qui accueillait en 1990 70% des 2,2 millions de Maghrébins émigrés. La Libye se distingue de ses voisins en accueillant des travailleurs d'une grande diversité de provenances, y compris un faible nombre d'Européens. Elle s'identifie en cela aux pétro-monarchies du Golfe persique.

a) Soulignez tous les chiffres et commentez-en quelques-uns.
b) Reliez les chiffres aux phrases suivantes:
1. Le phénomène de littoralisation est particulièrement prononcé en Algérie.
2. La densité de la population est très faible en Libye et en Mauritanie, mais relativement élevée au Maroc.
3. En 2015 la population du Maghreb aura plus que doublé.
4. En ce qui concerne les migrations des travailleurs, c'est la France qui accueille le plus d'immigrés.
5. Au Maroc et en Tunisie on a mis en place une politique de contrôle des naissances.
 

Chiffres 1960 70% des 2,2 millions de Maghrébins 40%
2 hab/km2
56 hab/km2
60 millions, 159 millions
Phrases . . . . .

c) Rassemblez des informations démograhiques sur les différents pays et remplissez la grille.
 

la Mauritanie la Libye l'Algérie le Maroc la Tunisie

-
-
- la densité de la population est très faible, proche de 2 hab/km2
-
-
- la littoralisation est très prononcée, ...
-
-

-
-

-
-

d) Posez des questions sur le texte et essayez d'y répondre en plenum. Cette tâche peut aussi être effectuée sous forme d'un jeu. La classe est divisée en deux équipes qui se posent des questions mutuellement. Pour chaque question posée correctement et  écrit correctement au tableau l'équipe obtient deux fois un point, pour chaque bonne réponse l'équipe adverse obtient trois points, plus deux points pour une phrase grammaticalement correcte. Les questions et les réponses doivent être formulées sous forme de phrases complètes.
 

équipe A - question 
points A
équipe B - réponse 
points B
équipe B - question 
points B
équipe A - réponse 
points A
1. .....
1 ou 2
.....
3 ou 5
.....
1 ou 2
.....
3 ou 5
2. .....
1 ou 2
.....
3 ou 5
.....
1 ou 2
.....
3 ou 5
3. .....
1 ou 2
.....
3 ou 5
.....
1 ou 2
.....
3 ou 5
4. .....
1 ou 2
.....
3 ou 5
.....
1 ou 2
.....
3 ou 5
5. .....
1 ou 2
.....
3 ou 5
.....
1 ou 2
.....
3 ou 5


Textes supplémentaires à exploiter en classe avec des fiches pédagogiques: Download

Un ensemble homogène
Le milieu naturelDownload
Les sociétés traditionnellesDownload
La permanence de l'élément berbèreDownload
Colonisation et indépendancesDownload
Des choix politiques distinctsDownload
La construction de l'UMADownload
Les problèmes contemporainsDownload
L'explosion démographique
Les craintes et les espoirs


Quiz

Spielanleitung zum Maghreb-Quiz
Schülerfragen 1
Schülerantworten 1
Schülerantworten 2
Maghreb-Quiz: Überblick für den Lehrer: Niveau 1 Questions et réponses
Maghreb-Quiz: Überblick für den Lehrer NIveau II Questions et réponses


Pour respecter les droits d'auteur cf. la source sur internet
© Hachette Livre et/ou Hachette MultimEdia

Un ensemble homogène 
     Les bases historiques et culturelles sur lesquelles repose l'ensemble
     géopolitique qui s'étend, à la charnière de l'Europe et de l'Afrique, de la
     Méditerranée au Sahara, constituent autant d'atouts pour la création d'un
     «Grand Maghreb».

Le milieu naturel - Les similitudes géographiques
     En dépit de leurs caractères propres, les pays du Maghreb présentent de
     grandes similitudes géographiques. Occupant le nord-ouest du continent
     africain, étendus sur quelque 6 millions de kilomètres carrés, ils
     connaissent les mêmes contrastes topographiques: une étroite plaine
     côtière, des ensembles montagneux importants (chaînes du Tell en
     Algérie et de l'Atlas au Maroc) et une immense zone désertique couvrant
     les cinq sixièmes de la superficie. Les reliefs et les climats sont également
     contrastés. L'aridités'accroît du littoral aux marges du désert, et les
     précipitations ne sont abondantes que dans les zones montagneuses.
     Enfin, leurs variations interannuelles marquent fortement le climat: les
     périodes de sécheressepeuvent durer plusieurs années. Les sociétés du
     Maghreb se sont bien adaptées aux contraintes naturelles des différents
     milieux, instaurant des échanges entre régions complémentaires.

Les mots-clés




la montagne
la chaleur
la superficie
1. des ensembles montagneux 1. Sahara 1. étendus
2. 2. 2.
3. 3. 3.
4. 4. 4.

 

Les similitudes géographiques 
Les reliefs et climats sont contrastés:
1. 1.
2. 2.
3. 3.

Les sociétés traditionnelles
     Traditionnellement, ces sociétés tournaient le dos à la mer. Elles
     regardaient vers l'intérieur: le Sahara et les routes de l'or. Ce sont, dans
     l'Antiquité, les colonsphéniciens et romains, puis, à l'époque moderne,
     français qui s'installèrent sur les côtes et mirent en valeur les plaines
     littorales. Longtemps, ces pays eurent en commun l'opposition entre des
     montagnes densément peuplées – compte tenu du rapport entre les
     terres cultivables et la population – et des plaines peu occupées. La mise
     en valeur des milieux montagnards par des populations agropastorales
     est en effet tout à fait remarquable, alors que les plaines sont longtemps
     demeurées le domaine des éleveurs nomades. Ce n'est que très
     récemment, depuis la colonisation française, qu'elles ont connu un
     développement agricole.

1. Commentez la première phrase: "Traditionnellement, ces sociétés tournaient le dos à la mer."
2. Pourquoi, à votre avis, les sociétés traditionnelles n'occupaient-ils  pas les plaines?
3. Quels sont les peuples qui se sont installés sur les côtes?
4. Quand est-ce que la colonisation française a commencé à votre avis? Pourquoi?
 

La permanence de l'élément berbère
     Les cinq pays du Grand Maghreb ont en commun un ancien peuplement
     berbère qui leur assure une profonde originalité au sein du monde arabe.
     Il est étonnant de constater le maintien de la culture et de la langue
     berbères après quelque treize siècles de pénétration de la langue arabe.
     Aujourd'hui, on compte 33 % de berbérophones au Maroc, 21,5 % en
     Algérie, 20 % en Mauritanie, 5,4 % en Libye et 3 % en Tunisie, soit
     environ 14 millions de berbérophones pour 48 millions d'arabophones.

     Si les colonisations antiques n'ont laissé que peu de traces, en revanche
     la conquête arabe et l'islamisation qui l'accompagna, dès la seconde
     moitié du VIIe siècle, furent déterminantes. Bien que les Berbères aient
     opposé à cette conquête de fortes résistances, ils se convertirent
     massivement à la nouvelle religion: ainsi, les troupes qui traversèrent le
     détroit de Gibraltar quelques décennies plus tard étaient essentiellement
     composées de Berbères islamisés.

     Par ailleurs, ce furent deux dynasties berbères qui réalisèrent une
     première unification du Maghreb: les Almoravides (1061-1147) puis les
     Almohades (1147-1269).
     Après avoir appelé à la guerre sainte contre les Almoravides
     (1147), les Almohades unifièrent sous leur commandement toute
     l'Afrique du Nord, depuis le Maroc jusqu'à l'Ifriqiya, avec la conquête
     de Tunis puis de la Tripolitaine. Cette union fut éphémère, mais elle
     occupe une place importante dans l'imaginaire maghrébin. Elle préfigure
     le rêve du Grand Maghreb, dont le traité d'Union du Maghreb arabe
     (UMA) s'efforce depuis 1989 de poser les fondations.

Le nombre des Berbères au Maghreb




Maroc Algérie Mauritanie Libye Tunisie
- - - - -

1. Quel est le nombre total des berbérophones et des arabophones vivant au Maghreb?
2. Quand est-ce que la conquête arabe a commencé?
3. Quelles en étaient les conséquences?
4. Quelles étaient les deux premières dynasties berbères?
5. Quel rôle ont-ils joué pour les pays du Maghreb?
6. Cherchez dans l'internet: A quel dynastie le Roi Mohammed VI du Maroc remonte-t-il?
 

Colonisation et indépendances
     Après la dislocation de l'Empire almohade, le Maghreb se morcela en
     régions distinctes (les Mérinides au Maroc, le royaume de Tlemcen en
     Algérie, les Hafsides en Tunisie), puis, à partir du XVIe siècle, tomba
     sous la coupe de l'Empire ottoman. Seuls le Maroc et la Mauritanie
     conservèrent leur autonomie, malgré l'installation des premiers comptoirs
     portugais et espagnols sur les côtes. Le Maghreb devint ensuite l'objet
     des ambitions coloniales européennes, avec la conquête de l'Algérie par
     la France (1830), l'occupation de la Mauritanie (1855) – qui fut par la
     suite intégrée à l'Afrique-Occidentale française –, l'établissement du
     protectorat français sur la Tunisie (1881) et sur le Maroc (1912)
     et enfin l'installation italienne en Libye (1912).

1. Énumérez les populations suivantes dans l'ordre chronologique de la colonisation et essayez de deviner le siècle où la colonisation a eu lieu: les arabes, les phéniciens,  les ottomans,  les européens, les romains.
 

Peuples 1 2 3 4 5
Siècle - - - - -

     Après la Seconde Guerre mondiale, les pays du Maghreb accédèrent à
     l'indépendance: la Libye en 1951, le Maroc et la Tunisie en 1956, la
     Mauritanie en 1960 et l'Algérie en 1962. Ainsi, la forte identité culturelle
     qui caractérise ces sociétés arabo-berbères, l'usage de l'arabe comme
     langue commune (nonobstant les variantes dialectales de l'arabe et la
     persistance du berbère), enfin l'appartenance à la communauté
     musulmane (oumma) sont autant d'atouts en faveur de l'Union. Il est
     d'ailleurs significatif que l'islam soit religion d'État dans les cinq pays
     concernés et que le chef de l'État y doive nécessairement être musulman.

