Entourée de châtelaines. Duchesse en sabots.
Voilà qu'aux portes de Rennes
Trouva trois vieux capitaines. Ah ! Ah ! Ah !
Vivent les sabots de bois !
|
|
|
"Les Bretons ont
chanté leur vie à pleine gorge ou à voix de
complainte,
pour exalter la joie ou endormir la peine. Ils s'accompagnaient de
chansons
du berceau à la tombe et toutes les circonstances étaient
bonnes pour
improviser un véritable journal en couplets"
Pierre Jakez Helias



Partitions
gratuites de musiques de Bretagne



Dans les prisons de Nantes, Y'avait un prisonnier, Y'avait un
prisonnier

Les
instruments de la musique traditionnelle en Bretagne
Travail en
autonomie / Exercuces de mise en relation
Présentation
de la bombarde (Étymologie, historique,
description, extraits, pour aller plus loin)
Son de la
bombarde en si b ou en mp3
Son de la
bombarde en sol ou en mp3
Un bon site perso spécialisé sur la
bombarde, très bien fait et très complet.
Présentation
du binioù-koz (Étymologie, historique,
description, extraits, pour aller plus loin):
Son du
binioù-koz en si b avec bourdon en do ou en mp3
Connaissez-vous les
instruments
traditionnels bretons?

-
Le biniou (la cornemuse), la bombarde,
l'accordéon
diatronique, le violon, la clarinette -
Alors faites
l'exercice
de mise en relation





Exercice
de mise en relation![]()
![]()
La danse bretonne: sensibilisation au
sujet



Les danses bretonnes sont des
danses de groupe qui se font en chaîne
ouverte.
Lecture
d'un texte et exercice de mise
en relation

![]() spécialiste de la danse et des costumes bretons Au cas où
vous n'auriez pas le logiciel Real Player,
téléchargez-le
gratuitement: Compréhension orale : 01 – Quelle
sorte d'atelier Raymond Le Lann anime-t-il sur la
place
St. Corentin? 04 – Qui a le
droit de participer aux ateliers de danse? 07 – Qu'est-ce
qui permet même à ces
étrangers-là
d'apprendre les danses bretonnes? 10 – Sur quel
sol danse-t-on sur la place St. Corentin? Quel
sol serait
préférable? 13 – Selon
Raymond, de quoi le costume et les danses font-ils
partie? 16 – Quels sont
les sujets que Raymond abordera lors de la
présentation
des costumes?
|


Revivez sur cette page les meilleurs
moments du sixième Cyber
Fest Noz du
30 octobre 2004
Chaque extrait est décliné en plusieurs débits
différents, à choisir selon votre type de connexion.
EMISSION WEB-TV: [Moyen-débit
128k]:
Quelques moments forts de cette
sixième
édition du plus grand fest-noz du monde...
Le
clip de présentation |
Guichen Quartet |
Ewen-Delahaye-Favannec |
Black Label Zone |
Les
Frères Morvan |
Bagad Cap-Caval |
Mauras-Lesieur |
Skolvan |
Louise Ebrel -
Ifig Flatrès |
. |
![]()
![]()
Musique du groupe Termen
|
ou |
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ou |
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sur Radio CAROLINE ou Interview Compréhension orale : 01 – Quel est
l'événement que fêtait le CD
"Le Moulinet
d'Acigné" ? 04 – Quel est le
rôle d'Hubert Jumel dans le groupe? 07 – Qu'est-ce
que le groupe a fait à la sortie du
deuxième
CD? 10 – Sur quelle
activité le répertoire du groupe
est-il
basé? 13 – Où
sont nés ses membres fondateurs? 16 – Comment
est-ce que Thierry trouve la musique
composée par
son ami? 19 – Dans quel cadre sera-t-il présenté? Discussion Pensez-vous que cette musique puisse plaire aux jeunes ? D’après vous, à quel public est-elle destinée ? Parlez de vos goûts musicaux. Imaginez une vie
sans musique. |
Musique du groupe
Rozaroun
![]()
![]()
Dardidjenn:
Chants de la mer et de la terre - en
téléchargement
Jean Baron et Christian Anneix: Écoutez
![]()
![]()
Planedenn
- le destin / Quand il faut quitter la maison
Poème de Yann-Ber
Piriou, chanté par Alan
STIVELL
Fiche pédagogique
pour exploiter la chanson
CDs de Alan Stivell
Stivell, Alan: olympia concert (1972)
Stivell, Alan: 1 Douar (1998)
Stivell, Alan: Back to Breizh (2000)
Stivell, Alan: Au-delà des mots (2002)
| http://www.bzh.com/keltia/galleg/littrtr/bretagne/xx/piriou/planeden.htm
Planedenn - le destin ![]() Pa rankas dilezel ar ger Ha mont d'ar brezel da bellvro Ar c'hleier galv a vralle taer Ne zeuas ket he gwas en dro Pa'c'h eo aet kuit da seitek vloaz Pa laoskas he mab e barko- He zi gwechall leun a vuhez Arc'hoazh 'vo kaset d'an ospis Kredit achanon, kompagnunez |
Quand il dut quitter la maison Et s'en aller a la guerre dans un pays lointain Les cloches sonnaient violemment Son homme ne revint jamais.
Quand elle est partie a dix-sept ans
Quand son fils laissa ses barques
Les autres enfants sont partis a Paris
Sa maison autrefois pleine de vie
Demain elle sera envoyée a l'hospice Pour rassembler leurs trucs en or Une bonne partie des Messieurs Savent faire du fumier avec les pauvres. Né en 1937 à Lannion, Yann-Ber Piriou a écrit entre autre plusieurs études (Usage spontané et usage littéraire du Breton, Les Temps Modernes, septembre 1973) et surtout de Défense de cracher par terre et de parler Breton, anthologie bilingue de la poésie militante de 1950 à 1970 et essai sur la langue et la littérature bretonnes. Il a également écrit des essais, des critiques et des recueils de poésie (Ar mallozhioù ruz,...) |
|
ou « Quand il faut quitter la maison » (Poème de Yann-Ber Piriou, chanté par Alan STIVELL) Sensibilisation au sujet : • Quelles sont les idées que vous associez au mot
destin ? Après la première lecture / écoute du poème : • Relevez toutes les expressions se référant au champ lexical du départ et de l’abandon ; puis décrivez l’atmosphère du poème. Sujets d’étude : 1. Quel est le personnage central de ce poème ? Dites
pourquoi
en relevant les éléments grammaticaux et lexicaux qui le
montrent. Créativité
: |
http://www.alan-stivell.com/
Alain
Stevell
http://perso.wanadoo.fr/siteas/fenetres.htm
Musique mp3
Sensibilisation
au sujet


Gaël,
63 ans. Marin-pêcheur retraité à Paimpol : "J'en
suis
très fier."

