Manfred OvermannCliquez ici pour écouter de la musique
Cliquez ici pour écouter de la musiqueJürgen Wagner

"Les Bretons ont chanté leur vie à pleine gorge ou à voix de complainte, pour exalter la joie ou endormir la peine. Ils s'accompagnaient de chansons du berceau à la tombe et toutes les circonstances étaient bonnes pour improviser un véritable journal en couplets"
Pierre Jakez Helias


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Vous pouvez activer vos enceintes, car ce site comporte des SEQUENCES SONORES
 
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Sensibilisation au sujet
Les instruments de la musique traditionnelle en Bretagne - Écoute et exercices de mise en relation avec des photos)

Présentation Power-Point
de Didier Squiban
La danse bretonne et Cyber Fest Noz
Remue-méninges et description d'une image
Lecture d'un texte et exercice de mise en relation

Interview avec Raymond Le Lann
Fiche pédagogique pour exploiter l'interview
Cyber Fest Noz
Écoute de chansons et exploitation d'une interview - Termen
Écoute de sept chansons du groupe Termen
Interview avec le groupe Termen
Fiche pédagogique


Écoute de chansons de
Rozaroun
Écoute de trois chansons du groupe Rozaroun
Dardidjenn
Dardidjenn: Chants de la mer et de la terre - 13 chansons à écouter
Analyse d'une chanson
d'Alan Stivell
Planedenn - le destin
Poème de Yann-Ber Piriou, chanté par Alan STIVELL
Fiche pédagogique pour exploiter la chanson
Écoute et analyse d'une chanson
de Tri Yann
Morvan Lebesque / Tri Yann
La découverte ou l'ignorance
Fiche pédagogique pour exploiter la chanson
Partitions et textes
Articles dans la presse
Écoute de chansons - Tri Yann
La découverte ou l'ignorance mp3
Dans les prisons de Nantes mp3
La jument de Michao mp3
Les filles des Forges mp3
Écoute et étude d'une chanson d'Yvon Etienne
Les petits binious
Fiche pédagogique
Interview avec Yvon Etienne
Fiche pédagogique pour exploiter l'interview

Éoute de chansons et exploitation d'un article de presse - Dom Duff
Straed an amann
Gerioù berr
Setu ar vuhez
Lecture et reconstitution d'un texte
La Légende des Sonérien Du
Écoutez la radio (bretonne)
La radio bretonne
Chansons populaires
La duchesse en sabots - C'était Anne de Bretagne
Ils ont des chapeaux ronds
Gilles Servat L'hymne national breton
Le Barzhaz Breizh, plus de 100 chansons (textes et musique)

Evolution de la musique bretonne depuis le début du XXe siècle

Le cygne - Chanson sur le retour d'exil triomphal du duc Jean IV de Montfort
La mort de Pontcalec 

Histoire de la musique bretonne
La Bretagne en Allemagne

Komz a ran brezhoneg d'am bugale - ha te? Je parle breton à la maison et toi? Le chanteur Gweltaz Ar Fur chante dans sa langue maternelle, le Breton vannetais. Depuis les années soixante-dix il est l'une des figures les plus importantes du paysage musical breton. Né à Vannes en 1950 il prend conscience de sa "bretonnitude" lors de son séjour d'un an à Metz en Lorraine avec sa famille durant l'année 1964. Il commence alors à s'engager politiquement à travers ses compositions qui reflètent la chanson identitaire et revendicative. À l'1âge de 22 ans, en 1973, il lance son premier album, Chants Celtiques. Il s'inscrit dès lors dans la lignée de Gilles Servat, d'Alan Stivell (2) et de Tri Yann les l'ambassadeurs de la musique bretonne moderne.  En 1977 il participe à la fondation des Écoles Diwan, écoles bilingues en breton et français qui, en 1997, ont présenté, pour la première fois des candidats aux épreuves du baccalauréat. Il assure la présidence de Diwan jusqu'en 1980.

Partitions gratuites de musiques de Bretagne

Cliquez ici, puis sur SON MIDI
  Dans les prisons de Nantes, Y'avait un prisonnier, Y'avait un prisonnier
Cliquez ici, puis sur SON MIDI

Que personne ne va voir Que la fille du geôlier, Ah ! Ah ! Ah ! Ah ! Ah ! Ah ! Ah ! Ah !
Partition pour accordéon
http://perso.club-internet.fr/bmarcore/Tine/E346.html
 

Les instruments de la musique traditionnelle en Bretagne
Travail en autonomie / Exercuces de mise en relation

  Présentation de la bombarde (Étymologie, historique, description, extraits, pour aller plus loin)
Son de la bombarde en si b ou en mp3
Son de la bombarde en sol  ou en mp3
Un bon site perso spécialisé sur la bombarde, très bien fait et très complet.

Présentation du binioù-koz (Étymologie, historique, description, extraits, pour aller plus loin):
Son du binioù-koz en si b avec bourdon en do ou en mp3

Connaissez-vous les instruments traditionnels bretons?
- Le biniou (la cornemuse), la bombarde, l'accordéon diatronique, le violon, la clarinette -

Alors faites

l'exercice de mise en relation



Écoutez les instruments
Exercice de mise en relation


La danse bretonne: sensibilisation au sujet


Les danses bretonnes sont des danses de groupe qui se font en chaîne ouverte.

Lecture d'un texte et exercice de mise en relation



Interview de Raymon Le Lann
spécialiste de la danse et des costumes bretons
Fiche pédagogique pour exploiter l'interview

Au cas où vous n'auriez pas le logiciel Real Player, téléchargez-le gratuitement: 
http://www.chip.de/downloads/c_downloads_8832161.html
http://www.winload.de/download/32682/MP3-Player/Real.Player.Gold-10.0.html

Compréhension orale :

01 – Quelle sorte d'atelier Raymond Le Lann anime-t-il sur la place St. Corentin?
02 – Quel est l'objectif que ces cours poursuivent?
03 – Quel aspect de la danse bretonne garantit que tout le monde trouve son compte?

04 – Qui a le droit de participer aux ateliers de danse?
05 – En quoi la motivation des Bretons qui connaissent la danse est-elle différente de la motivation de ceux qui n'y connaissent rien?
06 – Pourquoi certains étrangers font-ils le contraire de ce que Raymond leur dit de faire?

07 – Qu'est-ce qui permet même à ces étrangers-là d'apprendre les danses bretonnes?
08 – Quel exemple souligne le succès des ateliers auprès des participants?
09 – Quelle est l'ambiance qui règne lors des stages d'initiation?

10 – Sur quel sol danse-t-on sur la place St. Corentin? Quel sol serait préférable?
11 – Que fait Raymond le Lann tous les jours avant d'apprendre de nouvelles danses aux participants?
12 – Comparez le niveau des ateliers d'initiation aux ateliers organisés avec les ateliers des confédérations de danse.

13 – Selon Raymond, de quoi le costume et les danses font-ils partie?
14 – A quoi peut-on comparer la présentation des costumes qu'il animera également?
15 – Quel est le sujet de l'université d'été organisée par le Festival?

16 – Quels sont les sujets que Raymond abordera lors de la présentation des costumes?
17 – Quelle envie les explications de Raymond donnent-elles à son interlocutrice? 
18 – Qu'est-ce que la jeune femme reporter souhaite à Raymond quand elle termine son interview?
 

 


L'essor des fest-noz: Un petit peuple d'irrésistible résiste

Remettez dans l'ordre les segments proposés

Cyber Fest Noz du 30 octobre 2004



Revivez sur cette page les meilleurs moments du sixième Cyber Fest Noz du 30 octobre 2004
Chaque extrait est décliné en plusieurs débits différents, à choisir selon votre type de connexion.
EMISSION WEB-TV: [Moyen-débit 128k]:
Quelques moments forts de cette sixième édition du plus grand fest-noz du  monde...

Le clip de présentation Guichen Quartet Ewen-Delahaye-Favannec Black Label Zone Les Frères Morvan
Bagad Cap-Caval Mauras-Lesieur Skolvan Louise Ebrel - Ifig Flatrès .

Musique du groupe Termen
 
Passepied en chaussette
ou 
Sea, 7'x an dro
ou 
Pas de Sept de trèfle
ou 
Plin en trois Sets
ou 
Rides et fossettes
ou 
Mazurka 7 ou 
Les 7 z'amoureux d'Acigné ou 

 

Écoutez: Les 7 z'amoureux d'Acigné - Pas de Sept de trèfleÉcoutez: Dix ans - Le Moulinet d'Acigné (traditionnel)  3'44 (MP3 de 438K)


Interview avec le groupe Termen 
sur Radio CAROLINE 
ou
Interview
Fiche pédagogique pour exploiter l'interview

Compréhension orale :

01 – Quel est l'événement que fêtait le CD "Le Moulinet d'Acigné" ?
02 – Lors de quelles fêtes peut-on voir jouer le groupe Termen?
03 – Quelle est la région où il joue le plus souvent?

04 – Quel est le rôle d'Hubert Jumel dans le groupe?
05 – Combien de musiciens y avait-il au début ?
06 – Depuis quand ce groupe existe-t-il?

07 – Qu'est-ce que le groupe a fait à la sortie du deuxième CD?
08 – Pourquoi a-t-on pris cette décision? (2 raisons)
09 – Quelle est la signification du nouveau nom du groupe ?

10 – Sur quelle activité le répertoire du groupe est-il basé?
11 – Combien de titres y a-t-il sur l'album "Le Moulinet d'Acigné"?
12 – Combien de musiciens y a-t-il maintenant ?

13 – Où sont nés ses membres fondateurs?
14 – De quel instrument joue Thierry Besnard, le chanteur du groupe?
15 – Qui a créé la musique qui devait accompagner le texte "les Septs Amoureux"?

16 – Comment est-ce que Thierry trouve la musique composée par son ami?
17 – Quelle est l’activité à laquelle l’album nous invite ? 
18 – Quand est-ce que le CD sera présenté à Thorigné-Fouillard? 

19 – Dans quel cadre sera-t-il présenté? 

Discussion

Pensez-vous que cette musique puisse plaire aux jeunes ? 

D’après vous, à quel public est-elle destinée ? 

Parlez de vos goûts musicaux. 

Imaginez une vie sans musique.
 


Musique du groupe Rozaroun

 
les filles de questembert ou  suite de loudeac ou  malasevska ou 

Dardidjenn: Chants de la mer et de la terreen téléchargement

L'Ankou Marin
Chantons pour passer le temps
Marion se promène
Les filles de Lorient
La mer et le vent
Dans les yeux d'une got
Mon père me marie
Le jardinier du couvent
Jean-Marie
Les roses d'Ouessant
Le gabier noir

Jean Baron et Christian Anneix: Écoutez



Planedenn - le destin / Quand il faut quitter la maison
Poème de Yann-Ber Piriou, chanté par Alan STIVELL
Fiche pédagogique pour exploiter la chanson

CDs de Alan Stivell

Stivell, Alan: olympia concert (1972)
Stivell, Alan: 1 Douar (1998)
Stivell, Alan: Back to Breizh (2000)
Stivell, Alan: Au-delà des mots (2002)

http://www.bzh.com/keltia/galleg/littrtr/bretagne/xx/piriou/planeden.htm
Planedenn - le destin
Marche dans la steppe bretonne
 Pa rankas dilezel ar ger 
 Ha mont d'ar brezel da bellvro 
 Ar c'hleier galv a vralle taer 
 Ne zeuas ket he gwas en dro 

 Pa'c'h eo aet kuit da seitek vloaz 
 E oa koant 'vel ur rozenn wenn 
 Lizher avat n'eus bet biskoazh 
 He merc'h zo kollet da viken 

 Pa laoskas he mab e barko- 
 Da vont da vervel'vel an tad 
 An drez 'greskas en e brajo- 
 Gant ar balan hag al linad 

 Bugale all aet da Bariz 
 Bevan aman ne oa ket aes 
 Bugale all aet da Bariz 
 Skeud an Ankou zo war ar maez 

 He zi gwechall leun a vuhez
 A zo digor d'an avel foll 
 Ha piv gredo tamall neuze 
 M'he deus gwinardant war an daol ? 

 Arc'hoazh 'vo kaset d'an ospis 
 Hec'h-unan gant he c'halon yen 
 He bugale aet da Bariz 
 Pe da lec'h all n'ouzon ket ken. 

 Kredit achanon, kompagnunez 
 Evit dastum o fezhiou aour 
 Un toullad mat an aotronez 
 A oar ober teil gant ar paour

Versione italiano (dalla traduzione francese) di Paolo Sollier 
                                    Quand il dut quitter la maison 
                                    Et s'en aller a la guerre dans un pays lointain 
                                    Les cloches sonnaient violemment 
                                    Son homme ne revint jamais. 

                                    Quand elle est partie a dix-sept ans 
                                    Elle était jolie comme une rose blanche 
                                    De lettre elle ne reçut jamais 
                                    Sa fille était perdue pour toujours 

                                    Quand son fils laissa ses barques 
                                    Pour aller mourir comme le père
                                    Les ronces poussèrent dans ses champs 
                                    Avec le genet et l'ortie. 

                                    Les autres enfants sont partis a Paris 
                                    Vivre ici n'était pas facile 
                                    Les autres enfants sont partis à Paris
                                    L'ombre de la Mort s'étend sur la campagne 

                                    Sa maison autrefois pleine de vie 
                                    Est ouverte au vent fou 
                                    Et qui osera lui reprocher 
                                    D'avoir de l'eau de vie sur la table ? 

                                    Demain elle sera envoyée a l'hospice 
                                    Toute seule, le coeur glacé 
                                    Ses enfants partis à Paris 
                                    Ou ailleurs je ne sais plus 

                                    Croyez-moi, camarades 
                                    Pour rassembler leurs trucs en or 
                                    Une bonne partie des Messieurs 
                                    Savent faire du fumier avec les pauvres.

Né en 1937 à Lannion, Yann-Ber Piriou a écrit entre autre plusieurs études (Usage spontané et usage littéraire du Breton, Les Temps Modernes, septembre 1973) et surtout de Défense de cracher par terre et de parler Breton, anthologie bilingue de la poésie militante de 1950 à 1970 et essai sur la langue et la littérature bretonnes. Il a également écrit des essais, des critiques et des recueils de poésie (Ar mallozhioù ruz,...)
 
Exercice: Reconstituez le texte en mettant les segments proposés dans l'ordre

« Planedenn - le destin «
 ou
« Quand il faut quitter la maison »
(Poème de Yann-Ber Piriou, chanté par Alan STIVELL)

Sensibilisation au sujet :

• Quelles sont les idées que vous associez au mot destin ? 
• Essayez d’en donner une définition.
• Formulez des hypothèses sur le contenu du poème à partir du titre.

Après la première lecture / écoute du poème :

• Relevez toutes les expressions se référant au champ lexical du départ et de l’abandon ; puis décrivez l’atmosphère du poème.

Sujets d’étude :

1. Quel est le personnage central de ce poème ? Dites pourquoi en relevant les éléments grammaticaux et lexicaux qui le montrent.
2. Imaginez les raisons qui ont poussé l’homme à quitter la maison. Pensez-vous qu’il fut contraint à quitter la maison ou est-il parti de son propre gré ?
3. Dans quel pays est-il parti éventuellement ? Formulez des hypothèses en tenant compte des différentes guerres (aussi coloniales) entre la France et les autres pays.
4. Pourquoi les cloches sonnaient-elles si violemment ?
5. Pourquoi la fille est-elle comparée à une rose blanche ?
6. Pourquoi et où est-elle partie ?
7. Quel changement a entraîné le départ du fils ?
8. Quel est le point commun entre les plantes énoncées dans le poème ?
9. Pourquoi les autres enfants sont-ils partis aussi ? Pourquoi à Paris ? Énumérez plusieurs raisons en imaginant ce à quoi ils aspirent.
10. Quelles en ont été les conséquences pour la maison de la mère et pour la Bretagne en général ?
11. Que ressent la mère et comment réagit-elle ?
12. Où finira-t-elle ses derniers jours ?
13. Qui parle dans la 7ème strophe ?
14. Qui sont les« Messieurs »  et quels sont les reproches qu’on leur fait ?
15. Interprétez le dernier vers et le titre de la chanson.

Créativité :
1. Rédigez une lettre que le soldat a envoyé à sa famille avant de mourir.
2. Imaginez comment cet homme a trouvé la mort ?
3. Imaginez une lettre de Paris adressée à la mère.
4. Imaginez un dialogue entre la mère et la fille qui revient au bout de 20 ans.
5. La mère envoie une lettre à Paris pour qu’un de ses enfants revienne l’aider à la maison.
6. Imaginez un dialogue animé entre la mère et son dernier enfant, la mère voulant à tout prix le convaincre de ne pas la laisser seule. Puis jouez la scène.
7. Imaginez et concevez une affiche publicitaire pour encourager les hommes bretons à partir en guerre.
8. Imaginez et concevez un tract de propagande breton contre le départ des hommes à la guerre.

Fiche pédagogique pour exploiter la chanson

http://www.alan-stivell.com/
Alain Stevell

http://perso.wanadoo.fr/siteas/fenetres.htm

Né en 1937 à Lannion, Yann-Ber Piriou, Grand prix des écrivains bretons, est maître de conférences en celtique à l'Université de Rennes II. Yann-Ber Piriou a écrit entre autre plusieurs études (Usage spontané et usage littéraire du Breton, Les Temps Modernes, septembre 1973) et surtout la Défense de cracher par terre et de parler Breton, anthologie bilingue de la poésie militante de 1950 à 1970 et Essais sur la langue et la littérature bretonnes. Il a également écrit des essais, des critiques et des recueils de poésie (Ar mallozhioù ruz,...). Alan Stivell a retenu deux de ses poèmes sur l'album E Langonned.



 
MorvanLebesque
extrait du texte "Comment peut on être breton ?  Essai sur la Démocratie française" (Editions du Seuil, 1970),
repris par le groupe Tri Yann  (site officiel)
dans leur chanson "La découverte ou l'ignorance", 1976.
Fiche pédagogique pour exploiter la chanson
Musique mp3
Nous remercions Eric DOLL, l'administrateur du site de Tri Yann, et Jean Chocun de nous avoir autorisé à utilisier des chansons issues de leur répertoire dans un but pédagogique.
LA DECOUVERTE OU L'IGNORANCE, texte de Morvan Lebesque tiré de "Comment peut-on être Breton" (essai sur la démocratie française) Editions du Seuil  / musique Tri Yann (droits réservés).Musique mp3

Sensibilisation au sujet


tremen-hent Golo.jpg (33438 octets) tremen-hent Golo.jpg (33438 octets)

                       

"Réponses à une enquête: "Que représente dans votre vie personnelle le fait d'être breton ?"
Aline, 34 ans. Agricultrice à Plounez : "On aurait pu naître ailleurs."
Annaïck, 42 ans. Institutrice, épouse de marin-pêcheur à St-Quay-Portrieux : "J'y suis attachée. Je ne le revendique pas mais j'en suis contente."
Bernard, 53 ans. Agriculteur à Binic : "On est breton, mais on pourrait être d'une autre région, ce serait la même chose."
Briec, 32 ans. Marin-pêcheur à Plouézec : "Ma raison de vivre !"
Christian, 48 ans. Agriculteur à Plourhan : "Je suis fier d'être breton, mais je pense que si j'étais né en Corse ou en Irlande, ce serait pareil."
Claude, 55 ans. Marin-pêcheur à Loguivy : "Une identité spéciale, de force de caractère."
Daniel, 41 ans. Marin-pêcheur à Loguivy : "Habiter dans une région qu'on aime."
Édith, 39 ans. Épouse de marin-pêcheur ; vend le poisson pêché par son mari à Loguivy : "La fierté des racines."
Fañch, 40 ans. Marin-pêcheur à Loguivy : "Breton, oui, mais sans plus."
Françoise, 33 ans. Épouse d'agriculteur ; vient de cesser de travailler sur l'exploitation ; cherche un emploi d'ingénieur à Ploubazlanec : "Pour moi, c'est une racine, c'est un pays que j'aime."
Gaël, 63 ans. Marin-pêcheur retraité à Paimpol : "J'en suis très fier."
Gérard, 55 ans. Chef d'entreprise à St-Quay-Portrieux : "Ça représente que vivre en Bretagne, c'est formidable !"
Hélène, 42 ans. Épouse de marin-pêcheur ; tient des chambres d'hôte à Loguivy : "Ça ne change pas grand-chose, à part que j'ai l'accent breton."
Hervé, 34 ans. Agriculteur à Plourhan : "Rien de spécial a priori. C'est surtout vis-à-vis de l'extérieur."
Isabelle, 35 ans. Agricultrice à Plounez : "On est fier, d'abord, d'être breton."
Jacques, 48 ans. Chef d'entreprise à Paimpol : "Pour moi, c'est quelque chose d'essentiel."
Jean, 20 ans. Étudiant en BTS agricole à Paimpol : "Pour moi, c'est un plus !"
Joël, 46 ans. Marin-pêcheur à Étables-sur-Mer : "Moi, j'ai travaillé longtemps à l'étranger. Le fait d'être breton, ça a apporté quelque chose."
Laurent, 55 ans. Chef d'entreprise à Paimpol : "Là où j'ai souvent été fier d'être breton, c'est parce que j'ai beaucoup voyagé."
Loïc, 57 ans. Chef d'entreprise à Paimpol : "Je suis heureux d'être breton et ça s'arrête là."
Marie, 46 ans. Chef d'entreprise à Kerfot : "C'est une question très importante, parce que ce sont mes racines."
Monique, 48 ans. Épouse de marin-pêcheur ; vend le poisson pêché par son mari à St-Quay-Portrieux : "C'est une région un petit peu à part."
Nicolas, 41 ans. Agriculteur à Plounez : "C'est une fierté ! Parce que, être breton, ça veut dire avoir des choses derrière nous."
Nicole, 34 ans. Épouse de marin-pêcheur ; vend le poisson pêché par son mari à Loguivy : "On est fière de l'être et c'est un plaisir d'habiter en Bretagne."
Odile, 29 ans. Épouse de marin-pêcheur ; vend le poisson pêché par son mari à Loguivy : "Je n'ai jamais  pensé à ça. Ça ne me dérange pas."
Paul, 38 ans. Agriculteur à Plounez : "Moi, je me situe plutôt français que..."
Philippe, 54 ans. Chef d'entreprise à Paimpol : "Il est vrai que je suis breton avant d'être français. C'est certain."
Pierre, 46 ans. Agriculteur à Plounez : "C'est déjà se sentir un petit peu différent des autres. Le fait d'être breton n'existe que parce qu'on veut bien."
Roger, 47 ans. Chef d'entreprise à Étables-sur-Mer : "C'est beau, on est un peu différent des autres, on a un sang qui est plus pur, si on peut dire !"

Trois sortes de Bretons


 
Écoute de la chanson

La Découverte ou l'Ignorance par Tri Yann
Musique mp3

Le breton est-il ma langue maternelle ?
Non, je suis né à Nantes où on ne le parle pas...
Suis-je même breton?
Vraiment je le crois, mais de
pure race ? qu'en sais-je et qu'importe...

Séparatiste ? Autonomiste !? Régionaliste ?.. Oui et non, ... différent.

Mais alors vous ne comprenez plus !
Qu'appelons-nous être breton ? et d'abord,
pourquoi l'être ?!

Français d'état civil, je suis nommé français,
j'assume à chaque instant ma situation de français !

Mon appartenance à la Bretagne n'est en revanche qu'une qualité facultative que je puis parfaitement renier ou méconnaître... 
Je l'ai d'ailleurs fait, j'ai longtemps ignoré
que j'étais breton...

Français sans problème, il me faut donc vivre la Bretagne en surplus, ou, pour mieux dire,
en conscience...

Si je perds cette conscience, la Bretagne cesse d'être en moi. Si tous les bretons la perdent, elle cesse absolument d'être...

La Bretagne n'a pas de papiers;
elle n'existe que si à chaque génération
des hommes se reconnaissent bretons !

A cette heure,
des enfants naissent en Bretagne...
Seront-ils bretons ?
Nul ne le sait.

A chacun, L'âge venu, La Découverte; Ou l'Ignorance..

Morvan Lebesque, extrait du texte "Comment peut on être breton ?  Essai sur la Démocratie française" (Editions du Seuil, 1970), repris par le groupe Tri Yann dans leur chanson "La découverte ou l'ignorance", 1976.
 

"La découverte ou l'ignorance"? 
Extrait de l'essai publié par Morvan Lebesque en 1970, « Comment peut-on être breton, essai sur la démocratie française.  « 
Ce texte tout comme la chanson qui en a été tirée, figure dans de nombreux sites liés à la Bretagne ou d'autres 
régions aux caractéristiques culturelles toujours fortes, et pour cause... Il peut s'adapter à toute culture.

**********

Le breton est-il ma langue maternelle? Non : je suis né à Nantes où on ne le parle pas… Suis-je même breton? vraiment je le crois. Mais de " pure race ", qu'en sais-je et qu'importe… Séparatiste ? Autonomiste ? Régionaliste ? Oui et non : différent. Mais alors vous ne comprenez plus. Qu'appelons-nous être breton ? Et d'abord, pourquoi l'être ? Français d'état civil, je suis nommé français, j'assume à chaque instant ma situation de français : mon appartenance à la Bretagne n'est en revanche qu'une qualité facultative que je puis parfaitement renier ou méconnaître. Je l'ai d'ailleurs fait. J'ai longtemps ignoré que j'étais breton… Français sans problème, il me faut donc vivre la Bretagne en surplus, ou, pour mieux dire, en conscience : si je perds cette conscience, la Bretagne cesse d'être en moi ; si tous les bretons la perdent, elle cesse absolument d'être. 
La Bretagne n'a pas de papiers. Elle n'existe que si à chaque génération des hommes se reconnaissent bretons. A cette heure des enfants naissent en Bretagne. Seront-ils bretons ? Nul ne le sait. A chacun l'âge venu, la découverte ou l'ignorance… 

Vous êtes invités à télécharger le fichier MP3 (2,89 Mo) de la chanson des Tri Yann ( http://www.triyann.com )


Exercice:
Reconstituez le texte en mettant les segments proposés dans l'ordre
Texte à trous / Version bTexte à trous Écoutez et/ou lisez le texte, puis complétez les espaces et cliquez sur correction.
 
Sujets d’étude :

1) Est-ce qu’à l’origine on parlait breton à Nantes ? (cf. carte)
2) Quand est-ce que Nantes à été rattaché à la Loire Atlantique (cf. carte et texte en annexe)
3) Quelle est la problématique posée dans ce texte ?
4) Que révèlent les nombreuses interrogations et exclamations sur la personnalité de l’auteur ?
5) Dans quelle mesure est-il légitime d’avoir porté ce texte en chanson ?
 
6) Selon le texte, qu’est-ce d’être français ? Citez et commentez. 7) Qu’est-ce qu’est la conscience bretonne ? Citez le texte et commentez.

8) Est-ce que la conscience bretonne est en contradiction avec le fait d’être français ? Expliquez pourquoi.
9) Analysez la définition des mots « séparatiste, autonomiste, régionaliste » ci-dessous, puis interprétez la phrase « Séparatiste ? (…) Oui et non, … différent. »

Séparatiste : personne qui réclame une séparation d’ordre politique, l’autonomie par rapport à un État. Mouvement séparatiste.

L’autonomiste (nationaliste) : personne qui réclame le droit de se gouverner par ses propres lois, souveraineté, l’autonomie de la volonté (Kant).

Régionaliste : tendance à conserver ou à favoriser certains traits particuliers d’une région. Système donnant aux régions une certaine autonomie. Décentralisation à l’échelle politique, économique et administrative. Lutter contre la tendance à la centralisation.

10) Lisez la biographie de Morvan Lebesque ci-dessous et exposez les étapes les plus importantes de sa vie.
11) Definissez les mots soulignés, puis essayez d’expliquer ce que Morvan Lebesque entend par « la Bretagne est une colonie de l’intérieur » qui est « travestie en folklorepuéril » ?
12) En quoi consite  « l'antagonisme fondamental entre l'individu libertaire et l'état jacobin, centraliste et 
niveleur » ?
13) Selon votre avis ou expérience, est-ce qu’un professeur d’école / de lycée peut être démis de ses fonctions à cause de ses convictions ou ses activités politiques ? Qu'en pensez-vous?
14) Commentez la mort de Morvan Lebesque au Brésil.

Travaux d’écriture :
15) Interprétez en une dizaine de lignes le titre « La Découverte ou l’Ignorance ».
16) Qu’adviendra-t-il de la Bretagne si l’ignorance prévaut sur la découverte ?
17) Traitez en une quinzaine de lignes le problème de la double identité en vous référant à d’autres cultures et groupes ethniques (ex. la francophonie / les immigrés) et faites une comparaison avec le cas de la Bretagne.

Discussion:
Nul doute, comme vous pouvez le constater, que ce texte peut s'appliquer à de nombreuses situations similaires en ne changeant que les concepts "France" et "Bretagne". Imaginez un autre contexte pour discuter du problème!

Le Conseil Régional de Bretagne et le Département de Loire-Atlantique ont obté pour la réunification et contre le "Grand Ouest". En fait la partition de la Bretagne, de 1941 par les fascistes, puis en 1972 par l'administration française, n'a jamais été acceptée par les bretons ! Mais les choses bougent ...

Biographie de Morvan Lebesque

Né à Nantes, capitale de la Bretagne, le 21 janvier 1911, Morvan LEBESQUE mena ses études secondaires au lycée Georges-Clémenceau. A 15 ans, il découvrit que sa nation, la Bretagne, est une colonie de l'intérieur, privée de son histoire, de sa langue, travestie en folklore puéril. Appliquant cette découverte au reste de la France, il perçoit l'antagonisme fondamental entre l'individu libertaire et l'état jacobin, centraliste et niveleur.