2. En quelle année les Français ont-ils occupé les pays du Maghreb et quand est-ce que ces pays ont accédé à l'indépendance?
 

Pays 1. 2. 3. 4. 5.
Année de l'occupation - - - - -
Déclaration de l'indépendance - - - - -

3. Quels ont été les atouts en faveur de l'unification des pays du Maghreb?

Des choix politiques distincts
     Pourtant, les facteurs de division ne doivent pas être négligés, au premier
     rang desquels se trouve la nécessité pour chacun des cinq pays,
     récemment indépendants, de se constituer en État-nation. Les systèmes
     politiques et les choix économiques de chacun, depuis l'indépendance,
     ont été largement différents. Cela tient à leurs traditions historiques
     spécifiques, aux modalités distinctes prises par la colonisation – le
     protectorat, depuis 1912, maintenait les structures politiques locales au
     Maroc, alors que les trois départements français [Alger, Constantine et
     Oran] constituant l'Algérie étaient placés sous administration directe de
     la métropole, avec une importante colonie de peuplement. Enfin, les
     conditions dans lesquelles s'est faite l'accession à l'indépendance – par la
     lutte armée ou non. Mais cela tient aussi aux fortes personnalités
     d'hommes tels qu'en Libye le roi Idris Ier (1890-1983) et le colonel
     Kadhafi, en Tunisie Bourguiba, au Maroc le sultan Mohammed V
     (1909-1961) et son fils le roi Hassan II, en Mauritanie Ould Daddah et
     en Algérie Ben Bella puis Boumediene (1932-1978).

     Ces chefs d'État, dont certains ont tiré leur légitimité de la lutte pour
     l'indépendance, exprimèrent, chacun, un dessein propre et marquèrent
     fortement leur pays. Ainsi, très schématiquement, la Tunisie choisit
     résolument la voie de l'occidentalisation. Le Maroc voulut entrer dans la
     modernité tout en s'appuyant sur ses traditions. L'Algérie s'engagea dans
     la voie socialiste, tandis que la Mauritanie appuyait son développement
     sur ses liens anciens avec la France. Quant à la Libye, après avoir connu
     une monarchie confrérique puis de nombreuses turbulences, elle
     proclama en 1977 l'instauration de la Djamahiryya (république) arabe
     populaire et socialiste. On comprend aisément que des options politiques
     et économiques aussi diverses constituent des obstacles à une éventuelle
     confédération du Grand Maghreb.

Les facteurs de division




Le Maroc
l'Algérie
- -
- -

L'ascension à l'indépendance




Le Maroc
l'Algérie
- -
- -

Les chefs d'État (à l'heure actuel)




Tunisie
Maroc
Algérie
Mauritanie
Libye
- - - - -
- - - - -

Leurs intentions et le régime politique actuel




Tunisie
Maroc
Algérie
Mauritanie
Libye
- - - - -
- - - - -

La construction de l'UMA

Dans les premières décennies du XXe siècle se développa la Nahda, courant de renaissance arabe qui concerna surtout les pays du Levant mais également le Maghreb, et qui réactualisa le vieux rêve unitaire de la nation arabe. Les différents mouvements de libération nationale furent ensuite l'occasion de rencontres entre indépendantistes marocains, tunisiens et algériens. Le Comité de libération du Maghreb fut créé en 1948, annonçant la Conférence de Tanger en 1958; puis, en 1964, alors que tous les pays avaient accédé à l'indépendance, fut créé le Comité permanent consultatif maghrébin (CPCM), à vocation plus explicitement économique, et auquel se rattacha un quatrième pays, la Libye. Le CPCM se proposait de développer les échanges entre les pays du Maghreb, d'harmoniser leurs politiques minière, énergétique et industrielle, et de constituer un ensemble face à la CEE. De multiples difficultés, liées plus particulièrement aux conflits frontaliers entre les différents pays membres et à la question du Sahara occidental, freinèrent considérablement l'édification de l'union du Maghreb.

En 1988, la Mauritanie adhéra au CPCM et, le 17 février 1989, fut finalement signé à Marrakech par les cinq chefs d'État le traité portant création de l'Union du Maghreb arabe (UMA), jalon important de l'édification du Grand Maghreb.

Ce dernier bénéficie d'un immense territoire, bien qu'inégalement peuplé, dont le sous-sol renferme des richesses importantes: pétrole (Libye, Algérie), gaz (Algérie, Tunisie, Libye), phosphates (Maroc, Tunisie), fer (Mauritanie), uranium (Algérie) et minerais non ferreux – plomb, manganèse, zinc, barytine des montagnes marocaines. L'usage d'une langue commune, l'appartenance à la communauté musulmane et un patrimoine culturel partagé, sont autant d'éléments favorables à l'Union.

 
Les problèmes contemporains
Outre les contentieux d'ordre politique qui continuent de diviser le Grand Maghreb, celui-ci doit résoudre, à l'aube du troisième millénaire, une multitude de problèmes. Si la plupart sont communs aux cinq nations – forte croissance démographique, exode rural et urbanisation hâtive, dépendance alimentaire, analphabétisme d'une partie importante de la population, statut de la femme –, ils se posent différemment en Libye, où le PNB (produit intérieur brut) est de 5 000 dollars par habitant (en 1994 et grâce à la rente pétrolière), et en Mauritanie, où le PNB est de seulement 460 dollars par habitant. L'explosion démographique
Les différentes politiques de planification familiale se heurtent à de fortes résistances. D'une part, l'idéal de la famille nombreuse reste prégnant, et les pratiques anticonceptionnelles ne sont jamais envisagées avant que la famille n'ait atteint le nombre d'enfants souhaité. D'autre part, la mise en place d'une véritable information en ce domaine se heurte à l'analphabétisme des femmes, qui demeure élevé pour les plus de 15 ans. Aujourd'hui encore, la scolarisation des filles reste très largement inférieure à celle des garçons. La population des pays maghrébins est donc extrêmement jeune: le nombre des moins de 15 ans dépasse partout 40 %, sauf en Tunisie, et le taux d'accroissement de la population reste élevé (il est inférieur à 25 ‰ uniquement au Maroc et en Tunisie); selon les projections les plus fiables, celle-ci devrait doubler d'ici à l'an 2025. Les conséquences en sont importantes: le déficit alimentaire s'accroît tandis qu'augmente l'exode rural et que s'accélère l'urbanisation. Il s'agit d'une véritable explosion urbaine: 1 personne sur 5 habitait en ville en 1950; en l'an 2000, selon toutes les prévisions, il y en aura 3 sur 4.

Les craintes et les espoirs
Pour faire face au problème démographique, il apparaît indispensable et urgent de planifier les politiques de l'emploi, de la santé, de l'éducation et du logement. Le taux de chômage et l'ampleur prise par le secteur informel, ou «économie souterraine» – qui échappe à toute réglementation –, sont difficiles à évaluer, mais il est certain qu'une partie de plus en plus importante de la population se trouve en situation d'extrême précarité. L'aggravation de la paupérisation entraîne de profondes frustrations ainsi que des demandes sociales nouvelles. Dans ces conditions, il n'est pas étonnant que le fondamentalisme religieux, qui occupe aujourd'hui une place prépondérante dans le panorama socioculturel de cette région, apparaisse à toute une jeunesse désemparée comme un recours et un espoir.

Sur la scène internationale, les pays du Maghreb occupent une place originale. L'histoire, le passé colonial, les flux migratoires ont tissé pour quatre d'entre eux des liens privilégiés – qui n'excluent pas les conflits – avec le monde occidental, et notamment avec la France. Appartenant simultanément au monde arabe et à l'espace méditerranéen, assurant la jonction entre l'Europe et le monde africain, le Maghreb est appelé à jouer un rôle de premier plan dans ce qu'il est convenu d'appeler aujourd'hui les relations Nord-Sud.
 
 




Textes et cartes supplémentaires à exploiter en classe:

Les reliefs et grandes régions naturelles des pays du Maghreb

La question de l'eau dans les pays du Maghreb

Agriculture, industrie, énergie, mines

Les reliefs et grandes régions naturelles des pays du Maghreb
http://www.irmcmaghreb.org/atlas/reliefs.htm

 
Deux ensembles morphologiques s'opposent. Au nord courent d'est en ouest deux chaînes parallèles, plissées et élevées appartenant au domaine alpino-himalayen : au nord l'Atlas tellien, au sud l'Atlas saharien , prolongés par le Haut-Atlas et l'Anti-Atlas au Maroc. Ces chaînes abritent des systèmes fluviaux de taille modeste. Au sud s'étendent les immensités tabulaires du Sahara appartenant au vieux socle africain, 8 millions de km2, couvrant la quasi totalité de la Mauritanie et de la Libye, les 80% de l'Algérie, 65% du Maroc et près de 50% de la Tunisie. Ces vastes horizons présentent une diversité souvent réduite aux grandes plaines dunaires (ergs). Celles-ci ne représentent pourtant qu' 1/5ème de la surface du Sahara. Le désert, ce sont aussi des reliefs montagnards accidentés, les formes volcaniques du Hoggar, et surtout les regs, grandes plaines pierreuses. Les latitudes et les potentiels hydriques déterminent les milieux naturels, méditerranéen, continental steppique et désertique. Si le problème de l'eau est crucial dans ces régions hyper-arides (Voir carte), le milieu offre d'importantes ressources en hydrocarbures, essentiellement en Libye et en Algérie.
 
