Indiens en quête
d’avenir
(Stefanie Schaber et
Simone Nickel, 2007)
Lorsqu’au printemps 1990 les télés du
monde
entier montrèrent des images de
combattants
amérindiens masqués en treillis
de combat et
armés de
mitraillettes,
le monde écarquilla
les yeux. Si la crise d’Oka
et son
dénouement
tragique révélèrent
l’existence
de cette poignée
d’Indiens mohawks
des environs de Montréal, c’est surtout l’existence d’un malaise
au sein de ce
Canada, qui se
targuait pourtant d’avoir un bon rapport avec ses
autochtones,
qui se fit
jour. D’autant plus que le motif de la crise – les
Amérindiens
s’opposaient à l’agrandissement d’un terrain de golf qui
empiéterait
sur leur
cimetière
– mit en lumière le fossé
existant entre
les cultures et les systèmes
de valeur des Indiens et des Blancs.
La Crise d'Oka - Cliquez
sur l'image

Pourtant, les premiers contacts
entre
Européens et Amérindiens furent plutôt harmonieux.
En 1605, Samuel de Champlain
se mit à la recherche d’un endroit pour l’implantation d’un
poste de traite
pour le commerce des peaux.
L`enjeu
de l’époque était
d’assurer le monopole de
la traite des fourrures
dont l’Europe était friande. Les Indiens
algonquins que
de Champlain rencontra le long du Saint-Laurent lui indiquèrent
un endroit
qu’ils appelèrent « kebec », ce qui veut
dire « endroit où la rivière
se
rétrécit, terme qu’il adopta comme
patronyme
de sa ville. Des
relations cordiales s’établirent alors entre Européens et
Indiens.
Samuel
de Champlain - cliquez sur l'image
| Questions 1. Comment le monde a-t-il réagi quand en 1990 les médias montraient des combattants amérindiens masqués? 2. Quel était le motif de la crise du point de vue des amérindiens? Qu'en pensez-vous? Pourquoi ?/ Pourquoi pas? 3. Qui est Samuel de Champlain? (cliquez sur l'image) Exposez en quelques mots une petite biographie. 4. Où est-ce que Champlain a rencontré les indiens algonquins ? Quiz avec Hotpotatoes |
Informations sur les autochtones du Québec
Les
autochtones de l’actuel Québec
descendent tous de
ces tribus nomades de
l’Asie du Nord-Est qui, profitant des conséquences de la
dernière glaciation,
enjambèrent
le détroit de
Béring entre 10 000 et
20 000 avant notre ère. Ces
Indiens du paléolithique vivaient de chasse et de pêche,
et les tribus que de
Champlain trouva sur route au début XVIIe siècle avaient
conservé de mode de
subsistance. Il s’agissait essentiellement de peuples de la grande
famille
linguistiques algonquine (Algonquins, Micmacs, Montagnais, Naskapis,
Hurons,
Atikamekw, Cris, etc.). L’autre famille, celle des Iroquois,
était située plus
au sud et à l’est des grands lacs. L’opposition qui
caractérise ces groupes
linguistiques allait trouver une résonance dans leurs alliances
politiques à
l’arrivée des Européens : les Algonquins, Hurons,
Montagnais et Micmacs se
joignirent aux Français, alors que les six nations
iroquoises se
battirent au
côté des Anglais.
Le détroit de
Béring - cliquez sur l'image
| 5. D'où les
Autochtones viennent-ils? 6. Le détroit de Béring, qu'est-ce que c'est? (cliquez sur l'image) Quiz avec Hotpotatoes |
La condition des Amérindiens a connu de
grands
bouleversements
depuis
l’arrivée des Européens. Qu’il s’agisse des malades
importées, de l’élimination
pure et simple, du non-respect des traités, des doits
bafoués ou encore des
déplacements de population vers les réserves, ces nations
ont été réduites peu
à peu à des groupes d’assistés à la merci
d’allocations. Oubliés au fond de
leurs réserves depuis des décennies,
les autorités
et les grandes compagnies ne
se souviennent des autochtones qu’à chaque fois qu’il s’agit
d’exploiter des
richesses
minières ou hydroélectriques sur leur
territoire.
Près de la
moitié
des autochtones vivent dans ou près des zones urbaines,
généralement confinés
dans leurs réserves. Pris entre tradition et modernité,
au bas de l’échelle
sociale, ils sont exposés aux aspects les plus négatifs
de deux mondes (alcool,
drogue…).
En proie à une
grave crise d’identité, les Amérindiens pourtant
relèvent doucement la
tête : depuis quelques années, on assiste à
une prise
de conscience de la
part d’un nombre croissant d’entre eux qui battent pour leurs doits.
Leurs
revendications
trouvent de plus en plus d’écho, surtout depuis
que le mouvement
indien s’est politisé. Et depuis la récente
création de l’État de Nunavut au
bénéfice des Inuits (7000 personnes, que nous
appelons
incorrectement Esquimaux
et qui forment une entité ethnique totalement
différente), tous les espoirs
sont permis pour les premiers peuples du Québec.
La culture
amérindienne connaît donc un renouveau. Le visiteur peut
facilement se rendre
compte sur place de cet aspect encourageant,
mais aussi du chemin qui
reste à
faire. Pour cela, les réserves ne manquent pas Québec.
Mis à part le bon sens
et le respect autrui,
il n’y a pas de règle
particulière pour se rendre dans
une réserve, dont l’aspect ne se différencie en rien des
hameaux
alentours. Les
Amérindiens sont cordiaux, même s’ils sont méfiants
au
premier abord. Ils font
également preuve d’un bon sens de l’humour doublé d’une
profonde noblesse
d’esprit.
7. Comment est-ce que la situation des Amérindiens a évolué depuis l’arrivée des Européens ? (Trois items) 8. Pourquoi les Amérindiens relèvent-ils doucement la tête après une grave crise d’identité ? 9. Où est-ce qu’on peut rencontrer des Amérindiens aujourd’hui ? |
La réserve de
Khanawake se trouve à onze kilomètres au sud de
Montréal. Les Mohawks qui
l’habitent font partie du groupe des Iroquois. Kenneth Deer, le leader
de cette
communauté, est l’une des figures du mouvement
amérindien. La communauté de
Khnawake édite un journal. The Easter
Door, qui peut également être consulté
sur
Internet :
Au bout de la
route 138, après avoir longé le Saint-Laurent, se trouve
la réserve indienne de
Natashquan, à 6
kilomètre du village du
même nom
où il est possible de loger.
Là, c’est le Canada profond, isolé, en contact direct
avec la nature. Cette
petite communauté de Montagnais vit selon des rythmes
anciens : chasse
dans l’arrière-pays l’hiver, puis retour vers l`embouchure
du
fleuve pour la
pêche au saumon
l’été. Il est possible d’y faire de
la randonnée du VTT,
du ski
de fond, de la motoneige…
Les
Natashquan- cliquez sur l'image
(source: Écoute 5/2000)