Musique
mp3Le breton est-il ma langue
maternelle
? Séparatiste ? Autonomiste !? Régionaliste ?.. Oui et non, ... différent. Mais alors vous ne
comprenez plus ! Français
d'état civil,
je suis nommé français, Mon appartenance à
la Bretagne
n'est en revanche qu'une qualité facultative que je puis
parfaitement
renier ou méconnaître... Français sans
problème,
il me faut donc vivre la Bretagne en surplus, ou, pour mieux dire,
Si je perds cette conscience, la Bretagne cesse d'être en moi. Si tous les bretons la perdent, elle cesse absolument d'être... La Bretagne n'a pas de
papiers; A cette heure,
A chacun, L'âge venu, La Découverte; Ou l'Ignorance.. Morvan Lebesque, extrait
du texte
"Comment peut on être breton ? Essai sur la
Démocratie
française" (Editions du Seuil, 1970), repris par le groupe Tri
Yann
dans leur chanson "La découverte ou l'ignorance", 1976.
|
| "La découverte ou
l'ignorance"? Extrait de l'essai publié par Morvan Lebesque en 1970, « Comment peut-on être breton, essai sur la démocratie française. « Ce texte tout comme la chanson qui en a été tirée, figure dans de nombreux sites liés à la Bretagne ou d'autres régions aux caractéristiques culturelles toujours fortes, et pour cause... Il peut s'adapter à toute culture. ********** La Bretagne n'a pas de papiers. Elle n'existe que si à chaque génération des hommes se reconnaissent bretons. A cette heure des enfants naissent en Bretagne. Seront-ils bretons ? Nul ne le sait. A chacun l'âge venu, la découverte ou l'ignorance… Vous êtes invités à télécharger le fichier MP3 (2,89 Mo) de la chanson des Tri Yann ( http://www.triyann.com ) |
Écoutez et/ou lisez le texte, puis complétez les espaces
et cliquez sur correction. | Sujets
d’étude :
1) Est-ce qu’à l’origine on parlait breton à
Nantes ?
(cf. carte)
8) Est-ce que la conscience bretonne est en contradiction avec
le fait
d’être français ? Expliquez pourquoi. Séparatiste : personne qui réclame une séparation d’ordre politique, l’autonomie par rapport à un État. Mouvement séparatiste. L’autonomiste (nationaliste) : personne qui réclame le droit de se gouverner par ses propres lois, souveraineté, l’autonomie de la volonté (Kant). Régionaliste : tendance à conserver ou à favoriser certains traits particuliers d’une région. Système donnant aux régions une certaine autonomie. Décentralisation à l’échelle politique, économique et administrative. Lutter contre la tendance à la centralisation. 10) Lisez la biographie de Morvan Lebesque
ci-dessous
et exposez les étapes les plus importantes de sa vie. Travaux d’écriture : Discussion: |
Né à Nantes, capitale de la Bretagne, le 21 janvier 1911, Morvan LEBESQUE mena ses études secondaires au lycée Georges-Clémenceau. A 15 ans, il découvrit que sa nation, la Bretagne, est une colonie de l'intérieur, privée de son histoire, de sa langue, travestie en folklore puéril. Appliquant cette découverte au reste de la France, il perçoit l'antagonisme fondamental entre l'individu libertaire et l'état jacobin, centraliste et niveleur.
Il essaya d'enseigner. Mais nommé instituteur à l'école de garçons de Saint-Joachim (Loire-Inférieure), il est révoqué le 15 mars suivant pour déli d'opinion. Deux de ses collègues, MM. Rousseau et Gaudant, ont en effet rédigé un long rapport sur son activité politique auprès de l'inspection académique. Morvan Lebesque était en effet depuis longtemps membre du PAB. En 1930, il dirigera même la fédération nantaise. Mais a-t-on jamais vu un enseigant être radié des rangs du corps enseignant pour être membre du PS ou du RPR ?
Lorsque le PAB disparaît, en 1931, il rallie les rangs du
Parti
nationaliste intégral de Théophile Jeusset (Breizh da
Zont).
Lorsque ce groupuscule (huit membres !) se désintègre, il
se détourne momentanément du problème breton.
Il mena différents métiers avant de devenir journaliste:
critique de théâtre, de cinéma et de
télévision.
En 1940, il adhère au PNB. Olier Mordrel lui confie durant deux
mois la rédaction du journal 'L'Heure bretonne. J'ignore quel
fut
son parcour personnel durant les années suivantes. La
Libération
le voit renouer avec le journaliste. En 1952, il devient chroniqueur
politique
au Canard enchaîné. Il collabora également à
l'Express. Il publia de nombreux reportages dans ces journaux.
Il mourut au Brésil en juillet 1970 au cours d'une
tournée
de conférences sur la culture bretonne.
Pour
allez plus loin:
En référence au texte de Morvan Lebesque
|
EN 1998 ? « Comment peut-on être Breton ?», écrivait Morvan Lebesque, dans un livre phare publié il y a maintenant 25 ans. La Honte de soi, a longtemps été le sentiment qui caractérisait beaucoup de Bretons d'un certain âge ne trouvant pas leur place dans une société française qui leur était sur bien des points étrangère et qui les méprisait. Honte de ne pas bien parler le français, honte d'avoir un accent breton, honte d'avoir, collectivement, une réputation d'ivrogne, etc... Nous sommes passés, en une génération, d'une identité négative à une identité positive. Le changement est récent . Il est venu progressivement depuis les années 60-70. Sur le plan culturel, le mouvement revendicatif d'après 1968 a joué un rôle indéniable. Des artistes comme Alan Stivell ont fait reconnaître la musique bretonne. Le livre de Morvan Lebesque, celui de Per Jakez Hélias, « le Cheval d'Orgueil », ont donné une image positive de la Bretagne. Les artistes et écrivains ont revendiqué leur identité. Repli tribal ou simplement aspiration d'un nouveau lien social, fondé sur la redécouverte de l'identité bretonne. De plus en plus de personnes revendiquent aujourd'hui la reconnaissance de leur culture et de leur histoire , tout en se reconnaissant pleinement dans une communauté française elle même ouverte sur l'Europe. Les exemples d'autres pays de l'union europénne montrent que cela est aujourd'hui parfaitement possible : Lombardie, generalitat de Catalogne, pays de Galles .... <>A l'aube du XXI siècle , à la veille de l'unfication monétaire de l'europe, il faut se remémorer les idées d'Ernest RENAN : Une nation n'est ni le fruit de l'hérédité , ni de la géographie, ni d'une religion, ni d'une langue mais le résultat de la volonté de vivre ensemble. Un résultat par nature fragile et soumis à un plébiscite permanent .http://perso.wanadoo.fr/brezhoneg/peanos.html#ANCREBRETON |
1998 ? « Penaos e c'heller bezañ breizhad ?» , a skrive Morvan Lebesque e barzh ul levr a zo bet embannet 25 vloazh zo . Kaout mezh o komz o yezh a oa trivliad kalz a vretoned hag a oa war an oad ha ne gavent ket o flas e-barzh ar gevredigezh c'hall. Fall e oa hounnez evito ha leun a zispeiz ivez. Kaout mezh o komz galleg fall, kaout mezh o kaout ur pouezh-mouez brezhonek, kaout mezh o vezañ brudet da vezañ ur mezvier.... Ur skeudenn fall a zo deuet da vezañ un skeudenn vad en ur remziad. Ur cheñchamant nevez eo. Tamm ha tamm eo deuet abaoe ar blovezhioù 60 ha 70. Poezus-tre eo bet an emsav sevenadurel goude ar bloavezh 68. Arzourien evel Alan Stivell lakaet sonerezh Breizh da vezañ anavezet gant tud all. Levr Morvan Lebesque, hini Per Jakez Helias, o deus lakaet Breizh da vezañ brudet. Barzhed hag skrivagnerien o deus embannet o fersonelezh. Kiladenn ur meuriad pe c'hoant kavout ul liamm nevez, diazezet war ar c'hoant da zizoloiñ en-dro an hevelebiezh vrezhonek. Muioc'h-muiañ a dud a stourm evit anaoudegezh o sevenadur hag o histor. Met ul lodenn eus Frañs int ivez, digoret war Europa. Skouerioù eus broioù all Unvaniezh Europa ziskouez ez eo possubl : Bro-Lombardi, Bro-Gatalogn, Bro-Gembre.... E deroù ar c'hentañ kantved warn ugent hag unvanadur ar moneiz e Europa, eo ret kaout soñj eus mennozhioù Ernest RENAN : "N'eo ket ar vroad frouezhenn an herezh, nag hini an douraoniezh , ar relijion pe ar yezh met frouezh ar volontez da vevañ asamblez . Bresk eo an frouezhenn mañ ha sujet da vezañ votet bep gwech adarre. |
********************
Contrastes
bretons: « Qu’est-ce
qu’une culture régionale
aujourd’hui ? »
(Communication aux
journées
d’études de l’IDEMEC par Ronan Le Coadic, Aix-en-Provence, Maison
méditerranéenne des
Sciences
de l’Homme, 15 au 16 juin 2001.)
http://www.bzh.com/keltia/galleg/littrtr/bretagne/xx/lebesque/emsav.htm
Il arrive que mes amis me reconnaissent Breton. Avec mille
subtilités
dont je serais bien incapable, ils établissent des rapports
entre
mon pays d'origine et mon aspect physique, mon caractère: "Ah,
concluent-ils
en riant, vous êtes bien Berton, vous!" Mais que j'affirme
être
Breton; que j'évoque au présent une terre, une langue;
que
je concrétise et donc justifie cette différence qu'ils
m'ont
reconnue, aussitôt les visages se ferment. Toute la Bretagne!
annonce
une publicité du Figaro; et au-dessous: Souvenirs, ouvrages sur
la voile. Le subconscient français s'en tient à peu
près
à ce folklore. La Bretagne ne figure plus pour lui qu'une valeur
sans encaisse, un signe, d'ailleurs plutôt bon,mais relevant
d'"influences
mystérieuses" et ne donnat lieu qu'à un portrait
horoscopique
du genre: le Breton est honnête, courageux, fidèle.
Mauvaise
tête et bon coeur, il doit se méfier de ses emportements,
etc.. Je suis donc Breton, mais dans l'astral, comme on est
bélier
ou Vereau.
Breton tout moral, me voilà donc privé d'un doirt
