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Le dossier complet en PDF
et en Word
Partout
ou le soleil passe, le breton passe (Catherine de Sienne, 1347-1380)
(Rien de plus vrai, les navires
bretons transportant les marchandises dans toute l'Europe pour toute
l'Europe)
| Histoire
de Bretagne
Faire
un tour d’horizon |
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![]() |
La
préhistoire Il y a 5000 ans, à l'âge du néolithique, 1’âge d'or de la préhistoire armoricaine, nous assistons à la naissance d'un gigantisme architectural de l'art mégalithique par un peuple dont nous ne savons rien. Il a transporté et dressé; d'énormes blocs de terre que nous appelons les mégalithes (du grec mega= grand et de lithos = pierre) ou menhirs (du breton maen hir = pierre longue). L' édification de ces monuments remonte à plus de 2000 ans avant la construction des Pyramides d’Égypte (4500-2000 ans av. JC) à l’époque de la production des haches de pierre. La population de l’époque s’élève à un chiffre entre 50.000 et 100.000 hommes pour 3.500.000 à l’heure actuelle. Texte à trous -
Écoutez et/ou lisez le texte, puis complétez les espaces
et cliquez sur correction.
|
![]() Il
faut
savoir qu'au cours des XIXème et XXème siècle,
dans
les 5 départements bretons de cette époque - Côtes
d'Armor, Finistère, Ille-et-Vilaine, Loire Atlantique et
Morbihan
– on a pû recenser
plus de : 1000 dolmens et 6000 menhirs, dont
5000 érigés
en alignements ou en cromlechs (cercle) et 1000
apparemment
isolés. Les fouilles ont permis de classer les mégalithes en 2 catégories : ![]() b) les pierres dressées : menhirs, alignements, cromlechs Les alignements de Carnac qui gardent tout leur mystère en sont la démonstration la plus célèbre. Texte
à trous -
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| département | villes | mégalithes |
| Finistère
|
Carnac
|
menhirs en alignements |
| . |
. |
. |
| . |
. |
. |

À
l’âge du bronze (2.000 à 700 av. J.-C.) l'Armorique
était un pays prospère, au commerce actif et,
déjà, un haut lieu spirituel du vieux continent. Les
Celtes (Keltoi pour les Grecs ; Galli pour les romains) qui
arrivent sur leurs chevaux apportent avec eux le fer, une langue, un
sentiment très vif de la liberté et une conception du
monde que transmettent, par voie orale, les druides. De leur
enseignement, interdit à l'écriture pour des raisons
religieuses, nous n'avons qu'une connaissance lacunaire.
A partir du IIème siècle avant JC
commencent la domination
romaine et la fin progressive de la civilisation proprement celte. Mais
les Celtes d'Armorique continueront d'entretenir durant les cinq
siècles d'une romanisation mal supportée des liens
étroits, tant culturels que politiques et commerciaux, avec leur
frères d'outre-Manche, les Brittons.|
Le
sacré imprègne
la vie des Celtes et leur donne une unité. Les
«
druides » sont à la fois prêtres, poètes,
savants
et philosophes…
Héritiers d’un savoir millénaire, les peuples armoricains vont devenir des puissances maritimes. Les Vénètes sont la plus puissante tribu côtière. Ils possèdent la plus grande flotte, avec laquelle ils commercent avec la Bretagne et s’opposeront même à la conquête par les romains. |
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| Le peuple |
Les lieux (villes, fleuves,
départements) |
| Les
Vénètes
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L’Armorique gallo-romaine
|
Les cités gallo-romaines et les principales voies romaines en Armorique. D’après
Louis Élégoët, Bretagne – une histoire, CRDP de
Bretagne,
Rennes 1999, p.30.
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Sujets
d'étude
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Sujets
d'étude
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|
![]() Le breton supplante
peu à
peu le latin comme langue
véhiculaire.
A partir du VIIème siècle, les Francs tentent de
soumettre
les Bretons. Ceux-ci refusent cependant d'être les Vassaux
de
leurs
puissants voisins et secouent
régulièrement le joug
franc. |
Les migrations à partir de la Cornouailles et du pays de Galles entre Ie Ve et le VIIe siècle. D’après Louis Élégoët, Bretagne – une histoire, CRDP de Bretagne, Rennes 1999, p.43.
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LANGUE D'UN PEUPLELe Tribut de Nomenoe (du Barzaz Breiz) est un poème de 140 vers, plus grand que l'Iliade, plus beau, plus parfait qu'aucun chef-d'\oeuvre sorti de l'esprit humain.{...} En vérité, aucun de ceux qui tiennent une plume ne devrait rencontrer un Breton sans lui ôter son chapeau. George Sand, 1866. Promenades autour d'un Village. |


Statue de Nominoë, Premier Roi de Bretagne, Bains-sur-Oust Ille et Vilaine
C'est en 845, que Nominoë, comte
de Vannes, refusant de se
soumettre au roi Carolingien, Charles le Chauve, bat les troupes
franques à
Ballon, près de
Redon et se libère de la suzeraineté franque. Pour le roi
cette défaite marque l'échec de la
conquête de la Bretagne et la victoire de Nominoë assurera
7 siècles d'indépendance à la Bretagne.
846 :
Constitution de la monarchie. Charles Le Chauve reconnait
l'indépendance
de la Bretagne et Nominoé devient souverain.
Drouk-Kinnig
NeumenoiouDiscographie
Kanerien Sant Karanteg
, « Le Tribut de Nominoë »
,Diffusion
Breizh, 1994, 24,39 ¤
, Cantate pour ch½ur, solistes, orchestre |
Le
Tribut de Noménoë |
| I L'herbe est fauchée; il a bruiné tout à coup. - Bataille ! - Il bruine, disait le grand chef Il bruine depuis trois semaines, de plus Si bien que je ne puis en aucune façon Bon marchand, qui cours le pays, - Peut-être, vieux père d'Arez; - C'est un homme de sens et de coeur; Conduire à Rennes les chariots Lesquels portent sans fraude le tribut de la Bretagne, - Si votre fils est le porteur du tribut, Quand on est allé peser l'argent, Et l'intendant a dit : Et, tirant son épée, Puis il l'a prise par les cheveux, Le vieux chef de famille, à ces mots, Sur le rocher il tomba rudement, - Karo, mon fils, mon pauvre cher fils ! - Pour aller plus loin: NOMINOË Père de la Nation Bretonne Histoire du département de l'Ille-et-Vilaine et de Noménoë http://www.chez.com/buan1/buanominoe.htm Rois et Ducs de Bretagne I Rois et Ducs de Bretagne II Nominoë et la bataille de Ballon Rois, Dus, Comtes de Bretagne |
II Le grand chef de famille chemine, suivi de sa parenté; Le grand chef de famille approche, - Dites-moi, chef des portiers, - Qu'il y soit ou qu'il n'y soit pas, Comme il disait ces mots, Revenant de la chasse, Il tenait son arc à la main, Et le sang frais, tout vivant, coulait - Bonjour ! bonjour à vous, honnêtes
montagnards; Qu'y a-t-il de nouveau ? - Nous venons savoir de vous s'il est une justice; - Il est un Dieu au ciel, je le crois, - Celui qui veut, celui-là peut; Chasse le Frank, défend son pays, Il vengera vivants et morts, Mon pauvre fils Karo décapité Décapité dans sa fleur, et dont la tête,
blonde
comme du mil, Et le vieillard de pleurer, Et elles brillaient comme la rosée Quand le seigneur vit cela, - Je le jure par la tête de ce sanglier, j'aurai lavé la plaie du pays ! - |
III Noménoë a fait ce qu'aucun chef ne fit jamais : Il est allé au bord de la mer avec des sacs Des cailloux à offrir en tribut Noménoë a fait Il a ferré d'argent poli son cheval, Noménoë a fait Il est allé payer le tribut, - Ouvrez à deux battants les portes de Rennes, C'est Noménoë qui est ici - Descendez, seigneur; entrez au château; Laissez votre cheval blanc entre les mains des
écuyers, Venez souper, et, tout d'abord, laver; - Je laverai dans un moment, seigneur, Le premier sac que l'on porta Le premier sac qu'on apporta, Le second sac qu'on apporta, Le troisième sac que l'on pesa : Lorsque l'intendant vit cela, Il saisit vivement les liens, - Attends, attends, seigneur intendant, A peine il achevait ces mots, Qu'elle frappait au ras des épaules Et elle coupait chair et nerfs La tête tomba dans le bassin, Mais voilà la ville en rumeur : Il fuit ! il fuit ! portez des torches; - Portez des torches, vous ferez bien; Mais je crains fort que vous n'usiez Vos chaussures de cuir bleu doré; Vous n'userez plus vos balances d'or |












Le sujet

Le Duc Jean III meurt en 1341, sans
héritier direct. Deux partis
s'opposent alors durant plus de 20 ans :
Traduction
Un cygne, un cygne d'outre-mer, au sommet de la vieille tour du
château
d'Armor !
Dinn, dinn, daon ! au combat ! au combat ! Oh! dinn ! dinn ! daon !
Je vais au combat.
Heureuse nouvelle aux Bretons ! et malédiction rouge aux
Français
!
Dinn dinn, daon ! au combat au combat ! etc.
Un navire est entré dans le golfe, ses blanches voiles
déployées
;
Le seigneur Jean est de retour, il vient défendre son pays ;
Nous défendre contre les Français, qui empiètent
sur les Bretons.
Un cri de joie part, qui fait trembler le rivage
Les montagnes du Laz résonnent ; la cavale blanche (1) hennit,
et bondit d'allégresse ;
Les cloches chantent joyeusement, dans toutes les villes, à
cent lieues à la ronde.
L'été revient, le soleil brille ; le seigneur Jean est
de retour !
Le seigneur Jean est un bon compagnon; il a le pied vif comme l'oeil.
Il a sucé le lait d'une Bretonne, un lait plus sain que du vin
vieux.
Sa lance, quand il la balance, jette de tels éclairs, qu'elle
éblouit tous les regards;
Son épée, quand il la manie, porte de tels coups, qu'il
fend en deux homme et cheval.
Frappe toujours ! tiens bon ! seigneur duc ! courage ! lave-les (dans
leur sang) ! lave-les !
Quand on hache comme tu haches, on n'a de suzerain que Dieu !
Tenons bon Bretons ! tenons bon ! ni merci, ni trêve! sang pour
sang !
O Notre-Dame de Bretagne ! viens au secours de ton pays !
Nous fonderons un service, un service commémoratif !
Le foin est mûr : qui fauchera ? Le blé est mûr:
qui moissonnera ?
Le foin, le blé, qui les emportera ? Le roi prétend que
ce sera lui ;
Il va venir faucher en Bretagne, avec une faux d'argent ;
Il va venir faucher nos prairies avec une faux d'argent et moissonner
nos champs avec une faucille d'or.
Voudraient-ils savoir, ces Français, si les Bretons sont des
manchots ?
Voudrait-il apprendre, le seigneur roi, s'il est homme ou Dieu ?
Les loups de la Basse-Bretagne grincent des dents, en entendant le
ban de guerre ;
En entendant les cris joyeux, ils hurlent : à l'odeur de
l'ennemi,
ils hurlent de joie.
On verra bientôt, dans les chemins, le sang couler comme de
l'eau;
Si bien que le plumage des canards et des oies blanches qui les
passeront
à la nage, deviendra rouge comme la braise.
On verra plus de tronçons de lances éparpillés
qu'il n'y a de rameaux sur la terre, après l'ouragan;
Et plus de têtes de morts qu'il n'y en a dans les ossuaires du
pays
Là où les Français tomberont, ils resteront
couchés
jusqu'au jour du jugement;
Jusqu'au jour où ils seront jugés et châtiés
avec le Traître qui commande l'attaque.
L'égout des arbres sera l'eau bénite qui arrosera son
tombeau
Dinn ! dinn ! daon ! au combat ! au combat ! Oh ! dinn ! dinn ! daon
! Je vais au combat.
(1) la mer
Dans des versions récentes un couplet a été
ajouté
:
Enor, enor d'ar gwenn-ha-du
Ha d'ar C'hallaoued mallozh ruz !