 

La question de l'eau dans les pays du Maghreb
http://www.irmcmaghreb.org/atlas/eau.htm

Située à cheval sur la diagonale aride, qui parcourt Afrique et Asie depuis l'Atlantique jusqu'à la Chine, la majeure partie du Maghreb est constituée par le désert. Seules les régions méditerranéennes et montagnardes du nord reçoivent de l'eau en quantité suffisante pour les populations qui y vivent. Si la présence d'une agriculture saharienne préhistorique est attestée, l'augmentation de la température et la désertification rendent aujourd'hui indispensable un recours à l'irrigation. La pression démographique (décuplement de la population en deux siècles) et le développement des techniques agricoles créent une situation critique sur l'ensemble de la région, à court ou moyen terme. Le problème est traité différemment selon les pays. La Libye, qui connaît la situation la plus critique, s'est lancé dans le programme de la Grande Rivière pompant les réserves fossiles d'eau enfouies sous le désert. Ces ressources n'étant pas renouvelables à l'échelle humaine, leur exploitation massive conduit à un épuisement certain dans quelques dizaines d'années. L'Etat libyen a également développé un réseau d'usines de déssalement près des grandes villes, qui correspond bien aux attentes de la consommation domestique. En Algérie et en Tunisie le pompage est complété par des ressources en eau superficielle, mais la pénurie est déjà palpable dans les régions méridionales. Le Maroc bénéficie lui de ressources superficielles qui suffisent pour l'instant à sa consommation, grâce à l'aménagement de 85 barrages. Quant à la Mauritanie, elle est le seul pays de la région à ne pas avoir de souci hydrique en vue, sa faible population aidant, elle se contente de transférer l'eau douce vers les concentrations de population côtières, participant par ailleurs à l'aménagement hydro-agricole du fleuve Sénégal.
 
 

Agriculture, industrie, énergie, mines



le Maroc



 
 
 
Fiche pays du Maroc 
Nom officiel Royaume du Maroc
Nom courant MAROC
Superficie 659 970 km²
Fête nationale (événement célébré) Commémoration de l'Indépendance (2 mars 1956)
Capitale Rabat
Population de la capitale (agglomération) 1 500 000 habitants
Population (estimation) 27 700 000 habitants
Répartition ethno-linguistique
Arabes 70 % 
Berbères 29,8 % 
Autres 0,2 % 
Pratiques religieuses
Chrétiens 1,2 % 
Juifs 0,2 % 1995 
Musulmans sunnites 98,6 % 

 

Généralités
Population (estimation) 27 700 000 habitants 
Nom des habitants Marocains 

 

Religion d'État
Religion officielle islam 

 

Langue
Langue officielle arabe 1999 
 

 

Les villes
Tanger (en arabe T]andjah),

ville et l'un des principaux ports du Maroc, sur le détroit de Gibraltar; 266 350 habitants; chef-lieu de la province du même nom. Tourisme actif. --La ville (ancien Tingi carthaginoise et Tingis romaine) fut convoitée dès le Moyen Âge par les puissances commerciales, en raison de sa situation géographique. Elle fut notamment portugaise de 1471 à 1662. Déclarée zone internationale en 1923, occupée par les Espagnols de 1940 à 1945, elle fut rendue au Maroc en 1956.

© Hachette Multimédia / Hachette Livre, 1999

Rabat,

capitale du Maroc et port sur l'Atlantique, à l'embouchure du Bou Regreg; l'agglomération compte 1,5 million d'habitants [1997]. Centre politique, la ville possède quelques industries textiles (tapis) et alimentaires.-- Archevêché. Université. Mur des Andalous (remparts autour de la ville musulmane, habitée par de nombreux expatriés d'Andalousie au XVIIe siècle). Tour Hassan (XIIe siècle). Casbah des Oudaïa. --Fondée lors de la colonisation de l'Andalousie par les Almohades (XIIe siècle), Rabat connut un grand essor au XVIIe siècle avec l'arrivée des morisques exilés d'Espagne. En 1912, Lyautey en fit la capitale administrative et politique du protectorat.

© Hachette Multimédia / Hachette Livre, 1999

Casablanca (en arabe ad-Dar al-Bayda),

principal port et plus grande ville du Maroc; 923 630 habitants (agglomération urbaine, 2 408 600 habitants); préfecture. Premier centre économique du pays: industries chimique, alimentaire, mécaniques et textile. Exportation de phosphates. --L'aménagement initial du port est dû à Lyautey. Grande mosquée Hassan II. --La conférence de Casablanca (1943), entre Churchill et Roosevelt, coordonna de façon décisive la politique de guerre des Alliés.

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Agadir,

ville et port du sud marocain, sur l'Atlantique; 110 480 habitants; chef-lieu de la province du même nom. --En 1960, un tremblement de terre détruisit la ville qui, reconstruite, est devenue un important centre touristique. --Incident d'Agadir, constitué après l'envoi, le 1er juillet 1911, par le gouvernement allemand d'une canonnière devant cette ville pour protester contre l'entrée des troupes françaises à Fès et à Meknès; la négociation aboutit à la cession d'une partie du Congo français aux Allemands, en échange de leur non-intervention au Maroc.

© Hachette Multimédia / Hachette Livre, 1999
 

Marrakech,

ville du Maroc méridional, dans la plaine du Haouz, au pied nord du Haut Atlas; 439 730 habitants; chef-lieu de la province du même nom. Grand marché du Sud; huileries; artisanat. Centre touristique. --Nombreuses mosquées, dont la très belle Kutubiyyah (XIIe siècle). Porte Bab Agnau (entrée de la casbah). Palais. Tombeaux des Saadiens. --Fondée en 1062 par les Almoravides, elle fut la capitale des Almohades (XIIe-XIIIe siècle).

© Hachette Multimédia / Hachette Livre, 1999

Le protectorat français
La conférence d'Algésiras (1906), qui entérinait l'intervention des puissances occidentales au Maroc, reconnut à l'Espagne et à la France des droits particuliers. De 1907 à 1912, une série d'incidents provoqua l'intervention de l'armée française; en août 1907, les Français débarquèrent à Casablanca, puis occupèrent Oujda, Casablanca et Fès. En dépit de l'opposition de l'Allemagne, le traité de protectorat, finalement imposé au sultan du Maroc, fut signé à Fès le 30 mars 1912. (Par ailleurs, en novembre 1912, la convention de Madrid plaçait le nord du pays sous protectorat espagnol.) Le général Lyautey fut nommé premier résident général de la France.
La résistance marocaine fut vive, et les révoltes berbères nombreuses. Après la reddition d'Abd el-Krim, qui souleva les masses paysannes dans le Rif (1919-1926), la France mena une campagne de «pacification» qui ne prit fin qu'en 1934; le protectorat fut remplacé par l'administration directe. La France encouragea la colonisation rurale avec l'installation d'Européens, qui, par ailleurs, introduisirent de nouvelles cultures et commencèrent l'exploitation des phosphates. Elle entretint également l'opposition entre Arabes et Berbères : un dahir de 1930 retira la juridiction des populations berbères au sultan, responsable de la loi musulmane, et leur établit des tribunaux propres appliquant le droit coutumier. Ce fut l'occasion d'un réveil de l'opposition. Allal al-Fasi et un groupe de jeunes lettrés fondèrent à Fès le parti national, avec pour revendication essentielle l'abrogation du dahir. Mais, alors que s'achevait la pacification française, les prémices du mouvement pour l'indépendance se faisaient déjà sentir. Le mouvement nationaliste fut influencé par les doctrines réformistes et le panarabisme qui agitaient alors toutes les sociétés musulmanes. Un Comité d'action marocain pour la réforme, créé en 1934, réclama l'application stricte du traité de protectorat. En 1937, le Comité se sépara entre l'Istiqlal (1943) et le Parti démocratique de l'indépendance (1946).
La défaite de 1940 devant les Allemands affaiblit encore la position de la France. L'Espagne occupa Tanger de 1940 à 1945. Pendant la Seconde Guerre mondiale, les troupes marocaines combattirent aux côtés de la France libre, mais la rencontre entre le sultan Mohammed  V ben Youssef et le président américain Roosevelt à Anfa, en juin 1943, accentua les revendications nationalistes. En 1944, Mohammed V refusa de ratifier les décisions du résident général et, dans un discours prononcé à Tanger, en avril 1947, commença à réclamer l'indépendance.
Au lendemain de la guerre, la pénurie alimentaire provoqua une grande misère et une forte émigration rurale. La résistance au protectorat prit alors un caractère plus urbain. Oppositions rurale et urbaine se rejoignirent après 1950, au moment où le sultan prenait une part prépondérante dans la lutte pour l'indépendance. Le gouvernement français nomma des résidents généraux intransigeants: les généraux Juin (1947-1951) et Guillaume (1951-1954). En 1951, sous la pression des autorités françaises, soutenues par le pacha de Marrakech, Al-Hadj Thami al-Glaoui, surnommé le Glaoui, le sultan fut contraint de renvoyer ses collaborateurs membres de l'Istiqlal. Après avoir tenté, en vain, de négocier avec la France, Mohammed V prononça, en novembre 1952, un discours exigeant l'émancipation politique totale et immédiate du Maroc. Appuyé par la France, des notables et des chefs de confrérie, avec à leur tête le Glaoui, entrèrent alors dans un complot visant à renverser le sultan: le 20 août 1953, la France déposa Mohammed V, qui fut exilé en Corse, puis à Madagascar, avec ses fils, dont le futur roi Hassan II. Une rupture totale s'instaura dès lors entre le nouveau régime et la population, qui ne reconnut pas la légitimité du sultan mis en place par la France, Mohammed ibn Arafa, un autre membre de la famille alaouite. Ce refus revêtait un caractère politique, religieux et économique (boycott des produits français); il s'accompagna d'une vague d'agitation et de la constitution d'une armée de libération.

Le Maroc indépendant
La conjonction des insurrections marocaine et algérienne contraignit Paris, qui choisit de consacrer l'essentiel de son effort militaire à l'Algérie, à engager des négociations avec le sultan Mohammed V. En 1955, à la suite d'actes terroristes, la France se résigna finalement à accepter le retour du sultan au Maroc. Le 2 mars 1956 fut signée une convention qui abolit le traité de Fès et reconnut l'indépendance du Maroc. Le statut de Tanger fut aboli (29 octobre 1956). L'ampleur des manifestations populaires obligea également l'Espagne à mettre fin à son protectorat, le 7 avril 1956. Après quarante-quatre ans de tutelle étrangère, le Maroc retrouvait son indépendance et son unité. Mohammed V rentra dans son pays, acclamé comme le libérateur de la nation marocaine. Dès 1958, il annonça des réformes économiques, sociales et politiques, et s'engageait à doter le Maroc, érigé en royaume, d'institutions permettant une participation directe du peuple à la gestion des affaires publiques.

Le règne de Hassan II
Mohammed V mourut le 26 février 1961. Son fils Hassan II lui succéda. Respectant la promesse qu'il avait faite à son père d'établir un régime démocratique dans le cadre d'une monarchie constitutionnelle, il fit approuver par référendum, le 7 décembre 1962, une Constitution qui instituait le multipartisme et la séparation des pouvoirs. Le rôle du Parlement était toutefois relativement limité. Celui du roi, en revanche, était très étendu: le monarque nommait le Premier ministre et les ministres, qu'il pouvait révoquer à son gré. Chef des forces armées, il avait le pouvoir de proclamer l'état d'exception si le pays venait à être menacé. En tant que «Commandeur des croyants», il était le chef religieux suprême et veillait au respect de l'islam. Les années qui suivirent l'investiture d'Hassan II virent éclater des émeutes populaires à Casablanca, Rabat et Fès. Le Front de défense des institutions constitutionnelles, formation progouvernementale, ne put obtenir la majorité aux premières législatives. Dans l'incapacité de former un gouvernement, le leader de l'Istiqlal, Allal al-Fasi, passa à l'opposition en janvier 1963. En juillet 1963, le gouvernement fit arrêter des militants de l'UNFP (Union nationale des forces populaires), parti d'opposition dirigé par Al-Mahdi Ben Barka, lequel dut fuir à l'étranger. En mars 1965, des manifestations d'étudiants furent sévèrement réprimées par le général Oufkir, ministre de l'Intérieur. En juin, l'état d'exception fut institué, la Chambre fut dissoute et le roi prit les pleins pouvoirs. En octobre 1965, Ben Barka, condamné à mort par contumace pour complot contre le régime, était enlevé à Paris et secrètement assassiné.
Une nouvelle Constitution fut adoptée par référendum, en juillet 1971, malgré l'hostilité de l'Istiqlal et de l'UNFP qui se regroupèrent en un Front de l'opposition et refusèrent de participer aux élections législatives. La découverte d'un complot contre le roi en mars 1971 donna lieu à 180 arrestations. Deux nouvelles tentatives d'assassinat de Hassan II devaient provoquer une sévère répression : le 10 juillet 1971, les cadets de l'École militaire tentèrent de renverser le roi lors d'une réception dans sa résidence de Skirat ; le 16 août 1972, l'avion ramenant de France le roi échappa de justesse aux tirs de l'aviation de chasse marocaine. Compromis dans l'attentat, le général Oufkir fut trouvé mort le lendemain.
À partir de 1973, le roi, en habile politique, comprit la nécessité d'assouplir son pouvoir. La «marocanisation» des terres reprises aux étrangers lui redonna l'adhésion populaire, et la question du Sahara espagnol lui permit de ressouder autour de sa personne l'ensemble de la population.
Le Front Polisario avait entamé sa lutte armée en 1973 (Madrid envisageait alors d'accorder l'indépendance à ce territoire, que le Maroc revendiquait). À l'automne de 1975, Hassan II organisa la «Marche verte»: environ 350 000 Marocains répondirent à son appel et, «drapeau en tête et Coran à la main», marchèrent pacifiquement jusqu'au Sahara occidental. Cette marche eut un impact extrêmement fort à l'intérieur du pays, dans la mesure où toutes les forces politiques, y compris celles de l'opposition, hormis l'UNFP, se placèrent aux côtés du monarque. Par contre, cette question entraîna une crise profonde entre le Maroc et l'Algérie, qui apporta son soutien au mouvement sahraoui. L'admission, en 1982, de la République arabe sahraouie au sein de l'OUA constitua un revers diplomatique pour le Maroc. Les difficultés économiques et les mesures de redressement préconisées par le FMI provoquèrent de nouveau, en mai et juin 1981 puis en janvier 1984, des manifestations à Casablanca qui furent sévèrement réprimées. Les années 1990 furent toutefois marquées par la reprise du dialogue avec l'opposition parlementaire, une certaine diminution des tensions sociales et un début de règlement de l'affaire du Sahara occidental. Le 6 septembre 1991, le Maroc, ayant maîtrisé la «guerre des sables», signa avec le Front Polisario un cessez-le-feu dont l'entrée en vigueur devrait permettre la tenue d'un référendum d'autodétermination – proposé par l'ONU et l'OUA depuis 1988 – qui décidera de l'avenir des populations du Sahara occidental.
Sur le plan intérieur, la monarchie marocaine, qui se trouve également confrontée à un islamisme en expansion depuis les années 1970, cherche un modèle original de démocratisation. Hassan II, qui souhaite moderniser son pays, s'efforce d'ailleurs de prolonger le climat d'union nationale qu'avait suscité la «Marche verte» : libération de prisonniers politiques, levées de la censure, élections, reconnaissance des partis d'opposition, dont l'Istiqlal, et légalisation des mouvements de défense des droits de l'homme. Sous la pression conjointe de la contestation intérieure et de la volonté du roi, une nouvelle Constitution, approuvée par référendum en septembre 1992, a élargi le rôle du Parlement et affirmé plus nettement la séparation des pouvoirs. Ainsi, en novembre 1997, les premières élections législatives au scrutin universel ont donné la majorité des sièges à l'Union socialiste des forces populaires (USFP), tandis que le Mouvement populaire constitutionnel démocratique (islamiste) obtenait six sièges dans la nouvelle Assemblée. Nommé Premier ministre par le roi Hassan II, le socialiste Abderahmane Youssoufi s'est alors vu confier la formation d'un gouvernement de coalition.
Sur le plan international, le Maroc, qui a adhéré au GATT (c'est à Marrakech que fut signé le 15 avril 1994 l'accord final de l'Uruguay Round), a activement participé à la création, le 17 février 1989, de l'Union du Maghreb arabe (UMA) avec l'Algérie, la Libye, la Mauritanie et la Tunisie. Par ailleurs, entre grogne sociale et agitation islamiste, l'ancrage à l'Europe semble revêtir une importance stratégique : en 1987, le Maroc – dont la diplomatie joue un rôle actif dans la recherche de la paix au Moyen-Orient – a fait acte de candidature pour rejoindre la Communauté européenne.

État et institutions
Monarchie constitutionnelle, le Maroc est un État islamique. Le souverain (amir al-mouminine), qui possède une légitimité religieuse, appartient aux Alaouites, dynastie chérifienne issue du Prophète. Au moment de son investiture et à l'occasion de la fête du Trône, chaque année, ses sujets renouvellent le pacte d'allégeance qui les lie à leur souverain. On comprend donc que son rôle réel soit plus étendu que ne le laisse paraître une Constitution qui met l'accent sur le multipartisme, la séparation des pouvoirs et le rôle du Parlement. Le roi «garant de l'indépendance de la Nation et de l'intégrité territoriale du royaume dans ses frontières authentiques», nomme le Premier ministre, et sur proposition de celui-ci, les autres membres du gouvernement.
Le Parlement est composé de deux Chambres. La Chambre des représentants est composée de 333 membres élus pour cinq ans (entièrement au suffrage universel direct depuis 1996). La deuxième chambre, la Chambre des conseillers, créée en 1996, est élue au suffrage indirect, pour les 3/5 de ses membres par un collège électoral composé de représentants des collectivités locales, et pour 2/5 par des membres élus par les chambres professionnelles et des représentants des salariés. La Chambre des conseillers est renouvelable par tiers tous les trois ans. Pour promouvoir le développement économique et social, le Maroc a opéré une régionalisation et une décentralisation communale.

Société
Avec la diversité d'une population de souche berbère, un autre facteur d'hétérogénéité tient aux fortes disparités sociales. Un tiers de la population vivrait au-dessous du seuil de pauvreté, aussi bien dans les villes qu'en milieu rural. Le taux de chômage atteindrait près de 20 % de la population active. En 1990, 49,5 % des personnes âgées de 15 ans et plus étaient alphabétisées. La scolarisation primaire, si elle touche 80 % des enfants, ne concerne que 64 filles pour 100 garçons. Ces lacunes tiennent à l'insuffisance des infrastructures, surtout dans les montagnes, et à la persistance du travail des enfants (ce dernier facteur expliquant d'ailleurs les fortes résistances auxquelles se heurte le planning familial). Le statut de la femme, s'il a considérablement évolué pour certaines couches de la population au mode de vie occidentalisé, n'a cependant pas connu de changement radical. Le Code marocain de statut personnel s'inspire très largement, en dépit de quelques assouplissements, de la loi musulmane: reconnaissance de la polygamie, maintien pour l'homme du droit de répudiation. La présence médicale est encore très inégalement répartie sur le territoire, qui compte en moyenne un médecin pour 4 380 habitants et 1 lit d'hôpital pour 830 habitants. La mortalité infantile (62 [permil]) [estimation 1997] est la plus élevée de l'Afrique du Nord.
Aussi hétérogène que soit la population, aussi inégales que soient ses conditions de vie, et en dépit des différences linguistiques – alors que les hommes berbères sont pour la plupart bilingues, les femmes non scolarisées ne comprennent pas l'arabe –, un certain nombre de facteurs, au premier rang desquels vient l'islam, assurent à la société marocaine une forte cohésion. L'appartenance à la communauté musulmane s'affirme, en effet, comme un puissant ciment. L'appel aux cinq prières quotidiennes, la prière commune du vendredi, le respect du ramadan, la fête du sacrifice créent de solides liens. Si l'islam marocain présente certaines particularités, avec notamment l'importance du culte des saints (qui est combattu par les réformistes), il est frappant de voir se côtoyer des gens de toutes origines, comme à l'occasion des moussems.
Le lien familial est également très fort. Près de la moitié des foyers marocains, tout particulièrement en milieu rural, abritent des familles étendues. En permettant une répartition des tâches et une diversification des activités, ces dernières constituent un palliatif de la précarité économique. L'idéal de la grande famille patrilinéaire et du capital d'honneur qui y est attaché reste très prégnant. Que ce soit pour obtenir une bourse ou trouver un emploi, les réseaux traditionnels ayant pour base la parenté se révèlent toujours plus efficaces que les démarches officielles.