Il essaya d'enseigner. Mais nommé instituteur à l'école de garçons de Saint-Joachim (Loire-Inférieure), il est révoqué le 15 mars suivant pour déli d'opinion. Deux de ses collègues, MM. Rousseau et Gaudant, ont en effet rédigé un long rapport sur son activité politique auprès de l'inspection académique. Morvan Lebesque était en effet depuis longtemps membre du PAB. En 1930, il dirigera même la fédération nantaise. Mais a-t-on jamais vu un enseigant être radié des rangs du corps enseignant pour être membre du PS ou du RPR ?

Lorsque le PAB disparaît, en 1931, il rallie les rangs du Parti nationaliste intégral de Théophile Jeusset (Breizh da Zont). Lorsque ce groupuscule (huit membres !) se désintègre, il se détourne momentanément du problème breton.
Il mena différents métiers avant de devenir journaliste: critique de théâtre, de cinéma et de télévision. En 1940, il adhère au PNB. Olier Mordrel lui confie durant deux mois la rédaction du journal 'L'Heure bretonne. J'ignore quel fut son parcour personnel durant les années suivantes. La Libération le voit renouer avec le journaliste. En 1952, il devient chroniqueur politique au Canard enchaîné. Il collabora également à l'Express. Il  publia de nombreux reportages dans ces journaux.

Il mourut au Brésil en juillet 1970 au cours d'une tournée de conférences sur la culture bretonne.

Pour allez plus loin:

En référence au texte de Morvan Lebesque

COMMENT PEUT ON ETRE BRETON (ET FRANCAIS) 
EN 1998 ?

« Comment peut-on être Breton ?», écrivait Morvan Lebesque, dans un livre phare publié il y a maintenant 25 ans.

La Honte de soi, a longtemps été le sentiment qui caractérisait beaucoup de Bretons d'un certain âge ne trouvant pas leur place dans une société française qui leur était sur bien des points étrangère et qui les méprisait.

Honte de ne pas bien parler le français, honte d'avoir un accent breton, honte d'avoir, collectivement, une réputation d'ivrogne, etc...

Nous sommes passés, en une génération, d'une identité négative à une identité positive.

Le changement est récent . Il est venu progressivement depuis les années 60-70.

Sur le plan culturel, le mouvement revendicatif d'après 1968 a joué un rôle indéniable. Des artistes comme Alan Stivell ont fait reconnaître la musique bretonne. Le livre de Morvan Lebesque, celui de Per Jakez Hélias, « le Cheval d'Orgueil », ont donné une image positive de la Bretagne. Les artistes et écrivains ont revendiqué leur identité.

Repli tribal ou simplement aspiration d'un nouveau lien social, fondé sur la redécouverte de l'identité bretonne. De plus en plus de personnes revendiquent aujourd'hui la reconnaissance de leur culture et de leur histoire , tout en se reconnaissant pleinement dans une communauté française elle même ouverte sur l'Europe.

Les exemples d'autres pays de l'union europénne montrent que cela est aujourd'hui parfaitement possible : Lombardie, generalitat de Catalogne, pays de Galles ....

<>A l'aube du XXI siècle , à la veille de l'unfication monétaire de l'europe, il faut se remémorer les idées d'Ernest RENAN : Une nation n'est ni le fruit de l'hérédité , ni de la géographie, ni d'une religion, ni d'une langue mais le résultat de la volonté de vivre ensemble. Un résultat par nature fragile et soumis à un plébiscite permanent .  
http://perso.wanadoo.fr/brezhoneg/peanos.html#ANCREBRETON
PENAOS BEZAÑ BREIZHAD (HAG GALL) ER BLOAVEZH 
1998 ?

« Penaos e c'heller bezañ breizhad ?» , a skrive Morvan Lebesque e barzh ul levr a zo bet embannet 25 vloazh zo .

Kaout mezh o komz o yezh a oa trivliad kalz a vretoned hag a oa war an oad ha ne gavent ket o flas e-barzh ar gevredigezh c'hall. Fall e oa hounnez evito ha leun a zispeiz ivez.

Kaout mezh o komz galleg fall, kaout mezh o kaout ur pouezh-mouez brezhonek, kaout mezh o vezañ brudet da vezañ ur mezvier....

Ur skeudenn fall a zo deuet da vezañ un skeudenn vad en ur remziad.

Ur cheñchamant nevez eo. Tamm ha tamm eo deuet abaoe ar blovezhioù 60 ha 70.

Poezus-tre eo bet an emsav sevenadurel goude ar bloavezh 68. Arzourien evel Alan Stivell lakaet sonerezh Breizh da vezañ anavezet gant tud all. Levr Morvan Lebesque, hini Per Jakez Helias, o deus lakaet Breizh da vezañ brudet. 

Barzhed hag skrivagnerien o deus embannet o fersonelezh.

Kiladenn ur meuriad pe c'hoant kavout ul liamm nevez, diazezet war ar c'hoant da zizoloiñ en-dro an hevelebiezh vrezhonek. Muioc'h-muiañ a dud a stourm evit anaoudegezh o sevenadur hag o histor. Met ul lodenn eus Frañs int ivez, digoret war Europa.

Skouerioù eus broioù all Unvaniezh Europa ziskouez ez eo possubl : Bro-Lombardi, Bro-Gatalogn, Bro-Gembre....

E deroù ar c'hentañ kantved warn ugent hag unvanadur ar moneiz e Europa, eo ret kaout soñj eus mennozhioù Ernest RENAN : "N'eo ket ar vroad frouezhenn an herezh, nag hini an douraoniezh , ar relijion pe ar yezh met frouezh ar volontez da vevañ asamblez .

Bresk eo an frouezhenn mañ ha sujet da vezañ votet bep gwech adarre.

Montesquieu s'interrogeait pour savoir " Comment peut-on être persan ? " En 1970 le talentueux et regretté journaliste du Canard Enchaîné Morvan Lebesque  publiait " Comment peut-on être breton ? ", et plus près de nous encore, l'intellectuel français Alain Finkielkraut prenait la France à rebrousse poil, en signant un vigoureux " Comment peut-on être croate ?"

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Contrastes bretons: « Qu’est-ce qu’une culture régionale aujourd’hui ? »
(Communication aux journées d’études de l’IDEMEC par  Ronan Le Coadic, Aix-en-Provence, Maison méditerranéenne des Sciences de l’Homme, 15 au 16 juin 2001.)

http://www.bzh.com/keltia/galleg/littrtr/bretagne/xx/lebesque/emsav.htm
Il arrive que mes amis me reconnaissent Breton. Avec mille subtilités dont je serais bien incapable, ils établissent des rapports entre mon pays d'origine et mon aspect physique, mon caractère: "Ah, concluent-ils en riant, vous êtes bien Berton, vous!" Mais que j'affirme être Breton; que j'évoque au présent une terre, une langue; que je concrétise et donc justifie cette différence qu'ils m'ont reconnue, aussitôt les visages se ferment. Toute la Bretagne! annonce une publicité du Figaro; et au-dessous: Souvenirs, ouvrages sur la voile. Le subconscient français s'en tient à peu près à ce folklore. La Bretagne ne figure plus pour lui qu'une valeur sans encaisse, un signe, d'ailleurs plutôt bon,mais relevant d'"influences mystérieuses" et ne donnat lieu qu'à un portrait horoscopique du genre: le Breton est honnête, courageux, fidèle. Mauvaise tête et bon coeur, il doit se méfier de ses emportements, etc.. Je suis donc Breton, mais dans l'astral, comme on est bélier ou Vereau.
Breton tout moral, me voilà donc privé d'un doirt élémentaire, la revendication. Certes le Breton revendique, et parfois même avec éclat, comme à Quimper; mais en tant que paysan ou prolétaire vivant en Bretagne ou, comme on dit, dans l'"Ouest": en tant que Breton, jamais. La revendication bretonne -j'entends, la revendication ethniquen culturelle- est en effet, tacitement irrecevable. La plus timide ne trouve en façe d'elle qu'un adversaire buté.C'est encore trop dire, elle ne rencontre personne. Pour servir une cause que je croie juste, il me suffit d'alerter un de ces défenseurs attitrés du droit qu'on appelle humaniste ("un humaniste au sens où on l'entend aujourd'huis, je veux dire un homme aveuglé par de courtes certitudes.", Camus): cet homme de rigueur m'écoutera avec un pieux intérêt s'il s'agit d'un déni de justice aux antipodes; mais si je lui parle de la Bretagne, fut-ce en revendication annexe, à inscrire tout en bas des autres, à ne pas, simplement, oublier, je le sentirais étonné, tombant de son haut, comme si je l'entretenais d'évènements aussi abstraits qu'une révolution de palais dans la ville d'Ys. Je produits des faits, des chiffres; j'invoque des raisons, qui sont ses raisons; je l'adjure au moins d'en discuter, car enfin, il s'agit de la condition faites à trois millions d'hommes vivant à 400 kilomètres de chez lui; peine perdue, "ce n'est pas, me dit-il, la même chose". Il me rira au nez, raccrochera. Tout au plus me jettera-t-il quelque objection classique que je me préparais à réfuter: "A l'heure où les frontières s'écroulent, vous voulez donc en ajouter", etc. Je le savais, j'ai l'habitude. Toute cause doit affirmer sa raison, son droit; la cause bretonne doit en plus réintégrer l'histoire. Patiemment, mot à mot, franchir cet écran de censure à partir de quoi on co-signe avec M. Sartre - on est en bref de son temps.

C'est par exemple avec une réprobation discrète qu'une partie, d'ailleurs infime, de l'opinion apprend périodiquement l'existence de campagnes en faveur du Breton. D'abord, parce que personne n'imagine la ville d'Ys capable de dire téléphone ou télévision dans sa langue -elle le dit, et mieux qu'en français, j'y reviendrais; ensuite parce que ces pétitions, bien qu'émanant entre autres d'enseignants laïques, d'étudiants socialistes et de dirigeants locaux du PSU et de la FGDS, ne peuvent être que d'inspiration foncièrement droitière et cléricale, tout de même que quiquonque milite pour la Bretagne, avec ou sans plastic, ne saurait être qu'un chouan. Qu'il y est une gauche en Bretagne, chacun l'admet. A une condition: que ce soit en effet une gauche en Bretagne et non une gauche bretonne, qu'elle ait le même programme qu'à Lilles ou Carpentras. Droite et gauche française se rejoignent d'ailleurs sur un point: la question bretonne est une affaire de choux-fleurs. S'ils se vendent bien, pas de problème; qu'on implante une usine à Landerneau, ce livre n'a plus de raison d'être; une autoroute à Brest, voilà mon âme comblée. Si j'insiste, je témoigne, soit d'une noire ingratitude ("Après tout ce qu'on fait pour vous!"), soit d'une bizzarerie douteuse ("Mais puisque vous êtes français!"). Compulsez les tonnes d'imprimés publiés depuis trois ans sur la Régionalisation: vous y trouverez toutes les rubriques, sauf une, la personnalité culturelle. Vous saurez après un long débat, pièces en main, quelle vocation agricole ou industrielle, quel complexe sidérurgique, quelle voie férrée ou fluviale commandent le tracé d'une région ici ou là, mais nulle part que cette région peut avoir quelque chose à dire selon son verbe et sa pensée. Etrange omission pour un pays qui se prétend serviteur de l'Esprit! (...) Quand au pouvoir, le dialogue avec lui tourne carrément à la farce. "Pour être comprise par tout le monde, l'émission en langue bretonne sera désormais faite en français" annonce sans rire le ministre de l'Information au député de Lorient Roger VITTON qui l'interreogeait sur la culture régionale à l'ORTF (avril 1969). Au lendemain du discours de De Gaulle à Montréal, un des pétitionnaires de Breton crut opportun de rappeler l'affaire du Québec pour justifier les droits de sa langue. "Vous invoquez l'exemple québécois, lui répondit le fonctionnaire de service. Mais à quel titre? Est-ce qu'on vous empêche, vous, de parler français?"

Ce trait superbement gaullien mérite qu'on s'y arrête. Gaullien? Justement non, car la quasi-totalité des français n'auraient pas fait d'autre réponse, et vous qui me lisez ne m'en faites pas d'autre en ce moment. Vous aussi me rémpliquez: Est-ce qu'on cous empêche, vous, de parler français?" Et c'est vrai, qui m'en empêche? N'est-ce pas en français que j'ai été élevé, instruit, que je m'exprime, que j'écris ce livre? N'est-ce pas la langue française que depuis quarante ans j'essaye de pratiquer de mon mieux? Allons plus loin: le Breton est-il ma langue maternelle? Non : je suis né à Nantes où on ne le parle pas. Est-ce que je le parle? Rarement, et pas assez bien pour l'écrire. Suis-je même Breton? Vraiment, je le crois et m'en expliquerai. Mais de "pure race", qu'en sais-je et qu'importe? Vous n'êtes donc pas raciste? - Ne m'insultez pas. - Séparatiste? Autonomiste? Régionaliste? - Tout celà, rien de celà. Au-delà. - Mais alors, nous ne nous comprenons plus.

Qu'appelez-vous Breton? Et d'abord, pourquoi l'être? Question nullement absurde. Français d'état-civil, je suis nommé français, j'assume à chaque instant ma situation de Français; mon appartenance à la Bretagne n'est en revanche qu'une qualité facultative que je puis parfaitement renié ou méconnaître. Je l'ai d'ailleurs fait. J'ai longtemps ignoré que j'étais Breton. Je l'ai par moment oublié? Français sans problème, il me faut donc vivre la bretagne en surplus ou, pour mieux dire, en conscience : si je perd cette conscience, la bretagne cesse d'être en moi; si tous les Bretons la perdent, elle cesse absolument d'être. La Bretagne n'a pas de papiers. Elle n'existe que dans la mesure où, à chaque génération, des hommes se reconnaissent Bretons. A cette heure, des enfants naissent en Bretagne. Seront-ils bretons? Nul ne le sait. A chacun, l'âge venu, la découverte ou l'ignorance"

Mais par un juste retour des choses, cette identité qu'on nous dénie retrouve une rigueur qui manque aux cartes officielles. Explusés du cadastre, nous méditons par force cette conscience en nous. Comment peut-on être Breton? On ne le peut pas. Et pourtant nous le sommes. Il nous faut dont perpétuellement nous interroger, à moins de vivre sans nous comprendre; au fonds de nous, nous découvrons cette différence surprenante; nous l'analysons, nous en débattons; elle devient une expérience -et la mienne, certes, nullement privilégiée- telle qu'à chaque génération, il se trouve toujours des Bretons pour la vivre et se la raconter entre eux. Et toujours, à quelques nuances près, ils en viennent au même récit: les rencontres passionnées, les premiers réflexes excessifs ou puérils, l'exaltation et le déchirement, puis le passage des sentiments à la raison, le long murissement de l'idée bretonne. Enfin, la conclusion: être Breton signifie bien au-delà, servir de son mieux son temps et les hommes. Car cette conscience devient pour beaucoup d'entre nous engagement politique -et logiquement, engagement à gauche. Par le dépassement d'un sentiment breton primaire, elle s'élève à la politique générale et nous fournit une clef pour mieux la comprendre. Loin de retrancher, elle rassemble; elle signe des écrits et des actes étrangers à la Bretagne. Nous lui donnons un nom, l'Emsav: réveil, résurrection. Définition d'une patrie, mais aussi de la démocratie, toutes deux inséparables.