Une «tête de blaireau" à Ploërmel
Faisant fi des
accords intervenus en 1348, aux termes desquels chaque camp
s'était
engagé à se comporter loyalement, un homme va
également se distinguer
dans ce domaine.
Il s'appelle
Richard-Robert Bembro. Par dérision, les Bretons le surnomment
Penn
Broc'h (Tête de Blaireau). Ce vaillant capitaine n'est pas le
premier
venu. Malgré un revers militaire subi devant Bertrand Du
Guesclin au
château de Fougeray, il vient d'être promu commandant de la
garnison de
Ploërmel par le lieutenant général en Bretagne du
roi d'Angleterre.
Bembro ne
manque pas de génie, certes. En revanche, il est totalement
dépourvu de
scrupules. Pour dire la vérité, il se comporte en
véritable tyran à
l'égard des habitants. Ce que n'apprécie pas,
naturellement, son
homologue français qui commande la place de Josselin, Jean de
Beaumanoir. Aussi ce dernier se propose-t-il, en mars 1351, de le
rencontrer pour lui faire part de sa réprobation.
Indigné,
de
Beaumanoir l'est d'autant plus qu'en approchant de Ploërmel il
croise
un groupe de paysans enchaînés deux par deux et
poussés comme du bétail
par des soldats anglais.
Comme il
fallait s'y attendre, l'entrevue se passe mal. Excédé
face à
l'arrogance de son adversaire, le chef français lui lance un
défi avant
de partir. La querelle sera vidée en champ clos dans un combat
opposant
trente hommes de chaque côté.
Des Allemands parmi les Anglais
Rendez-vous est
pris et le lieu fixé. La rencontre aura lieu le 26 mars 1351,
veille du
quatrième dimanche de Carême, sur une lande à
"mi-voie" entre Ploërmel
et Josselin. "Je serai le premier sur le terrain de bataille !"
s'enflamme le capitaine anglais.
Lorsque
Beaumanoir, de retour dans son cantonnement, relate l'entretien
à ses
hommes, ceux-ci applaudissent et tous revendiquent l'honneur de compter
parmi les trente. Il choisit les chevaliers et écuyers issus des
plus
nobles familles bretonnes.
Bembro,
à
l'inverse, n'a pas le choix. Dans l'impossibilité de
sélectionner une
élite, il forme son groupe en majorité avec des
aventuriers allemands
monnayant leurs services sous les couleurs de la Couronne d'Angleterre.
Quelques Bretons en font également partie, de même qu'une
espèce
d'hercule anglais ventripotent connu sous le nom d'Huttebitte Vilain.
Il jure d'écraser les Français sous sa masse.
Ses amis
promettent, eux, de faire passer leur chef Beaumanoir de vie à
trépas,
ou à tout le moins de le neutraliser. Ils fanfaronneront moins
le jour
venu.
«Vaincre ou mourir"
Ce
matin-là, les
hommes de Beaumanoir se confessent et entendent la messe. Puis leur
chef les exalte au combat, lui-même décidé à
"vaincre ou mourir". Il y
a là notamment Éven Charuel de Plouigneau, Alain de
Keronrois, Geffroy
du Bois, Tinténiac, Guillaume de Montauban...
Le capitaine
anglais prend peur en les voyant arriver, armés jusqu'aux dents
et
cuirassés de pied en cap. Il propose de reporter la rencontre.
"Bel
ami, dit-il à Beaumanoir, il faut auparavant consulter nos
maîtres. Si
cela leur agrée nous reviendrons". Charuel de Plouigneau
s'emporte
alors : "Malheur à qui s'en ira sans combattre !". Furieux
d'essuyer un
refus, Bembro éclate à son tour : "Les Bretons sont
perdus ! Tuez-les
tous ! Qu'il n'en reste pas un !".
Le sort en
est jeté. Les adversaires s'alignent face à face. Un
grand chêne les
sépare. Au signal c'est la ruée. Les armures retentissent
du choc des
épées, des lances. D'emblée, les Anglais prennent
l'avantage. Charuel
de Plouigneau est fait prisonnier, deux de ses amis sont tués.
D'un
commun accord, une suspension d'armes intervient pour permettre
à
chacun de se rafraîchir.
A la reprise,
Bembro se jette sur Beaumanoir et le somme de se rendre. En guise de
réponse, de Keronrois lui porte un coup au visage qui le
précipite à
terre. L'autre se relève. Un coup de hache l'étend cette
fois
définitivement.
"Bois ton sang, la soif te passera"
Coup dur pour
les Anglais ! L'aventurier allemand prend le commandement du groupe et
change de stratégie. "Compagnons, je vous ordonne de tenir ferme
!"
s'écrie-t-il. "Honte et malheur sur nous si nous
fléchissons !" rugit
de son côté Beaumanoir. Le combat redouble de violence, le
sang coule
dans les deux camps. Blessé grièvement,
épuisé, le chef français
demande à boire. "Bois ton sang, la soif te passera !" cingle un
de ses
adversaires. Dans un sursaut d'énergie, il reprend la bataille.
Hélas,
la fatigue se fait à nouveau sentir dans ses rangs.
Guillaume de
Montauban saute alors sur son cheval et se précipite sur les
Anglais,
lance en avant. La man½uvre prend ceux-ci au dépourvu. Sept
d'entre-eux
sont renversés. Le cavalier tourne bride, revient à la
charge et en
culbute trois autres. Charuel de Plouigneau s'engouffre à sa
suite dans
la brèche. Quatre ou cinq partisans du roi d'Angleterre passent
encore
de vie à trépas. Les survivants demandent quartier. Ils
suivront
jusqu'au château de Josselin leurs vainqueurs qui seront
accueillis en
héros.
Bien des
années plus tard, un vieux chevalier vint s'asseoir à la
table du roi
de France. Il avait le visage couturé de cicatrices.
C'était Éven
Charuel de Plouigneau à qui Charles V voulait rendre hommage.
Jeanne la Boiteuse et Jeanne la Flamme
Deux
femmes restent étroitement associées au souvenir du
combat des Trente :
Jeanne de Penthièvre et Jeanne de Flandre. L'une et l'autre
prirent une
part prépondérante dans la guerre de succession au
duché de Bretagne
qui opposa les deux prétendants. 









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Dossier
Word et PDF

« En cette fin
du XVème siècle, dans une Europe épuisée
par la Guerre de Cent Ans (1337-1453)
l’alliance bretonne est recherchée. Outre le fait que la
Bretagne affirme son
identité, elle s’impose économiquement, notamment au
niveau maritime, grâce à
ses marins devenus rouliers des mers. (…) Si le règne de François
II, duc de
Bretagne, s’annonce,
de ce fait, heureux et brillant, le duc se trouve rapidement dans uns
position
difficile face à Louis XI, dit « le rassembleur des
terres », roi de
France autoritaire et sans scrupule (…) il veut annexer la Bretagne et
stimule
à cette fin toutes les oppositions au
duc et soudoie les consciences. Pendant
30 ans, le duc, conscient de la situation, poursuit obstinément
la politique
d’indépendance des Montfort, tout en se préparant au
conflit par un réseau
d’Alliances ; la constitution d’un trésor de guerre et la
promesse de
marier sa fille au prince de Galles, allié
privilégié, puis à l’archiduc
Maximilien d’Autriche. » (Sécher 2000 : 4)
Pour sauvegarder l’autonomie
de la Bretagne, le duc de Bretagne, François II, entre dans la
coalition
féodale dirigée contre la régente de France, Anne
de Beaujeu qui poursuit sa politique d'assujettissement. La guerre
éclate
et l'armée bretonne de François II est vaincue à
St.-Aubin-du-Cormier
(Ille-et-Vilaine). Même si le traité du Verger
(1488) reconnaît à la Bretagne
sa spécificité et une relative autonomie, cette signature
du regrettable traité
place la Bretagne pour la première fois sous la tutelle
française. En plus il stipule que
l’héritière
du
duché ne peut se marier sans l’accord du roi de France. Le 9
septembre, François II fait une chute de cheval
mortelle et sa
fille, Anne,
se voit imposer le mariage avec le roi, Charles
VIII, puis à
sa mort, à Louis XII. (Sécher 2000 : 4) Trois mariages de
raison, un contrat d'union imposé (1532), et la Bretagne est
devenue "province" du royaume de France. Saint Aubin du Cormier est le
symbole de la défaite et de la perte de l'indépendance de
la Bretagne comme la victoire de Ballon est le symbole de la
création de l'état indépendant.
Quels sont les objectifs poursuivis par Louis XI et la
régente Anne de Beaujeu? Comment le duc de Bretagne, François II, essaye-t-il de
faire face à la menace? Quelle est la conséquence de la
défaite à Staint Aubin du Cormier? Quels furent les trois
mariages imposé à Anne? Quand est-ce que la Bretagne fut
définitivement rattaché à la couronne de France.
*****
Anne de Bretagne est l'objet de toutes les convoitises et un des plus célèbres personnages du Moyen Age et de l’histoire française. En même temps, sa biographie et sa personnalité extraordinaires sont fortement liées à son pays d’origine, la Bretagne.
En 1477, Anne de Bretagne est née à Nantes, la capitale du duché de la Bretagne. Elle est la fille du duc de Bretagne, François II (1435-1488), et de la duchesse Marguerite de Foix (1458-1486). Anne a encore une s½ur, Isabeau, qui est née en 1478. Puisqu’elle est la fille aînée, Anne devient duchesse à onze ans, succédant à son père qui décède en 1488. Sa mère meurt en 1486, alors qu’Anne n’a que neuf ans. Dès le début de son règne, la jeune duchesse démontre une intelligence politique extraordinaire, en recherchant, comme son père, l'alliance de la Maison d'Autriche. C’est ainsi qu’il est prévu à partir de 1486 de marier Anne à Maximilien I., roi des Romains et futur empereur.
Mais
le roi de France,
Charles
VIII, est catégoriquement contre cette
alliance et
fait annuler le mariage, contracté en 1490, en conquérant
la Bretagne avec ses
troupes royales.
Malgré
la résistance acharnée des villes, comme Nantes et
Rennes, et les soulèvements
des paysans de Basse-Bretagne, François II est obligé de
traiter avec la France
et de se soumettre à ses volontés.
C’est Louis XII,
issu de la branche des Orléans, qui prend la couronne et se
marie avec Anne
l’année suivante. Elle devient ainsi pour la deuxième
fois reine de France et
donne à nouveau naissance à quatre enfants, dont ne
survivent que deux filles,
Renée et Claude. La dernière lui succède sur le
trône. Anne meurt épuisée en
1514 à l’âge de 37 ans, à la suite d’une grave
maladie. Son tombeau se trouve à
Saint Denis où elle est enterrée ensemble avec Louis XII.
Mais même lors de sa
mort, elle veut une dernière fois marquer son attachement aux
Bretons en envoyant
son c½ur, enfermé dans un reliquaire, à Nantes afin qu’il
rejoigne le tombeau
de ses parents. Comme
duchesse de
Bretagne et comme reine de France, Anne a toujours tenté de
sauvegarder par
contrat les libertés et les prérogatives du duché.
Lorsque Charles VIII meurt en
1498, Louis XII, son successeur, fait annuler à Rome son propre
mariage pour
épouser à son tour Anne de Bretagne, qui devient reine
pour la deuxième fois.
Cherchez
les raisons pour lesquelles deux rois de France se sont mariés
avec Anne de
Bretagne. Réfléchissez sur les intérêts
économiques et politiques.
http://www.chez.com/brunojls/Breizhonet/Bretagne/histoire/sommhist.htm
http://www3.sympatico.ca/rene.cormier1/histoire.htm
De sa
politique a
résulté une longue période de
prospérité pour la Bretagne. Mais malgré toutes
les tentatives d’Anne pour éviter la perte de l’autonomie, la
Bretagne est finalement
annexée en 1531 à la France par le roi François I.
Celui-ci lui garantit des
droits fiscaux et juridiques et maintient les États, le
parlement et
l’autonomie administrative de la Bretagne. Cependant
la signature de l’Acte
d’Union en 1532
engage les Bretons vers un autre destin : « La Bretagne
cesse d’être
un État souverain pour devenir une
« province » intégrée au royaume
de France. » (Secher 1993 : 4)
Du Traité d'Union de la Bretagne à la France se
dégagent trois points:
1 - Aucune imposition ne pourra être faite en Bretagne qu'elle
n'ait été préalablement demandée aux Etats
et par eux consentie; les deniers fournis par les billots ou
octrois seront employés aux fortifications et réparations
des villes et des places fortes.
2 - La justice sera maintenue "en forme et manière
accoutumée",
les juridictions conservées et nul ne pourra être
obligé
de plaider hors de Bretagne, sauf cas d'appel
ressortissant au Parlement de Paris.
3 - Les bénéfices ecclésiastiques, autrement dit
les nominations aux évêchés, chapitres et abbayes,
seront attribués par le roi à des Bretons exclusivement.
1488. La bataille de
Saint-Aubin fatale à la Bretagne - DOSSOER WORD
Le
télégramme:
http://service.bretagne.com/supplements/histoires_bretagne/1488.htm
1461,
Louis XI devient roi de France, bien décidé à
renforcer le pouvoir de
la monarchie au détriment des principautés. Alors que les
ducs de
Bretagne ont entretenu jusque-là des rapports de
neutralité avec leur
puissant voisin, le climat se dégrade rapidement. Le duc
François II
(1458-1488) essaie par tous les moyens de défendre
l'indépendance de sa
principauté, mais à la fin des années 1480, la
guerre devient
inéluctable. Le 28 juillet 1488 à Saint-Aubin-du-Cormier,
au nord-est
de Rennes, près de Liffré, les troupes de Louis XI
infligent une sévère défaite à
l'armée bretonne. La Bretagne conservera
cependant son indépendance, mais passera sous la tutelle du roi
de
France. Entre le roi de France et les principautés dont fait partie la Bretagne, le contentieux est lourd. Les rois ne peuvent tolérer la politique de souveraineté des Montfort, famille des ducs de Bretagne, pas plus d'ailleurs que celle des comtes de Provence ou des ducs de Bourgogne.

<>François
II s'intitule «duc par la grâce de Dieu», ce qui sous
entend qu'il ne
reconnaît aucun pouvoir supérieur au sien. La Bretagne
mène une
diplomatie autonome, émet monnaies d'or et d'argent, entretient
une
armée<>
et interdit l'appel en justice à Paris. La guerre
A la fin du mois de mai 1487, l'armée royale entre en Bretagne et s'empare sans difficulté de Châteaubriant, Vitré, Ancenis et Clisson, aux mains des opposants à François II. En route vers Vannes, l'armée royale prend et saccage Ploërmel au passage. Il ne faut pas trop s'arrêter sur la cruauté de tel ou tel épisode. La terreur est déjà au XVe siècle un excellent moyen de mener une guerre efficace et rapide. Vannes capitule le 5 juin.
Nantes résiste
Les
événements
semblent tirer à leur fin, quand la résistance de Nantes
remet en cause
une fin annoncée. Le 3 août, les assiégés
font une sortie et attaque
l'armée royale qui se retire. La guerre n'est pas gagnée
pour autant.
L'Etat breton
met à profit l'hiver pour consolider les murailles, renforcer
les
garnisons et trouver de l'argent.
Le
maréchal
de Rieux, chef de l'armée bretonne passé au service du
roi, fait
dissidence, revient au service du duc et reconquiert quelques places
fortes appartenant aux Rohan.
Au printemps
1488, les hostilités reprennent avec les beaux jours.
L'armée royale
change de tactique. Plutôt que d'errer de places fortes en places
fortes, son chef, Louis de La Trémoille, décide de tenir
fermement la
zone frontalière avant de s'engager plus avant en terre ennemie.
Pendant ce
temps et alors que les forteresses tombent les unes après les
autres,
l'armée ducale tarde à se réunir dans la
région rennaise. Alors que les
anciens, comme Rieux, refusent une bataille rangée, les jeunes
ne
rêvent que d'en découdre, situation de toutes les
époques.
La bataille de Saint-Aubin-du-Cormier
Sans trancher
entre les deux solutions, l'armée bretonne se rend à
Saint-Aubin-du-Cormier, où elle rencontre l'ennemi à
l'improviste.
Le 28 juillet
1488, la confrontation à lieu sur la lande. L'armée
bretonne est
divisée en trois corps : le premier est commandé par
Rieux et comprend
les lances ducales, c'est-à-dire l'armée de
métier, renforcées de 300
archers anglais. Ce sont eux qui doivent subir le choc le plus violent.
Le corps de bataille, au centre du dispositif, comprend un ensemble
assez composite de 5.000 hommes sous le commandement du comte d'Albret.
L'arrière-garde, sous la tutelle du baron de
Châteaubriand, compte
2.000 cavaliers, en réserve.
6.000 morts
bretons

L'armée
française s'organise de la même façon, avec un
corps de bataille
commandé par La Trémoille en personne. Le combat s'engage
par un duel
d'artillerie qui désorganise les deux camps. La bataille
commence bien
pour les Bretons qui avancent au contact, tandis que les troupes
royales reculent de 100 pas. Mais une erreur du capitaine Blair, chef
des auxiliaires allemands, provoque un rentrant dans le front. 400
hommes d'armes à cheval se jettent alors au centre du dispositif
et le
brise.

Alors que l'arrière-garde bretonne ne réussit pas à stopper cette trombe, l'armée royale s'élance dans la brèche et le carnage commence, 6.000 hommes de l'armée bretonne restent sur le terrain.
La Bretagne sous tutelle royale

La Trémoille
veut profiter de
l'effet de sa victoire et
envoie une délégation sommer la ville de Rennes de se
rendre. La
réponse est énergique et fière : « Nous ne
craignons le roi ni toute sa
puissance. Et pour ce, retournez au seigneur de la Trémoille, et
lui
faites le rapport de la joyeuse réponse que nous vous avons
faite». Par
contre, Dinan et Saint-Malo tombent rapidement. François II
renonce
alors à la lutte et est contraint à négocier.
Les clauses
du traité sont finalement assez molles. Une seule mérite
d'être retenue
: les filles du duc ne pourront se marier qu'avec l'assentiment du roi,
et François II n'a que deux filles...
Au total, la
situation est critique : le duché conserve son
indépendance, mais sous
tutelle royale. L'armée bretonne a montré ses
qualités comme ses
limites, et la principauté est exsangue.
Dernière
conséquence de la défaite : le duc François II
meurt de chagrin en
septembre 1488, laissant le pouvoir à une enfant de 12 ans...
Anne de
Bretagne
http://service.bretagne.com/supplements/histoires_bretagne/1491.htm

1491. Trois ans
après son
arrivée à la tête du royaume de Bretagne, la jeune
Duchesse Anne doit
rendre les armes. A la tête d'une province désormais
ruinée, la
souveraine de 14 ans n'a plus d'autre choix que de céder aux
puissants
du royaume de France. La Bretagne indépendante n'est plus. Quant
à sa
souveraine, elle ne sera désormais qu'un pion amer et
désabusé sur le
grand échiquier des politiques. Malgré une
personnalité hors du commun,
une force de caractère digne des plus grands stratèges de
l'époque, la
jeune Anne doit se rendre, deux ans après avoir fait
renaître l'espoir
d'une Bretagne puissante et indépendante à son peuple.
Photo : Devenue reine de France, Anne de Bretagne fit travailler, pour sa gloire, de nombreux artistes, peintres, musiciens ou poètes. Sur ce tableau de 1510 attribué à Jean Bourdichon, son poète "officiel" Jean Marot lui offre son dernier livre (Bibliothèque Nationale).
L'héritière inespérée
En 1488,
François II, duc de Bretagne, s'éteint, après
avoir, des années durant,
tenu tête au royaume de France. Figure de la «guerre
folle», mouvement
de révolte contre le pouvoir français, il doit se
résoudre à signer,
l'année même de sa mort, le traité du Verger. La
révolte a vécu, et le
royaume de France reprend la main sur cette Bretagne qui était
restée
la dernière province indépendante et souveraine.
François II
ne survivra pas à cet échec. Il meurt la même
année, laissant sa fille
Anne à la tête d'un duché exsangue. A 11 ans et
demi, la jeune fille
est déjà rôdée aux secrets du pouvoir. A la
cour de Nantes, elle a été
élevée comme une future souveraine, courtisée
dès son plus jeune âge
par les grands d'Europe, qui convoitent en elle
l'héritière de la
puissance indépendante.
Son enfance,
elle l'aura vécue dans un climat de fourberies, trahisons et
autres
bassesses. De quoi forger le caractère d'une femme politique qui
va se
révéler, aux premières heures du pouvoir, comme
l'atout inespéré du
peuple breton.
Abdication
Placée,
par le traité du Verger, sous la tutelle du roi de France,
Charles
VIII, Anne ne peut de fait devenir duchesse de Bretagne: son mariage
est conditionné à l'accord de Charles VIII. Pourtant,
dès la mort de
son père, Anne reprend les rênes de son destin.
Trois mois
après la disparition de Francois II, la France a à
nouveau déclaré la
guerre à la Bretagne. Les barons qui avaient jadis combattu aux
côtés
du Duc se rallient au royaume de France. On tente de marier Anne au
Maréchal de Rieux. Sans succès. Malgré une
situation
désespérée, alors que le royaume nantais vient de
se rendre au Maréchal
de Rieux, qui pille le trésor ducal, Anne,
réfugiée dans le dernier
bastion de Bretagne, se fait couronner Duchesse dans la
cathédrale de
Rennes. Dame souveraine et duchessse de la terre et de la mer de
Bretagne, elle défie la France.
Anne croit
pouvoir sauver son royaume en s'alliant à Maximilien d'Autriche.
Les
noces ont lieu en 1490... par procuration. Le beau rêve de la
jeune
duchesse se heurte à la réalité: elle ne verra
jamais son époux. A la
cérémonie du mariage, Maximilien se fait
représenter par son
ambassadeur, Wolfang de Ploham, qui glisse symboliquement une jambe
dans le lit nuptial. Anne est arrivée seule à la
tête de son Duché,
elle devra lutter seule.
Pris par la
guerre, sur son propre royaume, Maximilien n'interviendra jamais dans
les affaires de la Bretagne. En avril 1491, Rennes cède au
siège
Français, après deux mois de lutte inégale.
Ruinée, Anne doit accepter
l'union que la France lui impose.
Un pion amer
Les noces,
somptueuses, vont en fait cacher, sous leur faste, toute
l'immensité
d'une défaite personnelle. Le 6 décembre 1491, Anne dit
«oui» pour la
seconde fois. L'année de la découverte de
l'Amérique sera celle du
sacre de la Reine de France, de son abdication aussi.
Sous les ors
de la basilique de Saint Denis, elle est couronnée et
sacrée, fait
rarissime pour une femme dans l'Histoire de France. De quoi, sans
doute, faire passer l'amère pilule de l'abandon de la Bretagne.
Car, en
acceptant de devenir la reine des Français, Anne engage aussi
«sa»
Bretagne: les époux se transfèrent mutuellement leurs
droits, ce qui
revient à unir à jamais les sorts breton et
français.
Cette
année
sera pourtant sans doute pour Anne l'une des plus belles de sa courte
vie. Au détriment évident de la cause bretonne. A partir
de cette
époque, la jeune reine reste éloignée de sa terre
mère, pour se
concentrer sur la vie de ses cours de la Loire, Blois, Loches ou
Amboise.
Sans
pouvoirs, elle oublie l'affront dans un déluge de
dépenses, dans une
dévotion passionnée, qui sera d'ailleurs sans doute son
seul domaine de
pouvoir véritable. Sept années durant, Anne de Bretagne
n'est plus
qu'un pion sans valeur sur l'échiquier politique. Un pion amer,
délaissé par un époux volage et violent, meurtri
par le décès de ses
cinq enfants.
Tenue
à
l'écart de toute décision politique, Anne ne se battra
guère pour la
défense de son peuple, laissant Charles VIII man½uvrer
habilement dans
le sens d'une lente ingérence française au sein de
chacune des
institutions bretonnes.
Retour aux
sources ?
La
mort accidentelle de son époux au château d'Amboise, en
1498, va
pourtant redonner à Anne une once de pouvoir. En 1499, elle
prend pour
époux Louis XII, le nouveau souverain français.
Cette fois,
la conscience identitaire reprend le dessus, et Anne ½uvre à
nouveau
pour son peuple. Le nouveau contrat de mariage stipule une garantie des
«droits, libertés et prééminences du pays de
Bretagne». Un nouvel
espoir pour le peuple breton... qui n'en profitera pourtant
guère.
Car, si Louis
accorde sans doute plus de crédit à son épouse que
ne le fit son
prédécesseur, la Bretagne souveraine n'est plus depuis
longtemps. En
lui donnant deux filles, Anne tentera bien de reprendre la main,
destinant l'aînée au futur Charles Quint. Comme aux
débuts de son
règne, Anne croit encore en l'avantage d'une alliance
autrichienne pour
préserver les intérêts de la Bretagne.
Prise sans
doute d'un remords, quelque peu tardif, elle part alors effectuer le
fameux Tro Breizh, en 1505 (lire encadré). Au retour de ce
voyage qui
n'aura servi qu'à gonfler son ego, la reine Anne se retrouve une
fois
encore perdante. Louis a fait annuler les noces de Claude.
L'héritière
de Bretagne s'unira au futur François 1er, qui achèvera
d'absorber
l'intégralité de la province.
Victoire posthume
Depuis toujours
de santé fragile, Anne n'aura plus la force de se battre. Dans
des
douleurs atroces, elle succombe à la maladie de la gravelle en
1514.
Elle a alors trente sept ans. Les funérailles nationales de la
«duchesse aux sabots" laisseront finalement dans l'histoire la
trace
d'une image bretonne à la tête du royaume français.
Victoire posthume
mais de peu de valeur, puisqu'un an plus tard, François 1er
obtiendra de Claude, l'héritière, l'usufruit de la
Bretagne... Celle-ci
vénèrera pourtant longtemps encore sa «petite
reine", autour de son
c½ur, qui selon les dernières volontés de la reine, fut
transféré à la
crypte des Carmes de Nantes. Un symbole puissant que les
révolutionnaires firent disparaître à jamais deux
siècles et demi plus
tard.
La reine des
Bretons, malgré une vie et un règne des plus
contradictoires, aura
ainsi laissé dans l'histoire l'image d'une femme de tête,
égérie de son
peuple. Manipulatrice, elle aura en effet réussi à
construire de son
vivant sa propre légende. Biographes et historiens, à sa
botte, lui
auront façonné la statue qu'elle avait elle même
esquissée. Au moins
peut-on lui reconnaître ce talent...
1488 Sa fille Anne lui succède. D'abord resolue à résister aux Français, la duchesse Anne de Bretagne décide d'épouser par procuration l'archiduc Maximilien de Habsbourg. Mécontent, Charles VIII envoie ses troupes en Bretagne et conquiert la plupart des villes.
1491 Réfugiée dans Rennes encerclée par les Français, la duchesse Anne, accepte d'épouser Charles VIII. Elle devient reine de France, à l'âge de 15 ans. Mais elle reste duchesse et souveraine de Bretagne.
1498 Charles VIII meurt accidentellement. Anne revient en Bretagne.
1499 Mariage d'Anne et Louis XII, tout en maintenant l'autonomie du duché. Une période de prospérité s'annonce pour le Bretagne..
1514 Anne de Bretagne meurt. Leur fille aînée, Claude de France, hérite de la couronne ducale. Elle épouse le comte François d'Angoulême, futur François Ier, roi de France. Ce dernier administre la Bretagne jusqu'en 1532. Il obtient de sa femme, en 1515, la donation du duché à titre perpétuel, violant ainsi le contrat de mariage de 1499.
1532 Date fatidique pour la Bretagne. Les états de Bretagne, réunis à Vannes, signent l'acte d'union de la Bretagne à la France. Le traité prévoit le respect des privilèges bretons. Il ne sera pas respecté longtemps.










<>
La
révolte du
papier timbré fut l'une des plus sanglantes de l'histoire de la
Bretagne. ... **********
« Le
dimanche 9 Juin (1675), le tocsin sonne dans toutes les campagnes de
Basse-Bretagne.
Villages et paysans s'insurgent. Torr'hé benn (casse-lui la
tête)! La Révolte
du « papier timbré » est aussi dite
« des Bonnets Rouges »,
en raison de la couleur des couvre-chefs de certains paysans.
-
On nous accable de corvées ! On nous ruine en
procès ! Les nobles
nous considèrent moins que des chevaux !
+ Assez de
misères ! Assez d’impôts ! À bas le
papier timbré ! À bas la
gabelle !
* Malheur aux
maltotiers ! Aux accapareurs ! Aux profiteurs ! Aux
seigneurs
sans pitié !
Dès le début des événements, le duc de Chaulnes conseille, à titre de sanction, de raser les quartiers insurgés des villes : « Le remède (…) est un peu violent mais c’est, dans mon sens, l’unique, sans cela l’on ne pourra jamais assurer de cette ville (Rennes) ». à nul moment, n’a été pris en considération l’aspect impulsif et anonyme de l’insurrection qui se traduisent par le manque de plan et de chefs réels, d’envergure. (…)
En août, Chaulnes reçoit 6.000 hommes. Il applique une répression méthodique. (…) Les paroisses sont punies en fonction de leur « culpabilité » : amendes, pillages, destructions. Le Père Maunoir et des prêtres prêchent la soumission. Des clochés sont descendues, des clochers rasés. Ici, on pend sans qu’ils soit possible d’avancer le moindre bilan : À Combrit, 14 habitants le sont au même chêne. Là, on exécute officiellement par la corde ou la roue. Laurent le Queau et Alain le Moign sont torturés, roués. À Rennes, le faubourg de la Rue Haute est détruit, ses habitants chassés. Pour punir les parlementaires et les « citadins », le parlement est « exilé » à Vannes pour 15 ans. Les États, réunis à Dinan, votent tout ce qu’on veut pour essayer d’amadouer le roi. Sans succès : 10.000 soldats arrivent pour passer l’hiver dans les villes bretonnes. Ils s’y comportent comme en pays ennemi, multipliant les violences, pillant, tuant, violant. La « Province » est matée. » Secher (1999 : 38-41)
Pour aller plus
loin:
1675. Le tocsin des Bonnets
rouges enflamme le Poher - DOSSIER
WORD
http://service.bretagne.com/supplements/histoires_bretagne/1675.htm

Le
9 juin 1675 au matin, le marquis de la Coste, lieutenant du roi pour la
Basse Bretagne, se rend à Châteaulin, où il doit
s'assurer du maintien
de l'ordre et de l'exécution des nouveaux édits sur le
tabac et le
papier timbré qui servait à rédiger les actes
notariés. Quelques jours
plus tôt, un huissier avait été molesté dans
cette même ville, alors
qu'il lisait les textes des édits. Un incident
révélateur de la tension
qui était alors perceptible dans les campagnes bas-bretonnes,
même si
elles sont relativement calmes par rapport aux villes de Bretagne,
secouées par de violentes émeutes depuis avril.
Des troubles
ont éclaté à Saint-Malo et Lamballe. A Guingamp et
à Nantes, on a
exécuté des meneurs. A Rennes, le gouverneur de Bretagne,
le duc de
Chaulnes, est pratiquement assiégé dans son hôtel.
Le tocsin sonne
Dans ce
contexte, la venue du marquis de la Coste est perçue comme une
provocation. Dans trente paroisses autour de Châteaulin, le
tocsin
retentit et des bandes de paysans en armes s'assemblent.
L'une d'elles
rencontre le cortège du marquis. Les esprits s'échauffent
et De la
Coste blesse d'un coup d'épée un des paysans qui tenait
des propos
insolents. Les agents de l'administration sont aussitôt pris
à parti.
Blessé
d'une
balle à l'épaule, le marquis de la Coste ne doit son
salut qu'en
promettant l'annulation des édits.
Au même
moment, une autre troupe rassemblée à Briec reçoit
une fausse
information selon laquelle le marquis se trouve au château de la
Boissière à Edern. Des dizaines de paysans des paroisses
de Landudal,
Trégourez et Plogonnec se rendent au château qu'ils
pillent et brûlent
en partie.
"Nulle sûreté par la campagne"
Le tocsin de la
révolte vient de sonner dans l'évêché de
Cornouaille et son
retentissement est immédiat. Le duc de Chaulnes quitte Rennes
pour la
citadelle de Port-Louis où il s'enferme en attendant des troupes
en
provenance du sud de la France.
De Gonville,
commissaire des guerres, écrit à Louvois, ministre des
armées : "Il n'y
a, Monseigneur, nulle sûreté par la campagne, il n'y a que
les plus
proches de Brest où le calme est". Les insurgés du Poher
choisissent un
bonnet rouge comme signe de ralliement, ceux du pays bigouden, un
bonnet bleu.
Le premier
dimanche de juillet 1675, à Spézet, une foule importante
se rassemble
devant la maison du notaire Porcher. "Ils se mirent à fouiller
toute
ladite maison et à esfondrer les coffres, armoires et autres
meubles",
témoigna Ysabeau Bouriquen, la servante de maître Porcher.
Quant au
papier timbré, servant aux actes notariaux, "après les
avoir fait
trier, ils en déchirèrent une grande partye et en
emportèrent à
brassées, hors ladite maison".
Le 11
juillet, près de 6.000 paysans de Saint-Hernin, Kergloff et des
paroisses environnantes prennent d'assaut le château de Kergoat
à
Saint-Hernin, dont le propriétaire, Toussaint de Trevigny,
était connu
pour sa dureté contre les paysans et avait déjà eu
affaire,
ponctuellement, à des actes de révolte. Les
insurgés tuent l'intendant,
le sieur de Kervilly, et plusieurs serviteurs. Les tires et parchemins
sont détruits, les canons enlevés et le château
brûlé. En ce mois de
juillet 1675, les notaires, les "fermiers du devoir " et les nobles
sont partout attaqués et le papier timbré
brûlé. La révolte passée, la
marquise de Montgaillard de Poullaouen, estimera "à plus de 200
maisons
de noblesse", le nombre de manoirs et châteaux pillés.
Le code paîsan
Le code
paîsan
ou code "pesovat" (ar pezh 'zo vat, ce qui est bon, en breton) est une
des originalités de cette révolte. Véritable
programme politique, les
insurgés y exposent leurs revendications. Ils demandent
l'abolition de
droits et taxes féodales et une justice équitable.
Le code
paîsan étonne l'Europe, l'ambassadeur de Venise en France
en fait
mention, comme certaines gazettes hollandaises et anglaises. C'est un
texte bien construit, écrit sans doute par un ou plusieurs
juristes.
Or, le meneur
le plus célèbre des Bonnets rouges, Sébastien Le
Balp, a eu une
formation de juriste. Né en 1639, à Poullaouen, il fut
remarqué très
tôt par le marquis du Tymeur qui l'envoya faire du droit à
Nantes.
Revenu dans le Poher, Le Balp s'installe comme notaire royal à
Kergloff. Accusé de malversations, il est jeté en prison
de 1673 à
1675. Il est relâché faute de preuve, à la veille
de l'insurrection.
Sébastien Le Balp à la tête de la révolte
La
révolte en
centre Bretagne va trouver un chef dans ce notaire à la
réputation
ruinée. Les événements passés, un des
bourgeois de Carhaix témoigne
qu'il s'était "acquis une telle réputation parmi les
paysans révoltés
[...] qu'il s'était fait passer pour le chef, que lesdits
révoltés
suivaient entièrement ses ordres pour sonner les tocsins, pour
s'attrouper et s'assembler où il voulait, que pendant la
sédition, il a
été le premier en tête, à tous les
incendies, pillages et désordres".
Le comte de
Boiséan, gouverneur de Morlaix, ne s'y trompe pas en
écrivant, le 26
juillet, au marquis de Montgaillard : "Je crois que s'y pouviez gagner
leur chef ou lui faire couper la gorge, tout ce parti se
réduirait en
fumée". Le marquis de Montgaillard qui entretient des rapports
ambigus
avec les insurgés, était en effet arrivé par ruse
à les dissuader de
marcher sur cette ville. La prise du port de Morlaix aurait permis aux
Bonnets rouges de recevoir le renfort d'une escadre hollandaise qui
croisait alors dans la Manche.
En
représailles, le manoir du Tymeur en Poullaouen, appartenant
à
Montgaillard, est pillé et en partie brûlé. Mais Le
Balp ne rompt pas
ses relations avec le marquis. En effet, les insurgés savent que
des
troupes royales sont en route pour la Bretagne. Or, pour espérer
leur
résister militairement, il leur faut un professionnel de la
guerre.
Sébastien Le Balp tente de persuader Montgaillard, ancien
officier de
l'armée royale, de prendre la tête des troupes
insurgées.
Le Balp tué à Poullaouen
Sébastien
Le Balp
entend
réunir 30.000 hommes en armes le 3 septembre au manoir du
Tymeur. Il
compte ensuite marcher sur Carhaix et Quimper, puis affronter les
troupes du duc de Chaulnes. Arrivé au Tymeur la veille au soir,
avec
2.000 hommes, Sébastien Le Balp s'isole pour s'entretenir avec
le
marquis de Montgaillard et le frère de celui-ci. Mais ce
dernier, vers
minuit, s'empare d'une épée et transperce la gorge du
chef des
insurgés. Les deux nobles parviennent ensuite à s'enfuir
en semant la
confusion chez les Bonnets rouges complètement
démoralisés par la mort
de leur meneur.
Dans le même temps, les troupes fraîches qu'attendait le
duc de
Chaulnes arrivent en Bretagne. Le 1er septembre, elles sont
à Quimper, du 4 au 18 dans le Poher, le 20 à Morlaix, le
12 octobre,
elles pénètrent dans Rennes. En l'absence de
rébellion organisée,
l'expédition se transforme en promenade de santé pour les
troupes
royales. Pour les habitants des paroisses révoltées, en
revanche, c'est
le début d'une longue épreuve.
Une répression sans pitié
Les meneurs qui
sont capturés sont pendus aux clochers ou aux arbres bordant les
châteaux pillés par les rebelles. Au milieu de la
répression, le duc de
Chaulnes a cette phrase terrible : "Les arbres commencent à
avoir le
poids qu'on leur donne". Plusieurs clochers du pays bigouden qui
avaient sonné le tocsin de la révolte sont rasés.
Ceux de Lanvern,
Languivoa en Plonéour-Lanvern et Lambour à
Pont-l'Abbé n'ont jamais été
reconstruits.
A Rennes, un
faubourg est entièrement rasé et les Etats de Bretagne,
réfugiés à
Vannes, sont obligés de verser une contribution de trois
millions de
livres au trésor de guerre, une somme colossale.
La reprise en
main est aussi idéologique avec les missionnaires du père
Maunoir,
envoyés réévangéliser les campagnes
rebelles. Quant au corps de
Sébastien Le Balp, il est exhumé. On fait un
procès à son cadavre qui
est ensuite traîné sur une claie, rompu et exposé
sur une roue.
Après
avoir
soufflé le temps de l'été 1675, la révolte
des Bonnets rouges s'éteint
tragiquement dans une longue répression.
La
plus parisienne des Parisiennes chez les Bretons. Par son mariage avec
un grand nom de la noblesse bretonne, par ses séjours
répétés à sa
propriété des Rochers à Vitré et les
multiples lettres qu'elle y a
écrites, la marquise de Sévigné a lié son
sort à une province avec
laquelle, pourtant, elle n'avait guère d'affinités.
D'où entre
l'épistolière et la Bretagne, des relations ambiguës
et pas toujours
très amènes.Veuve à 25 ans
Tout de suite,
la Bretagne occupe une place non négligeable dans la vie de la
marquise. A peine unis, les jeunes époux quittent Paris pour
visiter
les terres d'Henri.
Si
Françoise,
la fille si chérie, destinataire des fameuses lettres devenues
monument
littéraire national, naît en 1646 à Paris, Charles,
l'unique fils, voit
le jour aux Rochers deux ans plus tard.
Mais en 1651,
l'infidèle époux meurt en duel pour les beaux yeux de
Madame de
Gondrand, "la belle Lolo". Malgré de nombreuses sollicitations,
la
jeune et jolie veuve de vingt-cinq ans préfère la
liberté d'une
existence indépendante. Elle ne se remariera pas.
La dame des Rochers
De 1644 à
1690,
elle fait de nombreux séjours dans la grande demeure gothique
des
années 1500, souvent en compagnie de son oncle, l'abbé de
Coulanges,
"le Bien Bon". La dispendieuse marquise apprécie la vie bon
marché de
la campagne bretonne, elle vient s'y reposer de ses innombrables
obligations parisiennes de femme en vue.
Elle s'y
consacre à ses passe-temps favoris, la lecture, la
flânerie dans le
parc et, surtout, sa correspondance avec sa fille Françoise,
mariée au
comte de Grignan et "exilée" en Provence. Des Rochers partiront
plus de
260 de ses lettres. Elle passe une bonne partie de ses journées
dans sa
"chambre", pièce où elle dort, prend ses repas sur une
table dressée
sur tréteaux, et où elle reçoit ses visiteurs.
A l'angle de
la cour, elle fait reconstruire une chapelle à l'intention de
son oncle
abbé qui lui tient compagnie et s'occupe, pas toujours avec
pertinence,
de la gestion de ses biens. Le jardin et le parc la passionnent ; elle
en nomme les allées, qu'elle parcourt, selon les saisons, dans
une
exaltation quelque peu préromantique, ou au contraire dans un
climat de
douce mélancolie.
Parfois, elle
séjourne dans les autres propriétés familiales, la
maison de Vitré
nommée la Tour de Sévigné, adossée aux
remparts, le château du
Buron-en-Vigneux près de Nantes, qui lui procure un revenu
apprécié.
Mais contrairement à une certaine légende, la marquise
n'a jamais
visité ses biens de Basse-Bretagne, les domaines de la
région de
Quimper, Lanros, Lestrémeur, etc, hérités de la
famille d'Acigné.
La marquise et les Bonnets Rouges
En avril 1675,
éclate la révolte du Papier Timbré, bientôt
suivie par celle des
Bonnets Rouges. Entre les insurgés et la grande dame,
l'incompréhension
est totale, au point qu'aux yeux des Bretons l'image de la
célèbre
épistolière en sort passablement écornée.
C'est que de par ses origines
aristocratiques et ses relations bretonnes -- à Rennes elle
fréquente
en priorité la duchesse et le duc de Chaulnes, le gouverneur de
la
Bretagne, chargé de la répression -- elle se sent aux
antipodes du
petit peuple.
Aussi ses
lettres ne sont-elles pas tendres pour les révoltés. Le 3
juillet, de
Paris, elle tranche : «On dit qu'il y a cinq ou six cents bonnets
bleus
en Basse-Bretagne, qui auraient bon besoin d'être pendus pour
leur
apprendre à parler».
Trois
semaines plus tard, son sentiment n'a pas varié : «Dans
l'état où sont
les choses, il ne faut pas des remèdes anodins». Son
irritation contre
les mutins est d'autant plus forte qu'à cause d'eux elle doit
différer
son départ pour la Bretagne, alors que la chaleur l'indispose de
plus
en plus dans la capitale.
A la
mi-septembre, la voici enfin dans ses chers Rochers, où la
répression
qui bat son plein lui parvient en écho et lui donne l'occasion
d'un bon
mot : «Nos pauvres Bas-Bretons s'attroupent quarante, cinquante
par les
champs ; et dès qu'ils voient les soldats, ils se jettent
à genoux, et
disent mea culpa : c'est le seul mot de français qu'ils
sachent... On
ne laisse pas de pendre ces pauvres Bas-Bretons ; ils demandent
à boire
et du tabac et qu'on les dépêche», en d'autres
termes, qu'on les
exécute (lettre du 24 septembre).
La rudesse de
la répression, surtout quand elle atteint Rennes et ses amis de
la
bonne société, finit tout de même par
ébranler la marquise : «Cette
province est dans une grande désolation. M. de Chaulnes a
ôté le
Parlement de Rennes pour punir la ville; ces messieurs sont
allés à
Vannes, qui est une petite ville où ils sont fort
pressés. Mais je
trouve tout fort bon, pourvu que les quatre mille hommes de guerre qui
sont à Rennes ne m'empêchent point de me promener dans les
bois, qui
sont d'une hauteur et d'une beauté merveilleuses (20
octobre)».
Non,
décidément, Madame de Sévigné n'a rien
compris aux raisons profondes du
mécontentement populaire en Bretagne sous le règne du
Roi-Soleil. Seuls
la préoccupaient la tranquillité et le bien-être de
son séjour vitréen.
Un tableau moqueur de la noblesse bretonne
Mais on aurait
tort de réduire les relations de la marquise de
Sévigné et de la
Bretagne à cet épisode douloureux. A travers ses lettres,
elle brosse
un tableau alerte, souvent moqueur, et même acide, de la noblesse
bretonne d'alors.
L'épistolière
s'amuse des patronymes vernaculaires, à ses yeux
imprononçables, de ses
relations autochtones, elle raille le provincialisme pataud de ces
personnages qui tiennent le haut du pavé à Rennes mais
feraient figure
de péquenauds à la Cour.
On entre de
plain-pied dans le quotidien de cette noblesse de Haute-Bretagne, ses
ridicules querelles de préséance et ses craintes
continuelles pour ses
revenus. Ce témoignage de première main apporte à
la connaissance des
Bretons de haute naissance de l'époque Louis XIV une touche
irremplaçable. Et un contrepoint salutaire à leur
suffisance native.
La marquise
de Sévigné ne se laissera jamais séduire en
profondeur par le pays
breton. Elle est très fâchée que son fils
préfère la vie de gentilhomme
campagnard à celle d'homme de cour. «Les délices de
Quimper»,
écrit-elle, ont pour lui plus d'attraits que celles de
Versailles. A
ses yeux, une impardonnable faute de goût.
Serge Duigou
Pour comprendre les motifs de la conspiration que dirigea le marquis de Pontcallec au début du XVIIIème siècle, il faut revenir au traité d'union de 1532. Il faut savoir que la Bretagne n'a pas été annexée à la France après une défaite militaire, ni par les mariages de la duchesse Anne avec les rois français. L'unité de la Bretagne et de la France a été votée par le parlement de Bretagne siégeant à Rennes. Ses motivations étaient que de toute façon, pour avoir la paix, la Bretagne devait se faire un allié de la France et vu que celle-ci était sans cesse agressive et avait une volonté hégémonique, et que le roi corrompait avec largesse les parlementaires, ils finirent par voter en 1532 l'Edit d'Union, celui-ci spécifiant qu'il ne serait jamais porté atteintes aux privilèges, exemptions, franchises et libertés octroyés aux bretons par leurs ducs, et ils continueraient à en jouir à perpétuité sous réserve seulement des modifications que proposeraient les Etats de Bretagne dans l'intérêt du pays. Presque 2 siècles plus tard, 30 ans après la révolte des Bonnets Rouges, dans les dernières années du règne de Louis XIV, les Bretons prennent conscience de l'exploitation éhontée à laquelle ils sont soumis par le pouvoir central.

- Il nous faut
fonder une association de nobles bretons ouverte à tous pour
soutenir les
droits et privilèges de la Bretagne et les prérogatives
de la noblesse !La Bretagne en désordre
lors de la Révolution de 1789
Pour élucider le rôle de la Bretagne lors des
évènements révolutionnaires
de 1789 il faut d’abord exposer les circonstances économiques et
sociales qui
ont conduit à la Révolution.
En
1789, la France est une monarchie ancienne et puissante. La France est
le
pays le plus peuplé d’Europe, Russie exceptée, avec
près de 28 millions
d’habitants et, tout au long du XVIII siècle, il a connu
un enrichissement
continu qui a profité à tous, même si les
inégalités sautent aux yeux. La société
française est divisée par les privilèges
attribués aux membres du clergé et aux
nobles qui bénéficient d’avantages fiscaux à
la différence des autres Français,
ceux du troisième ordre, autrement dit du tiers état.










VI ème siècle après JC - © Le royaume breton
Les Carolingiens , notamment Charlemagne, reprennent le contrôle de cette péninsule rebelle à l'autorité franque. Cependant, la lourdeur des campagnes militaires nécessaires pousse l'empereur Louis-Le-Pieux à confier à Nominoë, aristocrate breton, des pouvoirs équivalents à ceux d'un roi, en contrepartie de sa loyauté.Nominoë, puis ses successeurs les rois Erispoë et Salomon, sont à la tête de l'éphémère mais bien réel royaume de Bretagne. Celui-ci perdure jusqu'à la fin du IXe s, puis disparaît dans un contexte de reprise de la guerre contre les Francs et d'invasions vikings.
IX ème siècle après JC - © La bretagne Féodale
Ravagé par les Normands, le duché de Bretagne ne renaît qu'au Xe s. Il passe sous domination anglaise de 1166 à 1213, puis redevient un fief du roi de France jusqu'à la Guerre de Succession de Bretagne (1341-1364) : indissociable de l'affrontement franco-anglais de la Guerre de Cent Ans, cette guerre civile déchire les Bretons et dévaste le duché. Elle s'achève par l'avènement du duc Jean IV(1364-1399) et sur la restauration d'un duché désormais neutre dans le conflit franco-anglais.
XIV ème siècle après JC - © L'Etat breton
Cette habile neutralité,
très favorable à ses
intérêts
économiques, permet à la Bretagne de jouir d'une
réelle
indépendance. Les ducs de Bretagne, notamment Jean V(1399-1442)
et François II (1458-1488), agissent en souverains et sont
à
la tête d'un Etat dont les institutions gouvernementales sont
parmi
les plus modernes de l'époque (conseils, parlement, monnaie...).
Nantes est alors élevée au rang de capitale du
duché,
au détriment de Rennes, jusqu'ici détentrice du titre et
qui ne retrouvera sa prépondérance politique qu'au XVIIe
s. Prospère et arrivé au sommet de sa puissance, mais
doté
d'une armée trop faible, le duché de Bretagne devient une
cible
prioritaire pour le roi de France.
XV ème siècle après JC- © La fin de l'indépendance bretonne
En 1488, la petite armée bretonne de Jean II est vaincue par l'armée royale à Saint- Aubin- du-Cormier. La Duchesse Anne succède à son père, sans avoir les moyens de préserver l'indépendance du duché : assiégée dans Rennes, elle se résigne à épouser le roi de France Charles XIII, puis, à la mort de celui-ci, son cousin Louis XII. Sa fille Claude épouse enfin François Ier lui apportant la Bretagne en dot. En 1532, l'union perpétuelle de la Bretagne et de la France est scellée.
XVI ème siècle après JC - © La bretagne, province française
Depuis le XVIe s. l'histoire de la
Bretagne se confond donc avec
l'Histoire
de France. Cependant, la province se distingue à plusieurs
époques
: - par son esprit d'indépendance (symbolisé par le
Parlement
de Bretagne à Rennes) et ses défis à
l'égard
du pouvoir royal (révolte du papier timbré en 1675,
révolte
des "Bonnets Rouges", exil du Parlement, lutte contre les
représentants
du pouvoir royal au XVIIIe s), - par l'essor de son grand
commerce
maritime et de ses ports ( Nantes, Saint-Malo, Lorient... ) aux XVIIe s
et XVIIIe s, et la notoriété de ses marins (
Duguay-Trouin,
Lamotte-Picquet, Surcouf ), - par l'attitude singulière des
Bretons
lors de la Révolution Française, qui, après avoir
accueilli favorablement les bouleversements de 1789, sont nombreux
à
participer à la Chouannerie contre la république
jacobine,
- par le désastre humain de 1914-1918 (22 % des bretons
mobilisés ont été tués), - par les
événements liés à la Seconde Guerre
Mondiale
et à l'Occupation (Résistance et maquis, collaboration du
"Parti National Breton", destruction des grands ports...)
Si la Bretagne est aujourd'hui
complètement
intégrée
à la France, elle n'en conserve pas moins une forte
identité
culturelle : celle-ci s'exprime par l'actualité de la
question
linguistique et par le maintien, voire le renouveau de vivantes
traditions
régionales : musique, danses et festivités ( Festou- Noz,
Bagadou, festivals ...), pratique religieuse (pardons, processions...
),
littérature, architecture ou encore
gastronomie.
http://www.visit-bretagne.com/histoire/indexfr.html
http://www.visit-bretagne.com/homefr.html
Les origines du peuplement de la Bretagne sont très anciennes
: de nombreuses découvertes archéologiques attestent que
des hommes occupaient déjà la péninsule au
paléolithique
(700 000 av. J.-C. pour les plus anciennes traces connues).
On sait peu de choses du peuple qui, au néolithique (5500
à
2000 av. J.-C. environ) fait de la Bretagne un des principaux centres
de
la civilisation mégalithique. Outre divers outils qui
témoignent
d'un développement avancé, les vestiges de cette
époque
impressionnent et intriguent : des menhirs, qui peuvent être
isolés
(Le Champ-Dolent, près de Dol-de-Bretagne) ou rassemblés
dans des alignements (Carnac) ou des Cromlechs circulaires ; des
Dolmens
(Locmariaquer), des allées couvertes (La Roche-aux-Fées
à
Essé) ou encore des Cairns (Bamenez en Plouezoc'h, près
de
Morlaix) et autres tumulus (Gavrinis, dans le Golfe du Morbihan,
Bourbriac)
L'Armorique
celtique
http://www.visit-bretagne.com/histoire/histoire1.html
C'est ce peuple mal connu qui voit au VIe s. av. J.-C. les premiers
Celtes arriver en Armorique, au terme d'une longue migration qui,
d'Europe
centrale, les a conduit toujours plus vers l'ouest. Ceux-ci
s'installent
définitivement dans la péninsule au IVe s. av J.-C. et la
nomment "Ar Mor " : " le pays devant La Mer ".
Répartis en cinq grandes tribus (les Osismes à l'ouest,
les Coriosolites et les Redons au Nord et à l'est, les
Vénétes
et les Namnétes au sud), les Gaulois d'Armorique forment ensuite
une sorte de confédération dans laquelle les
Vénètes
exercent peu à peu leur hégémonie. Leur puissante
flotte, leur intense activité commerciale et financière
font
de leur cité la plus apte à résister à
l'invasion
romaine de 57 av J.-C.
L'Armorique
gallo-romaine
http://www.visit-bretagne.com/histoire/histoire2.html
C'est en effet la conquête de l'Armorique par les légions
de César et Crassus qui interrompt brutalement le
développement
de cette civilisation gauloise. Les tribus armoricaines sont vaincues
(56
av. J.-C.) et progressivement romanisées.
D'importantes cités gallo-romaines se développent sous
l'empire : Condate (Rennes), Condevicnum (Nantes), Fanum Martis
(Corseul),
Vorgium (Carhaix) ou encore Darioritum (Vannes). Elles sont
dotées
d'un forum, de temples, de thermes, de théâtres, de voies
pavées, parfois même d'aqueducs, et deviennent ainsi des
vitrines
de la romanité.
A ces mutations s'ajoute la christianisation tardive mais rapide de
l'Armorique (IVe s. ap J.-C.).
L'Armorique
devient la Bretagne
http://www.visit-bretagne.com/histoire/histoire3.html
Aux Ve. et VIe s., des Bretons (les Celtes de Grande-Bretagne) arrivent
par vagues successives en Armorique, repoussés par les invasions
des peuples barbares venus du nord (Pictes, Scots, Angles et Saxons).
Leur
intégration semble bien acceptée par les Armoricains qui
partagent avec les nouveaux arrivants une culture, une langue et des
coutumes
assez semblables.
L'Armorique (un temps appelée Petite Bretagne) est
désormais
peuplée de Bretons issus de ce mélange, chrétiens
et soumis à des comtes locaux.
Intégrée au royaume des Francs (d'origine germanique)
sous Clovis, la Bretagne s'en rend ensuite peu à peu
indépendante,
comme en témoigne l'existence d'un roi de Domnonée
(région
correspondant au nord-ouest de la péninsule) nommé
Judicaël
et mentionné vers 630.
L'Etat
breton
http://www.visit-bretagne.com/histoire/histoire6.html
Cette habile neutralité, très favorable à ses
intérêts économiques, permet à la Bretagne
de
jouir d'une réelle indépendance. Les ducs de Bretagne,
notamment
Jean V(1399-1442) et François II (1458-1488), agissent en
souverains
et sont à la tête d'un Etat dont les institutions
gouvernementales
sont parmi les plus modernes de l'époque (conseils, parlement,
monnaie...).
Nantes est alors élevée au rang de capitale du
duché,
au détriment de Rennes, jusqu'ici détentrice du titre et
qui ne retrouvera sa prépondérance politique qu'au XVIIe
s.
Prospère et arrivé au sommet de sa puissance, mais
doté
d'une armée trop faible, le duché de Bretagne devient une
cible prioritaire pour le roi de France.



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Pour aller plus loin:
L'histoire des Celtes - http://jfbradu.free.fr/celtes/les-celtes/cadre-histoire-celtes.htm

Effectivment, jusqu'à l'essor de l'Empire romain, les Celtes représentaient une puissance indéniable. Rome elle-même avait été pillée par les Celtes en 385 av. J-C. Un événement que les légionnaires n'avaient pas oublié lorsqu'ils permirent la victoire de Jules César entre 59 et 49 av. J.-C. sur les tribus celtes de la Gaule. Quoique bien intégrés dans l'Empire romain, les Celtes continuaient d'adorer leurs dieux jusqu'à l'adoption officielle du christianisme par Rome. Leur religion et leur mythologie commencèrent alors à décliner, excepté dans les régions où l'on racontait encore les légendes celtes du passé. Même en Irlande, une île qui ne fut jamais sous contrôle romain, l'influence du christianisme ne tarda pas à se faire sentir. Mais sa conversion n'entraîna pas forcément la destruction de l'héritage celtique, car à partir du Ve siècle, les moines eurent soin de mettre par écrit les anciennes légendes celtes . C'est à cet effort de conservation que l'on doit l'ensemble ou presque de nos connaissances de la mythologie celte. Car sauf au Pays de Galles, où l'on retranscrivit quelques récits, rien ne fut jamais couché par écrit.
Les longs conflits des Celtes apparaissent moins terribles lorsqu'on sait que les Celtes croyaient en la réincarnation. Leur autre monde, à la différence du monde souterrain des Grecs et des Romains, n'était pas la sombre demeure des morts. Il s'agissait d'un paradis où les âmes se reposaient en attendant de renaître.
Par la suite, le christianisme devint un élément
central
de la mythologie celtique, notamment dans les légendes
arthuriennes.
La quête du Graal en est l'exemple le plus frappant. Bien qu'on
puisse
la rapprocher des chaudrons magiques celtes, cette coupe sacrée
était celle qui fut utilisée lors de la Cène et
qui,
lors de la Crucifixion, reçut le sang du Christ blessé au
côté par une lance. Elle fut amenée en
Grande-Bretagne
par Joseph d'Arimathie puis perdue, devenant ainsi l'objet de la
quête
des chevaliers du roi Arthur. Seul Galahad fut assez pur pour pouvoir
contempler
le Graal, qu'il prit comme « le corps de notre Seigneur entre ses
mains.
http://jfbradu.free.fr/celtes/les-celtes/cadre-histoire-celtes.htm#mots
Les mots "Celtes", "gaulois", "galate"
L'appellation "Celtes" apparaît en premier chez
Hécatée
de Milet (vers 500 av JC) puis chez Hérodote (vers 450 av JC).
Ce
mot viendrait de l'indo-européen "keletos", rapide, ou
"kel-kol",
habitant, colon.
Le mot "Galate" (" Ceux d'ailleurs " ou " Envahisseurs ")
apparaît
dans la littérature grecque en 279 av JC. "Galli" apparaît
pour la première fois en 168 av JC dans les " Origines "de Caton
l'Ancien (traduction latine de " Galates "). Au IIe siècle ap
JC,
Dion Cassius traduit Gaulois par Galates et Celtes par Germains (ce qui
est évidemment une erreur, les Celtes ne sont pas des Germains,
ce sont deux peuples distincts). " Galatie " reste le nom de la
province
d'Asie Mineure où les Celtes ont fondé un royaume.
Les termes de Gaulois et de Celtes sont au début synonymes.
Puis les Romains réservent le premier terme seulement à
une
partie des Celtes (distinction géographique) qui sont
fixés
en Gaule cisalpine (Italie du Nord) et Gaule transalpine
(au-delà
des Alpes en se situant du côté de l'Italie,
c'est-à-dire
grossièrement la France d'aujourd'hui). César
était
conscient du caractère conventionnel de ces distinctions "Ceux
que
nous nommons Gaulois dans notre langue, se nomment Celtes dans la
leur".
Aujourd'hui, on admet généralement le terme de "Gaulois"
pour les habitants de la Gaule à partir du IIIème
siècle
av JC. Pour les périodes précédentes et les autres
zones géographiques on parle de "Celtes".
Conclusion : les Gaulois sont donc bien des Celtes, mais les Celtes
ne sont pas des Germains.
Entre le Vème et le IIème siècle av JC : la période de la Tène (deuxième âge du fer)