Culture et civilisation
Les premières traces d'art sont des gravures rupestres datant du néolithique. La plupart des sites se trouvent dans le Sud, l'Anti-Atlas, le Tafilalet et le Haut Atlas. Dans le Nord, les sites sont peu nombreux, mais certains sont d'une grande richesse (Volubilis).
Le patrimoine architectural du Maroc est à la fois très riche et diversifié. Les différentes dynasties qui se sont succédé depuis le IXe siècle ont toutes connu de grands bâtisseurs qui ont laissé leur empreinte. Plusieurs d'entre elles ont fondé une ville: Fès al-Bali (Fès l'Ancienne) a été fondée au VIIIe siècle par les Idrisides, Marrakech au XIe siècle par les Almoravides, Rabat au XIIe siècle par les Almohades, Fès Djedid (Fès la Neuve) au XIIIe siècle par les Mérinides. Meknès devint la capitale des Alaouites au XVIIe siècle. Les quatre villes impériales portent ainsi la marque de leurs fondateurs.

Un riche patrimoine architectural
L'architecture marocaine est une synthèse originale des influences andalouse et orientales (Kairouan). Les artistes excellent dans le travail du bois ciselé et peint, dans la sculpture du marbre, dans les marqueteries de céramique polychrome et dans le plâtre ciselé. Les monuments les plus remarquables ont souvent une vocation religieuse: mosquée Qarawiyyin à Fès, minaret de la Koutoubia à Marrakech, médersas (collèges religieux) Bou Inaniyya à Fès et Ibn Yousouf à Marrakech. De ces époques subsistent aussi des remparts, des casbahs (citadelles défensives), des palais, des nécropoles et des tombeaux. Les médinas de Fès et de Marrakech conservent une organisation spatiale et sociale traditionnelle. L'enchevêtrement des ruelles et des impasses a pu faire croire à une incohérence constitutive de la ville musulmane traditionnelle. Or, bien au contraire, celle-ci obéit à un plan très rigoureux valorisant la hiérarchisation des espaces. La mosquée occupe le coeur de l'ensemble. À sa proximité se trouvent implantés les médersas et le souk des libraires. Les autres métiers sont répartis par secteurs agencés selon un ordre précis, des plus prestigieux (souk des tissus) aux moins valorisés (souk des tanneurs). Chaque quartier jouit d'une relative autonomie et constitue un espace de voisinage avec sa fontaine, son four, son hammam et quelques épiceries; les maisons, construites autour d'un patio, protègent la vie privée des regards extérieurs. La richesse ornementale du Maroc se déploie également en milieu rural, avec une architecture de pierre et, plus encore, de terre crue (pisé rouge ou blanc) en pays berbère. Pouvant être qualifiée d'«architecture sans architecte», elle comprend entre autres les ksour, villages fortifiés de la vallée du Draa, et les greniers collectifs du Haut Atlas.

Littérature orale et écrite
La littérature berbère est toujours extrêmement vivante, qu'il s'agisse des contes et légendes ou des chants poétiques. La langue littéraire, de tradition orale, en prose ou en vers, obéit à des règles très strictes. Elle utilise un style sophistiqué et souvent métaphorique, reprend des thèmes récurrents (l'amour, la nostalgie, le mal du pays), non sans une certaine improvisation. L'utilisation du magnétophone permet à la poésie de passer directement d'une transmission orale à l'enregistrement magnétique sans passer par la phase de l'écriture. Il en va de même de la littérature orale arabe, qui utilise la langue dialectale. Elle comprend un vaste répertoire de poésies, d'épopées, de contes et de récits merveilleux.
La littérature écrite de langue arabe ne s'est développée que plus tardivement et, peu traduite, reste encore mal connue en Occident. L'arabe classique n'est d'ailleurs compris au Maroc que par une petite élite, l'arabe dialectal marocain en étant très éloigné. Le premier écrivain de l'époque moderne est Allal al-Fasi, poète et théologien, orateur politique qui milita pour l'indépendance du Maroc. Le premier roman fut publié peu après l'indépendance (1957) : Pendant l'enfance, de Abdelmajid Ben Jelloun. D'autres romanciers s'illustrèrent : Mohammed Zefzaf (Murailles et Trottoirs, 1974), Ahmed el-Madini (Un temps entre l'accouchement et le rêve, 1976), Rabi Moubarak (le Vent d'hiver, 1978), mais l'école poétique apparaît plus riche, et cela depuis le début du siècle; depuis l'indépendance, on peut citer : Mohamed Seghini, Moustafa Madaoui, Ahmed Mejati, Allal el-Hajjam, Mohammed Bennis, Mohammed al-Achaari. Dans le domaine des essais, Mouhammad al-Sabbagh s'exprime sous une forme poétique et romancée (l'Arbre de feu, 1955; la Grappe de rosée, 1961), Mouhammad Aziz al-Lahbabi tenta de fonder le personnalisme musulman (1964), tout en écrivant des romans et, en français, des poèmes.
La littérature écrite, longtemps de langue française, a acquis une grande renommée internationale. Les premières oeuvres en français, dans les années 1920-1930, furent des pièces de théâtre (notamment de Kaddour Ben Ghabrit) et des nouvelles. Depuis, parmi les auteurs majeurs se détachent les noms d'Ahmed Sefrioui (le Chapelet d'ambre, 1949; la Boîte à merveilles, 1954), de Driss Chraïbi (le Passé simple, 1954; la Foule, 1961), d'Abdellatif Laabi – dont la revue Souffles accueillit poètes marocains et algériens de 1966 à 1971, et qui dénonce avec angoisse l'obscurantisme (l'OEil et la Nuit, 1969) –, de Mohammed Khaïr-Eddine (Nausée noire, 1964; Agadir, 1967), d'Abdelkébir Khatibi (la Mémoire tatouée, 1971; la Blessure du nom propre, 1974), et de Tahar Ben Jelloun, qui exprime le malheur de l'émigration (Cicatrices du soleil, 1972; la Plus Haute des solitudes, 1977; l'Enfant de sable, 1985) et qui obtint le prix Goncourt avec la Nuit sacrée (1987).

Artisanat
L'artisanat occupe partout une place de premier plan. Les précieux manuscrits de la Bibliothèque royale ou ceux de la mosquée Qarawiyyin témoignent d'un art remarquable de la calligraphie. Les bijoux en or et en argent sont finement travaillés. Les céramiques anciennes (poterie vernissée ou faïence émaillée) présentent des décors constitués de fleurs et d'arabesques monochromes, généralement bleus, ou polychromes, aux tons bleus, bruns, verts et jaunes. Celles de Fès sont particulièrement renommées. La richesse de ce patrimoine ne doit pas laisser dans l'ombre l'extraordinaire variété de l'artisanat: poterie, travail du bois, maroquinerie, confection, travail des métaux, vannerie, assemblage de tapis et de couvertures. Les artisans marocains, que ce soit en milieu rural – essentiellement berbère – ou dans les villes – ils sont organisés en corporations dans les cités –, font preuve d'un savoir-faire et d'une habileté remarquables.

Musique
Les styles musicaux sont variés. La musique d'inspiration arabo-andalouse se rencontre dans les villes. Dans l'ala, les chanteurs accompagnés de nombreux instruments (tambourin, luth, cithare, violon, alto) entrecoupent d'évocations libres les thèmes classiques. Dans le Haut Atlas, comme dans toutes les régions berbères, chaque fête villageoise s'accompagne de chants dansés. Lors des ahwach, les choeurs se font face et reprennent alternativement une phrase musicale d'abord interprétée par un soliste.

Cinéma
Mohammed Asfour réalisa le premier long métrage en 1958, l'Enfant prodigue. Le film Wechma (1971), d'Hamid Bennani, marqua un tournant dans le cinéma marocain en ouvrant la voie à l'exploitation de thèmes considérés comme sensibles, car touchant à la nature du pouvoir politique dans le monde arabe. Les Mille et Une Mains (1972), de Ben Barka Souhayl, décrit la misère des teinturiers d'un souk de Marrakech. Le Coiffeur des quartiers pauvres, de Mohamed Reggab, étonne par son originalité et son audace, saluées par de nombreuses distinctions (Carthage, Ouagadougou, Berlin, Cannes). Le cinéaste Nabyl Lahlou occupe une place privilégiée; ses films Al-Kanfoudi, le Gouvernement général de l'île Chakerbakerben, l'Âne qui brait abordent les problèmes politiques et sociaux sur le mode de la dérision et du sarcasme.

© Hachette Multimédia / Hachette Livre, 1999



 

la Tunisie



 
Fiche pays de la Tunisie 
Généralités
Nom officiel République tunisienne
Nom courant TUNISIE
Superficie 163 610 km² 
Fête nationale (événement célébré) Commémoration de l'Indépendance (1956) 
Capitale Tunis
Population de la capitale (agglomération) 1 830 634 habitants
Répartition ethno-linguistique
Arabes 97,9 % 
Berbères 1,1 % 
Origines européennes 1 % 
Religion d'État
Religion officielle islam
Population
Généralités
Population (estimation) 9 500 000 habitants
Nom des habitants Tunisiens
Langue
Langue officielle arabe
Pratiques religieuses
Chrétiens 1 % 
Juifs 1 % 
Musulmans sunnites 98 % 

Tunis,

capitale de la Tunisie, au fond du golfe de Tunis; 1,8 million d'habitants (agglomération) [1994] (Tunisois). C'est la métropole commerciale et industrielle (sidérurgie, phosphates, notamment) du pays, desservie par le port de La Goulette et l'aéroport d'el-Aouina. --Université. Grande mosquée Az-Zaytuna, créée en 732, reconstruite au IXe siècle, et qui renferme une université islamique. --La ville, d'origine punique, jouxtant Carthage, prit son essor après la conquête des Arabes (fin du VIIe siècle), qui en firent un grand centre économique, religieux et politique. Depuis 1979, Tunis est le siège de la Ligue arabe.