Paradoxalement, sa mort civile atteste la Bretagne. Nous la pensons donc elle est.

Morvan Lebesque, Comment peut-on être breton ? Essai sur la démocratie française. Ed Point actuel 1984. Ed du Seuil, 1970.

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Comment être Breton ? ou le regard sur soi

Ils ont dit… ils ont écrit …

" On connaît la vie de Georges Perros. Il n'était pas breton. Il vint s'installer en Bretagne jusqu'à fondre ce nom qu'il avait choisi dans la nature même de ce pays de rencontre, pour lequel, jeune, il avait éprouvé le plus beau des chocs amoureux. Lorsqu'on [le] relit, c'est surtout le trajet d'une intégration que l'on peut y découvrir. Etre Breton en effet ne saurait se réduire à la pratique de la langue bretonne. ( tant de Bretons ne la parle plus, ne la parle pas, ne la parleront jamais ), ni à un acte de naissance ( ce serait faire injure à la diaspora bretonne si attachée à son identité) ni à une revendication idéologique ou nationaliste, pas même à l'adhésion à une forme de géographie sentimentale. Le ciel de Bretagne est si changeant, si fugace que ses nuages ne lui appartiennent que dans une reconnaissance aussitôt déniée. La Matière de Bretagne est perceptible dans les romans arthuriens, chez Chateaubriand, Julien Gracq ou Ségalen, et non dans l'actualité réduite aux entreprises patrimoniales. Depuis quelques années, la Bretagne est devenue un vaste musée."
Hervé Carn. "Georges Perros ou l'intégration poétique" Dans "Ecrire la Bretagne" sous la dir. De Bernard Hue et Paul Gontard. Ed. PUR 1995

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" Je ne sais pas parler breton
C'est en clair langage de France
Que je dit ma foi ma souffrance
Il s'accorde très bien au ton
Voilé d'un regret solitaire
Mais lorsque je pense à la terre
Où mes durs ancêtres peinaient
Sur mes lèvres un mot renaît
Et quand j'ai le mal du pays
C'est " Ma bro, ma bro " que je dis
Jeanne Bluteau Dans Autrement ; Bretagne mode d'emploi. 1982.

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Tri Yann
Les filles des forges
Les filles des Forges mp3
Partition pour accordéon



Dans les prisons de Nantes

<>Une des très nombreuses variantes de cette chanson nantaise très connue...
Chansons populaires
Les prisons de Nantes (La fille du geôlier)

autres interprètes: Aristide Bruant (1886), Edith Piaf et les Compagnons de la Chanson (1946), Colette Renard (1958), Tri Yann

                    SON MIDI

  Dans les prisons de Nantes, Y'avait un prisonnier, Y'avait un prisonnier



- DANS LES PRISONS DE NANTES paroles et musique traditionnelle / arrangement TRI YANN (droits réservés)© Musique mp3
- LA JUMENT DE MICHAO paroles et musique traditionnelles / arrangement TRI YANN / Editions BMG (droits réservés) © Musique mp3
- LES FILLES DES FORGES paroles et musique traditionnelles / arrangement TRI YANN / (droits réservés)©  Musique mp3

Les filles des Forges        
       e                                    D 
Dinge din don don - Ce sont les filles des Forges. 
       e                                    D 
Dinge din don don - Ce sont les filles des Forges. 
       e                 D 
Des Forges de Paimpont - Dinge din don daine 
       e                 D                    e 
Des Forges de Paimpont - Dinge din don don.

//: Digue, ding don, don, ce sont les filles des forges 
Des forges de Paimpont, digue ding dondaine 
Des forges de Paimpont, dingue ding dondon 

Digue, ding don, don, elles s'en vont à confesse 
Au curé du canton, digue ding dondaine 
Au curé du canton, dingue ding dondon 

Digue, ding don, don, qu'avions-vous fait les filles
Pour demander pardon, digue ding dondaine 
Pour demander pardon, dingue ding dondon 

Digue, ding don, don, j'avions couru les bals 
Et les jolis garçons, digue ding dondaine 
Et les jolis garçons, dingue ding dondon 

Digue, ding don, don, ma fille pour pénitence 
Nous nous embrasserons, digue ding dondaine 
Nous nous embrasserons, dingue ding dondon

Digue, ding don, don, je n'embrasse point les prêtres 
Mais les jolis garçons, digue ding dondaine 
Qu'ont du poil au menton, dingue ding dondon 

Digue, ding don, don, ce sont les filles des forges 
Des forges de Paimpont, digue ding dondaine 
Des forges de Paimpont, dingue ding dondon

Dans les prisons de Nantes

Y'avait un prisonnier
Que personne ne va voir
Que la fille du geôlier (bis)
Va lui porter à boire
 A boire et à manger
Ah ! Ah ! Ah ! Ah ! Ah ! Ah ! Ah ! Ah !

Va lui porter à boire
A boire et à manger (bis)
On dit par toute la ville
Que demain vous mourrez
Ah ! Ah ! Ah ! Ah ! Ah ! Ah ! Ah ! Ah !

On dit par toute la ville
Que demain vous mourrez (bis)
Las! Si demain je meurs
Déliez moi les pieds.
Ah ! Ah ! Ah ! Ah ! Ah ! Ah ! Ah ! Ah !

Las! Si demain je meurs
Déliez moi les pieds. (bis)
Toutes les cloches de Nantes
Se mirent à sonner.
Ah ! Ah ! Ah ! Ah ! Ah ! Ah ! Ah ! Ah !

Toutes les cloches de Nantes
Se mirent à sonner (bis)
Le fillette était jeune
Elle se mit à pleurer
Ah ! Ah ! Ah ! Ah ! Ah ! Ah ! Ah ! Ah !

Le fillette était jeune
Elle se mit à pleurer (Bis)
Le prisonnier alerte
Dans la Loire a sauté
Ah ! Ah ! Ah ! Ah ! Ah ! Ah ! Ah ! Ah !

Le prisonnier alerte
Dans la Loire a sauté (Bis)
Vivent les filles de Nantes
Et tous les prisonniers
Ah ! Ah ! Ah ! Ah ! Ah ! Ah ! Ah ! Ah !

Et pour finir pour les plus grands :
Trois mois après la fille
Portait gros tablier (bis)
C'est ainsi qu'sont les hommes
Quand ils sont déliés
Ah ! Ah ! Ah ! Ah ! Ah ! Ah ! Ah ! Ah !

Quand au gars sur l'aut' rive
Il buvait et chantait
Et la maréchaussée"
Ah ! Ah ! Ah ! Ah ! Ah ! Ah ! Ah ! Ah !
La jument de Michao

Rendu célèbre par le groupe Tri Yann, cette chanson vient du traditionnel gallo d'après des paroles de Bernard Baudriller...
 
  [Am]C'est dans dix [G]ans, je m'en[Am] irai
J'entends le loup et[G] le renard chanter[Am]
[Am]C'est dans dix [G]ans, je m'en[Am] irai
J'entends le loup et[G] le renard chanter[Am]


J'entends le loup le renard et la bele[G]tte
J'entends le loup et [Em]le renard chant[G]er [Am]
J'entends le loup le renard et la bele[G]tte
J'entends le loup et [Em]le renard chant[G]er [Am]


C'est dans neuf ans, je m'en irai[G]
La jument de Michao a [C]passé [G]dans le pré[Am]
C'est dans neuf ans, je m'en irai[G]
La jument de Michao a [C]passé [G]dans le pré[Am]


La jument de Michao et[Em] son petit poulain[G]
A passé dans le pré, a [Em]mangé [G]tout le foin[Am]
La jument de Michao et[Em] son petit poulain[G]
A passé dans le pré, a [Em]mangé [G]tout le foin[Am]

L'hiver viendra, les[Am] gars, l'hiver viendra[G]
La jument de Michao, elle s'en repentira[Am]
L'hiver viendra, les[Am] gars, l'hiver viendra[G]
La jument de Michao, elle s'en repentira[Am]

CDs de Tri Yann:
Tri Yann et l'Orchestre National des Pays de la Loire: la Tradition Symphonique 2, Sonymusic, 2004
Tri Yann: marines (2003)
Tri Yann: Le Pélégrin (2001)
Tri Yann et l'Orchestre National des pays de la Loire 1 (1998)
Tri Yann: Portraits (1995)

Articles dans la presse
Tri Yann à l'assaut du Stade de France (Ouest-France - 20 mars 2004)



 

Les petits binious
Yvon Etienne: Mon père vend des petits binious à six sous la douzaine.
  (avec l'aimable autorisation d'Yvon Etienne -  Le site officiel  d'Yvon Etienne)





paroles et musique d'Yvon Etienne






dessin de Gégé - figurant sur la pochette du disque: 

Les Petits Binious



Fiche pédagogique
Le texte avec des annotations lexicales:

http://www.wagner-juergen.de/franz/tibiniu.htm

1-  Mon père vend des petits binious
Ça rapporte les gros sous
à six sous la douzaine
et mon père vend des petits binious
2 - Et il vend des chapeaux ronds
Ça rapporte du pognon
à six sous la douzaine
et mon père vend des chapeaux ronds
3 - Et les petites Saintes Annes d'Auray
C'est toujours d'un goût douteux
à six sous la douzaine
mais ça ne gêne pas le bon Dieu
4 - Et des poupées folkloriques
Ce n'est pas traditionnel
à six sous la douzaine
mais ça attire la clientèle
5 - Et puis des disques de Botrell
Enroulés d'une crêpe dentelle
à six sous la douzaine
il vend des disques de Botrel
6 - Et puis des crabes en plastique
Ça rapporte beaucoup de fric
à six sous la douzaine
et il vend des crabes en plastique
7 - Et des trucs faits au Japon
Ça rapporte du pognon
à six sous la douzaine
les trucs japono-bretons
8 - Il vend tout ça aux touristes
Et comme ils n'ont pas le choix
à six sous la douzaine
ils achètent n'importe quoi.

Sensibilisation au sujet

1 - Qui achète des souvenirs? Pour qui? Pourquoi?
2 - Quels souvenirs avez-vous ramenés de vos dernières vacances?
3 - Quels sont, selon vous, les souvenirs les plus populaires?
4 - Les souvenirs, sont-ils les mêmes partout?

Compréhension

1 - Quel est le ton de la chanson?
2 - De qui l'auteur se moque-t-il?
3 - Que pense-t-il des touristes?
4 - De quelle qualité sont les souvenirs dont il parle dans la chanson?
5 - Quel semble être le principal intérêt des marchands de souvenirs?



Interview  d'Yvon Étienne
du groupe brestois "Les goristes"
Fiche pédagogique pour exploiter l'interview
Transcription de l'interview

Au cas où vous n'auriez pas le logiciel Real Player, téléchargez-le gratuitement: 
http://www.chip.de/downloads/c_downloads_8832161.html
http://www.winload.de/download/32682/MP3-Player/Real.Player.Gold-10.0.html

Compréhension orale :

01 –
02 –
03 –

04 -





 

 


La radio bretonne
http://www.radiofrance.fr/sites/bleu-breizizel/chroniques/
Yvon ETIENNE
<>Les archives de - Bretons de tous temps -  Yvon ETIENNE parcourt les pages de l'histoire de la Bretagne.
http://www.radiofrance.fr/sites/bleu-breizizel/btt/index.php
7h25 - Le Bretagne dans tous les sens - Nous parcourons la Bretagne d'Armor en Argoat, avec Yvon ETIENNE pour dénicher les plus belles couleurs, les meilleures saveurs et les odeurs les plus étonnantes.
http://www.radiofrance.fr/sites/bleu-breizizel/lbts/index.php



Dom Duff

sera en tournée de concerts en Allemagne
en février 2006



http://www.domduff.com/
Dans l'héritage de Glennmor et de Denez Abernot, cet auteur - compositeur - interprète écrit d'un Breton débridé et bien vivant qui a déjà prouvé son pouvoir de séduction sur les scènes bretonnes, anglaises et françaises.
Cette nouvelle plume bretonnante talentueuse, libère la langue bretonne de son carcan de musique traditionnelle. Ouest-France

Nous remercions Dom Duff de nous avoir autorisé de publier les trois chansons suivantes en mp3
et nous conseillons à tous les visiteurs de notre site de télécharger aussi les autres chansons parce qu'elles "valent vraiment le coup"!

Straed an amann (2004)
élu meilleur cd breton en 2004
2- Straed an amann ( © droits réservés Dom Duff )




3- Gerioù berr ( © droits réservés Dom Duff )
Vous pouvez  telecharger les chansons de Dom Duff
à un tarif très modéré (1,3 € / chanson)
6- Setu ar vuhez ( © droits réservés Dom Duff )


La presse
Armor Magazinen°410 - mars 2004: "La langue bretonne ne doit pas rester dans un ghetto"
Exercice: Reconstituez le texte de l'article en mettant les segments proposés dans l'ordre (1) et (2)
Le texte de l'article
Fiche pédagogique pour exploiter le texte



La Légende des Sonérien Du (musiciens noirs)

http://www.wagner-juergen.de/franz/soneriendu.htm



 

Gilles Servat

La blanche hermine

1
J'ai rencontré ce matin
Devant la haie de mon champ
Une troupe de marins
D'ouvriers, de paysans
Où allez vous, camarades
Avec vos fusils chargés
Nous tendrons des embuscades
Viens rejoindre notre armée
6
La voilà, la blanche hermine !
Vivent la mouette et l'ajonc !
La voilà, la blanche hermine !
Vivent Fougères et Clisson !
11
Et sans doute pense-t-elle
Que je suis en déraison
De la voir mon coeur se serre
Là-bas devant la maison
Et si je meurs à la guerre
Pourra-t-elle me pardonner
D'avoir préféré ma terre
A l'amour qu'elle me donnait ?
2
La voilà, la blanche hermine !
Vivent la mouette et l'ajonc !
La voilà, la blanche hermine !
Vivent Fougères et Clisson !
7
Elle aura bien de la peine
Pour élever les enfants
Elle aura bien de la peine
Car je m'en vais pour longtemps
Je viendrai à la nuit noire
Tant que la guerre durera
Comme les femmes en noir
Triste et seule elle m'attendra

12
La voilà, la blanche hermine !
Vivent la mouette et l'ajonc !
La voilà, la blanche hermine !
Vivent Fougères et Clisson !



3
Où allez vous, camarades
Avec vos fusils chargés
Nous tendrons des embuscades
Viens rejoindre notre armée
Ma mie dit que c'est folie
D'aller faire la guerre au Francs
Mais je dis que c'est folie
D'être enchaîné plus longtemps
8
La voilà, la blanche hermine !
Vivent la mouette et l'ajonc !
La voilà, la blanche hermine !
Vivent Fougères et Clisson !
13
Et si je meurs à la guerre
Pourra-t-elle me pardonner
D'avoir préféré ma terre
A l'amour qu'elle me donnait ?
J'ai rencontré ce matin
Devant la haie de mon champ
Une troupe de marins
D'ouvriers, de paysans
4
La voilà, la blanche hermine !
Vivent la mouette et l'ajonc !
La voilà, la blanche hermine !
Vivent Fougères et Clisson !
9
Je viendrai à la nuit noire
Tant que la guerre durera
Comme les femmes en noir
Triste et seule elle m'attendra
Et sans doute pense-t-elle
Que je suis en déraison
De la voir. mon coeur se serre
Là-bas devant la maison
14
La voilà, la blanche hermine !
Vivent la mouette et l'ajonc !
La voilà, la blanche hermine !
Vivent Fougères et Clisson !
5
Ma mie dit que c'est folie
D'aller faire la guerre au Francs
Mais je dis que c'est folie
D'être enchaîné plus longtemps
Elle aura bien de la peine
Pour élever les enfants
Elle aura bien de la peine
Car je m'en vais pour longtemps
10
La voilà, la blanche hermine !
Vivent la mouette et l'ajonc !
La voilà, la blanche hermine !
Vivent Fougères et Clisson !
...


L'institutrice de Quimperle
(Gilles Servat)


Y'avait une institutrice
A Sainte-Anne de Quimperlé
Qui n'y voyant pas malice
Epousa un divorcé

Vive les culs bénits, ma mère
Vive les culs bénits
Vive les culs bénits, ma mère
Vive les culs bénits

Elle fut mise à la porte
Sans aucune hésitation
Faut pas de gens de cette sorte
Dans une bonne institution

Vive les culs bénits, ma mère
Vive les culs bénits
Vive les culs bénits, ma mère
Vive les culs bénits

Elle plaida l'institutrice
Devant sa juridiction
Obtint en bonne justice
Sa réintégration

Vive les culs bénits, ma mère
Vive les culs bénits
Vive les culs bénits, ma mère
Vive les culs bénits

Eux, y'avait les hypocrites
Les chafouins, les trop nourris
Les foutriquets, les jésuites
Et tant d'autres petits d'esprit

Vive les culs bénits, ma mère
Vive les culs bénits
Vive les culs bénits, ma mère
Vive les culs bénits

Ils lui ont fait des vacheries
Et des tas d'emmerdements
Et lui f'ront des avanies
Jusqu'à ce qu'elle foute son camp

Vive les culs bénits, ma mère
Vive les culs bénits
Vive les culs bénits, ma mère
Vive les culs bénits

Il faut se mettre à la colle
Beaucoup de curés le font
Pour garder dans son école
Sa considération

Vive les culs bénits, ma mère
Vive les culs bénits
Vive les culs bénits, ma mère
Vive les culs bénits

Je dors en Bretagne ce soir
(Gilles Servat)
 

Les pommiers fleuris du printemps
Et la grêle de temps en temps
Sur les talus la blanche épine
La tige fine qui s'incline
Les ajoncs de La Roche-Bernard
Beauté prise dans un regard

Par chance et aussi par vouloir
Je dors en Bretagne ce soir

L'abeille sur le liseron blanc
Et en surface d'océan
L'évanouissement des vagues
L'ombre d'un chemin qui zigzague
La graine des genêts craquant
En plein midi au bord des champs

Par chance et aussi par vouloir
Je dors en Bretagne ce soir

Les bruines de l'arrière-saison
Voilant des ports sans horizon
Une sirène qui résonne
Portant mélancolie d'automne
Le galop fou du vent salé
Sur l'infini des monts d'Arrée

Par chance et aussi par vouloir
Je dors en Bretagne ce soir

L'onglet du pecheur étripant
Le poisson sur le pont glissant
L'alignement mégalithique
Que fait reluire la pluie oblique
Et un peu de neige parfois
Qui blanchit l'ardoise des toits

Par chance et aussi par vouloir
Je dors en Bretagne ce soir

Dans la beauté

L'île de Groix 
(Gilles Servat) 
(paroles de Michelle le Poder)

De quelle source lui vient son nom 
Est-ce de fée ou de sorcière 
Ou de quelque noir enfer 
Comme la boue de ses sillons 
On dit que l'on y voit sa joie 
On dit que l'on y voit sa croix 
Je parle de l'île de Groix 

Malheur à celui qui débarque 
Il n'aimera pas ses hivers 
Il trouvera ses quais déserts 
Car le flot, seul, mène les barques 
Mais essayez de foutre le camp 
Elle vous aura aux sentiments 
Comme femme retient l'amant 

L'hiver la tient emprisonnée 
Pour mieux l'accoucher au printemps 
Premier soleil sur les buissons 
Il n'y aura plus de gelée 
L'eau de ses ports est froide encore 
Mais fleurissent les boutons d'or 
Et le goéland a pris l'essor 

Si à travers mes yeux mi-clos 
Il me plaît à revoir juillet 
Je sens l'odeur du goudron frais 
Qu'on passe aux quilles des bateaux 
L'amante des sournois ruisseaux 
Lutte avec l'eau d'un des sureaux 
De la vapeur tremble sur l'eau 

Les vieux parlent du temps passé 
A Loc-Maria et Port-Tudy 
Si vous n'comprenez pas, tant pis 
Moitié français, breton moitié 
On dit que l'on y voit sa joie 
On dit que l'on y voit sa croix 
Je parle de l'île de Groix 

Les Bretons typiques


1
Notre bonne vieille république, jalouse des Américains,
A fait du parc d'Armorique une réserve d'Armoricains
Ils ont des chapeaux ronds, les Bretons qui piquent.
Ils ont des chapeaux ronds, vive les Bretons !
5
Oh là là, qu'est-ce qu'on en a de la chance ! Le clou du parc d'Armorique,
C'est la merveille de la France : c'est le sous-marin atomique.
Ils ont des chapeaux ronds, les Bretons qui piquent.
Ils ont des chapeaux ronds, vive les Bretons !
2
L'jour de l'inauguration, y'avait les ministres bretons :
Marcellin et son penn-braz et Pleven en Dragon-raz.
Ils ont des chapeaux ronds, les Bretons qui piquent.
Ils ont des chapeaux ronds, vive les Bretons !
6
Même la flaune aura son folklore : y'aura des bisons et des loups.
Heureusement que les dinosaures s'acclimatent pas bien chez nous.
Ils ont des chapeaux ronds, les Bretons qui piquent.
Ils ont des chapeaux ronds, vive les Bretons !
3
Voilà les touristes qui viennent manger des crêpes en auto.
Ils causeront aux indigènes, ils sauront dire kenavo.
Ils ont des chapeaux ronds, les Bretons qui piquent.
Ils ont des chapeaux ronds, vive les Bretons !
7
Quand aux jeunes de ce coin-là, ils peuvent bien foutre le camp.
Pas loin, on leur tend les bras, à St Cyr-Coëtquidan.
Ils ont des chapeaux ronds, les Bretons qui piquent.
Ils ont des chapeaux ronds, vive les Bretons !
4
Les p'tites parisiennes en short viendront danser la gavotte
Donner des cacahouètes aux Bretons en peaux de gruette.
Ils ont des chapeaux ronds, les Bretons qui piquent.
Ils ont des chapeaux ronds, vive les Bretons !


 

Chanson populaire
La duchesse en sabots
C'était Anne de Bretagne


C'était Anne de Bretagne,
Duchesse en sabots
}bis
Revenant de ses domaines,
En sabots mirlitontaine
Ah ! Ah ! Ah !
Vivent les sabots de bois !
2
Entourée de châtelaines. Duchesse en sabots.
Voilà qu'aux portes de Rennes
Trouva trois vieux capitaines. Ah ! Ah ! Ah !
Vivent les sabots de bois !
3
Ils saluent leur souveraine.
Duchesse en sabots.
Donnent un bouquet de verveine :
« S'il fleurit, tu seras reine; »
Ah !…
4
S'il fleurit, tu seras reine
Avec tes sabots.
Elle a fleuri la verveine;
Anne de Bretagne fut reine.
Ah !…
5.
Les bretons sont dans la peine
Avec leurs sabots
Ils ont perdu leur souveraine;
En France ils suivront leur reine,
Ah ! Ah ! Ah !

Chants de marins Chants bretons

Ils ont des chapeaux ronds

Ils ont des chapeaux ronds   

{Refrain:} 
Ils ont des chapeaux rond vive la Bretagne 
ils ont des chapeaux ronds vive les Bretons 

il parait qu'en Italie ceux qui font pipi au lit, 
on leur coupe leurs zizi pour en faire des spaghettis 

{au Refrain} 

Il parait qu'en Angleterre ceux qui font caca par terre, 
on leurs coupe le derrière pour en faire des pommes de terre 

{au Refrain}


Cercle Celtique
http://www.gwalarn.org/dijon/chants/index.html
Cette page donne accès aux paroles de quelques chants à danser. Certains sont accompagnés d'un extrait mp3 et d'une discographie. A vous de les découvrir.

 Écoutez la radio bretonne
http//www.radiofrance.fr/sites/bleu-breizizel/chroniques
Bretagne à la carte - On va voir sur place ce qui se passe avec Patrick VINCENT. Chaque semaine, une commune et cinq reportages différents: histoire, anecdote, patrimoine, artisanat, sport, loisirs, entreprise, etc.
Écoutez le journal, aussi en breton
http://www.radiofrance.fr/sites/bleu-breizizel/sommaire/index.php

Les titres de l'actualité en Bretagne
http://www.radiofrance.fr/sites/bleu-breizizel/info/

Les archives de - Bretons de tous temps -  Yvon ETIENNE parcourt les pages de l'histoire de la Bretagne. Respirez... Ecoutez... Chantez l'air du pays... avec Yvon Etienne.
http://www.radiofrance.fr/sites/bleu-breizizel/btt/index.php

Chosissez un thème, puis
écoutez les interviews suivants et résumez le contenu:
L'occupation Romaine en Bretagne, sur la frise du temps qui passe, cela fait quoi ?
L'occupation Romaine en Bretagne II
La Cornouaille du IX ème au XII ème siècle avec Joëlle Quaghebeur
Les débuts du commerce breton
Les débuts du commerce breton II
Les instruments de musique bretons
L'histoire du costume traditionnel breton
Marées noires : chronique d'un désastre annoncé (première époque)
Les marées noires deuxième époque avec Job Le Corre
l

7h25 - Le Bretagne dans tous les sens - Nous parcourons la Bretagne d'Armor en Argoat, avec Yvon ETIENNE pour dénicher les plus belles couleurs, les meilleures saveurs et les odeurs les plus étonnantes.
http://www.radiofrance.fr/sites/bleu-breizizel/lbts/index.php

6h40 - Bretagne à la carte - On va voir sur place ce qui se passe avec Patrick VINCENT.
http://www.radiofrance.fr/sites/bleu-breizizel/bretagne_carte/index.php

16h45 - Studio Ouest -  Présentation de l'actualité du disque en Bretagne par Michel PAGES.
http://www.radiofrance.fr/sites/bleu-breizizel/eda/index.php

L'hymne national breton
Bro gozh ma zadoù (Le vieux pays de mes ancêtres)


L'hymne breton (Le texte) (Sujets d'étude en format Word)
 
BRO GOZ MA ZADOU 

Ni Breizhiz a galon karomp hon gwir Vro ! 
Brudet eo an Arvor dre ar bed tro dro. 
Dispont ‘kreiz ar brezel hon Tadou ken mat 
A skuilhas eviti o gwad 

DISKAN
O Breizh ! ma Bro ! me'gar ma Bro ;
Tra ma vo'r mor'vel mur'n he zro
Ra vezo digabestr ma Bro !

O Breiz, ma Bro, me gar ma Bro ! 
Tra ma vo'r mor ‘ vel mur n‘ h he zro 
Ra vezo digabestr ma Bro ! 

Breizh, douar ar Sent kozh, douar ar Varzhed, 
N'eus bro all a garan kement ‘barz ar bed. 
Pep menez, peb traonienn d'am c'halon zo ker ; 
Enno kousk meur a Vreizhad ter ! 
 
 
 

 

L'hymne national breton VIEUX PAYS DE MES PERES 

Nous Bretons de coeur, aimons notre patrie ! 
L'Arvor est renommé partout dans le monde. 
Sans peur dans la guerre, nos pères si généreux. 
Répandirent pour elle leur sang !

<>REFRAIN
Pays Breton! J'aime l'Armor!
Un mur de mer te garde encore
Libre sous le grand soleil d'or!

O Bretagne, ma patrie, j'aime ma patrie ! 
Tant que la mer formera un rempart autour d'elle 
Sois libre ma patrie. 

Bretagne, terre des vieux Saints, terre des Bardes, 
Il n'est d'autre pays que j'aime tant au monde, 
Chaque mont, chaque vallon à mon coeur sont chers, 
Plus d'un Breton fougueux y repose ! 
 
 

 

Composé en 1897, en s'inspirant de l'hymne national gallois HEN WLAD FY NHADAU (Vieille Terre de mes Pères), lui même composé par le Barde gallois JAMES JAMES, le BRO GOZ MA ZADOU est l'oeuvre du Barde TALDIR JAFFRENNOU (paroles) (1879-1956). Le BRO GOZ est aujourd'hui considéré comme " l'hymne national breton ".



Evolution de la musique bretonne depuis le début du XXe siècle

Nous remercions Yohann REVERDY de nous avoir autorisé de publier les textes suivants<>
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http://evolbreizh.free.fr/  (droits réservés) 

L'importance du chant en Bretagne

Kan ha diskan entre Erik Marchand et YF KemenerDans la société traditionnelle, tout le monde chante, tout le temps et en toute circonstance. Dans la gwerz, le chanteur est avant tout narrateur, conteur de faits marquants d'une époque. Si les sonneurs sont de mise pour animer les grandes occasions, beaucoup plus fréquents sont les accompagnements chantés (kan ha diskan) de la danse. Au contraire de la gwerz ("blues de Bretagne"), les bons chanteurs ne sont plus appréciés pour l'histoire qu'ils racontent, mais pour leur puissance de dynamiser le groupe, et de "mener la danse" dans un tempo à fortes pulsations.
Le répertoire chanté de la société traditionnelle s'enracine d'autant mieux qu'il se renouvelle régulièrement depuis le XVIIe siècle par la diffusion de feuilles volantes. Et même si leur déclin est irrémédiable en la seconde moitié du XXe siècle, face à la concurrence des mass media, on peut sentir dans les chansons militantes des années 60-70 une réminiscence de ces compositions populaires, mêlant politique et ironie, poésie et faits d'actualité.
Aujourd'hui, la langue du chanteur peut être le breton ou le français. Les chanteurs actuels choisissent souvent le français comme langue de leur musique, soit parce qu'il ne savent pas parler breton, soit pour que leur texte soit compréhensible à un large public. Surtout pour ceux qui cherchent le succès à l'étranger, la langue française signifie une connexion avec le monde hors de la Bretagne. Gilles Servat compte parmi ce groupe de chanteurs. Ecoutez sa chanson <je dors en Bretagne ce soir>. Cependant, il existe aussi un certain nombre de musiciens chantant en breton. Beaucoup de leurs paroles leur ont été transmis par leurs ancêtres, par exemple les gwerzioù qui décrivent des situations tristes ou des histoires qui se sont vraiment passées.

Au début du siècle

Au sein du 21e siècle, la musique bretonne issue de la société rurale du 19e siècle se porte bien. Avant la guerre de 14 , elle est à son apogée (on l'a crue condamné avec l'exode rurale). La musique au XIXe siècle et même jusqu'à la seconde guerre mondiale est dans toute la vie quotidienne, ainsi on chantait du matin au soir. De même cet art populaire de la civilisation bretonne jouait un rôle important dans chaque moment du quotidien, comme les gros travaux communautaires : moissons, battage. La musique ponctuait aussi les étapes d'une noce. Loeiz  Herieu, grand folkloriste vannetais, écrit en 1914 (moment où la société rurale est en déclin) : " Si la bombarde et le biniou se taisent à jamais en basse Bretagne, adieu réjouissances, adieu la culture du pays ! Après le départ du biniou et de la bombarde, nous verrons disparaître la langue, les costumes... et ainsi progressivement, hélas ! les Bretons deviendront Français. Plaise à Dieu que cela n'arrive jamais !"

De la Première Guerre aux années 60
Evolution de la musique bretonne depuis la grande Guerre jusqu'aux années 60
Pendant la Guerre , nombreux sont les musiciens qui ont côtoyé d'autres cultures, ils s'émancipent et vont aller s'orienter vers des instruments du type jazz band comme l'accordéon chromatique (influence américaine). Mann Le Meur, instigateur du Printemps de Chateauneuf : "Tout était à mettre dans le même sac, tout ce qui était breton, tout ce qui avait une dimension paysanne était par définition à rejeter". De ce fait, entre les deux guerres, les sonneurs seront plutôt demandés pour se produire devant les touristes.
Parallèlement au déclin de cette culture populaire, la création de groupes folkloriques va tenter dès la fin du XIXe siècle de maintenir les traditions. Dans les villes, les notables invitent les sonneurs à participer aux fêtes populaires qu'ils organisent. Désormais les joueurs de biniou et bombarde font partie du spectacle.


Les années d'après guerre sont pour la musique bretonne le temps du renouveau car à la veille de la Guerre le couple biniou bombarde (=paysan) n'était plus vraiment apprécié à l'inverse de la grande cornemuse des Highlands ("biniou braz"). 23 mai 1943, c'est la création de la B.A.S. (Bodageg ar Sonerion),qui a pour but la protection et la diffusion de la musique traditionnelle. Ce nom signifie "réunion" ou "assemblée" de sonneurs (ce terme désignant chez nous celui qui joue d'un instrument de musique).Pour se structurer et pour se décentraliser, cette assemblée est divisée en fédérations départementales.

Le bagad, orchestre breton, fait donc son apparition : c'est le lieu privilégié de la transmission, de la propagation et de la transmission de la culture bretonne car il s'agit aussi de former des musiciens qui soient des militants culturels. L'autre fait marquant de ces années d'après guerre c'est la relance des festoù-noz avec Loeiz Roparz par l'intermédiaire d'un concours de chant à danser (kan ha diskan) en 1954 à Poullaouen. A l'approche des années 70, c'est une véritable mode : la Bretagne est en effervescence : ces bals provoquent un engouement populaire massif qui dépasse les limites du pays. Les festoù-noz prennent une dimension politique liée aux revendications culturelles. C'est l'occasion de s'affirmer breton.

La musique bretonne pendant les années 70

Les années 70 sont à la fois celles d'une explosion du métissage, du développement de la chanson engagée (derrière le précurseur Glenmor, Gilles Servat), et de la renaissance d'une musique purement traditionnelle. Ainsi le mélange des genres revêt-il de multiples aspects : Alan Stivell crée le "folk rock celtic" ou la "pop celtic". Les Tri Yann représentent alors la version grand public (style variétés) de cette vague de fond. Paris leur réserve un triomphe. "La honte d'être breton qui existait au début du siècle disparaît à cette époque-là grâce à la musique ce qui n'est pas le cas dans d'autres régions de France" (Michel Colleu Ar Men).
Dans une volonté de transmettre les traditions orales et écrites, le collectage fait son apparition. A la suite De JM Guicher dans les années 50-60, YF Kemener et Erik Marchand se lancent dans le collectage auprès de la population. Devant la nécessité de conserver, de gérer et de transmettre un tel patrimoine collectif : Dastum voit le jour. Il vise la collecte, la conservation, l'analyse et la diffusion de la culture populaire bretonne. Derrière le précurseur Glenmor, la musique sera plus sociale, plus politique, plus engagée. Ainsi les mouvements politiques et culturels se sont rejoints.
Court extrait d'une chanson de Gilles Servat
La musique bretonne pendant les années 80

Avec l'arrivée de la gauche au pouvoir , les revendications s'estompent. C'est le "désert médiatique" : Certains comme Stivell partent à l'étranger (US, Allemagne, pays nordiques, Irlande). La musique bretonne va se diversifier comme le montrera le groupe Gwerz (biniou, bombarde, violon et chanteur Erik Marchand) et Barzaz, allant vers une musique de concert. Cette alchimie se fera aussi à travers le jazz et le rock.

Extrait du premier album de Barzaz

Ces années 80 seront aussi le temps de la formation des jeunes. En effet, progressivement les nombreux bagadoù (il y a près de 120 à l'heure actuelle) se sont hiérarchisés au point de vue musical. Ils se doivent donc de former les jeunes sonneurs pour étoffer les sections instrumentales (pupitres) du bagad. Certains formeront un bagadig que l'on peut considérer comme un bagad école (les meilleurs rejoindront plus tard le bagad).

Court extrait du bagad Cap Caval ("Avel su")

Enfin, c'est dans les années 80 que les deux principales maisons de production bretonne voient le jour : Keltia, en 1979, et la Coop Breizh, dont le catalogue discographique débute en 1987 et se présente sous trois labels : Escalibur, Arfolk et Gwerz pladenn.
 

La musique bretonne depuis les années 90

La culture bretonne par l'intermédiaire de la musique tire en avant tout un pays et donne une meilleure image. Ces années deviennent plus celtique pour la Bretagne comme le montrera le succès de Dan ar Bras et l'importance du festival interceltique de Lorient né en 1971.

Il est vrai aussi que de nombreux et divers festivals bretons (festival international de folklore, concours de musique, festival de musiques métissées, festival de musiques traditionnelles…) contribue indéniablement à la diffusion et à l'enrichissement de la musique bretonne. En effet, outre l'aspect commercial, la musique bretonne continue sa diversification comme le montre à plusieurs reprises Erik Marchand (tourné vers le jazz avec l'album Condagues et joua aussi avec l'orchestre roumain de Caransebes), les Trompettes du Mozambique, le groupe Taïfa s'associant à la musique raï. Parallèlement, Le Trio Roland Becker revient à nos origines(cf ménestrels) avec le mélange couple biniou bombarde plus tambourin.

Pour toucher un large public, la musique celtique s'oriente vers le rock celtique (notons une tentative du rap et de la techno avec la rave noz à Brest en 1997) avec des groupes comme Black Label zone, EV faisant vibrant les salles de concert au son de leur batterie et de leur guitare souvent électrique. On a ainsi une explosion des sites Internet, nouveaux support à la promotion de notre musique (près de 2500 albums de tous genres). Cet engouement permet d'ailleurs d'attirer du monde à la formation instrumentale de bagad qui reste tout de même un haut lieu de la musique traditionnelle. Maintenant, on peut s'interroger sur les évolutions qui peuvent encore apparaître.

Ecoutonsun court extrait de Ar Re Yaouank     un court extrait du trio Roland Becker     un court extrait de Condagues


les années 70:
http://www.anarvorig.com/musiques_bretonnes/
Alors que depuis plusieurs décennies, la tendance de la musique traditionnelle est de disparaître lentement du paysage breton, les années 70 voient la naissance, sous la houlette d'un groupement de musiciens passionnés, d'un grand mouvement tentant à la remettre en avant ainsi qu'au goût du jour. Qui ne se souvient pas alors du Pop Plinn d'Alan Stivell élevé au rang d'hymne traditionnel et fédérateur par les uns et décrié comme étant un sacrilège à la culture traditionnelle par les autres.

Si le temps a donné raison aux premiers, il a également permis au folklore traditionnel "pur et dur" de renaître au grand jour en parallèle des différentes tendances pop, rock, celto-rock ou encore java-rock qui se sont développées.

Avec l'avènement du nouveau millénaire, le paysage musical breton et celtique a de nouveau le vent en poupe et voit chaque jour qui passe l'apparition de nouveaux groupes et artistes. L'équipe d'An Arvorig vous propose dès à présent de partir à leur rencontre au travers de cette rubrique...


Les trois marins de Groix    
Musique

   Nous étions deux, nous étions trois {x2}
   Nous étions trois marins de Groix,
   Lanladérira la la la,
   Lanladérira lalaire.

   Embarqués sur le Saint-François {x2}
   Mon matelot, le mouss' et moi,
   Lanladérira la la la,
   Lanladérira lalaire.

   Grain de Noroît vint à venter. {x2}
   A prendre un ris dans les huniers,
   Lanladérira la la la,
   Lanladérira lalaire.

   " Jean-Pierre, dis-je, matelot, {x2}
   A serre d'la toil' qu'il nous faut,
   Lanladérira la la la,
   Lanladérira lalaire.

   Ce failli temps mollira pas, {x2}
   Je prends la barre, vas-y mon gars. "
   Lanladérira la la la,
   Lanladérira lalaire.

   S'en est monté pour prendre un ris {x2}
   Un paquet d'mer l'aura surpris...
   Lanladérira la la la,
   Lanladérira lalaire.

   On n'a r'trouvé que son chapeau, {x2}
   Son garde-pip' et son couteau,
   Lanladérira la la la,
   Lanladérira lalaire.

   Plaignez mon pauvre matelot, {x2}
   Sa femme et ses trois petiots,
   Montradéritra la la la,
   Montradéritra lalère.
            Sur le pont de Nantes

 
 

             Su' l'pont de Nantes
             Un bal y est donné
             Su' l'pont de Nantes
             Un bal y est don né

             Adèl'demande
             A sa mère d'y aller (bis)

             « Non, non, ma fille,
             Tu n'iras pas danser » (bis)

             Mont' dans sa chambre
             Et se met à pleurer (bis)

             Son frère arriv'
             Dans un bateau doré (bis)

             Ma soeur, ma soeur,
             Qu'as-tu donc à pleurer

             "Maman n'veut pas
             Que j'aille au bal danser" (bis)

             "Mets ta rob' blanche
             Et ta ceinture dorée" (bis)

             Les v'là partis
             Dans le bateau doré (bis)

             La premièr' danse,
             Adèle a bien dansé (bis)

             La deuxièm' dans'
             Le pied lui a glissé (bis)

             La troisièm' dans'
             Le pont s'est écroulé (bis)

             Les cloch's de Nantes
             Le mirent à sonner (bis)

             La mèr' demand'
             Pourquoi donc tant sonner? » (bis)

             "C'est pour Adèle
             Et votre fils aîné" (bis)

             Voilà le sort
             Des enfants obstinés ! (bis)



Le Retour au pays, Jacques Prevert

C'est un Breton qui revient au pays natal 
Apres avoir fait plusieurs mauvais coups 
Il se promene devant les fabriques a Douarnenez 
Il ne reconnait personne 
Personne ne le reconnait 
Il est tres triste. 
Il entre dans une creperie pour manger des crepes 
Mais il ne peut pas en manger
Il y a quelque chose qui les empeche de passer 
Il paye 
Il sort 
Il allume une cigarette 
Mais il ne peut pas la fumer. 
Il y a quelque chose 
Quelque chose dans sa tete 
Quelque chose de mauvais 
Il est de plus en plus triste 
Et soudain il se met a se souvenir 
Quelqu'un lui a dit quand il etait petit 
"Tu finiras sur l'echafaud" 
Et pendant des annees, 
Il n'a jamais ose rien faire 
Pas meme traverser la rue 
Pas meme partir sur la mer 
Rien, absoluement rien. 
Il se souvient 
Celui qui avait tout predit, c'est l'Oncle Gresillard 
L'oncle Gresillard qui portait malheur a tout le monde 
la Vache ! 
Et le Breton pense a sa soeur 
Qui travaille a vaugirard 
A son frere mort a la guerre 
Pense a toutes les choses qu'il a vues 
Toutes les choses qu'il a faites 
La tristesse se serre contre lui
Il essaie une nouvelle fois 
D'allumer une cigarette 
Mais il n'a pas envie de fumer 
Alors il decide d'aller voir l'oncle Gresillard 
Il y va 
Il ouvre la porte 
L'oncle ne le reconnait pas
Mais lui le reconnait 
Et il lui dit : "Bonjour oncle Gresillard"
Et il lui tord le cou 
Et il finit sur l'echafaud a Quimper 
Apres avoir mange deux douzaines de crepes 
Et fume une cigarette. 

Chanson bretonne sur la superstition

1 - C'hoant a meus, Bretonnet, da zont da ziscleria
Eun abus en bon toues deus an danjerussa :
Eo ar supertitionnou zo kals, siouas ! o kredi,
Hag a zo noasus bras d'an dud sempl e peb ty.

2 - Kent avans davantaj, e c'houlon sclerijen
Apollon ha Minerv, Doueed deus a fablen
Unan gondu ma rimou, hag eben all ma furnes
Marteze teuin a benn da scriv' ar virionnes.

3 - Un dra abominabl, güelet e chom bepret
Etoues tud ignorant, kredennou kondaonnet
Gant all lezennou civil ha komzou an Aviel
Spont rak troaou infernal ha traou celestiel.

4 - Güelet rer exemplou ehars an amzer gos,
Deus spontadennou bras errue pad an nos,
Gant tud bars en ho güele, pe autramant o vale
Mar karjen vizen bet didromplet heb dale.

5 - Eur boud raden hebkeii, hejet gant an avel,
A rayo doc'h nijal heb pleon na diouaskel ;
Ho pleo zavo var ho penn, a strakal a ri ho tent, 
O kredi peus güelet al Lutin var ho hent.

6 - Kals merc'het, deus an nos, a gred ferm neus güelet,
Pe ho zad, pe ho mam, ho breur pe ho friet,
Goude-ma int decedet, o tont da c'houl pedennou
Tavit, a tavit krenn, gant sort sot konchennou.

7 - Be zo c'hoas, kristennien, supertitionnou foll
O tont d'ho fratica, a reont doc'h kals a goll
Vel mediciner loennet o parea dre gomzou,
Pe heb bez studiet, oc'h implij goal louzou.

8 - Envel deus an Druidet, tud ancien er vro, 
En doa eur respet vras evit ar güez dero : 
balamour d'an huel-var vize kavet varnezo, 
A biscoas eur foeltr-vad n'en deus-en groet dezo.

9 - Me a lez a goste, konchennou ven ha nul,
Kapabl seul da sponta bugaligou kredul ;
Me a fell din 'ta applika an accidanchou fachus
Dan oll gredennou sot..., Alies vent noazus.

10 - Pas hebken al loenner vez victim d'ar fallacr, 
Ghemer vit parea traou profan ha traou sacr 
Mes bez a zo tud kredul a vez alies tromplet, 
Ha groet kals tor dezo, meumes en ho c'hlenvet.

11 - Betec kredi eo güir ar seis deus ar botret 
Zo medicin avoalc'h heb beza studiet,
E vez klasket gant fizians da frott' e zorn deuz coste 
Un den a zo goall glaon !... Sottonni an dra-ze.

12 - Be z'o hag a gred c'hoas bars et charlatannet,
A bled dre ar foariou kouls hag avocadet ;
E tebitont doc'h ghevier var louzou pernicius,
E fell deo ho güerza vel louzou precius.

13 - An divinourezet ne n'int ket, a dra-zur
Gùelloc'h vit re a vers billet bon-avantur
A re ze zo komperien, pa reont ar meumes comers,
Da drompl' an ignorant neus tout ar meumes pers.

14 - Be zo hag a lar doc'h, deus cartou pa sellont,
Pe vonheur pe malheur po en amzer da zont
Divoual deus magiciannet, divoual c'hoas deuz sorcerien,
Ha demeus an Albert, divouallit mad, lennerien.

15 - Deus ar c'hartou trois-sept, a zo diou-a-trêgon,
E rac'h en eur chanj liou, gadripl, minill, tricon
An troyou se a vez groet gant charlatannet soutil,
Vit trompla a dra zur, c'hoariourien trankil.

16 - Al lapousset vit lod, 32O eur 2in certen,
Al lapoussic skrijer, ar piket var an hent,
Pa e vez klevet hennes, pe e vez güelet houma
Eur maro a zo prest da dremen dre ama !...

17 - C'hoas ouspenn ma kredet a zo divinourien
Vit goapeal ar bobl, etoues ar gristennien,
E fell doc'h al loennet mud vez divinourien ive,
Hag a lavarfe doc'h petra vo ho tive.

18 - Be zo tud hag a gred, a possub vent deud cos,
Penos e klevont trous avechou kreis an nos :
Lod a glev tacha cherchou lod all a glev boulversi,
D'an eil coste d'eben, ar planch var al leurzi.

19 - Lod all c'hoas neus klevet karighel an ankou,
Pe eur c'hloc'hic bihan, pe güelet flam goulou
Dre an dra-ze e ouzont e ma tostic ar maro
Da zigoueout e ker!... Gâr an neb a garo !!

20 - Respontet din-me c'hoas, penos toler klenvet
Var an dud, var ar saout, var moc'h ha var denvet
Ober de tap klenvezou hag avechou ar maro,
Pe da chom langhisset heb kaouet poan garo.

21 - Me gred on kristen mad, catolic, koulz a c'houi
Cetu ase perac n'allon biken kredi
E vez dre eun den mechant e meus tapet ar c'hlenvet
A aflij ac'hanon, heb kaout ounta remet.

22 - Mar peus kollet arc'hant pe eun dra all benac.
E reliklt ho c'hlask prompt, ma na rit ket... Perac ?
C'houi a lak re a fizians ebars en eur santic du
D'en digas doc'h varc'hoas, ma na ra ket deustu.

23 - Ouspen riska da goll ar pes zo dianket,
E tistammantet c'hoas eur pemp pe c'hoec'h güennec
Er ghis-se en eur gredi, a dre ho ignorans foll,
Na vankoc'h ket james deus tu pe du da goll.

24 - Ma e zoc'h penvidic, vo laret eur c'has du
A zigas doc'h arc'hant bevech pa gav an tu
Perac eta e kredit, penos vez eul loennic paour
Gasfe d'ar penvidic bernou arc'hant hag aour.

25 - Pa c'houes an avel foll, ken a gren ad tyer,
Vo laret zo maro eun debout mad a yer ;
Vez sonjet eo an ene a ya da ober tourmant
Ma e voa penvidic, sur ma en nêc'hamant,

26 - An amzer, ma breudeur, ne ket groet gant an dud,
Nag e beo, na marc, evel ma ma ar vrud.
Dre natur ta an amzer alies chanchamanchou
Yen, tom, arne ha glao, avechou tourmanchou.

27 - Na gredit ket james giielet sinon en er,
Evel güelet tan ruz fusilli, sabrennier,
Sin demeus a gambajou, a ne zigouefen james,
Ractal m'ho peus güelet... Mar kirit tol eves !

28 - AI loar enn' em grouga! Be vez guelet e Breis,
Eclips loar deus an nos, eclips eol deus an deis
An eol, al loar, an douar en n'em eclips a dra-zur,
Mes na venassont ket buez eur c'hrouadur.

29 - Eur stereden lostec, pe eur blaves biseost
A ra eun effet bras var loen net ha var eost
Penos eta e kredit, vez eun de, eur stereden,
Kapabl da droubla tout ar pes sepant d'an den.

30 - Sottonni eo kredi penos eur blanetten
Zo laket gant Doue da c'heulia da beb den
Pe c'houi vo kavet beuzet, pe dre rancont decedet,
Vo laret : Er ghis-se renkche be digouezet.

31 - Vit mont dirac chass claon, peus alc'houes Sant-Ugen
Mar peus eur menn Kroadry, grimp hardi er vezen;
Ha ma peus eur voalen dir, e arretit krenn ar goad
Da c'houm e Sant-Cadou, e klaskit louzou mad.

32 - Ma fell doc'h kaout arc'hant, p'autramant temzoriou,
Epad an aviel deus a zul ar bleuniou.
E red doc'h monet d'ho c'hlask, savet int var ann douar.
Mes pad an amzer-ze, divoual da gaout savar.

33 - O tud ar sotta tout ! dishenor hor bro ghes !
C'houi a zonch doc'h eta, Doue en he furnes
En neffe choaset expres eun heurves epad ar bloa
Vit roï d'an temsoriou bez distac deus peb tra.

34 - Me n'allon ket tevel ar pes a meus klevet
Espres vit ober mes d'ar c'hredul. Bretonnet
Penos d'an nos ar Pelgon hag epad an oferen,
An eil deus eghile, a barlant daou ejen.

35 - O c'houi a zishenor hor bro ker Breis-Izel
C'houi a barlant sottoc'h vit rafle eur bughel,
Oc'h sot avoalc'h da gredi penos loenet crouet mud,
Neus eun heur da barlant evel ma ra an dud

36 - Mar karfen lara tout ar sottoniou euzuz
A gonter dre ar vro gant tud supertitius,
Ne ket daou-hughen couplet a achufe ma chanson
Kement all a rafen c'hoas heb beza direson.

37 - Na c'boulon ker excus digant ar mechantet
A glask ato an tu da dappa poltronnet
Zo sot awoalc'h da gredi ho zroiou, ho discourzou,
Ha da zilas ho yalc'h da bea anezo.

38 - Nomp ket vit chom divlam, vit domp bez kristenien,
Ha Doue hor punis dre ma zomp pec'herien.
Ne ket sur ar sorcerien eo a ta domp langhissa
Doue, en he justis, a zeu d'or punissa.

39 - Profittit-ta brema, vit distruj n' ignorans
Bars en Breis zo savet scolliou en abondans,
Kasset di ho pugale, a certen mad eun deves,
Dre ho deskadurez, no muyoc'h a furnes.

40 - Ma vize bet scolliou ehars an amzer gos,
Vize ket en hon toues kement kredennou fos
Na vize ket parlantet demeus re e teu en dro,
Da ober visitou goude ma vent maro.

41 - Na vize ket spontet tud e bars en ho zi
D'an heur a anter-nos oc'h ober raveurzi,
Vit ober doc'h decampi, hag evit allout essoc'h
Kemer ar pes ho peus a goapât ac'hanoc'h.

42 - Divouallit mad eta demeus ar sorcerien :
N'em assurit bepret en nos e bars an hent,
Da gemer c'hoas eul Lutin e lec'h eur boud raden,
Ha peb supertition tennit pis deus ho penn.

43 - An hini neus savet ar zon zo menuser,
Ne tam supertitius, na ket nebeut sorcer:
A zo hanvet Labory, ganet e borc'h Plogastel,
E chom e Clohars-Fouësnant, kichen eur c'hoos Castel.

1 - J'ai envie, Bretons, de venir dénoncer 
Un abus parmi nous des plus dangereux: 
Ce sont les superstitions que beaucoup, hélas ! croient, 
Et qui sont très nocives pour les simples gens de chaque foyer. 

2 - Avant d'aller plus loin, je demande la lumière 
D'Apollon et de Minerve, Dieux de fable: 
L'un conduit mes rimes, et l'autre ma sagesse; 
J'arriverai peut-être à écrire la vérité. 

3 - Une chose abominable, est de voir que restent toujours 
Parmi les gens ignorants, des croyances condamnées 
Par les lois civiles et les paroles de l'évangile : 
L'effroi devant des choses infernales et des choses célestes. 

4 - On voit des exemples dans l'ancien temps, 
De grandes frayeurs qui arrivaient pendant la nuit, 
A des gens dans leur lit, ou bien debout : 
S'ils l'avaient voulu, ils auraient été détrompés très vite. 

5 - Une seule touffe de fougère, secouée par le vent, 
Vous fera voler sans plumes ni ailes ; 
Vos cheveux se dresseront sur votre tête, et vos dents claqueront 
En croyant avoir vu le Lutin sur votre route. 

6 - Beaucoup de femmes, la nuit, croient fermement avoir vu, 
Soit leur père, soit leur mère, leur frère ou leur mari, 
Après leur décès, venir demander des prières ! 
Taisez-vous, et taisez-vous pour de bon, avec cette sorte de sot racontar. 

7 - Il y a aussi, chrétiens, des superstitions folles 
Qui si on les pratique, vous causent beaucoup de pertes : 
Comme des vétérinaires qui guérissent par des paroles, 
Ou sans avoir étudié, en utilisant de mauvais médicaments. 

8 - Comme les Druides, gens anciens du pays, 
Qui avaient beaucoup de respect pour les chênes : 
A cause du gui qu'on pouvait y trouver, 
Mais qui n'a jamais été foutu de leur faire le moindre bien. 

9 - Moi je laisse de côté, les histoires vaines et nulles, 
Seulement capables d'effrayer de petits enfants crédules ; 
Je veux donc appliquer les accidents fâcheux 
A toutes les croyances sottes... Elles sont souvent nuisibles. 

10 - Il n'y a pas que les animaux à être victimes du méchant, 
Qui prend pour guérir des choses profanes et des choses sacrées, 
Mais il y a des gens crédules qui sont souvent trompés, 
Et à qui on fait beaucoup de tort, m e dans leur maladie. 

11 - Jusqu'à croire qu'il est vrai que sept hommes 
Valent un médecin sans avoir étudié. 
On cherche avec confiance à frotter sa main site le flanc 
D'un homme qui est très malade !.. Sottise que cela. 

12 - Il y en qui croient encore aux charlatans, 
Qui plaident dans les foires comme des avocats 
Ils vous débitent des mensonges sur les médicaments pernicieux, 
Qu'ils veulent vous vendre comme des médicaments précieux. 

13 - Les devineresses ne valent pas mieux, c'est sûr, 
Que ceux qui vendent des billets de bonne aventure 
Ceux-la sont des compères puisqu'ils font le même commerce, 
Pour tromper l'ignorant ils ont tous la même habileté. 

14 - Il y en a qui vous disent, à partir de cartes qu'ils regardent, 
Si c'est du bonheur ou du malheur que vous aurez ns le tue 
Attention aux magiciens, attention encore aux sorciers, 
Et de l'Albert, méfiez-vous bien, lecteurs. 

15 - Des cartes trois-sept, qui sont trente deux, 
Va ferez en changeant de couleur, le quadruple, manille, le tricon, 
Ces tours sont faits par de subtils charlatans, 
Pour tromper sûrement, de paisibles joueurs. 

16 - Les oiseaux pour certains, ? 
La chouette, les pies sur la route, 
Quand on entend celle-ci, ou que l'on voit celles-là, 
Une mort est prête à passer par-là. 

17 - De plus si vous croyez qu'il y a des devins 
Pour se moquer du peuple, parmi les chrétiens, 
Vous voulez que les animaux muets soient des devins aussi, 
Et qu'ils vous disent quelle sera votre fin. 

18 - Il y des gens qui croient, même s'ils sont vieux, 
Qu'ils entendent du bruit parfois au milieu de la nuit: 
Certains entendent clouer des cercueils, d'autres entendent remuer, 
De tous côtés, les planches sur le sol. 

19 - D'autres encore ont entendu la brouette de l'Ankou, 
Ou une petite cloche, ou vu la flamme d'une bougie; 
Par cela ils savent que la Mort est prête 
A arriver à la maison.. Gare à qui croira !! 

20 - Dites-moi encore, comment jeter la maladie 
Sur les gens, les vaches, les cochons et les moutons 
Leur faire attraper des maladies et parfois la mort, 
Ou rester à se languir sans avoir grand mal. 

21 - je crois que je suis un bon chrétien, catholique, autant que vous, 
Voilà pourquoi je ne pourrai jamais croire 
Que c'est à cause d'un homme méchant que j'ai attrapé la maladie 
Qui m'afflige sans avoir pour elle de remède. 

22 - Si vous avez perdu de l'argent ou quelque chose d'autre, 
Vous pouvez le rechercher rapidement, si vous ne le faites pas... Pourquoi ? 
Vous mettez trop de confiance dans le petit saint noir 
Pour qu'il vous le rapporte demain, s'il ne le fait pas tout de suite. 

23 - En plus de risquer de perdre ce qui est égaré, 
Vous dépensez encore cinq ou six sous ; 
Comme cela en croyant, par votre folle ignorance, 
Vous ne manquerez jamais d'une façon ou d'une autre de perdre. 

24 - Si vous êtes riche, on dira qu'un chat noir 
Vous apporte de l'argent chaque fois qu'il le peut;
Pourquoi donc croyez-vous, qu'un pauvre petit animal 
Amènerait au riche des tas d'argent et d'or. 

25 - Quand le vent déchaîné souffle tant qu'il fait trembler les maisons, 
On dit que c'est la mort d'un bon mangeur de poules; 
0n pense que c'est son âme qui vient faire une tourmente 
S'il était riche, il est sûrement en peine. 

26 - Le temps, mes frères, n'est pas fait par les gens, 
Ni vivants, ni morts, comme le dit la rumeur. 
Par nature le temps change souvent; 
Froid, chaud, orage et pluie, parfois des tourmentes. 

27 - Ne croyez jamais voir des signes dans l'air, 
Comme voir le feu de fusils, des sabres, 
Signes de combats, qui n'arriveront jamais, 
Dès que vous en voyez... S'il vous plait faites attention 

28 - La lune qui se pend !.. On voit en Bretagne, 
Des éclipses de lune la nuit, des éclipses de soleil le jour 
Le soleil la lune, la terre s'éclipsent certainement, 
Mais ils ne menacent pas la vie d'un enfant. 

29 - Une étoile filante, ou une année bissextile 
Ont un grand effet sur tes animaux et sur la récolte; 
Comment pouvez-vous croire, qu'un jour, une étoile, 
Soit capable de troubler tout ce qui dépend de l'homme. 

30 - C'est sottise que de croire qu'une planète 
Est mise par Dieu pour suivre chaque homme 
Que vous soyez trouvé noyé, ou par hasard décédé, 
On dira : Ce devait être ainsi. 

31 - Pour aller devant des chiens enragés, vous avez la croix de Saint-Uguen 
Si vous avez une pierre de Coadry, vous grimpez facilement dans l'arbre ; 
Et si vous avez un anneau d'acier, vous arrêtez d'un coup le sang; 
Dans le coin de Saint-Cadou, vous cherchez de bonnes herbes.

32 - Si vous voulez avoir de l'argent ou des trésors, 
Pendant l'évangile du dimanche des rameaux. 
Il vous faut aller les chercher, ils poussent sur la terre. 
Mais pendant ce temps, attention au bruit. 

33 - Oh gens des plus sots ! déshonneur de notre pauvre pays 
Vous pensez donc que Dieu dans sa sagesse 
Aurait choisit exprès une heure pendant l'année 
Pour faire en sorte que les trésors soient détachés de toute chose. 

34 - Moi je ne peux taire ce que j'ai entendu 
Exprès pour faire honte au crédule. Bretons: 
Comment la nuit de Noël et pendant la messe, 
L'un à l'autre, se parlent les deux bœufs. 

35 - Oh vous déshonorez votre beau pays de Basse-Bretagne! 
Vous qui dîtes plus de sottises que ne le ferait un enfant. 
Vous êtes assez sot pour croire que des animaux créés muets,
Ont une heure pour parler comme le font les gens. 

36 - Si je voulais vous dire toutes les sottises épouvantables 
Que racontent dans le pays des gens superstitieux. 
Ce n'est pas quarante couplets qui finiraient ma chanson 
J'en ferais encore autant, sans être déraisonnable. 

37 - Je ne demande pas d'excuses aux méchants 
Qui cherchent toujours la façon d'attraper les poltrons 
Qui sont assez bêtes pour croire à leur tour, à leurs discours, 
Et pour ouvrir leur bourse pour les payer. 

38 - Nous ne pouvons rester sans reproches, même si nous sommes chrétiens, 
Et Dieu nous punit parce que nous sommes des pécheurs. 
Ce ne sont sûrement pas les sorciers qui nous font languir:
C'est Dieu qui, dans sa justice, vient nous punir.

39 - Profitez donc maintenant, pour détruire l'ignorance: 
En Bretagne il y a des écoles en abondance, 
Envoyez-y vos enfants, et certainement un jour, 
Par leur éducation, ils auront plus de sagesse. 

40 - S'il y avait eu des écoles dans l'ancien temps, 
Il n'y aurait pas parmi nous autant de fausses croyances: 
On ne parlerait pas de ceux qui reviennent, 
Faire des visites après leur mort. 

41 - Les gens ne seraient pas effrayés dans leur maison 
A l'heure de minuit quand le chambardement 
Vous fait décamper pour pouvoir vous prendre plus facilement 
Ce que vous avez et se moquer de vous. 

42 - Méfiez-vous donc des sorciers
Assurez-vous toujours la nuit sur la route, 
De ne pas prendre encore une touffe de fougère pour un lutin, 
Et toute superstition retirez bien de votre tête. 

43- -Celui qui a composé cet air est un menuisier, 
Qui n'est pas du tout superstitieux, ni non plus sorcier. 
Il se nomme Labory, né au bourg de Plogastel, 
Il habite à Clohars-Fouesnant, à côté d'un vieux château.


An alarc'h
( Le cygne )

Le retour d'exil triomphal du duc
Jean IV de Montfort  en 1379
Dossier Word

http://perso.wanadoo.fr/per.kentel/frame_connus.htm





 
Source
Cette chanson, extraite du "Barzhaz Breizh" de La Villemarqué, figure sur le recueil "Kanomp Uhel", édité par Coop Breizh

Le sujet

La chanson évoque le retour d'exil triomphal du duc Jean IV de Montfort ("an aotrou Yann"), débarquant dans un vaisseau aux voiles blanches pour reconquérir la Bretagne

Ce duc, installé par le royaume de France, avait pourtant été chassé quelques années auparavant par les Bretons ; mais, voyant que l'indépendance du duché était encore plus menacée sans lui qu'avec lui, ils avaient envoyé une délégation pour qu'il revienne.

Il débarque à Dinard le 3 août 1379 pour reconquérir le trône de Bretagne

"An Alarc'h" c'est le cygne qui, dans la chanson, assiste à la scène depuis le sommet de la tour du château d'Arvor.

Traduction

Un cygne, un cygne d'outre-mer, au sommet de la vieille tour du château d'Armor !
Dinn, dinn, daon ! au combat ! au combat ! Oh! dinn ! dinn ! daon ! Je vais au combat.
Heureuse nouvelle aux Bretons ! et malédiction rouge aux Français !
Dinn dinn, daon ! au combat au combat ! etc.
Un navire est entré dans le golfe, ses blanches voiles déployées ;
Le seigneur Jean est de retour, il vient défendre son pays ;
Nous défendre contre les Français, qui empiètent sur les Bretons.
Un cri de joie part, qui fait trembler le rivage
Les montagnes du Laz résonnent ; la cavale blanche (1) hennit, et bondit d'allégresse ;
Les cloches chantent joyeusement, dans toutes les villes, à cent lieues à la ronde.
L'été revient, le soleil brille ; le seigneur Jean est de retour !
Le seigneur Jean est un bon compagnon; il a le pied vif comme l'oeil.
Il a sucé le lait d'une Bretonne, un lait plus sain que du vin vieux.
Sa lance, quand il la balance, jette de tels éclairs, qu'elle éblouit tous les regards;
Son épée, quand il la manie, porte de tels coups, qu'il fend en deux homme et cheval.
Frappe toujours ! tiens bon ! seigneur duc ! courage ! lave-les (dans leur sang) ! lave-les !
Quand on hache comme tu haches, on n'a de suzerain que Dieu !
Tenons bon Bretons ! tenons bon ! ni merci, ni trêve! sang pour sang !
O Notre-Dame de Bretagne ! viens au secours de ton pays !
Nous fonderons un service, un service commémoratif !
Le foin est mûr : qui fauchera ? Le blé est mûr: qui moissonnera ?
Le foin, le blé, qui les emportera ? Le roi prétend que ce sera lui ;
Il va venir faucher en Bretagne, avec une faux d'argent ;
Il va venir faucher nos prairies avec une faux d'argent et moissonner nos champs avec une faucille d'or.
Voudraient-ils savoir, ces Français, si les Bretons sont des manchots ?
Voudrait-il apprendre, le seigneur roi, s'il est homme ou Dieu ?
Les loups de la Basse-Bretagne grincent des dents, en entendant le ban de guerre ;
En entendant les cris joyeux, ils hurlent : à l'odeur de l'ennemi, ils hurlent de joie.
On verra bientôt, dans les chemins, le sang couler comme de l'eau;
Si bien que le plumage des canards et des oies blanches qui les passeront à la nage, deviendra rouge comme la braise.
On verra plus de tronçons de lances éparpillés qu'il n'y a de rameaux sur la terre, après l'ouragan;
Et plus de têtes de morts qu'il n'y en a dans les ossuaires du pays
Là où les Français tomberont, ils resteront couchés jusqu'au jour du jugement;
Jusqu'au jour où ils seront jugés et châtiés avec le Traître qui commande l'attaque.
L'égout des arbres sera l'eau bénite qui arrosera son tombeau
Dinn ! dinn ! daon ! au combat ! au combat ! Oh ! dinn ! dinn ! daon ! Je vais au combat.

(1) la mer

Dans des versions récentes un couplet a été ajouté :
Enor, enor d'ar gwenn-ha-du
Ha d'ar C'hallaoued mallozh ruz !

Honneur, honneur au "blanc-et-noir" (le drapeau breton)
Et malheur rouge aux Français !


Marv Pontkalleg
( La mort de Pontcalec )
http://perso.wanadoo.fr/per.kentel/frame_connus.htm
Source
Extrait du "Barzhaz Breizh", le premier grand recueil de chansons bretonnes, publié en 1839 par Hersart de la Villemarqué

Traduction
(Texte en format word)
I

Un chant nouveau a été composé, il a été fait sur le marquis de Pontcalec ;
- Toi qui l'as trahi, sois maudit sois maudit ! Toi qui l'as trahi, sois maudit ! -
Sur le jeune marquis de Pontcalec, si beau, si gai, si plein de coeur !
- Toi qui l'as trahi, sois maudit ! sois maudit ! etc.
Il aimait les Bretons, car il était né d'eux ;
- Toi qui l'as trahi, sois maudit ! soit maudit ! etc.
Car il était né d'eux, et avait été élevé au milieu d'eux.
Il aimait les Bretons, mais non pas les bourgeois ;
Mais non pas les bourgeois qui sont tous du parti français ;
Qui sont toujours cherchant à nuire à ceux qui n'ont ni bien ni rentes,
A ceux qui n'ont que la peine de leurs deux bras, jour et nuit, pour nourrir leurs mères.
Il avait formé le projet de nous décharger de notre faix ;
Grand sujet de dépit pour les bourgeois qui cherchaient l'occasion de le faire décapiter.
- Seigneur marquis, cachez-vous vite, cette occasion, ils l'ont trouvée ! -

II

Voilà longtemps qu'il est perdu ; on a beau le chercher, on ne le trouve pas.
Un gueux de la ville, qui mendiait son pain, est celui qui l'a dénoncé ;
Un paysan ne l'eût pas trahi, quand on lui eût offert cinq cents écus.
C'était la fête de Notre-Dame des moissons, jour pour jour ; les dragons étaient en campagne :
- Dites-moi, dragons, n'êtes-vous pas en quête du marquis ?
- Nous sommes en quête du marquis ; sais-tu comment il est vêtu ?
- Il est vêtu à la mode de la campagne : surtout bleu orné de broderies ;
Soubreveste bleue et pourpoint blanc ; guêtres de cuir et braies de toile ;
Petit chapeau de paille tissu de fils rouges ; sur ses épaules, de longs cheveux noirs ;
Ceinture de cuir avec deux pistolets espagnols à deux coups.
Ses habits sont de grosse étoffe, mais dessous il en a de dorés.
Si vous voulez me donner trois écus, je vous le ferai trouver.
- Nous ne te donnerons pas même trois sous ; des coups de sabre, c'est différent ;
Nous ne te donnerons pas même trois sous, et tu nous feras trouver Pontcalec.
- Chers dragons, au nom de Dieu, ne me faites point de mal:
Ne me faites point de mal, je vais vous mettre tout de suite sur ses traces :
Il est là-bas, dans la salle du presbytère, à table, avec le recteur de Lignol.

III

Seigneur marquis, fuyez ! fuvez ! voici les dragons qui arrivent !
Voici les dragons qui arrivent: armures brillantes, habits rouges.
- Je ne puis croire qu'un dragon ose porter la main sur moi;
Je ne puis croire que l'usage soit venu que les dragons portent la main sur les marquis ! -
Il n'avait pas fini de parler qu'ils avaient envahi la salle.
Et lui de saisir ses pistolets:
- Si quelqu'un s'approche, je tire ! -
Voyant cela, le vieux recteur se jeta aux genoux du marquis:
- Au nom de Dieu, votre Sauveur, ne tirez pas, mon cher seigneur!
A ce nom de notre Sauveur, qui a souffert patiemment;
A ce nom de notre Sauveur, ses larmes coulèrent malgré lui ;
Contre sa poitrine ses dents claquèrent ; mais, se redressant, il s'écria : " Partons ! "
Comme il traversait la paroisse de Lignol, les pauvres paysans disaient,
Ils disaient, les habitants de Lignol: - C'est grand péché de garrotter le marquis ! -
Comme il passait près de Berné, arriva une bande d'enfants :
- Bonjour, bonjour, monsieur le marquis : nous allons au bourg, au catéchisme.
- Adieu, mes bons petits enfants, je ne vous verrai plus jamais !
- Et où allez-vous donc, seigneur ? est-ce que vous ne reviendrez pas bientôt ? - Je n'en sais rien, Dieu seul le sait : pauvres petits, je suis en danger. -
Il eût voulu les caresser, mais ses mains étaient enchaînées.
Dur eût été le coeur qui ne se fût pas ému ; les dragons eux-mêmes pleuraient;
Et cependant les gens de guerre ont des coeurs durs dans leurs poitrines.
Quand il arriva à Nantes, il fut jugé et condamné,
Condamné, non pas par ses pairs, mais par des gens tombés de derrière les carrosses.
Ils demandèrent à Pontcalec: - Seigneur marquis, qu'avez-vous fait ?
- J'ai fait mon devoir ; faites votre métier ! -
 

IV

Le premier dimanche de Pâques, de cette année, un message est arrivé à Berné. - Bonne santé à vous tous, en ce bourg ; où est le recteur par ici ?
- Il est à dire la grand'messe, voilà qu'il va commencer le prône -
Comme il montait en chaire, on lui remit une lettre dans son livre :
Il ne pouvait la lire, tant ses yeux se remplissaient de larmes.
- Qu'est-il arrivé de nouveau, que le recteur pleure ainsi ?
- Je pleure, mes enfants, pour une chose qui vous fera pleurer vous-mêmes :
Il est mort, chers pauvres, celui qui vous nourrissait, qui vous vêtissait, qui vous soutenait ;
Il est mort celui qui vous aimait, habitants de Berné, comme je vous aime;
Il est mort celui qui aimait son pavs, et qui l'a aimé jusqu'à mourir pour lui ;
Il est mort à vingt-deux ans, comme meurent les martyrs et les saints.
Mon Dieu, avez pitié de son âme ! le seineur est mort ! ma voix meurt !

- Toi qui l'as trahi, sois maudit ! sois maudit ! Toi qui l'as trahi, sois maudit !

CHANSONS EN BRETON SUR FEUILLES VOLANTES
Ces chansons en breton, vendues dans les foires et les pardons, ont servi de journaux à des générations de bretons. Les informant sur les guerres, les crimes, les catastrophes, les nouvelles modes ou la politique. Ce site vous propose de découvrir cette littérature populaire bretonne au travers d'exemples historiques, de biographies, d'analyses et d'extraits de la littérature.


La Bretagne en Allemagne
Das deutsche Online-Magazin von Willi Rodrian
http://www.breizh.de/
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La musique bretonne en Allemagne: Interview de Willi Roadrian par Marie réalisée en juillet 2005

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Au service de la musique et de la culture bretonne: Promotion de musique et culture bretonne
Willi Rodrian, fondateur de TraDuTrad, coopère, depuis 1996, avec de nombreux artistes et acteurs de la culture traditionnelle en Bretagne.
Depuis 2000, il est le créateur du site web www.breizh.de (interviews, articles, traductions) et animateur-radio sur Radio LORA München 92,4 où il présente, une fois par mois, la musique bretonne depuis 1998.



 

Barzahaz Breizh
Couverture de l'édition de 1867


Chants de Basse Bretagne

présentés dans l'ordre choisi par La Villemarqué

Site élaboré par Christian SOUCHON (texte et musique)



1ère PARTIE
Chants mythologiques
historiques
et ballades

2ème PARTIE
Chants de fete
Chants d'amour

3ème PARTIE
Légendes et chants religieux