élémentaire,
la revendication. Certes le Breton revendique, et parfois même
avec
éclat, comme à Quimper; mais en tant que paysan ou
prolétaire
vivant en Bretagne ou, comme on dit, dans l'"Ouest": en tant que
Breton,
jamais. La revendication bretonne -j'entends, la revendication
ethniquen
culturelle- est en effet, tacitement irrecevable. La plus timide ne
trouve
en façe d'elle qu'un adversaire buté.C'est encore trop
dire,
elle ne rencontre personne. Pour servir une cause que je croie juste,
il
me suffit d'alerter un de ces défenseurs attitrés du
droit
qu'on appelle humaniste ("un humaniste au sens où on l'entend
aujourd'huis,
je veux dire un homme aveuglé par de courtes certitudes.",
Camus):
cet homme de rigueur m'écoutera avec un pieux
intérêt
s'il s'agit d'un déni de justice aux antipodes; mais si je lui
parle
de la Bretagne, fut-ce en revendication annexe, à inscrire tout
en bas des autres, à ne pas, simplement, oublier, je le
sentirais
étonné, tombant de son haut, comme si je l'entretenais
d'évènements
aussi abstraits qu'une révolution de palais dans la ville d'Ys.
Je produits des faits, des chiffres; j'invoque des raisons, qui sont
ses
raisons; je l'adjure au moins d'en discuter, car enfin, il s'agit de la
condition faites à trois millions d'hommes vivant à 400
kilomètres
de chez lui; peine perdue, "ce n'est pas, me dit-il, la même
chose".
Il me rira au nez, raccrochera. Tout au plus me jettera-t-il quelque
objection
classique que je me préparais à réfuter: "A
l'heure
où les frontières s'écroulent, vous voulez donc en
ajouter", etc. Je le savais, j'ai l'habitude. Toute cause doit affirmer
sa raison, son droit; la cause bretonne doit en plus
réintégrer
l'histoire. Patiemment, mot à mot, franchir cet écran de
censure à partir de quoi on co-signe avec M. Sartre - on est en
bref de son temps.
C'est par exemple avec une réprobation discrète qu'une partie, d'ailleurs infime, de l'opinion apprend périodiquement l'existence de campagnes en faveur du Breton. D'abord, parce que personne n'imagine la ville d'Ys capable de dire téléphone ou télévision dans sa langue -elle le dit, et mieux qu'en français, j'y reviendrais; ensuite parce que ces pétitions, bien qu'émanant entre autres d'enseignants laïques, d'étudiants socialistes et de dirigeants locaux du PSU et de la FGDS, ne peuvent être que d'inspiration foncièrement droitière et cléricale, tout de même que quiquonque milite pour la Bretagne, avec ou sans plastic, ne saurait être qu'un chouan. Qu'il y est une gauche en Bretagne, chacun l'admet. A une condition: que ce soit en effet une gauche en Bretagne et non une gauche bretonne, qu'elle ait le même programme qu'à Lilles ou Carpentras. Droite et gauche française se rejoignent d'ailleurs sur un point: la question bretonne est une affaire de choux-fleurs. S'ils se vendent bien, pas de problème; qu'on implante une usine à Landerneau, ce livre n'a plus de raison d'être; une autoroute à Brest, voilà mon âme comblée. Si j'insiste, je témoigne, soit d'une noire ingratitude ("Après tout ce qu'on fait pour vous!"), soit d'une bizzarerie douteuse ("Mais puisque vous êtes français!"). Compulsez les tonnes d'imprimés publiés depuis trois ans sur la Régionalisation: vous y trouverez toutes les rubriques, sauf une, la personnalité culturelle. Vous saurez après un long débat, pièces en main, quelle vocation agricole ou industrielle, quel complexe sidérurgique, quelle voie férrée ou fluviale commandent le tracé d'une région ici ou là, mais nulle part que cette région peut avoir quelque chose à dire selon son verbe et sa pensée. Etrange omission pour un pays qui se prétend serviteur de l'Esprit! (...) Quand au pouvoir, le dialogue avec lui tourne carrément à la farce. "Pour être comprise par tout le monde, l'émission en langue bretonne sera désormais faite en français" annonce sans rire le ministre de l'Information au député de Lorient Roger VITTON qui l'interreogeait sur la culture régionale à l'ORTF (avril 1969). Au lendemain du discours de De Gaulle à Montréal, un des pétitionnaires de Breton crut opportun de rappeler l'affaire du Québec pour justifier les droits de sa langue. "Vous invoquez l'exemple québécois, lui répondit le fonctionnaire de service. Mais à quel titre? Est-ce qu'on vous empêche, vous, de parler français?"
Ce trait superbement gaullien mérite qu'on s'y arrête. Gaullien? Justement non, car la quasi-totalité des français n'auraient pas fait d'autre réponse, et vous qui me lisez ne m'en faites pas d'autre en ce moment. Vous aussi me rémpliquez: Est-ce qu'on cous empêche, vous, de parler français?" Et c'est vrai, qui m'en empêche? N'est-ce pas en français que j'ai été élevé, instruit, que je m'exprime, que j'écris ce livre? N'est-ce pas la langue française que depuis quarante ans j'essaye de pratiquer de mon mieux? Allons plus loin: le Breton est-il ma langue maternelle? Non : je suis né à Nantes où on ne le parle pas. Est-ce que je le parle? Rarement, et pas assez bien pour l'écrire. Suis-je même Breton? Vraiment, je le crois et m'en expliquerai. Mais de "pure race", qu'en sais-je et qu'importe? Vous n'êtes donc pas raciste? - Ne m'insultez pas. - Séparatiste? Autonomiste? Régionaliste? - Tout celà, rien de celà. Au-delà. - Mais alors, nous ne nous comprenons plus.
Qu'appelez-vous Breton? Et d'abord, pourquoi l'être? Question nullement absurde. Français d'état-civil, je suis nommé français, j'assume à chaque instant ma situation de Français; mon appartenance à la Bretagne n'est en revanche qu'une qualité facultative que je puis parfaitement renié ou méconnaître. Je l'ai d'ailleurs fait. J'ai longtemps ignoré que j'étais Breton. Je l'ai par moment oublié? Français sans problème, il me faut donc vivre la bretagne en surplus ou, pour mieux dire, en conscience : si je perd cette conscience, la bretagne cesse d'être en moi; si tous les Bretons la perdent, elle cesse absolument d'être. La Bretagne n'a pas de papiers. Elle n'existe que dans la mesure où, à chaque génération, des hommes se reconnaissent Bretons. A cette heure, des enfants naissent en Bretagne. Seront-ils bretons? Nul ne le sait. A chacun, l'âge venu, la découverte ou l'ignorance"
Mais par un juste retour des choses, cette identité qu'on nous dénie retrouve une rigueur qui manque aux cartes officielles. Explusés du cadastre, nous méditons par force cette conscience en nous. Comment peut-on être Breton? On ne le peut pas. Et pourtant nous le sommes. Il nous faut dont perpétuellement nous interroger, à moins de vivre sans nous comprendre; au fonds de nous, nous découvrons cette différence surprenante; nous l'analysons, nous en débattons; elle devient une expérience -et la mienne, certes, nullement privilégiée- telle qu'à chaque génération, il se trouve toujours des Bretons pour la vivre et se la raconter entre eux. Et toujours, à quelques nuances près, ils en viennent au même récit: les rencontres passionnées, les premiers réflexes excessifs ou puérils, l'exaltation et le déchirement, puis le passage des sentiments à la raison, le long murissement de l'idée bretonne. Enfin, la conclusion: être Breton signifie bien au-delà, servir de son mieux son temps et les hommes. Car cette conscience devient pour beaucoup d'entre nous engagement politique -et logiquement, engagement à gauche. Par le dépassement d'un sentiment breton primaire, elle s'élève à la politique générale et nous fournit une clef pour mieux la comprendre. Loin de retrancher, elle rassemble; elle signe des écrits et des actes étrangers à la Bretagne. Nous lui donnons un nom, l'Emsav: réveil, résurrection. Définition d'une patrie, mais aussi de la démocratie, toutes deux inséparables.
Paradoxalement, sa mort civile atteste la Bretagne. Nous la pensons
donc elle est.
Morvan Lebesque, Comment peut-on être breton ? Essai sur la démocratie française. Ed Point actuel 1984. Ed du Seuil, 1970.
********************
Ils ont dit… ils ont écrit …
" On connaît la vie de Georges Perros. Il n'était pas
breton.
Il vint s'installer en Bretagne jusqu'à fondre ce nom qu'il
avait
choisi dans la nature même de ce pays de rencontre, pour lequel,
jeune, il avait éprouvé le plus beau des chocs amoureux.
Lorsqu'on [le] relit, c'est surtout le trajet d'une intégration
que l'on peut y découvrir. Etre Breton en effet ne saurait se
réduire
à la pratique de la langue bretonne. ( tant de Bretons ne la
parle
plus, ne la parle pas, ne la parleront jamais ), ni à un acte de
naissance ( ce serait faire injure à la diaspora bretonne si
attachée
à son identité) ni à une revendication
idéologique
ou nationaliste, pas même à l'adhésion à une
forme de géographie sentimentale. Le ciel de Bretagne est si
changeant,
si fugace que ses nuages ne lui appartiennent que dans une
reconnaissance
aussitôt déniée. La Matière de Bretagne est
perceptible dans les romans arthuriens, chez Chateaubriand, Julien
Gracq
ou Ségalen, et non dans l'actualité réduite aux
entreprises
patrimoniales. Depuis quelques années, la Bretagne est devenue
un
vaste musée."
Hervé Carn. "Georges Perros ou l'intégration
poétique"
Dans "Ecrire la Bretagne" sous la dir. De Bernard Hue et Paul Gontard.
Ed. PUR 1995
********************
********************

