
Les groupes du rap français |





| a) Quel est le nom du groupe ? Combien de personnes font partie du groupe ? | . |
| b)Comment s`appellent-ils ? Formulez des hypothèses sur la signification des synonymes. Pourquoi, à votre avis, utilisent-ils des synonymes ? | . |
| c)Depuis quand est-ce que le groupe existe et d`où vient leurs membres ? | . |
| d)Choisissez deux titres parmi les chansons d´un groupe et essayez de vous imaginer de quoi le texte pourrait parler. | . |

Sensibilisation:
vocabulaire:
escompter - erhoffen
une bavure - Irrtum, Fehler
l`ébriété (f.) - Trunkenheit
une hirondelle - eine Schwalbe
la patrie - Heimat; Vaterland
exceller - auszeichnen
l`excès du zèle - Übereifer
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NTM - le «gangsta rap» à la française
En France, les deux chanteurs du groupe «Suprême NTM», Didier Morville (alias Joey Starr) et Bruno Lopes (alias Kool Shen) passent pour les représentants les plus populaires d'une musique très violente importée des Etats-Unis, où elle est connue sous le nom de «gangsta rap» (le «rap des gangsters»). Né dans les cités-ghettos des banlieues, ce genre de pop vante le mépris des lois et la violence contre la police qui représente, aux yeux des rappeurs, le système «oppresseur et corrompu». Les fans de ces groupes sont majoritairement des jeunes issus des zones défavorisées. A l'exemple de leurs idoles, ils se considèrent comme des exclus de la société. Didier Morville et Bruno Lopes ont grandi à Veaux-en-Velin, une cité HLM de la région lyonnaise où le chômage, la drogue et l'immigration forment un cocktail de problèmes explosifs. Le sigle NTM signifie «Nique ta mère» («Fuck your mother»). Dans les ghettos de banlieue, c'est aussi une phrase courante pour dire «Va te faire voir !». Si NTM se réclame politiquement de l'extrème gauche, d'autres groupes de rap (par exemple «Fraction Hexagone») sont d'extrème droite et propagent ouvertement des idées antisemites ou homophobes sans jamais avoir été poursuivis par la justice pour autant - on peut se demander pourquoi. Voici quelques paroles de la chanson «J'appuie sur la gachette», citées du dernier album de NTM : «Traquer les keufs dans les couloirs du métro / Tels sont les rêves que fait la nuit Joey Joe / Donne-moi des balles pour la police municipale / Donne-moi un flingue /.../ Donc pour la mère patrie du vice / De la part de tous mes complices /.../ Nique la police!»exercices:Lisez soigneusement le texte et répondez aux questions suivants:

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Au-dessous vous pouvez lire des extraits des textes exprimant les
mêmes trois thèmes.
Mais, les extraits ne sont pas dans l´ordre.
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| "Mec, faute d'avoir la gloire, j'veux la reconnaissance..." Arsenik | "J'ai
mille et une filles qui sonnent à ma porte, voulant qu'j'descende,
souffrant des conséquences de ma présence de janvier à
décembre..."
Beat de Boul |
"Mon papa à moi est un gangster, il fait partie du Ministère Amer..." Stomy Bugsy |
| "On
est au centre du biz, toujours les devises. Et si on vend des disques,
n'oublie pas nos royalties.
Tu veux un remix : c'est 20 000 F ! Et payé comptant, car on n'joue pas avec l'argent..." "Ouais, Dan le lyriciste, j'grille la piste, ne rappe pas gratis..." Les Sages Poètes de la Rue |
"Clic,
clic. Je n'ai plus de balles. J'ai vidé mon chargeur, je me sens
mal... Clic, clic. Je n'ai plus de balles.
J'ai vidé mon chargeur, je me sens mal... Clic, clic. Je n'ai plus de balles. J'ai vidé mon chargeur, je me sens mal... Clic, clic. Je n'ai plus de balles. J'ai vidé mon chargeur, je me sens mal..." Polo |
"J'veux
qu'ma vie soit une bonté, au sommet monter, une bonne santé,
d'l'argent sans avoir à le compter..."
"Ecoute c'qu'on dit, bouffi ! Un d'mes défis : faire du profit." D-Abuz |
| "Moi et mes frères, on est unis comme la mafia..." Kid Noriega | "Travaille,
travaille pour concrétiser tes désirs.
Nous voulons de la thune, nous voulons du cash, nous voulons de la thune. Ouais ! K par Kas, c'est cash !" K par Kas |
"Sûrement qu'un d'ces jours, on verra ma tête en première page, piègé par les paparazzi..." La Clinique |
| "1
pour le show, et 2 pour le fric..."
La Cliqua |
La jeunesse dans la banlieu |
Commentez les images de la banlieu / de la vie dans les banlieus:







"C'est que depuis trop longtemps, les gens tournent le dos / Aux problèmes cruciaux, aux problèmes sociaux / [...] Oh oui, c'est triste à dire, mais tu n'as pas compris / Pourquoi les jeunes de mon quartier vivent dans cet état d'esprit / La délinquance avance, et tout ceci a un sens /Car la violence coule dans les veines de celui qui a la haine."extrait d´un texte de NTM ("Le monde de demain", in: Authentik, 91) |
En France, le rap rime souvent avec désespoir et violence. Pour en savoir la raison, France Arnaud du magazine Ecoute a parlé avec Patrice Hourbette, le directeur du Bureau Musique à Mayence (Allemagne). 1998
E: Patrice Hourbette, on dit de vous que vous êtes un spécialiste en matière de rap. Alors, ce phénomène rap, c'est quoi pour vous?
Patrice Hourbette: le phénomène rap, est un phénomène culturel important en France. Ça correspond à une expérience vécue, ce n'est pas un simple cri. Le phénomène correspond aussi à l'existence d'une communauté immigrée, noire ou beur; à l'existence de banlieues importantes qu'on ne connaît pas en Allemagne - le phénomène banlieue est, à mon avis, très différent en Allemagne et en France.

E: Le rap est tout d'abord un phénomène social, nourri par les problèmes de notre société , le chômage tout particulièrement?
P.H.: Oui, le problème qu'il faut soigner, c'est le chômage dans les banlieues. Il faut donner aux jeunes une vraie dignité. Car, en fait, voilà pourquoi les gens aiment tant la culture rap. C'est parce qu'à travers cette culture, ils deviennent des héros, ils s'appellent DJ-machin. Puisque la société ne leur offre rien, ils recréent une société à l'intérieur de la société, avec ses règles et ses chefs. La bonne solution, c'est de donner du travail aux jeunes.
E: En quoi est-ce que le rap français se distingue du rap allemand?
P.H.: Il n'y a pas de véritables banlieues de Noirs en Allemagne. On a une très forte présence de Noirs et d'Arabes en France. Et puis les banlieues sont beaucoup plus dures en France. Il y a beaucoup plus de chômage. Enfin la situation sociale est extrêmement différente, elle n'a donc pas donné naissance à cette révolte. C'est pour ça que les groupes de rap en France sont beaucoup plus nombreux qu'en Allemagne. Ces groupes sont parfois très violents. Il y a une révolution dans la culture rap. En présentant cette révolution musicale, mais surtout les textes des raps français en Allemagne, ça peut faire mieux comprendre les problèmes des jeunes en France.

E: Il semble, à première écoute, que la musique ne soit pas très importante dans le rap...
P.H.: Le rap, c'est la démocratisation
de la musique. Avec le rap, on n'a même plus besoin de musiciens,
c'est le retour du texte. C'est le retour de la chanson à message
politique. Au niveau musical, c'est une musique que tout le monde peut
faire puisque tout le monde peut prendre des 'samples' - c'est à
dire qu'ils construisent la musique à partir des musiques qui ont
été créées par d'autres et ils les remixent.
Les groupes de rap n'ont jamais appris la musique. Ils font ça à
l'oreille. Moi je trouve qu'il y a quand même une mélodie.
C'est une musique qui est très dansante, qui a trouvé un
autre rythme.
| La Censure |
Regardez l´image au-dessus !
«Il faut tout de même savoir que les initiales pudiques
NTM signifient Nique Ta Mère. Il y a tout de même des Français
qui peuvent réagir à une appellation de ce genre.(...) Un
tel groupe est peut-être populaire au sein d'une certaine jeunesse
des quartiers en difficulté, mais pas dans toute la jeunesse de
ces quartiers. Il faut expliquer aux jeunes qu'ils peuvent très
bien faire tous les raps de la terre, mais qu'il existe des limites à
respecter».
Grand Jury RTL - Le Monde, 17 novembre 1996
«Le groupe Nique Ta Mère, moi je n'aime pas ça.
Je ne l'aurais pas autorisé à Lyon. Je ne connais pas leurs
chansons, mais cette appellation, pour moi, c'est la limite à ne
pas franchir.»
Le Progrès, 18 juin 1996
«Je veux bien faire du «hip-hop" mais si j'avais à
donner un peu d'argent à choisir entre l'Opéra ou l'Orchestre
de Lyon et le «hip-hop, j'aurais tendance à donner à
l'Orchestre ou à l'Opéra et à dire aux jeunes de faire
du «hip-hop" entre eux, avec spontanéité mais sans
les ressources de la ville».
Conseil municipal du 6 juin 1996
© Lyon Capitale, édit. 04.12.96
| Liens |
Les sites (officiels) des groupes: