![]() Parfois, entre le début du
mois d’octobre et le milieu du mois de
novembre un phénomène météorologique survient. Cela s’appelle l’été des
Indiens. C’est un court retour du beau temps à l’automne, après les
premières gelées. Cependant, même si une journée est un peu plus chaude
que les autres, ça ne veut pas dire que l’été des Indiens est arrivé.
Il y a des signes qui permettent de savoir si c’est bel et bien le
cas :
Les critères: Une
période de
chaleur suivant une période de gel;
(© Avec
l'aimable autorisation de Bibiane Grenier)
le temps est généralement ensoleillé; il n'y a pas ou il y a très peu de précipitations; les températures diurnes sont plus élevées que la normale; tout ça dure au moins trois jours. Mais pourquoi cette appellation "Été des Indiens" ? D'abord quelques faits établis: L'été des Indiens désigne une période de beau temps qui nous arrive à l'automne après de premières gelées. Ce phénomène est aléatoire et est propre à l'hémisphère Nord. C'est au 18e siècle qu'on parle de "l'Indian Summer", d'abord en Pennsylvanie, puis à New York et en Nouvelle-Angleterre. Au Canada, cette expression fera son apparition en 1821 et par la suite en Angleterre vers 1830. Les Québécois ont traduit ce terme littéralement par "Été des Indiens". Plusieurs hypothèses furent émises quant à l'appellation "des Indiens". J'aime bien cette dernière: Les Amérindiens espéraient, à chaque année, ce temps doux qui pouvait arriver à l'équinoxe d'automne jusqu'à la mi-novembre environ. Comme ils vivaient, pour la plupart, au jour le jour, ils attendaient toujours à la dernière minute pour aller à la chasse. Comme les températures étaient clémentes, le temps était donc propice au processus de conservation des aliments et du gibier accumulé. Ils profitaient aussi de ces derniers beaux jours pour terminer leurs récoltes, garnir leur wigwam de provisions. On se préparait pour la saison froide. Les Amérindiens nomades (Montagnais, Abénakis, Algonquins, Malécites...) levaient les camps d'été établis au printemps au bord des rivières ou des lacs, remplissaient leurs canots et remontaient les rivières vers leurs territoires de chasse dans les profondeurs des forêts. Ils y passaient l'hiver faisant la chasse aux grands gibiers. Pour en connaître davantage sur ce sujet, aller à cette adresse: http://www.meteo.org/bizarre/ete_ind.htm
Au Québec on déjeune le matin, on dîne
à midi et on soupe le soir. Quand il pleut on dit il mouille
et
quand un Québécois s'énerve, il grimpe dans les rideaux. Plutôt
que de
conduire une voiture et d’appuyer sur l’accélérateur après avoir fait
le plein
d’essence il préfère chauffer un char et plancher
après avoir pris du gaz. En hiver il
met du antifrise (antigèle) dans son char. Pour
acheter des cigarettes le Québécois
se rend dans une tabagie et il magazine au lieu de
faire du
shopping. Pour se faire couper les cheveux il va chez le barbier
et à sa blonde (petite amie) dont il est tombé
en amour il donne un bec et lui demande tu m'aimes-tu?
Est-ce
que tu veux aller aux vues (au cinéma)
ce soir ? Le soutien-gorge de sa blonde s’appelle
brassière et les fesses sont les foufounes. C’est
vraiment le pied,
c’est le fun. Lorsqu’il l’emmène dans son condo
(appartement) après un appointement
(rendez-vous), ce n’est pas pour se chicaner
(disputer). On promène le bébé dans un carrosse
(landeau) et barre (fermer à clè) son condo.
Le soir lorsque la noirceur
tombe il sort avec une gagne de chums (bande de
copains). Le
panneau STOP est devenu ARRET pour résister à l'Anglais. Il
adore la
tarte aux bleuets (myrtilles) et se sucre
le bec au lieu de casser la croûte
et mange un sous-marin (sandwiche
long) lorsqu’il a très faim. Lorsqu’il se met en colère il utilise des sacres comme câlice, calvaire, ciboire,
hostie, tabernacle... pour exprimer son
mécontentement. Au lieu d’avoir le cafard il a les bleus,
mais il ne pleure pas, il braille. Pour chauffer la
maison en hiver, il achète de l’huile à chauffage (du
mazout), qui lui coûte un bras (les yeux de la tête).