Dans les prisons de Nantes

Dans les prisons de Nantes, Y'avait un prisonnier, Y'avait un prisonnier

Musique
mp3
Musique
mp3
Musique
mp3
![]()
![]()
Les
petits binious
Yvon Etienne: Mon père vend des petits binious à
six sous la douzaine.
(avec
l'aimable autorisation d'Yvon Etienne - Le site
officiel d'Yvon Etienne)
paroles et musique d'Yvon Etienne |
![]() |
Les Petits Binious |
http://www.wagner-juergen.de/franz/tibiniu.htm
| 1-
Mon père vend des petits binious Ça rapporte les gros sous |
à
six sous la douzaine et mon père vend des petits binious |
| 2
- Et il vend des chapeaux ronds Ça rapporte du pognon |
à
six sous la douzaine et mon père vend des chapeaux ronds |
| 3
- Et les petites Saintes Annes d'Auray C'est toujours d'un goût douteux |
à
six sous la douzaine mais ça ne gêne pas le bon Dieu |
| 4
- Et des poupées folkloriques Ce n'est pas traditionnel |
à
six sous la douzaine mais ça attire la clientèle |
| 5
- Et puis des disques de Botrell Enroulés d'une crêpe dentelle |
à
six sous la douzaine il vend des disques de Botrel |
| 6
- Et puis des crabes en plastique Ça rapporte beaucoup de fric |
à
six sous la douzaine et il vend des crabes en plastique |
| 7
- Et des trucs faits au Japon Ça rapporte du pognon |
à
six sous la douzaine les trucs japono-bretons |
| 8
- Il vend tout ça aux touristes Et comme ils n'ont pas le choix |
à
six sous la douzaine ils achètent n'importe quoi. |
|
Sensibilisation au sujet
1 - Qui achète des
souvenirs? Pour qui? Pourquoi? Compréhension
1 - Quel est le ton de la chanson?
|
Interview
d'Yvon Étiennedu groupe brestois "Les goristes" Au cas où
vous n'auriez pas le logiciel Real Player,
téléchargez-le
gratuitement: Compréhension orale : 01 – 04 -
|
| Straed an amann
(2004) élu meilleur cd breton en 2004 |
2- Straed an amann ( © droits
réservés Dom Duff ) |
![]() |
3- Gerioù berr ( © droits
réservés Dom Duff ) |
| Vous
pouvez telecharger
les chansons de Dom Duff à un tarif très modéré (1,3 € / chanson) |
6- Setu ar vuhez ( © droits
réservés Dom Duff ) |
Le texte de l'article
Fiche
pédagogique pour exploiter le texte
Gilles
Servat

La blanche hermine
| 1 J'ai rencontré ce matin Devant la haie de mon champ Une troupe de marins D'ouvriers, de paysans Où allez vous, camarades Avec vos fusils chargés Nous tendrons des embuscades Viens rejoindre notre armée |
6 La voilà, la blanche hermine ! Vivent la mouette et l'ajonc ! La voilà, la blanche hermine ! Vivent Fougères et Clisson ! |
11 Et sans doute pense-t-elle Que je suis en déraison De la voir mon coeur se serre Là-bas devant la maison Et si je meurs à la guerre Pourra-t-elle me pardonner D'avoir préféré ma terre A l'amour qu'elle me donnait ? |
| 2 La voilà, la blanche hermine ! Vivent la mouette et l'ajonc ! La voilà, la blanche hermine ! Vivent Fougères et Clisson ! |
7 Elle aura bien de la peine Pour élever les enfants Elle aura bien de la peine Car je m'en vais pour longtemps Je viendrai à la nuit noire Tant que la guerre durera Comme les femmes en noir Triste et seule elle m'attendra |
12
|
| 3 Où allez vous, camarades Avec vos fusils chargés Nous tendrons des embuscades Viens rejoindre notre armée Ma mie dit que c'est folie D'aller faire la guerre au Francs Mais je dis que c'est folie D'être enchaîné plus longtemps |
8 La voilà, la blanche hermine ! Vivent la mouette et l'ajonc ! La voilà, la blanche hermine ! Vivent Fougères et Clisson ! |
13 Et si je meurs à la guerre Pourra-t-elle me pardonner D'avoir préféré ma terre A l'amour qu'elle me donnait ? J'ai rencontré ce matin Devant la haie de mon champ Une troupe de marins D'ouvriers, de paysans |
| 4 La voilà, la blanche hermine ! Vivent la mouette et l'ajonc ! La voilà, la blanche hermine ! Vivent Fougères et Clisson ! |
9 Je viendrai à la nuit noire Tant que la guerre durera Comme les femmes en noir Triste et seule elle m'attendra Et sans doute pense-t-elle Que je suis en déraison De la voir. mon coeur se serre Là-bas devant la maison |
14 La voilà, la blanche hermine ! Vivent la mouette et l'ajonc ! La voilà, la blanche hermine ! Vivent Fougères et Clisson ! |
| 5 Ma mie dit que c'est folie D'aller faire la guerre au Francs Mais je dis que c'est folie D'être enchaîné plus longtemps Elle aura bien de la peine Pour élever les enfants Elle aura bien de la peine Car je m'en vais pour longtemps |
10 La voilà, la blanche hermine ! Vivent la mouette et l'ajonc ! La voilà, la blanche hermine ! Vivent Fougères et Clisson ! |
... |
| L'institutrice de Quimperle (Gilles Servat) Y'avait une institutrice A Sainte-Anne de Quimperlé Qui n'y voyant pas malice Epousa un divorcé Vive les culs bénits, ma
mère Elle fut mise à la porte Vive les culs bénits, ma
mère Elle plaida l'institutrice Vive les culs bénits, ma
mère Eux, y'avait les hypocrites Vive les culs bénits, ma
mère Ils lui ont fait des vacheries Vive les culs bénits, ma
mère Il faut se mettre à la colle
Vive les culs bénits, ma
mère |
Je dors en Bretagne ce soir Les pommiers fleuris du printemps Par chance et aussi par vouloir L'abeille sur le liseron blanc Par chance et aussi par vouloir Les bruines de l'arrière-saison Par chance et aussi par vouloir L'onglet du pecheur étripant Par chance et aussi par vouloir Dans la beauté |
L'île de
Groix
(Gilles Servat) (paroles de Michelle le Poder) De quelle source lui vient son nom Malheur à celui qui débarque L'hiver la tient emprisonnée Si à travers mes yeux mi-clos Les vieux parlent du temps passé |
Les
Bretons typiques
| 1 Notre bonne vieille république, jalouse des Américains, A fait du parc d'Armorique une réserve d'Armoricains Ils ont des chapeaux ronds, les Bretons qui piquent. Ils ont des chapeaux ronds, vive les Bretons ! |
5 Oh là là, qu'est-ce qu'on en a de la chance ! Le clou du parc d'Armorique, C'est la merveille de la France : c'est le sous-marin atomique. Ils ont des chapeaux ronds, les Bretons qui piquent. Ils ont des chapeaux ronds, vive les Bretons ! |
| 2 L'jour de l'inauguration, y'avait les ministres bretons : Marcellin et son penn-braz et Pleven en Dragon-raz. Ils ont des chapeaux ronds, les Bretons qui piquent. Ils ont des chapeaux ronds, vive les Bretons ! |
6 Même la flaune aura son folklore : y'aura des bisons et des loups. Heureusement que les dinosaures s'acclimatent pas bien chez nous. Ils ont des chapeaux ronds, les Bretons qui piquent. Ils ont des chapeaux ronds, vive les Bretons ! |
| 3 Voilà les touristes qui viennent manger des crêpes en auto. Ils causeront aux indigènes, ils sauront dire kenavo. Ils ont des chapeaux ronds, les Bretons qui piquent. Ils ont des chapeaux ronds, vive les Bretons ! |
7 Quand aux jeunes de ce coin-là, ils peuvent bien foutre le camp. Pas loin, on leur tend les bras, à St Cyr-Coëtquidan. Ils ont des chapeaux ronds, les Bretons qui piquent. Ils ont des chapeaux ronds, vive les Bretons ! |
| 4 Les p'tites parisiennes en short viendront danser la gavotte Donner des cacahouètes aux Bretons en peaux de gruette. Ils ont des chapeaux ronds, les Bretons qui piquent. Ils ont des chapeaux ronds, vive les Bretons ! |
|
Chanson populaire La duchesse en sabots C'était Anne de Bretagne |
![]() |
| C'était
Anne de Bretagne, Duchesse en sabots }bis
Revenant de ses domaines, En sabots mirlitontaine Ah ! Ah ! Ah ! Vivent les sabots de bois ! |
2
Entourée de châtelaines. Duchesse en sabots. Voilà qu'aux portes de Rennes Trouva trois vieux capitaines. Ah ! Ah ! Ah ! Vivent les sabots de bois ! |
3 Ils saluent leur souveraine. Duchesse en sabots. Donnent un bouquet de verveine : « S'il fleurit, tu seras reine; » Ah !… |
4 S'il fleurit, tu seras reine Avec tes sabots. Elle a fleuri la verveine; Anne de Bretagne fut reine. Ah !… |
5.
Les bretons sont dans la peine Avec leurs sabots Ils ont perdu leur souveraine; En France ils suivront leur reine, Ah ! Ah ! Ah ! |
Ils ont des chapeaux ronds
{Refrain:}
Ils ont des chapeaux rond vive la Bretagne
ils ont des chapeaux ronds vive les Bretons
il parait qu'en Italie ceux qui font pipi au lit,
on leur coupe leurs zizi pour en faire des spaghettis
{au Refrain}
Il parait qu'en Angleterre ceux qui font caca par terre,
on leurs coupe le derrière pour en faire des pommes de
terre
Cercle
Celtique 
Écoutez la
radio bretonne 
Les titres de l'actualité en Bretagne
http://www.radiofrance.fr/sites/bleu-breizizel/info/
Les archives de - Bretons de tous temps - Yvon
ETIENNE parcourt les pages de l'histoire de la Bretagne.
Respirez...
Ecoutez... Chantez l'air du pays... avec Yvon Etienne.
http://www.radiofrance.fr/sites/bleu-breizizel/btt/index.php
Chosissez un thème,
puis
écoutez les interviews
suivants et résumez le contenu:
L'occupation
Romaine en Bretagne, sur la frise du temps qui passe, cela fait quoi ?
L'occupation
Romaine en Bretagne II
La
Cornouaille du IX ème au XII ème siècle avec
Joëlle
Quaghebeur
Les
débuts du commerce breton
Les
débuts du commerce breton II
Les
instruments de musique bretons
L'histoire
du costume traditionnel breton
Marées
noires : chronique d'un désastre annoncé (première
époque)
Les
marées noires deuxième époque avec Job Le Corre
l
7h25 - Le Bretagne dans tous les sens - Nous parcourons la Bretagne
d'Armor en Argoat, avec Yvon ETIENNE
pour dénicher les plus belles couleurs, les meilleures saveurs
et
les odeurs les plus étonnantes.
http://www.radiofrance.fr/sites/bleu-breizizel/lbts/index.php
6h40 - Bretagne à la carte - On va voir sur place ce qui se
passe
avec Patrick VINCENT.
http://www.radiofrance.fr/sites/bleu-breizizel/bretagne_carte/index.php
| BRO
GOZ MA ZADOU
Ni Breizhiz a galon karomp hon gwir Vro ! DISKAN O Breiz, ma Bro, me gar ma Bro ! Breizh, douar ar Sent kozh, douar ar Varzhed,
|
![]() |
VIEUX
PAYS DE MES PERES
Nous Bretons de coeur, aimons notre patrie ! Pays Breton! J'aime l'Armor! Un mur de mer te garde encore Libre sous le grand soleil d'or! O Bretagne, ma patrie, j'aime ma patrie ! Bretagne, terre des vieux Saints, terre des Bardes,
|
Evolution de la musique bretonne depuis le début du XXe siècle
L'importance du chant en Bretagne
Dans
la société traditionnelle, tout le monde chante, tout le
temps et en toute circonstance. Dans la gwerz, le chanteur est avant
tout
narrateur, conteur de faits marquants d'une époque. Si les
sonneurs
sont de mise pour animer les grandes occasions, beaucoup plus
fréquents
sont les accompagnements chantés (kan ha diskan) de la danse. Au
contraire de la gwerz ("blues de Bretagne"), les bons chanteurs ne sont
plus appréciés pour l'histoire qu'ils racontent, mais
pour
leur puissance de dynamiser le groupe, et de "mener la danse" dans un
tempo
à fortes pulsations.Au début du siècle
Les années d'après guerre sont pour la musique bretonne
le temps du renouveau car à la veille de la Guerre le couple
biniou
bombarde (=paysan) n'était plus vraiment apprécié
à l'inverse de la grande cornemuse des Highlands ("biniou
braz").
23
mai 1943, c'est la création de la B.A.S. (Bodageg ar
Sonerion),qui
a pour but la protection et la diffusion de la musique traditionnelle.
Ce nom signifie "réunion" ou "assemblée" de sonneurs (ce
terme désignant chez nous celui qui joue d'un instrument de
musique).Pour
se structurer et pour se décentraliser, cette assemblée
est
divisée en fédérations départementales.
Le
bagad, orchestre breton, fait donc son apparition : c'est le lieu
privilégié
de la transmission, de la propagation et de la transmission de la
culture
bretonne car il s'agit aussi de former des musiciens qui soient des
militants
culturels. L'autre fait marquant de ces années d'après
guerre
c'est la relance des festoù-noz
avec Loeiz Roparz par l'intermédiaire d'un concours de chant
à
danser (kan ha diskan) en 1954 à Poullaouen. A
l'approche des années 70, c'est une véritable mode
: la Bretagne est en effervescence : ces bals provoquent un engouement
populaire massif qui dépasse les limites du pays. Les
festoù-noz
prennent une dimension politique liée aux revendications
culturelles.
C'est l'occasion de s'affirmer breton.
La musique bretonne pendant les années 70
Avec l'arrivée de la gauche au pouvoir , les revendications s'estompent. C'est le "désert médiatique" : Certains comme Stivell partent à l'étranger (US, Allemagne, pays nordiques, Irlande). La musique bretonne va se diversifier comme le montrera le groupe Gwerz (biniou, bombarde, violon et chanteur Erik Marchand) et Barzaz, allant vers une musique de concert. Cette alchimie se fera aussi à travers le jazz et le rock.
Extrait
du premier album de Barzaz
Ces
années 80 seront aussi le temps de la formation des
jeunes.
En effet, progressivement les nombreux bagadoù (il y a
près
de 120 à l'heure actuelle) se sont hiérarchisés au
point de vue musical. Ils se doivent donc de former les jeunes sonneurs
pour étoffer les sections instrumentales (pupitres) du bagad.
Certains
formeront un bagadig que l'on peut considérer comme un bagad
école
(les meilleurs rejoindront plus tard le bagad).
Court
extrait du bagad Cap Caval ("Avel su")
Enfin, c'est dans les
années
80 que les deux principales maisons de production bretonne
voient
le jour : Keltia, en 1979, et la Coop Breizh, dont le catalogue
discographique
débute en 1987 et se présente sous trois labels :
Escalibur,
Arfolk et Gwerz pladenn.
La musique bretonne depuis les années 90
La culture bretonne par l'intermédiaire de la musique tire en avant tout un pays et donne une meilleure image. Ces années deviennent plus celtique pour la Bretagne comme le montrera le succès de Dan ar Bras et l'importance du festival interceltique de Lorient né en 1971.
Il est vrai aussi que de nombreux et divers festivals bretons (festival international de folklore, concours de musique, festival de musiques métissées, festival de musiques traditionnelles…) contribue indéniablement à la diffusion et à l'enrichissement de la musique bretonne. En effet, outre l'aspect commercial, la musique bretonne continue sa diversification comme le montre à plusieurs reprises Erik Marchand (tourné vers le jazz avec l'album Condagues et joua aussi avec l'orchestre roumain de Caransebes), les Trompettes du Mozambique, le groupe Taïfa s'associant à la musique raï. Parallèlement, Le Trio Roland Becker revient à nos origines(cf ménestrels) avec le mélange couple biniou bombarde plus tambourin.
Pour toucher un large public, la musique celtique s'oriente vers le rock celtique (notons une tentative du rap et de la techno avec la rave noz à Brest en 1997) avec des groupes comme Black Label zone, EV faisant vibrant les salles de concert au son de leur batterie et de leur guitare souvent électrique. On a ainsi une explosion des sites Internet, nouveaux support à la promotion de notre musique (près de 2500 albums de tous genres). Cet engouement permet d'ailleurs d'attirer du monde à la formation instrumentale de bagad qui reste tout de même un haut lieu de la musique traditionnelle. Maintenant, on peut s'interroger sur les évolutions qui peuvent encore apparaître.
Si le temps a donné raison aux premiers, il a également permis au folklore traditionnel "pur et dur" de renaître au grand jour en parallèle des différentes tendances pop, rock, celto-rock ou encore java-rock qui se sont développées.
Avec l'avènement du nouveau millénaire, le paysage musical breton et celtique a de nouveau le vent en poupe et voit chaque jour qui passe l'apparition de nouveaux groupes et artistes. L'équipe d'An Arvorig vous propose dès à présent de partir à leur rencontre au travers de cette rubrique...|
Nous étions deux, nous étions trois
{x2} Embarqués sur le Saint-François
{x2} Grain de Noroît vint à venter. {x2} " Jean-Pierre, dis-je, matelot, {x2} Ce failli temps mollira pas, {x2} S'en est monté pour prendre un ris {x2} On n'a r'trouvé que son chapeau, {x2} Sa femme et ses trois petiots, Montradéritra la la la, Montradéritra lalère. |
Sur le pont de Nantes
Un bal y est donné Su' l'pont de Nantes Un bal y est don né
Adèl'demande
« Non, non, ma fille,
Mont' dans sa chambre
Son frère arriv'
Ma soeur, ma soeur,
"Maman n'veut pas
"Mets ta rob' blanche
Les v'là partis
La premièr' danse,
La deuxièm' dans'
La troisièm' dans'
Les cloch's de Nantes
La mèr' demand'
"C'est pour Adèle
Voilà le sort
|
Le Retour au pays,
Jacques Prevert C'est un Breton qui revient au pays natal Apres avoir fait plusieurs mauvais coups Il se promene devant les fabriques a Douarnenez Il ne reconnait personne Personne ne le reconnait Il est tres triste. Il entre dans une creperie pour manger des crepes Mais il ne peut pas en manger Il y a quelque chose qui les empeche de passer Il paye Il sort Il allume une cigarette Mais il ne peut pas la fumer. Il y a quelque chose Quelque chose dans sa tete Quelque chose de mauvais Il est de plus en plus triste Et soudain il se met a se souvenir Quelqu'un lui a dit quand il etait petit "Tu finiras sur l'echafaud" Et pendant des annees, Il n'a jamais ose rien faire Pas meme traverser la rue Pas meme partir sur la mer Rien, absoluement rien. Il se souvient Celui qui avait tout predit, c'est l'Oncle Gresillard L'oncle Gresillard qui portait malheur a tout le monde la Vache ! Et le Breton pense a sa soeur Qui travaille a vaugirard A son frere mort a la guerre Pense a toutes les choses qu'il a vues Toutes les choses qu'il a faites La tristesse se serre contre lui Il essaie une nouvelle fois D'allumer une cigarette Mais il n'a pas envie de fumer Alors il decide d'aller voir l'oncle Gresillard Il y va Il ouvre la porte L'oncle ne le reconnait pas Mais lui le reconnait Et il lui dit : "Bonjour oncle Gresillard" Et il lui tord le cou Et il finit sur l'echafaud a Quimper Apres avoir mange deux douzaines de crepes Et fume une cigarette. |
| 1
- C'hoant a meus, Bretonnet, da zont da ziscleria Eun abus en bon toues deus an danjerussa : Eo ar supertitionnou zo kals, siouas ! o kredi, Hag a zo noasus bras d'an dud sempl e peb ty. 2 - Kent avans davantaj, e c'houlon sclerijen 3 - Un dra abominabl, güelet e chom bepret 4 - Güelet rer exemplou ehars an amzer gos, 5 - Eur boud raden hebkeii, hejet gant an avel, 6 - Kals merc'het, deus an nos, a gred ferm neus
güelet, 7 - Be zo c'hoas, kristennien, supertitionnou foll 8 - Envel deus an Druidet, tud ancien er vro, 9 - Me a lez a goste, konchennou ven ha nul, 10 - Pas hebken al loenner vez victim d'ar fallacr,
11 - Betec kredi eo güir ar seis deus ar botret
12 - Be z'o hag a gred c'hoas bars et charlatannet, 13 - An divinourezet ne n'int ket, a dra-zur 14 - Be zo hag a lar doc'h, deus cartou pa sellont, 15 - Deus ar c'hartou trois-sept, a zo diou-a-trêgon,
16 - Al lapousset vit lod, 32O eur 2in certen, 17 - C'hoas ouspenn ma kredet a zo divinourien 18 - Be zo tud hag a gred, a possub vent deud cos, 19 - Lod all c'hoas neus klevet karighel an ankou, 20 - Respontet din-me c'hoas, penos toler klenvet 21 - Me gred on kristen mad, catolic, koulz a c'houi 22 - Mar peus kollet arc'hant pe eun dra all benac. 23 - Ouspen riska da goll ar pes zo dianket, 24 - Ma e zoc'h penvidic, vo laret eur c'has du 25 - Pa c'houes an avel foll, ken a gren ad tyer, 26 - An amzer, ma breudeur, ne ket groet gant an dud, 27 - Na gredit ket james giielet sinon en er, 28 - AI loar enn' em grouga! Be vez guelet e Breis, 29 - Eur stereden lostec, pe eur blaves biseost 30 - Sottonni eo kredi penos eur blanetten 31 - Vit mont dirac chass claon, peus alc'houes Sant-Ugen
32 - Ma fell doc'h kaout arc'hant, p'autramant temzoriou,
33 - O tud ar sotta tout ! dishenor hor bro ghes ! 34 - Me n'allon ket tevel ar pes a meus klevet 35 - O c'houi a zishenor hor bro ker Breis-Izel 36 - Mar karfen lara tout ar sottoniou euzuz 37 - Na c'boulon ker excus digant ar mechantet 38 - Nomp ket vit chom divlam, vit domp bez kristenien,
39 - Profittit-ta brema, vit distruj n' ignorans 40 - Ma vize bet scolliou ehars an amzer gos, 41 - Na vize ket spontet tud e bars en ho zi 42 - Divouallit mad eta demeus ar sorcerien : 43 - An hini neus savet ar zon zo menuser, |
1
- J'ai envie, Bretons, de venir dénoncer Un abus parmi nous des plus dangereux: Ce sont les superstitions que beaucoup, hélas ! croient, Et qui sont très nocives pour les simples gens de chaque foyer. 2 - Avant d'aller plus loin, je demande la
lumière 3 - Une chose abominable, est de voir que restent
toujours 4 - On voit des exemples dans l'ancien temps, 5 - Une seule touffe de fougère, secouée par le
vent, 6 - Beaucoup de femmes, la nuit, croient fermement avoir
vu, 7 - Il y a aussi, chrétiens, des superstitions
folles 8 - Comme les Druides, gens anciens du pays, 9 - Moi je laisse de côté, les histoires vaines
et nulles, 10 - Il n'y a pas que les animaux à être victimes
du méchant, 11 - Jusqu'à croire qu'il est vrai que sept
hommes 12 - Il y en qui croient encore aux charlatans, 13 - Les devineresses ne valent pas mieux, c'est
sûr, 14 - Il y en a qui vous disent, à partir de cartes
qu'ils regardent, 15 - Des cartes trois-sept, qui sont trente deux, 16 - Les oiseaux pour certains, ? 17 - De plus si vous croyez qu'il y a des devins 18 - Il y des gens qui croient, même s'ils sont
vieux, 19 - D'autres encore ont entendu la brouette de l'Ankou,
20 - Dites-moi encore, comment jeter la maladie 21 - je crois que je suis un bon chrétien, catholique,
autant
que vous, 22 - Si vous avez perdu de l'argent ou quelque chose
d'autre, 23 - En plus de risquer de perdre ce qui est
égaré, 24 - Si vous êtes riche, on dira qu'un chat noir 25 - Quand le vent déchaîné souffle tant
qu'il fait
trembler les maisons, 26 - Le temps, mes frères, n'est pas fait par les
gens, 27 - Ne croyez jamais voir des signes dans l'air, 28 - La lune qui se pend !.. On voit en Bretagne, 29 - Une étoile filante, ou une année
bissextile 30 - C'est sottise que de croire qu'une planète 31 - Pour aller devant des chiens enragés, vous avez la
croix
de Saint-Uguen 32 - Si vous voulez avoir de l'argent ou des
trésors, 33 - Oh gens des plus sots ! déshonneur de notre pauvre
pays 34 - Moi je ne peux taire ce que j'ai entendu 35 - Oh vous déshonorez votre beau pays de
Basse-Bretagne! 36 - Si je voulais vous dire toutes les sottises
épouvantables 37 - Je ne demande pas d'excuses aux méchants 38 - Nous ne pouvons rester sans reproches, même si nous
sommes
chrétiens, 39 - Profitez donc maintenant, pour détruire
l'ignorance: 40 - S'il y avait eu des écoles dans l'ancien
temps, 41 - Les gens ne seraient pas effrayés dans leur
maison 42 - Méfiez-vous donc des sorciers 43- -Celui qui a composé cet air est un
menuisier, |
![]()
Le retour d'exil triomphal du duc
Jean IV
de
Montfort en 1379
Dossier
Word
http://perso.wanadoo.fr/per.kentel/frame_connus.htm
Le sujet
La chanson évoque le retour d'exil triomphal du duc Jean IV de Montfort ("an aotrou Yann"), débarquant dans un vaisseau aux voiles blanches pour reconquérir la Bretagne
Ce duc, installé par le royaume de France, avait pourtant été chassé quelques années auparavant par les Bretons ; mais, voyant que l'indépendance du duché était encore plus menacée sans lui qu'avec lui, ils avaient envoyé une délégation pour qu'il revienne.
Il débarque à Dinard le 3 août 1379 pour reconquérir le trône de Bretagne
"An Alarc'h" c'est le cygne qui, dans la chanson, assiste à la scène depuis le sommet de la tour du château d'Arvor.
Traduction
Un cygne, un cygne d'outre-mer, au sommet de la vieille tour du
château
d'Armor !
Dinn, dinn, daon ! au combat ! au combat ! Oh! dinn ! dinn ! daon !
Je vais au combat.
Heureuse nouvelle aux Bretons ! et malédiction rouge aux
Français
!
Dinn dinn, daon ! au combat au combat ! etc.
Un navire est entré dans le golfe, ses blanches voiles
déployées
;
Le seigneur Jean est de retour, il vient défendre son pays ;
Nous défendre contre les Français, qui empiètent
sur les Bretons.
Un cri de joie part, qui fait trembler le rivage
Les montagnes du Laz résonnent ; la cavale blanche (1) hennit,
et bondit d'allégresse ;
Les cloches chantent joyeusement, dans toutes les villes, à
cent lieues à la ronde.
L'été revient, le soleil brille ; le seigneur Jean est
de retour !
Le seigneur Jean est un bon compagnon; il a le pied vif comme l'oeil.
Il a sucé le lait d'une Bretonne, un lait plus sain que du vin
vieux.
Sa lance, quand il la balance, jette de tels éclairs, qu'elle
éblouit tous les regards;
Son épée, quand il la manie, porte de tels coups, qu'il
fend en deux homme et cheval.
Frappe toujours ! tiens bon ! seigneur duc ! courage ! lave-les (dans
leur sang) ! lave-les !
Quand on hache comme tu haches, on n'a de suzerain que Dieu !
Tenons bon Bretons ! tenons bon ! ni merci, ni trêve! sang pour
sang !
O Notre-Dame de Bretagne ! viens au secours de ton pays !
Nous fonderons un service, un service commémoratif !
Le foin est mûr : qui fauchera ? Le blé est mûr:
qui moissonnera ?
Le foin, le blé, qui les emportera ? Le roi prétend que
ce sera lui ;
Il va venir faucher en Bretagne, avec une faux d'argent ;
Il va venir faucher nos prairies avec une faux d'argent et moissonner
nos champs avec une faucille d'or.
Voudraient-ils savoir, ces Français, si les Bretons sont des
manchots ?
Voudrait-il apprendre, le seigneur roi, s'il est homme ou Dieu ?
Les loups de la Basse-Bretagne grincent des dents, en entendant le
ban de guerre ;
En entendant les cris joyeux, ils hurlent : à l'odeur de
l'ennemi,
ils hurlent de joie.
On verra bientôt, dans les chemins, le sang couler comme de
l'eau;
Si bien que le plumage des canards et des oies blanches qui les
passeront
à la nage, deviendra rouge comme la braise.
On verra plus de tronçons de lances éparpillés
qu'il n'y a de rameaux sur la terre, après l'ouragan;
Et plus de têtes de morts qu'il n'y en a dans les ossuaires du
pays
Là où les Français tomberont, ils resteront
couchés
jusqu'au jour du jugement;
Jusqu'au jour où ils seront jugés et châtiés
avec le Traître qui commande l'attaque.
L'égout des arbres sera l'eau bénite qui arrosera son
tombeau
Dinn ! dinn ! daon ! au combat ! au combat ! Oh ! dinn ! dinn ! daon
! Je vais au combat.
(1) la mer
Dans des versions récentes un couplet a été
ajouté
:
Enor, enor d'ar gwenn-ha-du
Ha d'ar C'hallaoued mallozh ruz !
![]()

Traduction
(Texte en format word)
Ces chansons en breton, vendues dans les foires et les pardons, ont servi de journaux à des générations de bretons. Les informant sur les guerres, les crimes, les catastrophes, les nouvelles modes ou la politique. Ce site vous propose de découvrir cette littérature populaire bretonne au travers d'exemples historiques, de biographies, d'analyses et d'extraits de la littérature.IUn chant nouveau a été composé, il a été fait sur le marquis de Pontcalec ;
- Toi qui l'as trahi, sois maudit sois maudit ! Toi qui l'as trahi, sois maudit ! -
Sur le jeune marquis de Pontcalec, si beau, si gai, si plein de coeur !
- Toi qui l'as trahi, sois maudit ! sois maudit ! etc.
Il aimait les Bretons, car il était né d'eux ;
- Toi qui l'as trahi, sois maudit ! soit maudit ! etc.
Car il était né d'eux, et avait été élevé au milieu d'eux.
Il aimait les Bretons, mais non pas les bourgeois ;
Mais non pas les bourgeois qui sont tous du parti français ;
Qui sont toujours cherchant à nuire à ceux qui n'ont ni bien ni rentes,
A ceux qui n'ont que la peine de leurs deux bras, jour et nuit, pour nourrir leurs mères.
Il avait formé le projet de nous décharger de notre faix ;
Grand sujet de dépit pour les bourgeois qui cherchaient l'occasion de le faire décapiter.
- Seigneur marquis, cachez-vous vite, cette occasion, ils l'ont trouvée ! -II
Voilà longtemps qu'il est perdu ; on a beau le chercher, on ne le trouve pas.
Un gueux de la ville, qui mendiait son pain, est celui qui l'a dénoncé ;
Un paysan ne l'eût pas trahi, quand on lui eût offert cinq cents écus.
C'était la fête de Notre-Dame des moissons, jour pour jour ; les dragons étaient en campagne :
- Dites-moi, dragons, n'êtes-vous pas en quête du marquis ?
- Nous sommes en quête du marquis ; sais-tu comment il est vêtu ?
- Il est vêtu à la mode de la campagne : surtout bleu orné de broderies ;
Soubreveste bleue et pourpoint blanc ; guêtres de cuir et braies de toile ;
Petit chapeau de paille tissu de fils rouges ; sur ses épaules, de longs cheveux noirs ;
Ceinture de cuir avec deux pistolets espagnols à deux coups.
Ses habits sont de grosse étoffe, mais dessous il en a de dorés.
Si vous voulez me donner trois écus, je vous le ferai trouver.
- Nous ne te donnerons pas même trois sous ; des coups de sabre, c'est différent ;
Nous ne te donnerons pas même trois sous, et tu nous feras trouver Pontcalec.
- Chers dragons, au nom de Dieu, ne me faites point de mal:
Ne me faites point de mal, je vais vous mettre tout de suite sur ses traces :
Il est là-bas, dans la salle du presbytère, à table, avec le recteur de Lignol.III
Seigneur marquis, fuyez ! fuvez ! voici les dragons qui arrivent !
Voici les dragons qui arrivent: armures brillantes, habits rouges.
- Je ne puis croire qu'un dragon ose porter la main sur moi;
Je ne puis croire que l'usage soit venu que les dragons portent la main sur les marquis ! -
Il n'avait pas fini de parler qu'ils avaient envahi la salle.
Et lui de saisir ses pistolets:
- Si quelqu'un s'approche, je tire ! -
Voyant cela, le vieux recteur se jeta aux genoux du marquis:
- Au nom de Dieu, votre Sauveur, ne tirez pas, mon cher seigneur!
A ce nom de notre Sauveur, qui a souffert patiemment;
A ce nom de notre Sauveur, ses larmes coulèrent malgré lui ;
Contre sa poitrine ses dents claquèrent ; mais, se redressant, il s'écria : " Partons ! "
Comme il traversait la paroisse de Lignol, les pauvres paysans disaient,
Ils disaient, les habitants de Lignol: - C'est grand péché de garrotter le marquis ! -
Comme il passait près de Berné, arriva une bande d'enfants :
- Bonjour, bonjour, monsieur le marquis : nous allons au bourg, au catéchisme.
- Adieu, mes bons petits enfants, je ne vous verrai plus jamais !
- Et où allez-vous donc, seigneur ? est-ce que vous ne reviendrez pas bientôt ? - Je n'en sais rien, Dieu seul le sait : pauvres petits, je suis en danger. -
Il eût voulu les caresser, mais ses mains étaient enchaînées.
Dur eût été le coeur qui ne se fût pas ému ; les dragons eux-mêmes pleuraient;
Et cependant les gens de guerre ont des coeurs durs dans leurs poitrines.
Quand il arriva à Nantes, il fut jugé et condamné,
Condamné, non pas par ses pairs, mais par des gens tombés de derrière les carrosses.
Ils demandèrent à Pontcalec: - Seigneur marquis, qu'avez-vous fait ?
- J'ai fait mon devoir ; faites votre métier ! -
IV
Le premier dimanche de Pâques, de cette année, un message est arrivé à Berné. - Bonne santé à vous tous, en ce bourg ; où est le recteur par ici ?
- Il est à dire la grand'messe, voilà qu'il va commencer le prône -
Comme il montait en chaire, on lui remit une lettre dans son livre :
Il ne pouvait la lire, tant ses yeux se remplissaient de larmes.
- Qu'est-il arrivé de nouveau, que le recteur pleure ainsi ?
- Je pleure, mes enfants, pour une chose qui vous fera pleurer vous-mêmes :
Il est mort, chers pauvres, celui qui vous nourrissait, qui vous vêtissait, qui vous soutenait ;
Il est mort celui qui vous aimait, habitants de Berné, comme je vous aime;
Il est mort celui qui aimait son pavs, et qui l'a aimé jusqu'à mourir pour lui ;
Il est mort à vingt-deux ans, comme meurent les martyrs et les saints.
Mon Dieu, avez pitié de son âme ! le seineur est mort ! ma voix meurt !- Toi qui l'as trahi, sois maudit ! sois maudit ! Toi qui l'as trahi, sois maudit !

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