© Hachette Multimédia / Hachette Livre, 1999

Sfax,

ville et grand port de commerce de Tunisie, sur le golfe de Gabès; 231 910 habitants; chef-lieu du gouvernorat du même nom. Pêche, exportation de phosphates.

© Hachette Multimédia / Hachette Livre, 1999

Sousse,

port de Tunisie, sur le golfe d'Hammamet; 83 510 habitants; chef-lieu du gouvernorat du même nom. Exportation de phosphates; constructions mécaniques (automobile). --Casbah, Grande mosquée (IXe siècle), ribat (forteresse islamique du VIIIe siècle, dégagée et restaurée au XXe siècle). Important musée archéologique (mosaïques).

© Hachette Multimédia / Hachette Livre, 1999

Bizerte,

port de Tunisie, au débouché du lac de Bizerte, relié à la Méditerranée par un canal; 94 510 habitants; chef-lieu du gouvernorat du même nom. Raffinerie de pétrole. --Base navale, française de 1882 (date de sa création) à 1963.

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Histoire
De nombreuses traces d'industrie humaine datant du paléolithique inférieur témoignent de l'ancienneté du peuplement. À une civilisation littorale dite ibéro-maurusienne et à une autre, capsienne – de Capsa, nom antique de l'actuelle Gafsa –, succéda le néolithique jusqu'au IIe millénaire. Cependant, l'histoire ancienne des premiers habitants du pays, les Berbères (dont le nom dérive de barbaroi, terme par lequel les Grecs désignaient les peuples ne parlant pas leur langue), n'est le plus souvent connue que par celle de leurs conquérants. Des Phéniciens à l'indépendance, en 1956, l'histoire de la Tunisie a été en effet marquée par une étonnante suite d'invasions.

L'Antiquité
La Tunisie entre dans l'histoire avec l'expansion des Phéniciens qui, cherchant à développer leur réseau commercial, fondèrent une série de comptoirs dans le bassin occidental de la Méditerranée et au-delà du détroit de Gibraltar. Celui de ces comptoirs qui connut le développement le plus considérable fut Carthage, fondée sur la côte tunisienne par des Tyriens en 814 av. J.-C. (date traditionnelle). Entre le VIe et le Ve siècle, la rivalité avec les Grecs amena Carthage à développer ses ressources propres; contrôlant bientôt tout le nord-est du pays, cette colonie renforça son autorité sur les autres comptoirs phéniciens de la côte d'Afrique au cours du Ve siècle av. J.-C. Elle entreprit alors de plus lointaines reconnaissances vers le nord, attirée par le commerce de l'étain, et vers le sud, pour bénéficier du commerce de l'or avec le Soudan. Au début du IIIe siècle av. J.-C., Carthage s'affirmait comme une grande puissance maritime et commerciale, mais son incapacité à intégrer les populations berbères indigènes dans sa civilisation allait la rendre vulnérable lorsque les Romains supplantèrent les Grecs comme principaux concurrents. Rivales pour la maîtrise de la Méditerranée occidentale, les deux puissances entrèrent en conflit (les guerres puniques). La possession de la Sicile était au centre des enjeux qui allaient opposer à trois reprises les deux cités à partir de 264 av. J.-C. Une révolte des Berbères durant la première guerre punique (264-241 av. J.-C.) contribua à éviter la victoire de Carthage sur Rome. La victoire d'Hannibal à Cannes en 216 av. J.-C. donna un moment l'avantage à Carthage mais, à l'issue de la deuxième guerre punique (218-201 av. J.-C.), la victoire romaine, encore une fois facilitée par une révolte des Berbères sous la conduite de leur roi Massinissa, se matérialisa par la conquête de nombreux territoires carthaginois. Enfin, à l'issue d'une troisième guerre (148-146 av. J.-C.), Rome écrasa définitivement Carthage et s'installa sur les décombres de la ville après l'avoir rasée. Partie intégrante de la République puis de l'Empire, avec la Numidie, la Tunisie antique devenue la province de l'Africa Proconsularis, devint alors pendant six siècles le siège d'une brillante civilisation romano-africaine. Au IIe siècle le christianisme y fit souche, et la province vit naître de prestigieux hommes d'Église en saint Cyprien (IIIe siècle) et saint Augustin (IVe siècle). En 429, menés par leur chef Geiséric, les Vandales franchirent le détroit de Gibraltar ; dix ans plus tard, après s'être rendus maîtres d'Hippone, ils entrèrent dans Carthage, où ils s'installèrent pour près d'un siècle. Mais les Vandales se révélèrent incapables de contenir les tribus hostiles qui s'agitaient aux frontières de leur territoire, et leur défaite devant les Berbères, en 530, fournit à l'empereur Justinien l'occasion de s'emparer du territoire (533). Toutefois, en proie à d'incessantes querelles et luttes religieuses, les Byzantins ne purent pas davantage intégrer dans la structure de leur empire les Berbères qui se soulevèrent plusieurs fois. En 647, la première vague de l'expansion arabe emporta Sufetula (Sbeïtla), capitale du patrice Grégoire; d'autres expéditions suivirent et Carthage fut détruite en 698.

L'arabisation
Contrairement aux précédents envahisseurs, les Arabes ne se contentèrent pas d'occuper la côte et entreprirent de conquérir l'intérieur du pays. En 670, Oqba Ibn Nafaa fonda à Kairouan la capitale de l'Ifriqiya. Après avoir une fois de plus vaillamment résisté, les Berbères, après la défaite de la Kahina, se convertirent à la religion de leurs nouveaux conquérants. Toutefois, refusant l'assimilation, ils furent nombreux à rejeter la religion dominante et à adhérer au kharidjisme, hérésie née en Orient, proclamant l'égalité de tous les musulmans, sans distinction de races ni de classes. En 745, les kharidjites berbères s'emparèrent de Kairouan. Province omeyyade jusqu'en 750, abbasside jusqu'en 800, aghlabide jusqu'en 909, l'Ifriqiya tomba ensuite entre les mains des chiites fatimides (909-973). Lorsque ces derniers partirent pour l'Égypte, la Tunisie échut au Berbère Bulukkin (ou Bologgin) ibn Ziri. Au milieu du XIe siècle, lorsque les Zirides rompirent avec le chiisme, les Fatimides, pour se venger, lâchèrent sur le pays les nomades Banou Hilal (Hilaliens). Fragilisée, l'Ifriqiya sombra alors dans un long désordre. Elle ne retrouva sa stabilité et la prospérité que sous les Hafsides (1236).

Des Ottomans aux Français
À la fin du XVIe siècle, les Ottomans, qui portent le plus grand intérêt à la Méditerranée occidentale, font de la Tunisie une de leurs provinces, après que Tunis eut été prise par les Espagnols (1535). Au bout de quelques années d'administration turque, le pays est gouverné par un bey (1590), puis par une dynastie beylicale fondée par Murad Ier (1612-1631). Sous les Muradides, puis lors des premières décennies de règne de leurs successeurs, les Husaynides (1705-1957), le pays connaît un incontestable essor économique. Mais au XVIIIe siècle, le détournement vers l'Atlantique d'une grande partie du trafic commercial ainsi que la mauvaise gestion beylicale entraînent l'asphyxie financière d'une régence convoitée par les Européens. En 1881, prétextant une incursion khroumire en Algérie, Jules Ferry décide une expédition punitive qui débouche sur le traité du Bardo (12 mai 1881).

Le protectorat français
En 1883, après avoir maté un soulèvement de tribus, les Français confient l'organisation de la conquête au résident Paul Cambon. Devenu résident général en 1885, Cambon place aux côtés du bey et de son Premier ministre un secrétaire général chargé de contrôler leurs décisions et remplace les ministres tunisiens par des directeurs techniques français. Ses successeurs continuent son oeuvre de «francisation» de la Tunisie. Après une période d'administration militaire (1883-1884), des contrôleurs civils venus d'Algérie se substituent aux caïds locaux. Le développement économique a pour conséquence la formation d'une bourgeoisie réformiste et la montée du nationalisme. Exclus de la gestion des affaires de leur pays, les Tunisiens commencent à réclamer leur indépendance. En 1907, Ali Bach Hamba et Hedi Sfar créent le groupe des Jeunes Tunisiens. En 1911, une émeute déclenchée à Tunis au moment de la guerre italo-turque donne le point de départ d'un mouvement d'opposition organisé, mais celui-ci fait aussitôt l'objet d'une très dure répression. Le mouvement des Jeunes Tunisiens ne pourra réapparaître qu'après 1918.
Après la Première Guerre mondiale, la quête de libération, animée d'abord par les destouriens, ensuite par les néodestouriens, gagne en détermination. La création, en 1920, du Destour relance le mouvement nationaliste. Le mouvement est touché par l'arrestation et l'exil, en 1925, des leaders de la Confédération générale des travailleurs tunisiens (CGTT). Une dynamique nouvelle résulte de l'orientation spécifiquement tunisienne, libérale et laïque donnée, en 1933, au Destour par Habib Bourguiba. En 1934, la rupture se produit avec le Vieux Destour. Les chefs du Néo-Destour sont déportés dans le Sud, puis libérés, en 1936, par le gouvernement Léon Blum qui ouvre des négociations interrompues par la chute du ministère en juin 1937. Des incidents sanglants se produisent, en juillet 1937, et provoquent à nouveau l'arrestation des chefs du Néo-Destour et, en 1938, la proclamation de l'état de siège