La Gaule à la veille de la conquête romaine
Au IIème siècle av JC, les tribus gauloises deviennent
de véritables Etats indépendants, les "civitates" (les
cités),
avec leur gouvernement, leur administration et leurs institutions
religieuses,
les oppida sont à leur apogée. Ces cités sont
elles-mêmes
divisées en pagi ou "pays".
La Gaule compte alors peut-être 10 à 15 millions
d'habitants,
on l'appelle parfois "chevelue" car elle est encore couverte par de
nombreuses
forêts. La Gaule est divisée en quatre régions qui
diffèrent par la langue, par les lois et les coutumes :
l'Aquitaine,
la Celtique, la Belgique et la Narbonnaise. Voir la carte.
La Narbonnaise : elle est conquise par les Romains (d'où son
appellation : la Province, ce qui donnera le mot "Provence") dès
121 av JC. Mais cette région avait déjà subi une
forte
influence grecque par la fondation de Phocée (Marseille) vers
600
av JC.
L'Aquitaine : les Celtes ont dû occuper cette région vers
le VIème siècle av JC. A partir du IIème
siècle
av JC, les Ibériques s'y implantent également. Parmi la
vingtaine
de peuples on trouve les Convènes, les Ausques, les Tarbelles.
La Celtique : c'est la région la plus vaste, les peuples,
souvent
groupés en fédérations, sont puissants : les
Bituriges
(Avaricum = Bourges), les Carnutes occupent le centre supposé de
la Gaule (Genabum = Orléans et Autricum = Chartres), les
Parisii
contrôlent les confluents de l'Oise et de la Seine (Lutèce
= Paris), les Sénons (Agedincum = Sens) font une
expédition
à Rome avec leur chef Brennos , une partie des Lingons
(Andematunum
= Langres) s'installe dans la plaine du Pô, les Helvètes
occupent
la Suisse, les Eduens contrôlent une position stratégique,
ce qui leur donne de la puissance (Cabilonum =Chalon-sur-Saône,
Matisco
=Mâcon, Bibracte = centre industriel implanté sur le mont
Beuvray), les Arvernes ont créé une véritable
confédération
dans la Massif Central, leur dernier chef, Vercingétorix,
défend
avec succès sa capitale Gergovie contre les Romains. Les Celtes
pénétent assez tardivement en Bretagne: les
Vénètes
s'enrichissent en allant faire le commerce de l'étain en
Cornouailles.
La Belgique : elle s'étend jusqu'au Rhin, le fleuve servant
de frontière entre Celtes et Germains. Les principaux peuples :
les Véliocasses (Rotomagus = Rouen), les Ambiens (Samarobriva =
Amiens), les Rèmes occupent la Champagne.
Malgré la diversité des peuples qui habitent la Gaule,
il existe entre eux une véritable unité culturelle.
Carte des peuples de la Gaule :




![]()







HISTOIRE
POLITIQUE DE LA BRETAGNE
(Texte
élaboré à pratir du site http://www.chez.com/buan1/buanhistoire.htm)
NOMINOË
La Bretagne historique, on peut considérer qu'elle a
vécu
sous trois régimes différents de gouvernement :
la Bretagne indépendante, la Bretagne autonome, la Bretagne
assujettie
845 avec la victoire de Nominoë à Ballon marque le départ de la première étape.
Pour comprendre l'oeuvre de Nominoë, il n'est que de considérer la Bretagne aux siècles précédents. Une expression géographique : il y a en Armorique des territoires peuplés de Bretons ; il n'y a pas une Bretagne.
Aux IVème et Vème
siècles, la Gaule
romanisée
et unifiée a été envahie par différentes
tribus,
germaniques ou autres, qui ont détruit l'unité
impériale
et introduit l'anarchie avec la ruine. Le chiffre de population ? De
200
à
300 000 âmes au plus, selon Léon Fleuriot, qui fait
autorité
en la matière. Cette faible densité explique la relative
facilité du débarquement des Bretons et de la
bretonnisation
de toute la région côtière. - L'Armorique semble
mener
sa vie en dehors du reste de la Gaule, mais un combat permanent contre
les Francs s'installe. En 826, Le Débonnaire, se disant que les
Bretons se soumettront peut-être plus facilement s'ils ont
à
leur tête un breton, choisit un noble qu'il avait eu l'occasion
de
connaître comme délégué pour le tribut :
NOMINOE.
Il le désigne comme duc avec autorité sur tous les
comtés
bretons, Vannes y compris.
C'est pour calmer ces rebellions qu'en 824 Louis le Pieux fait de Nominoë, un chef du Vannetais, le premier duc de Bretagne. Resté loyal pendant la durée du règne de Louis, Nominoë agit en roi indépendant dès l'avènement de son successeur, Charles le Chauve, dont il bat les troupes à Ballon (845), près de Redon. Nominoë ne se contente pas de cette victoire : avec une audace incroyable, il conquiert Rennes, Nantes, le Maine et l'Anjou. Le territoire breton s'étend ainsi à des zones franques où l'on ne parle pas breton. Cette série de succès militaires marque le début de l'histoire de la Bretagne ducale. Pour s'affranchir un peu plus de la tutelle franque, Nominoë arrache la Bretagne à l'archevêché de Tours, dont elle dépendait jusqu'ici : il fonde le nouvel archevêché de Dol, dans le but de créer une église bretonne autonome, qui conserve intactes les coutumes des Bretons.
Les successeurs de Nominoë, d'Erispoë à Alain Barbetorte, vont s'attacher à défendre l'indépendance du Duché face aux Francs et aux Normands : sous le règne de Salaün (857-874), la Bretagne s'étend même jusqu'au Cotentin et à Laval. En 1203, pour contrer les ambitions anglaises, les évêques et barons bretons choisissent pour duc un prince français de la maison capétienne, Pierre de Dreux, dit Pierre Mauclerc. En raison de ses origines, on pouvait craindre que Pierre ne serve les intérêts exclusifs de la France. En fait, il s'est efforcé de maintenir la Bretagne à égale distance de l'Angleterre et de la France, préservant ainsi l'indépendance et la prospérité du duché. C'est lui qui introduit en Bretagne l'hermine comme motif héraldique. Avec lui s'ouvre une période de paix longue d'un siècle durant laquelle la Bretagne s'affirme comme duché autonome. Quatre ducs lui succèdent jusqu'en 1341 : Jean Ier, Jean II, Arthur II et Jean III.
A la mort de Jean III éclate une guerre de succession entre les deux prétendants à la couronne ducale : Jeanne de Penthièvre, nièce de Jean III, et Jean de Montfort, demi-frère de Jean III. Comme Jean de Montfort était marié à Jeanne de Flandre, cette période est aussi appelée la guerre des deux Jeanne. Cette guerre civile entre factions bretonnes, qui allait également mettre aux prises l'Angleterre, soutien des Montfort, et la France, soutien de Jeanne de Penthièvre, devait durer 24 ans. Malgré l'appui apporté par du Guesclin aux Penthièvre, la guerre se solde finalement par le succès des Montfort à la bataille d'Auray (1364) : le Traité de Guérande (1365) désigne Jean IV, fils de Jean de Montfort, comme nouveau duc.
L'avènement des Montfort marque l'apogée de la puissance et de la prospérité bretonnes : le XVème siècle est considéré à juste titre comme l'âge d'or de la Bretagne. Le duc est "roi en son pays" au point que la Bretagne agit en Etat indépendant, développant ses propres relations diplomatiques et frappant monnaie. L'hommage prêté au roi de France n'est qu'un hommage simple, effectué debout, l'épée au côté. Le commerce, les arts, les lettres, les constructions de cathédrales sont encouragés ; l'Université de Nantes est créée en 1460. L'hermine devient l'emblème national de la Bretagne.
Charles VIII n'a cependant pas renoncé au rêve des Capétiens de soumettre la Bretagne. En 1487, l'armée royale échoue à Nantes mais le 28 juillet 1488 les troupes ducales sont défaites à Saint-Aubin-du-Cormier, près de Rennes : cet échec militaire marque la fin de l'indépendance bretonne. Par le Traité du Verger signé près d'Angers le 20 août 1488, François II doit accepter que sa fille Anne, héritière du Duché, ne se marie qu'avec le consentement du roi de France.
Devenue duchesse à la mort de son père, Anne de Bretagne est donc contrainte d'épouser Charles VIII en 1491, puis son successeur Louis XII en 1499 : le Duché reste cependant sa propriété personnelle. A son retour en Bretagne, elle est accueillie triomphalement. Aimée de son peuple car restée simple et proche de lui, elle meurt en 1514 non sans avoir demandé que son coeur soit conservé à Nantes. En 1506, sa fille Claude épouse malgré elle François d'Angoulême, futur François Ier Le royaume et le Duché étaient ainsi irrévocablement liés. Pour ménager les barons bretons, François Ier accepte de signer un Traité d'Union perpétuelle (1532) qui garantit les libertés et privilèges de la Bretagne dans le royaume. Officiellement, ce traité consacre l'union de deux Etats indépendants ; dans la pratique, il entérine la soumission de la Bretagne. La Bretagne en tant qu'Etat libre avait vécu : la France allait alors organiser sa lente assimilation au royaume.
De fait, par la suite, l'absolutisme royal puis le zèle jacobin n'auront de cesse de rogner les libertés bretonnes pourtant protégées juridiquement par le Traité d'Union. Ainsi, en 1675, Louis XIV impose, contre la volonté des Bretons, une taxe sur le papier timbré. Cette mesure inique déclenche dans toute la Bretagne des émeutes paysannes. Cette révolte des "Bonnets rouges" sera réprimée durement : villages saccagés, paysans torturés et pendus. A partir de 1689, un intendant est désormais nommé à demeure pour mettre au pas une province dont "les esprits ne se gouvernent pas comme les autres". En 1789, la Révolution supprime toute forme d'existence administrative de la Bretagne, désormais divisée en cinq départements. Pour certains Bretons, la préservation de leurs coutumes passe par le soutien au roi, perçu comme le garant de leurs libertés face au centralisme jacobin : ainsi naît la chouannerie bretonne, dirigée par Cadoudal. Au cours du XIXème siècle, la Bretagne est mise à l'écart du développement économique et la Troisième République s'efforce d'humilier le sentiment national breton (cf. l'affaire de Conlie, 1870) et d'éradiquer la langue bretonne. En 1941,Vichy ampute la Bretagne du pays nantais.
Au
XXème
siècle, la culture et le particularisme bretons restent
cependant
vivaces. En 1932, le monument symbolisant l'Union entre la Bretagne et
la France est détruit à Rennes par l'organisation
clandestine
"Gwenn ha du". En 1981, le nouveau pouvoir socialiste en France fait un
pas en faveur de la reconnaissance de la langue bretonne, cependant
jugé
insuffisant par le Mouvement Breton qui réclame plus
d'autonomie,
voire la souveraineté, pour un pays autrefois indépendant
et prospère.
Ceci est une carte de la Bretagne qui date un peu. La preuve qu'elle
date un peu c'est qu'elle représente
Nantes. Or chacun sait que nantes n'est pas en Bretagne. Nantes fait
partie de la région historique des
Pays de Loire. Vous trouverez la description compléte de la
dynastie des rois des Pays de Loire sur
le robuste site
http://www.rois-des-pays-de-loire-de-Pétain-à-Mitterand.bzh
Carte de Bretagne de1690 avec Nantes

(La séparation de Nantes et de la Bretagne est rappelons-le
pour ceux qui l'ignorent
le fait d'un décret du gouvernement de Vichy (Loire
Atlantique(autrefois
nommée "Loire inférieure" et séparée de la
bretagne administrative depuis le décret de Vichy. (30 juin
1941)
)mais chacun sait qu'avoir fait partie
du gouvernement de Vichy n'est pas un obstacle à une grande
carrière dans la Haute Administration
Française)
Un
accord unanime
La carte d’origine, gravée dans son cadre gradué,
était
dédiée en 1771 au duc de Duras (1715-1789), noble et
militaire
de haute lignée alors chargé de l’ordre en
Bretagne.
Elle a été réutilisée par les
députés
bretons pour porter en couleur le tracé des nouvelles divisions
administratives décrétées par l’Assemblée
constituante
entre décembre 1789 et février 1790 : cinq
départements
aux noms géographiques (Finistère, Côtes-du-Nord,
Morbihan,
Ille-et-Vilaine, Loire-Inférieure) et quarante-cinq districts,
définis
autour des bourgades de quelque importance, se superposent aux
évêchés
de l’ancienne province. Seul un léger litige à
l’extrémité
sud-est a fait l’objet d’une brève négociation : «
Il faudra se conformer au tracé indiqué par la ligne
noire.
» Dès le 26 février 1790, avec rapidité et
enthousiasme,
les députés entérinent depuis Paris le nouveau
visage
de la Bretagne, qu’ils valident par leur signature – «
approuvé
la présente carte avec le double d’icelle pour servir de minute
de la division de la province de Bretagne en 5 départements et
45
districts, à Paris, le 26 février 1790 ».
Auteur : Cécile SOUCHON










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Nous remercions Yohann REVERDY de nous avoir autorisé de publier
les textes suivants:
Faits historiques de la Bretagne du XXe siècle
A l'aube de la première Guerre mondiale, les conditions de vie s'améliorent mais le surpeuplement des campagnes provoque l'exode de la population bretonne vers des villes comme Paris ou Nantes. Le résultat de la grande Guerre sera la mort de plus de 100 mille bretons. Cet événement est aussi l'occasion d'un échange d'idées : les Bretons y apprennent à connaître d'autres hommes, d'autres coins de terre, d'autres modes de vie, ce qui contribuera à accélérer les départs vers d'autres régions et villes au lendemain de la guerre.
Quelque
peu mis en veilleuse pendant la guerre, le mouvement breton
connaît
un regain de vigueur dès 1919.Par
la
revue Feiz ha Breiz qu'il dirige et le Bleun Brug qu'il
rénove,
l'abbé J.M. Perrot continue de promouvoir la culture bretonne en
associant foi et langue bretonne.
En 1925, le Gwenn Ha Du
à
champ d'hermines et à neuf bandes fait son apparition. Cet
emblème
(s'ajoutant à l'hymne "Bro Gozh ma zadou") fait suite à
la
parution du journal Breiz Atao (Bretagne Toujours) qui est le
support
écrit de la mouvance indépendantiste.
Faits marquants pendant l'Occupation jusqu'à maintenant
Entre les deux Guerres ,
La masse de la population se tient à l'écart du
militantisme
politique et culturel. Elle vise surtout à intégrer la
culture
française. Cela se traduit par le recul de la langue bretonne,
par
l'abandon au moins partiel du costume traditionnel et par une
préférence
accordée aux musiques et aux danses autres que bretonnes.
En 1940 , pendant l'occupation, Vichy
pour des raisons idéologiques tente d'intégrer le
folklore
de la Bretagne dans un projet culturel, aussi encourage t-il l'essor
des
groupes folkloriques qui s'étaient constitués dans
l'entre-deux guerres. Pour cette raison, la sortie de Guerre fut
difficile : tout ce qui était breton était Breiz-Atao
et donc signifiait la collaboration. A titre d'exemple, le BZH
collé
sur les voitures était passible d'une condamnation au tribunal,
sous De Gaulle.
Au début des années 60, la colère monte chez les paysans (cf la prise de la sous préfecture de Morlaix le 8 juin 61).En effet, pour permettre aux paysans d'être compétitifs au sein de la CEE, les pouvoirs publics leur accordent des subventions et incitent les paysans âgés à céder leur ferme. Dès lors que les cours baissent, les agriculteurs n'hésitent pas à exprimer leur colère par des manifestations souvent violentes.
Les années 70 sont une période où le militantisme breton du FLB et de l'ARB se fait plus ou moins par action violente (attentats contre des bâtiments publics), qui aujourd'hui à réussit à tuer une personne lors de l'attentat de Quevert. D'autre part, on assiste à une augmentation des publications en français ou en breton sur la Bretagne, qu'il s'agisse de livres ou de revues (Ar men).Un important centre de recherche bretonne et celtique (CRBC) est crée a Brest. Plusieurs de ces initiatives sont soutenues par l'institut culturel de Bretagne qui se développe à rennes à partir de 1981.
Les autres évènements marquants furent bien sûr : l'Amoco Cadiz qui s'échoue et déverse 230 mille tonnes de pétrole sur nos côtes. L'Erika prendra la suite en décembre 99. Sinon, en 1994, ce fut l'incendie qui détruisit le Parlement de Bretagne aujourd'hui remis à neuf. Aujourd'hui, la Bretagne s'impose peu à peu à la France par l'intermédiaire de sa musique, de son riche patrimoine. Ainsi, voit-on la multiplication des boutiques vendant ce qui fait la Bretagne (symboles, produits artisanaux, etc.) mais aussi de nombreux sites Internet...

Les
températments
politiques en Bretagne au début du XXème siècle.
D’après
Louis Élégoët, Bretagne – une histoire, CRDP de
Bretagne,
Rennes 1999, p.190.
Exercice


Alain Croix, Presses Universitaires de Rennes : “Bretagne
2100,
identité et avenir”. Rencontre autour de l’histoire en Bretagne.
2004
Histoire: http://www.sciences-ouest.org/default.asp?chaine=/contenu.asp?rub=366
Sciences Ouest : On a le sentiment que l’on ne fait plus,
aujourd’hui,
l’histoire de la Bretagne, comme il y a dix ans ?
Alain Croix : Je pense que ce “tournant” est un peu plus ancien. Je
dirais que tout a basculé il y a vingt ans. Cela a
commencé,
à la fin des années 70, avec toute une
génération
de chercheurs, qui ont réalisé qu’il n’y avait plus
besoin
de faire systématiquement référence à
l’État
français et au nationalisme, mais qu’il fallait devenir plus
scientifique
et rigoureux. C’est ainsi que progressivement, il y a eu une sorte de
“banalisation”
positive de la méthode scientifique qui s’est
éloignée
de la vision nationaliste. Au demeurant, il faut noter que cette
dernière
n’a jamais été universitaire, mais le fruit de militants
ou de gens indépendants.
Sciences Ouest : Qu’est-ce qui a fait le “déclic”, chez les
chercheurs
?
Alain Croix : Je dirais qu’il y a eu alors un besoin d’excellence.
Puisque l’on dénonçait une histoire “militante” et
nationaliste,
il fallait faire mieux, devenir scientifique. J’ai besoin de mon
histoire,
de ma mémoire, mais avec un devoir de vérité. Et
ce
qui est étonnant, c’est que cette prise de conscience n’est pas
le fruit d’individus isolés, ou de leaders. Non, c’est un
travail
collectif qui a concerné toute une génération.
J’ai
beau chercher, je ne vois pas un nom qui se détache. J’en vois
des
dizaines, dont les travaux sont absolument essentiels. C’est
grâce
à tous ces gens qu’en vingt ans, on a entièrement
“refait”
l’histoire de la Bretagne.
Sciences Ouest : Avez-vous quelques exemples des travaux
scientifiques
ainsi réalisés ?
Alain Croix : Il y en a des dizaines…Par exemple, on a clairement et
définitivement établi que, contrairement à ce
qu’affirmaient
certains nationalistes, le rattachement de la Bretagne à la
France
n’a absolument pas entraîné la ruine de la Région.
Bien au contraire. Par contre, on peut affirmer que sous Louis XIV, le
choix de l’État de développer l’agriculture au
détriment
du domaine maritime, a été un très mauvais choix
économique
dont a beaucoup souffert la Bretagne.
Sciences Ouest : Est-ce qu’un jour prochain on pourra enfin travailler sur la période très sensible de la dernière guerre mondiale ?
Alain Croix : Ce travail est déjà en cours depuis une
dizaine d’années ! Pour vous donner un exemple, il y aura
à
l’automne prochain un colloque sur la Guerre à Brest. Il y a
trois
ou cinq ans, une telle idée aurait été absolument
inconcevable !
Sciences Ouest : À vous écouter, on a l’impression que
cet élan n’est pas près de s’arrêter. Parlera-t-on
un jour d’une “École bretonne” d’histoire ?
Alain Croix : Sommes nous à une apogée ? Ou
déjà
sur un déclin ? L’avenir le dira. Mais ce que je peux vous dire,
c’est qu’au niveau du recrutement, mis à part Paris, c’est la
Bretagne
qui fournit le plus gros contingent d’historiens ! Et ceci est une
constante
depuis plus d’une décennie.
Rens. : Alain Croix
Université Rennes 2
Tél. : 02 99 14 17 85
LA BRETAGNE N'A PAS DIT SON DERNIER MOT
Marcel Texier, 2004
Éd.: Yorann Embanner


Bernard Le Nail
Ce DRÔLE DE 19e SIÈCLE EN BRETAGNE
Trinka & Gilles Carrière, 2003
Editions Des Dessins et Des Mots
Kerignan
à commander chez:
Editions Des Dessins et Des Mots
Kerignan
F-29380 Bannalec
Tel.: 0033-2-98 35 40 56
Fax: 0033-2-98 35 42 91

Vers 100000 av J-C: Peuplement
généralisé
de la Bretagne
Vers 4400 av J-C: Développement de l'agriculture
Vers VIe av J-C: Arrivée des Celtes
56 av J-C: Défaite des Vénètes,
occupation
de l'armorique par César
Ve-VIe: Implantation des celtes de Cornouaille
799: Charlemagne annexe la Bretagne
845: Victoire des Bretons sur les Francs.
Indépendance
du Duché
IXe-Xe: Invasions normandes
1341-1365: Guerre de succession
XVe: Règne des Montforts, création de la
première université bretonne
1491: Mariage d'Anne de Bretagne avec Charles VIII
1499: Mariage d'Anne de Bretagne avec Louis XII
1532: Union de la Bretagne et de la France, mais le
duché
conserve ses privilèges
1675: Révoltes urbaines
1718: Complot auquel participe le marquis de Pontcallec
("Que la fête commence")
1789: Les Etats de Bretagne disparaissent et les
privilèges
sont abandonnés
1793-99: Chouannerie
1870: Le camp de Conlie ("L'holocauste breton", Yann
Brekilien)
1940-45: Résistance, et maquis dès 43.
Libération
peu après le débarquement
Du IXème siècle à 1789, la Province est
constituée
de 9 pays ou évêchés.

La Bannière ducale (d'hermine plain)
Historique : Apparue au milieu du XIIIe siècle, ce drapeau est celui des monarques de Bretagne et symbolise la Bretagne jusqu'à l'apprition du Gwenn-ha-du (années 1920).
Symbolique : A l'origine
l'hermine
est un petit annimal, cousin de la belette. En héraldique, c'est
une fourrure qui présentée comme ci-dessus se dit : Champ
d'hermine plein. Le fond blanc étant sa fourrure d'hivers. Le
noir
étant sa queue (moucheture) épinglée en quinconce,
pointes en bas.
A la Révolution Française, la province de Bretagne
a été divisée en 5 départements
( Finistère, Côte
d'Armor, Morbihan, Ille-et-Vilaine
et
Loire-Atlantique.)

Le drapeau Breton : Gwenn-Ha-Du (Pavillon national actuel)
Historique : Dessiné par le jeune architecte rennais, Morvan Marchal dans les années 1920, pour le Parti National Breton. Ce drapeau fût longtemps interdit par l'Etat Français, mais grâce à la volonté du peuple breton, il s'est imposé comme "Le" drapeau breton.
Symbolique : En canton se
trouve
un champ d'hermine, rappelant la bannière des Ducs de Bretagne
(leurs
nombres n'ont aucune signification). Les 9 bandes alternées
noires
et blanches pour le 9 pays historiques. En blanches pour les 4 pays de
Basse-Bretagne : 1)- Bro-Leon / Le Léon, 2)- Bro-Gernev / La
Cornouaille,
3)- Bro-Dreger / Le Trégor, 4)- Bro-Wened / Le Vannetais ; et en
noires pour les 5 pays de Haute-Bretagne ou "Bertaigne gallèse"
: 5)-Pays de Saint-Brieuc, 6)-Pays de Saint-Malo, 7) Pays de Nantes, 8)
Pays de Rennes, 9) Pays de Dol.
Attention,
ce drapeau n'est pas celui de la Région Administrative
"Bretagne"
mais bien celui de toute la Bretagne (5 départements)
Cliquer
ici pour connaître le enjeux de la réunification.
Lire
la 4ème de couverture.

La Gaule


Cartes: http://perso.club-internet.fr/gm_serv/kreabreizh/Cartes-geo.htm

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Source: http://www.britia.com/
23 Décembre 2004 - http://www.britia.com/page.php?id=28
Gwenn-ha-Du fait sauter la duchesse Anne
En ce 7 aout 1932, le "monument de la honte" explose place de la
mairie
à Rennes. L'organisation secrète Gwenn-ha-Du vient de
détruire
le monument de l'Union de la Bretagne à la France,
représentant
la duchesse Anne de Bretagne à genoux devant le roi de France.

Gwen-ha-Du est une petite société secrète
autonomiste
créée fin 1930, à Paris, par l'ingénieur
chimiste
Célestin Lainé. Elle prône l'action directe et
publie
un bulletin confidentiel d'instruction "militaire", sorte de
manuel
du parfait terroriste breton.
En juillet 1932, décision est prise de détruire un monument qui choque nombre de consciences bretonnes. Lainé fabrique une bombe dans sa chambre. Il s'agit d'une boîte de lait condensé remplie de nitroglycérine. Le détonateur est fourni par un débardeur de bois. Le 7 août au matin, le leader de Gwenn-ha-Du place l'engin derrière la tête du roi de France. Deux personnes traversent la place de la mairie, regardent puis s'en vont. Elles se dispenseront par la suite de dire ce qu'elles ont vu malgré les offres de récompense.
La détonation arrache la masse de bronze de sa niche, la projette au sol où elle se brise. Toutes les vitres sont pulvérisées dans un rayon de cent mètres.
L'automne suivant, Gwenn-ha-Du marque à nouveau l'opinion. Le 20 novembre 1932, les Bretons font sauter la voie ferrée à Ingrandes, peu avant que le train officiel du chef du gouvernement Edouard Herriot ne franchisse les marches de Bretagne. Le train s'arrête devant les rails coupés par les charges d'explosifs. Cela n'empêche pas Herriot de se rendre ensuite à Nantes pour célébrer l'acte d'Union de la France à la Bretagne. La commémoration a lieu dans une atmosphère d'état de siège.
Avant et pendant la guerre 39-45, Célestin Lainé prend le parti des Allemands. En 1943, il s'engage auprès des nazis contre la Résistance. Son groupe rassemble une centaine de personnes sous l'appellation de Bezenn Perrot (en référence à l'abbé Perrot, curé assassiné par la résistance communiste). Les soldats de Bezenn Perrot s'enrôlent dans le Sicherheit-Dienst sous uniforme allemand. L'action de Bezenn Perrot a été réduite et n'a duré que six mois. Mais, à la Libération, ces activités collaborationnistes contribueront à jeter l'opprobre sur l'ensemble du mouvement breton.
Olier Mordrel, co-fondateur du Parti autonomiste breton, écrira : "Lainé était un homme étrange. Il était devenu le prophète d'une religion celtique faite à sa mesure, où le racisme nordisant se mariait avec la volonté de puissance nietzschéenne, non sans flirter avec d'inévitables exhalaisons de druidisme romantique". (Olier Mordrel, in Breiz Atao).
Yves Thétiot
Consterné par le retard économique de la Bretagne des
années 1960, scandalisé par le cynisme des partis
politiques,
Jean Bothorel adhère au FLB en 1968. Pour passer à
l'action
directe quelques mois plus tard et vivre l'incarcération en1969.
Etudiant gaulliste bon teint, Jean Bothorel n'aurait pas imaginé
un tel destin.
En 1963, nommé auprès de Raymond Marcellin au
ministère
de la Santé,
il prend conscience du mépris des élites parisiennes pour
le
développement des régions. A l'occasion de contacts
professionnels
avec
les élus bretons, ce Léonard renoue avec une Bretagne
qu'il
avait fini par
presque oublier : " J'ai, enfin, découvert la Bretagne,
étonné,
ici, par sa
pauvreté, là, par sa résignation, ailleurs, par sa
colère ", écrit-il. Une région
qui s'enfonçait dans le sous-développement et personne,
alors,
n'aurait
parié sur son rétablissement ". Et pendant ce temps : "
L'élite
parisienne
continuait de vivre dans le sentiment que tout ce qui éclairait
la planète
était français, et que tout ce qui était
français
était propre à éclairer la
planète ".
En 1965, Jean Bothorel quitte Raymond Marcellin pour le cabinet d'Yvon
Bourges, nommé secrétaire d'Etat chargé de la
recherche
scientifique. Le
député-maire de Dinard crée le mensuel Bretagne
Magazine
et nomme
Bothorel rédacteur en chef. " Sous la tutelle de Bourges,
Bretagne
Magazine ne peut, à l'évidence, s'écarter d'un
conformisme
tranquille,
folklorisant, avec, de-ci, de-là, quelques articles de fond sur
la vie
économique et sociale ". Ce conformisme agacera le
rédacteur
en chef
qui prendra des positions de plus en plus régionalistes et sera
éjecté
quelques années plus tard par Yvon Bourges pour avoir
donné
la parole
au chef de file de l'opposition socialiste en Bretagne, Michel
Phlipponneau.
Journaliste à l'Expansion, Bothorel continuera à militer
au sein de l'Emsav
avec son ami Xavier Graal, pour adhérer ensuite au FLB et
participer
à
deux attentats à la bombe.
Avec " Un terroriste breton " Bothorel apporte un témoignage
éclairant
sur
le " problème breton " des années 60 à 80.
"Un terroriste breton", Jean Bothorel, Calmann-Lévy, 180 pages, 14 euros.
Jean ClamL'importance du monde rural dans la culture bretonne
La
société rurale d'autrefois n'était nullement
figée.
Les techniques évoluaient de même que les costumes, la
musique,
les danses, la façon de vivre sa foi, l'architecture et
même
les paysages. En Bretagne c'était le milieu paysan qui
était
le dépositaire de la musique traditionnelle, c'est lui qui la
façonnait.
Il ne faut pas pour autant oublier le monde citadin. Toutes les petites
villes du Morbihan étaient imprégnées par la vie
rurale.
Aujourd'hui
le monde rurale reste encore un milieu de références ne
serait-ce
que pour le collectage et l'ambiance. Mais les différences
s'estompent
et c'est dans les villes, grandes ou moyennes, qu'ont lieu les
manifestations
culturelles les plus importantes.
Si les dures nécessités de la guerre
39-45 font revivre des pratiques traditionnelles, les gestes
sont
oubliés et les mots de la langue bretonne pour le dire,
d'où
la création de musées.
La standardisation de la culture sur le modèle de la vie
parisienne
situe le niveau de la destruction culturelle de l'espace rural.
Dépositaire
de la tradition rural, du patrimoine oral, l'espace rural voit se
perdre
en quelques dizaines d'années des siècles de
mémoire
collective.
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les textes suivants:
La nuit sainte
"Personne
parmi nos ancêtres n'aurait voulu manquer la messe de Minuit que
l'on appelait en Basse Bretagne : l'Ofernn ar pelgent (la messe d'avant
l'aube).
Qu'il pleuve ou qu'il vente, ils sortent des maisons et s'enfoncent
dans la nuit .Ils ont pris lanternes, bâtons et
s'éloignent
en chantant des noëls.
Avant de partir ils ont pris une collation de crêpes chaudes,
et, comme les trépassés sont toujours présents
à
leur mémoire, ils ont récité une prière
pour
leur paix.
Toujours avant de partir, ils ont allumé la bûche de
Noël,
une bûche spéciale, enrubannée, conservée
souvent
des mois à l'avance. Ils l'ont aspergé d'eau
bénite.
Selon les endroits, elle doit brûler trois ou neuf jours. Les
tissons
seront précieusement conservés toute l'année parce
qu'ils préservent de la foudre, du venin des serpents, purifient
aussi l'eau de pluie.
Et ils marchent, et ils chantent...
Arrivés à l'église qui resplendit de la lueur
des cierges, ils vont à la crêche, y déposent leurs
offrandes : un peu d'argent, un gâteau, du beurre, voire une
corbeille,
un panier d'osier. Offrande modeste, mais toute pleine de bon coeur.
Et c'est ensuite avec le même coeur qu'ils continuent de chanter,
pendant la messe, de vieux noëls, des cantiques bien de chez eux
comme
Ni hoc'h ador, Mabig Jésuz (Nous vous adorons, petit Enfant
Jésus)
ou Péh trouz' zou ar en doar ? (Quel est ce bruit sur la terre
?)
Au retour, on s'attable pour un réveillon assez sobre en
général
: soupe au lard, boudin grillé, fouaces en forme
d'étoile.
Elles aussi, les bêtes, ont leur réveillon : une bonne
ration de foin supplémentaire. Puis l'on va se coucher.
Cette nuit-là n'est pas comme les autres. On l'appelle ann Noz
Santel : la Nuit Sainte."
Extrait de l'Almanach des traditions bretonnes,
Guy Ganachaud éditions Ouest France
MORT DE
PONTCALLEC
(Texte sur la Mort de Pontcallec en
format word)
L'intégralité du texte de la chanson sur le marquis de
Pontcalec
©
Claude Devries: http://www.bretagnenet.com/strobinet/barzaz/poncai2.htm
| Eur werzeen neve zo savet; War markiz Pontkalek eo gret; Diskan War markiz iaouank Pontkalek, Mignon a oa d'ar Vretoned, Ablamour aneo oa deuet, Mignon a oa d'ar Vretoned, D'ar vourc'hizien ne larann ket, A zo atao' kas gwaska re Nemet poan ho diou-vrec'h, noz-de, Laeket en devoa enn he benn Gwarizi-tag d'ar vourc'hizien, -"Otru markiz, et da guhet, |
Un chant nouveau a été composé, il a été fait sur le marquis de Pontcalec; Refrain Sur le jeune marquis de Pontcalec, Il aimait les Bretons, Car il était né d'eux, Il aimait les Bretons, Mais non pas les bourgeois
Qui sont toujours cherchant à nuire A ceux qui n'ont que la peine
de leurs deux bras, jour et nuit, Il avait formé le projet Grand sujet de dépit pour les bourgeois - "Seigneur marquis, cachez vous vite, |
| Pellik zo ema dianket; Evit he glask n'he gaver ket. Eur paour euz ker, o klask he voed, Eur c'houer n'her defe ket gret, Gwel Maria'nn est, de evid de, - "Leret-hu d'i-me, dragoned, - "O klask ar markiz em omp bet; - "Er c'hiz diwar 'mez 'ma gwisket; Glaz he jak, ha gwenn he jupenn; Eunn tokik plouz neudennet-ru; Eur gouriz-ler; diou bistolenn, Gat-han dillad pillou-huan, Mar fell d'hoch-hu roi d'in tri skoet, - "Tri gwennek zo-ken na rimp het, Ne rimp ket zo-ken pemp gwennek, - "Dragoned ker, enn han Doue ! Na et ked d'ober droug d'i-me; Ha hen du-ze, er zal, ouz tol, |
Voilà longtemps qu'il est perdu; on a beau le chercher, on ne le trouve pas. Un gueux de la ville,
qui
mendiait son pain, Un paysan ne l'eût pas trahi, C'était la fête de Notre-Dame des
moissons, jour pour jour, - "Dites-moi, dragons, - "Nous sommes en quête du marquis; - "Il est vêtu à la mode de la campagne; Soubreveste bleue et pourpoint blanc; Petit chapeau de paille tissu de fils rouges; Ceinture de cuir avec deux pistolets Ses habits sont de grosse étoffe, Si vous me donnez trois écus, - "Nous ne te donnerons pas même trois sous, Nous ne te donnerons pas même trois sous, - "Chers dragons, au nom de Dieu ! Ne me faites point de mal, Il est là-bas, dans la salle du presbytère,
à table, |
| - "Otrou markiz, tec'het, tec'het ! Me wel erru ann dragoned !" Me wel ann dragoned erru : - "Me na gredann ked em c'halon, Na gredann ket ve deut ar c'hiz Oa ked he gomz peur-achuet, Hag hen da beg'nn he bistolenn : Ar person koz dal 'm 'her gwelaz, - "Enn hano Doue, ho Salver, Pa glevaz hano hor Salver Hano hor Salver pa glevaz, Rez he galon strakaz he zent; A-ireuz parrez Lignol pa eo, Laret a ree al Lignoliz : Pa eo ebiou parrez Berne, - "Mad-d'hoc'h ! mad-d'hoc'h ! otrou markiz - "Kenavo, bugaligou vad; - "Da belec'h et eta, otrou; - "Me na ouzon ked, Doue'r goar; Ho cherisa en defe gret, Kriz vije'r galon na ranne; Potred-a-vrezel, koulskoude, Ha-pa oa digouet e Naoned, Kondaonet, naren gand tud-par, Da Bontkalek deuz int laret : - "Pez a oa dleet d'in da ober; |
"Seigneur marquis, fuyez ! fuyez ! voici les dragons qui arrivent !" Voici les dragons qui arrivent : - "Je ne puis croire qu'un dragon Je ne puis croire que l'usage soit venu Il n'avait pas fini de parler, Et lui de saisir ses pistolets : Voyant cela, le vieux recteur - "Au nom de Dieu, votre Sauveur, A ce nom de notre Sauveur, A ce nom de notre Sauveur, Contre sa poitrine ses dents claquèrent; Comme il traversait la paroisse de Lignol, Ils disaient, les habitants de Lignol : Comme il passait près de Berné,
- "Bonjour, bonjour, monsieur le marquis : - "Adieu, mes bons petits enfants, - "Et où allez-vous donc, seigneur ? - "Je n'en sais rien, Dieu seul le sait; Il eût voulu les caresser, Dur eût été le coeur qui ne se fût
pas ému; Et cependant les gens de guerre Quand il arriva à Nantes, Condamné, non pas par ses pairs, Ils demandèrent à Pontcalec : "J'ai fait mon devoir; |
| D'ar sul kenta pask, hevlene, Oa kaset kannad da Verne. - "Iec'hed mad d'hoc'h holl, er ger-ma; - "Ma o laret he oferen, Pa oa o vonet d'ar gador, Ne oa ket goest evid he lenn, - "Petra zo c'hoarvet a neve, - "Goela a rann, ma bugale, Maro, perien, neb ho mage, Maro ann hini ho kare, Maro neb a gare he vro, Maro da zaou vloa war-n-ugent, Doue, ho pet out-han truez ! - "Traitour ! ah! Malloz d'id ! Malloz d'id 'ta ! |
Le premier dimanche de Pâques, de cette
année, un messager est arrivé à Berné. - "Bonne santé à vous tous, en ce bourg; - "Il est à dire la grand'messe, Comme il montait en chaire, Il ne pouvait pas la lire, - "Qu'est-il arrivé de nouveau, - "Je pleure, mes enfants, Il est mort, chers pauvres,
celui qui vous nourrissait, Il est mort celui qui vous aimait, Il est mort celui qui aimait son pays, Il est mort à vingt-deux ans, Mon Dieu, ayez pitié de son âme ! - "Toi qui l'as trahi, sois maudit ! sois maudit ! |
jeune
La tradition veut que Pontcallec ait une vingtaine d'années;
en réalité il était agé de 40 ans.
bourgeois
La légende veut que la plus grande partie de la noblesse et
des populations rurales entrèrent dans cette ligue contre la
France.
La bourgeoisie resta seule en dehors du mouvement. Elle était
entièrement
dévouée au Régent.
peine
A cette époque, une résistance à payer les impots
royaux s'était installée en Bretagne, surtout chez les
gentilshommes.
dragons
Face aux mouvements de rébellion et à plusieurs
émeutes,
le Régent avait fait venir en Bretagne plusieurs
régiments
de dragons. En tout, près de 15 000 hommes étaient
commandés
par le Maréchal de Montesquiou.
Lignol
Lignol est un bourg situé à quelques kilomètres
du château de Pontcallec. C'est en effet chez le curé de
Lignol
que s'était réfugié Pontcallec et qu'il fut
arrêté.
Le Recteur fut lui-aussi arrêté.
Partons
Ceci se passait le jeudi 28 décembre 1719, à 6 heures
du matin. L'Histoire dit que le bruit des chevaux avait
réveillé
Pontcallec mais que celui-ci était si misérable que c'est
couché qu'il fut prit. Il n'offrit aucune résistance lors
de son arrestation.
Berné
Le château de Pontcallec est situé sur la paroisse de
Berné. Après son arrestation, Pontcallec fut conduit
à
Guémené-sur-Scorff pour y être interrogé,
puis
le lendemain transferré à Nantes, dans une voiture
escortée
de soldats. Les rencontres avec la population tiennent de la
légende
et sont en contradiction avec le peu d'estime portée au Marquis
par ses paysans.
tombés de derrière les carrosses
C'est le nom breton des parvenus (mot-à-mot : de la queue des
carrosses). Pontcallec et ses complices furent jugés par un
tribunal
d'exception : la Chambre Royale de Justice, mise en place à
Nantes
le 30 octobre 1719 par le Régent et dirigée par un
conseiller
du Régent, Antoine de Castagnéry, non-Breton (il
était
Savoyard), agé de 70 ans.
lettre
Cette lettre qui apprend au Recteur de Berné la mort du Marquis
a été écrite par l'un des pères Carmes qui
ont assisté les condamnés. Tous quatre furent ensevelis
dans
l'église du couvent des Carmes de Nantes.
mort
Pontcallec et ses trois complices furent décapités le
25 mars 1720 à Nantes sur la place du Bouffay.
L'exécution
de Pontcallec fut particulièrement laborieuse.

Une petite partie du chant populaire seulement a été reprise par les différents interprètes. Nous vous proposons le texte de la chanson des Tri Yann ainsi que le texte intégral du Barzaz-Breiz.
L'attachement des Bretons à leur indépendance s'est manifesté dès la colonisation de l'Armorique par les premiers Bretons et s'est prolongé jusqu'à nous. Ce chant populaire évoque la conspiration de Pontcallec.
Elle a servi de support au film Que la fête commence.
Il existe en fait deux Pontcallec : le vrai Pontcallec, le Pontcallec de l'Histoire, décrit avec précision par La Borderie dans sa monumentale Histoire de Bretagne, et celui de la légende, l'être glorifié qui s'est perpétué dans la mémoire des hommes.
La Régence (1715-1723), commencée à la mort de Louis XIV et qui dura la minorité de Louis XV, fut d'abord marquée par une réaction contre le pouvoir absolu de Louis XIV. A partir de 1718, le Régent Philippe d'Orléans revint à des pratiques absolutistes, et la résistance des Parlementaires fut évitée par un exil en province.
A la violation de leurs franchises par le Régent, les Bretons déclarèrent nul l'acte de leur union à la France (1532) : une soixantaine de gentilshommes ratifia le 15 septembre 1718 un "Acte d'union pour la défense des libertés de la Bretagne". Afin d'obtenir l'indépendance absolue, ils demandèrent l'appui du roi d'Espagne Philippe V, à qui la France venait de déclarer la guerre.
Cet acte d'union se transforma en 1719 en ce qu'on appelle la conspiration de Pontcallec.
Clément-Chrysogone de Guer, marquis de Pontcallec, avait quarante ans. Il habitait le château de Pontcallec, entre Guémené-sur-Scorff et le Faouët (Morbihan). Alors que la légende lui donne 21 ans et fait de lui un Saint, l'Histoire le décrit comme un gentilhomme chasseur, viveur et fraudeur : dur, violent, sans scrupule; les châtelains du pays et ses vasseaux le détestaient et se défiaient de lui.
La conspiration échoua. Quatre des principaux chefs, des gentilshommes, furent capturés et jugés : Pontcallec, du Couëdic, Montlouis et Talhouët-le-Moine. Pour éviter une trop grande clémence, le Régent de France ne les fit pas juger par leurs Pairs (le Parlement de Bretagne), comme l'aurait voulu la coutume, mais les livra à une cour martiale présidée par un Savoyard.
Tous quatre furent condamnés à la peine capitale.
Ils furent décapités à Nantes, sur la place du
Bouffay, le 25 mars 1720. L'exécution de Pontcallec fut
particulièrement
laborieuse.
Dans la crainte d'un soulèvement, le Régent avait fait
déployer un grand appareil militaire et ordonné que les
quatre
nobles soient enterrés sans son de cloche ni chant
d'église
dans la chapelle du monastère des Carmes à Nantes.
Le chant populaire est divisé en quatre parties :
Traitour ! ah! Malloz d'id ! Malloz d'id
! Traitour ! ah ! Malloz d'id ! ah !
Toi qui l'as trahi, sois maudit ! sois maudit ! Toi qui l'as trahi,
sois maudit !
ilaine: Éditions Reynald Secher. (Collection Mémoire du Futur.)