La marche vers l'indépendance
La Seconde Guerre mondiale interrompt à peine l'action des nationalistes; dès la fin des années 1940, le mouvement prend de l'ampleur. Pour avoir tenté de canaliser à son profit les idées nationalistes, Moncef bey est déposé après la campagne de Tunisie qui met fin à l'occupation allemande du pays (novembre 1942 à mai 1943). Il est remplacé par Lamine bey. En 1947, Habib Bourguiba participe à la création du Comité de libération du Maghreb au Caire et favorise en 1948 la constitution de l'Union générale des travailleurs tunisiens (UGTT). En août 1950, le bey forme un gouvernement auquel participe le secrétaire général du Néo-Destour. Habib Bourguiba présente un programme invitant la France à lâcher prise. Les nationalistes s'élèvent vivement contre l'affirmation, le 15 décembre 1951, par le gouvernement français «du caractère définitif du lien qui réunit la Tunisie à la France»; face aux atermoiements de Paris, Bourguiba se résout à la confrontation et encourage la résistance armée. Il est une nouvelle fois arrêté en janvier 1952, alors que les nationalistes ont commencé la lutte armée. En 1954, les choses changent brusquement avec l'arrivée de Pierre Mendès France à la présidence du Conseil : la France consent à négocier avec les nationalistes. Dans un discours prononcé à Carthage, le 31 juillet 1954, Mendès France s'engage à accorder l'autonomie interne; celle-ci fait l'objet des conventions signées, le 3 juin 1955, avec le gouvernement Tahar ben Ammar. Le 20 mars 1956, un protocole abolit le traité du Bardo et reconnaît l'indépendance de la Régence. Le Néo-Destour obtient 95 % des suffrages aux élections d'avril 1956. Devenu chef du gouvernement, Habib Bourguiba brise l'opposition de Salah ben Youssef (1956-1957), écarte Lamine bey et, le 25 juillet 1957, proclame la République tunisienne dont il devient le premier président.

La Tunisie indépendante
Bourguiba met sur pied un régime qui se veut à la fois moderniste (laïcisation de l'enseignement, promulgation du Code du statut personnel avec interdiction de la polygamie et déclaration de l'égalité entre les hommes et les femmes...), libéral (reconnaissance des libertés fondamentales) et socialiste (réforme agraire, développement planifié). Les relations avec la France sont tout d'abord difficiles comme le révèle, en 1961, l'affaire de Bizerte – dernière base militaire française en Tunisie – qui est finalement évacuée par les troupes françaises, le 15 décembre 1963. Néanmoins, passé les premiers temps de l'indépendance, sa politique suscite la montée des mécontentements. Une nouvelle série de nationalisations de terres de colons en 1964 provoque la suspension de l'aide financière. En septembre 1964, le dinar doit être fortement dévalué. Réélu président le 8 novembre, Habib Bourguiba est critiqué par les pays arabes pour ses positions modérées envers Israël. Les relations diplomatiques avec l'Égypte sont rompues en octobre 1967, puis avec la Syrie en mai 1968. La détérioration des rapports entre le Parti socialiste destourien (PSD) et l'UGTT aboutit à l'arrestation et à la condamnation, en janvier 1966, d'Habib Achour (1913-1999), secrétaire général du syndicat. Le projet d'accélération de la réforme agraire provoque un mécontentement généralisé. En novembre 1969, le Premier ministre Ahmed Ben Salah est déchu et exclu du parti. Après la réélection de Bourguiba, le 2 novembre 1969, le Premier ministre Baghi Ladgham met fin à la réforme agraire, augmente les salaires des ouvriers et abaisse les prix. Habib Achour retrouve ses fonctions de secrétaire général de l'UGTT. À partir de 1970, la Tunisie se rapproche de nouveau des pays arabes. (Fidèle à ses engagements envers le peuple palestinien, la Tunisie sera une terre d'accueil pour les dirigeants de l'OLP de 1982 à 1993). En mai 1970, Ahmed Ben Salah est condamné à dix ans de travaux forcés. En juin, Hedi Nouira est nommé à la tête du gouvernement. Au congrès d'octobre 1971, les libéraux l'emportent mais sont écartés du bureau politique. Leur dirigeant, le ministre de l'Intérieur Mestiri, est exclu du parti en janvier 1972. En janvier 1974, Habib Bourguiba et le colonel Kadhafi décident de fusionner la Tunisie et la Libye. Le projet est annulé en mars, et le ministre des Affaires étrangères Masmoudi est écarté du gouvernement. L'agitation étudiante quasi permanente est sévèrement réprimée en avril 1974. Le congrès du PSD abandonne, en septembre, la ligne libérale. Élu président à vie du PSD, Habib Bourguiba fait exclure les opposants et adopter le système du parti unique. Réélu le 3 novembre 1974, il est élu, en mars 1975, chef de l'État à vie. Mais les crises, dès lors, se succèdent.
Pour enrayer l'agitation sociale engendrée par la crise économique, le gouvernement, l'UGTT et le patronat signent, en janvier 1977, un pacte sans grands effets. L'UGTT déclenche, le 26 janvier 1978, une grève générale qui dégénère en une émeute, brutalement réprimée par l'armée. Les principaux responsables du syndicat sont arrêtés et Habib Achour est condamné à dix ans de travaux forcés; il sera gracié en 1979 et assigné à résidence. En avril 1980, Mohammed M'Zali est nommé Premier ministre et secrétaire général du PSD. Les dirigeants de l'UGTT et les membres du Mouvement d'unité populaire (MUP) condamnés sont amnistiés (à l'exception de Ben Salah) en 1981. Au congrès du PSD d'avril 1981, Bourguiba affirme les droits des syndicats à l'autonomie et annonce une évolution vers le multipartisme. Le 1er novembre, le Front national, constitué entre le PSD et l'UGTT, obtient la totalité des sièges et, le 8 novembre, Mohammed M'Zali est confirmé dans ses fonctions.
Le multipartisme est instauré en novembre 1983. La hausse du prix des produits de première nécessité provoque, début 1984, de graves émeutes. Bourguiba annule les hausses pour restaurer le calme. En décembre 1984, Habib Achour redevient secrétaire général de l'UGTT. La répression s'abat en 1985 sur l'UGTT. En 1987, deux militants du Mouvement de la tendance islamique (MTI) sont condamnés à mort.

L'après-Bourguiba
Déclaré «médicalement empêché», le président Bourguiba est destitué, le 7 novembre 1987, et remplacé par le général Zine el-Abidine Ben Ali, nommé un mois plus tôt Premier ministre. Doté de nouvelles structures, le PSD devient le Rassemblement constitutionnel démocratique (RCD) et un processus de renouvellement des dirigeants est engagé. La Constitution abolit les dispositions relatives à la présidence de la République à vie et des mesures d'amnistie sélectives sont prises. Le 2 avril 1989, Ben Ali, candidat unique, est élu président de la République et le RCD obtient la quasi-totalité des sièges à l'Assemblée nationale. De graves incidents se produisent, le 8 mai 1991, sur le campus universitaire de Tunis: deux étudiants sont tués. Le 22 mai, un projet de complot de l'organisation islamiste Ennahda, visant à assassiner le président Ben Ali, est découvert. Cinq auteurs de l'attaque sanglante (17 février) contre un local du RCD en plein centre de Tunis sont exécutés le 9 octobre. Plusieurs milliers d'islamistes sont arrêtés en 1991-1992. En juin 1992, la Ligue tunisienne des droits de l'Homme (LTDH) est dissoute. 279 islamistes sont jugés au cours de deux procès, en juillet-août, pour le complot découvert en 1991: les principaux dirigeants d'Ennahda, dont certains sont en fuite, sont condamnés à la prison à perpétuité. Cependant, la libéralisation de l'économie et les efforts en faveur du développement économique se poursuivent.
Reconduit dans son mandat pour cinq ans en 1994, le président Ben Ali a renforcé son emprise sur l'État et continue à répondre à la montée islamiste par une énergique répression. La modification du code électoral a permis aux partis d'opposition de siéger à l'Assemblée, mais aux élections municipales de 1995 l'opposition n'a obtenu, dans le pays, que 6 sièges sur 4 090.

État et institutions
La Tunisie est une république de type présidentiel et pluraliste. Selon la Constitution, le président de la République, élu au suffrage universel pour une durée de cinq ans et rééligible une fois, détient l'essentiel du pouvoir: chef suprême de l'armée, il nomme le Premier ministre et les membres du gouvernement. L'Assemblée nationale, dont les députés sont également élus pour cinq ans, est composée de 141 membres; elle peut demander au gouvernement de lui rendre compte de son action.

Culture et civilisation
La langue officielle est l'arabe, mais le français est utilisé fréquemment, tandis que le berbère, en voie d'extinction, ne subsiste plus que dans quelques villages de la zone désertique méridionale et dans l'île de Djerba.

Littérature arabe et francophone
La Tunisie a donné aux lettres et aux sciences arabes des noms aussi célèbres que ceux d'Ibn Charaf al-Qayrawani, Ibn Rachiq, Ibn Khaldun et Abou al-Qasim al-Chabbi; depuis l'indépendance, cette importante production intellectuelle a trouvé un nouvel essor. Al-Bachir Khrayyif (né en 1917), romancier réaliste, donne une place importante à la femme. Son contemporain Mohammad al-Arousi al-Matoui a une veine plus poétique (les Mûres amères). Parmi les nombreux nouvellistes se distinguent Ali al-Douadji et Izz al-Din al-Madani (la Littérature expérimentale, 1969), contestataire et formaliste (l'Homme zéro). Le recueil de nouvelles de Samir al-Ayyadi, le Vacarme du silence, est plus formaliste encore. Dans un autre genre, plus proche de la philosophie que de la littérature, se place l'oeuvre de Mahmoud al-Masadi (le Barrage, 1955). La poésie de al-Tahir al-Hammami, en arabe dialectal, replace le peuple au centre des préoccupations. Salah Garmadi (Allahma al hayya, «la Chair vive», 1970) écrit aussi en français.
Le théâtre en arabe dialectal est représenté par les cinq pièces créées par le Nouveau Théâtre sous la direction de Fadl Dyaybi. Les dramaturges Hachemi Baccouche (Baudruche) et Fawzi Mellah (Néron ou les Oiseaux de passage) ont écrit des pièces provocatrices sur le colonialisme, le racisme, le paternalisme. La pièce Messieurs ! Je vous accuse, de Mohammed Moncef Metoui (1982), est un réquisitoire contre l'influence européenne au Maghreb.
Des années 1920 aux années 1950, la communauté juive a donné de nombreuses oeuvres en français; l'écrivain le plus célèbre reste Albert Memmi (la Statue de sel, 1953). L'essor de la nouvelle littérature tunisienne de langue française débute dans les années 1970: Mustapha Tlili (la Rage aux tripes, 1975) traite notamment de l'exil; lui aussi romancier, Abdelwahab Meddeb (Talismano, 1979; Phantasia, 1986) tend à l'essai et au poème dans une prose complexe. Citons aussi: Fawzi Mellah (le Conclave des pleureuses, 1987), Anouar Attia (De A jusqu'à T, 1987). L'école poétique est abondante: Salah Garmadi, poète bilingue (Nos ancêtres les Bédouins, 1975), Hédi Bouraoui (Vésuviade, 1976), Moncef Ghacem (Car vivre est un pays, 1978), Majid El Houssi (Iris Ifriqiyya, 1981), Mohammed Aziza, dit Chems Nadir (le Livre des célébrations, 1983), Tahar Bekri (le Chant du roi errant, 1985), Hafedh Djedidi (Intempéries, 1988). Les femmes écrivains sont nombreuses: Souad Guellouz (les Jardins du Nord, 1982), Hélé Béji (l'OEil du jour, 1985), Emna Bel Haj Yahia (Chronique frontalière, 1991).

Art et architecture
Outre les grandioses réalisations architecturales romaines, encore visibles sur de nombreux sites (amphithéâtre d'el-Djem, mausolée libyco-punique de Dougga, forum de Sbeïtla-Sufetula), l'art de la mosaïque, importé de Grèce et d'Orient, atteint son épanouissement aux époques romaine et byzantine. La Tunisie conserve plusieurs monuments des premiers siècles de l'islam (mosquée Sidi Oqba de Kairouan, mosquées de Gafsa et de Sousse, ribat de Monastir). Elle dispose également d'une riche architecture locale: les bâtiments en terre de la région du Djérid (Tozeur et Nefza) ainsi que les habitations troglodytiques de Matmata et de la région du Dahar sont particulièrement originaux.
L'art contemporain puise dans un fonds traditionnel de techniques anciennes qu'illustrent remarquablement les musées et les monuments: tapisserie, calligraphie, orfèvrerie, poterie, céramique. La peinture est particulièrement riche; dans ce domaine, Yahia Turki apparaît comme un pionnier. L'artisanat se distingue par la diversité et la qualité de ses productions.

Cinéma
Tous les deux ans, Tunis accueille le festival international des «Journées cinématographiques de Carthage» créé en 1966. Depuis le premier long métrage d'Omar Khlifi, l'Aube (1967), le cinéma tunisien a abordé des genres très divers. Plusieurs oeuvres, telles les Ambassadeurs (1973) de Naceur Ktari, qui dénonce la condition des ouvriers émigrés en Europe, ou l'Ombre de la terre (1982) de Taïeb Louhichi, ont eu une distribution internationale. Aziza d'Abdellatif Ben Ammar livre une étude féministe des mutations de la société. Mahmoud Ben Mahmoud se penche sur l'affrontement de l'Orient et de l'Occident dans Traversées. Aly Mansour réalise une comédie, Deux Larrons en folie, record de recettes. Nacer Khemir renoue avec la tradition orale dans les Baliseurs du désert et le Collier perdu de la colombe (1991). L'Homme de cendres de Bouzid Nouri élargit la réflexion sur la société arabe. La réalisatrice Moufida Tlatli brise le silence entourant la vie des femmes (les Silences du palais, 1994).

Musique
Classique ou populaire, profane ou religieuse, la musique est partie intégrante de l'univers tunisien. Le malouf, version hispano-arabe de la musique musulmane d'Orient, est fort prisé.

Société
En consacrant une grande part de son budget à l'éducation (20,3 % en 1990) et en menant une politique de scolarisation très poussée, la Tunisie a sérieusement combattu l'analphabétisme et s'est dotée d'un système éducatif assez performant. Auparavant inspiré du modèle français, celui-ci a été progressivement adapté aux réalités du pays: recours à un personnel national, arabisation des différents cycles.
L'expérience tunisienne est également positive dans le domaine de la santé. Chaque grande ville est aujourd'hui équipée de plusieurs hôpitaux et cliniques; seules les petites communes disposent encore d'un «centre de santé de base». Grâce à cette infrastructure et aux efforts consentis dans le domaine de la prévention, les épidémies sont totalement écartées; de même, la mortalité infantile, de l'ordre de 200 [permil] en 1956, est descendue en dessous des 50 [permil]. Toutefois, ce chiffre traduit le chemin qu'il reste à parcourir dans ce domaine.
La Tunisie est un pays islamique se réclamant du sunnisme et du malékisme. Attesté à l'époque médiévale, le kharidjisme ne concerne plus aujourd'hui que l'île de Djerba, où cette doctrine semble se perpétuer à travers une architecture originale. Les juifs, auparavant nombreux, ont presque tous émigré en France. Les chrétiens, partis au lendemain de l'indépendance, disposent encore de quelques paroisses, surtout à Tunis et dans ses environs.

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la Mauritanie








Les sites Internet à exploiter:

Institut de recherche sur le Maghreb contemporain
http://www.irmcmaghreb.org/index.htm

Une collection de cartes de synthèse représentant le Grand Maghreb sous différents aspects. Analyse statistique et exploitation cartographique.



Moteur de recherche sur le Maghreb
http://www.marweb.com/

Le Maghreb des droits de l'Homme
http://www.maghreb-ddh.org/
http://www.maghreb-ddh.sgdg.org/
http://www.khaoula.com/
http://africol.net/maghreb/maghreb-accueil.htm
Algérie
Maroc
http://www.ferhane.com/
Ministère de la Cultre et de la Communication
Fondements: géographie, poplulation, le Roi,
MoroccoWeb
Ambassade de France au Maroc
Le grand Sud Marocain-Photos
Tunisie
Libye
Mauritanie



Lexique:
septentrionaux
1. situés au Nord
2. relatifs aux régions du Nord

islamiser
1. intégrer, convertir à l'islam
2. appliquer la loi islamique

arabiser
donner un caractère arabe à

berbère
l. employé comme adjectif: relatif aux premiers habitants d'Afrique du Nord
2. employé comme nom: langue parlée par les Berbères
Le mot Berbères, emprunté par le français à l’arabe et par ce dernier au latin, a perdu très tôt son sens primitif d’«étranger à la civilisation gréco-romaine». Il désigne aujourd’hui stricto sensu un groupe linguistique nord-africain: les berbérophones, ensemble de tribus qui ont parlé ou parlent encore des dialectes apparentés à un fonds commun, la «langue» berbère. Dans l’usage courant, qui continue la tradition arabe, on appelle Berbères l’ensemble des populations du Maghreb.
Toutefois, l’usage devient fautif, lorsqu’il parle de race berbère. Il n’existe pas en effet de race berbère, les berbérophones présentant des types ethniques bien divers

inhérents
des problèmes qui sont propres à chaque pays

atout
1. carte de jeu choisie, ou retournée, qui détermine la plus forte couleur
2. moyen, capacité de réussite

en dépit de
malgré

étroite
qui a peu de largeur (être logé à l'étroit)

plaine
vaste région plate

chaîne
plusieurs montagnes qui se succèdent (suivent)

désertique
le désert:  région sèche et chaude, sans végétation et sans population: sahara

couvrir
qui s'étendent sur 5/6ème

superficie
 1. étendue d'une surface
 2. mesure qui exprime cette étendue

reliefs
qc. qui s'élève sur un plan, une surface, dans un paysage: une chaîne de montagnes

aridité
 caractère de ce qui est sec, aride, stérile

s'accroître
 augmenter; à la forme pronominale :
 s'étendre, se développer

littoral
 Employé comme adjectif :
 1. situé au bord de la mer
 2. relatif au bord de la mer
 Employé comme nom :
 bande de terre située au bord de la mer

marge
 1. la place  laissé de chaque côté d'un texte imprimé
 2. écart, distance entre des limites

précipitations
pluie, neige, grêle, etc.

abondantes
 1. en grande quantité
 2. luxuriant, pour une végétation
 3. copieux pour la nourriture

sécheresse
 1. caractère de ce qui est sec
 2. absence de pluie

contraintes
Employé comme adjectif :
ce qui contraint, pression physique ou morale pour forcer, obliger
Employé comme nom :
gêne produite par cette pression, état d'oppression ressenti

instaurer
mettre en place

colon
immigré pour coloniser un pays ou descendant de cet immigré

phéniciens
Employé comme adjectif :
relatif à la Phénicie, bande côtière du littoral syro-palestinien
Employé comme nom :
habitant de cette région, dans l'Antiquité
langue sémitique ancienne du groupe cananéen

mirent
passé simple du verbe mettre

agropastorales
vivant d'agriculture et d'élevage

Le terme Maghreb désigne les pays du soleil couchant – l'Occident nord-africain – par opposition au Machreq («le Levant»), pays du soleil levant – l'Orient arabe. Dans son acception traditionnelle, il comprend le Maroc, l'Algérie et la Tunisie, trois anciens pays berbères, islamisés et arabisés. En 1989 fut signé le traité portant création de l'Union du  Maghreb arabe (UMA), qui réunit, outre ces pays, la Libye et la Mauritanie. Mais l'union économique et politique des cinq pays qui le composent reste compromise par les problèmes socio-politiques inhérents à chacun d'eux.