Mais il serait injuste de dire que les Québécois bafouillent, garagouinent, mugissent, qu’ils utilisent des phrases bâtardes et invertébrées. Leur vocabulaire n’est pas rachitique, leurs verbes ne sont pas boiteux et leurs adjectifs ne sont pas aveugles ; leur prononciation n’est pas flasque et avachie et ne ressemble pas à un rot gigantesque ou un gluant marécage. Le hockey a donné de nombreuses expressions dans le langage populaire : « Au Québec, quand on démissionne d’un poste ou que l’on prend sa retraite, on accroche ses patins. D’un politicien habile qui réussit à échapper aux pièges des journalistes en ayant réponse à tout, on dit qu’il sait patiner. Quand, dans une situation compliquée on avance avec difficulté, c’est que la glace est molle. Ne pas prendre de décision, c’est s’assoir sur la rondelle. Et ainsi de suite. » (Dupays 1988 :39)
L'érable est un arbre très répandu au Québec. Les Français venus vivre en Nouvelle-France au 17e siècle découvrent que cet arbre produit une sève comestible. Chaque printemps, les peuples du Canada fendent, entaillent, l'écorce de l'érable d'où coule une eau sucrée. Les Français apprennent à boire cette eau et, plus tard, grâce aux ustensiles de métal dont ils disposent, ils la feront chauffer jusqu'à la transformer en sirop, puis en sucre. Le sucre d'érable servira, avec le sucre de canne importé des Antilles françaises, de sucre de table. C'est seulement depuis la fin du siècle dernier que la pasteurisation permet de conserver le sirop et d'en faire le commerce à longueur d'année. http://www.civilization.ca/vmnf/boucher.fra/lexique.html **********
L'érable est l'arbre symbole du
Québec. Ce sont les Amérindiens qui ont découvert cette eau sucrée qui
coule du
tronc de l’arbre et qui sert, encore aujourd’hui, à la fabrication du
sirop
d’érable. Pour les Amérindiens, la récolte de l’eau d’érable était très importante. C’était leur nourriture préférée et l’on utilisait l’eau d’érable comme boisson rafraîchissante aux propriétés médicinales. De plus, l’eau d’érable servait comme assaisonnement aux plats les plus divers et le sucre d’érable était employé dans les repas de fête ou de cérémonie. Sa cueillette et la
transformation de l’eau d’érable en
sirop furent
toujours une période de travail, c’était toutefois une fête et les
Amérindiens
considéraient l’époque du sirop d’érable comme époque de rassemblements
rituels et sociaux. Toute la tribu ou plusieurs tribus se réunissaient
pour échanger les dernières nouvelles.
La cabane à sucre, le festin traditionnel québécois est, en fait, la réplique et la continuation des fêtes des Amérindiens après la récolte de l’eau d’érable. La cueillette commence en mars et cette période s’appelle « le temps des sucres ». Elle est accompagnée de nombreuses fêtes. Encore aujourd’hui, beaucoup de Québécois respectent la tradition et ils vont dans une « cabane à sucre », au moins une fois au cours du printemps. Sujets d'étude:
Sirop
d'érable (Cours
à exploiter)
La fabrication du sirop (vidéo) 4'21 ![]() Tableau: Une partie de sucre, Plessisville, site Internet Pièrot Puis,
vint le tour de la tire. Notre homme,
prenant un lit de neige, en couvrit la surface d’une couche de ce sirop
devenu presque solide, et qui en se refroidissant forme la délicieuse
sucrerie que les Canadiens ont baptisée du nom de tire;
sucrerie d’un goût beaucoup plus fin et plus délicat que celle qui se
fabrique avec le sirop de canne ordinaire. Antoine Gérin-Lajoie, Jean Rivard, le défricheur
(1862: 65)
(...) Les enfants poussèrent des cris de joie et suivirent des yeux les préparatifs avec un intérêt passionné. Du sirop de sucre et de la cassonade furent mélangés et mis à cuire ; quand la cuisson fut suffisamment avancée, Télesphore rapporta du dehors un grand plat d’étain rempli de belle neige blanche. Tout le monde se rassembla autour de la table, pendant que la mère Chapdelaine laissait tomber le sirop en ébullition goutte à goutte sur la neige, où il se figeait à mesure en éclaboussures sucrées, délicieusement froides. Chacun fut servi à son tour, les grandes personnes imitant plaisamment l’avidité gourmande des petits ; mais la distribution fut arrêtée bientôt, sagement, afin de réserver un bon accueil à la vraie tire, dont la confection ne faisait que commencer. (...) Le temps
des sucres commence habituellement autour du 1er mars. Devenue
commerciale et beaucoup plus industrialisée, la "cabane à sucre" n'a
peut-être plus le charme et la poésie qu'elle avait lorsque j'étais
enfant mais elle fait toujours partie de nos coutumes québécoises.
Attendez que je vous raconte comment ça se passait avant...
Aussitôt que le temps était venu, on se mettait à faire les préparatifs nécessaires. Ces préparatifs duraient bien une bonne dizaine de jours et ils étaient l'affaire de toute la famille. On fabriquait des petites gouttières en cèdre appelées "goutterelles". Elles furent remplacées beaucoup plus tard par des goutterelles de métal et beaucoup plus récemment par des boyaux. Puis on chaussait les raquettes pour se rendre à la cabane pour y faire un bon ménage. Toutes les chaudières, moules, cassots, bacquets et autres ustensiles étaient nettoyés, récurés, rincés à grande eau. On débarrassait la cabane de la poussière ou des fils d'araignée, on ouvrait toutes grandes les portes pour aérer. Puis, on préparait la provision de bois: il fallait choisir des arbres secs, pruches, hêtres, érables que l'on coupait et cordait près de la cabane. Lorsque le sucrier décidait qu'il était temps d'entailler on chaussait à nouveau les raquettes et on s'élançait joyeusement vers l'érablière. Le matériel nécessaire chargé sur des traîneaux, on attaquait le premier érable, Il fallait d'abord choisir l'endroit favorable, du côté du sud ou du sud-ouest et à environ 40 centimètres au-dessus du sol, l'on pratiquait une petite entaille diagonalement dans l'écorce et l'aubier. On y fixait la goutterelle dans l'entaille en l'inclinant un peu et l'on accrochait le baquet ou le cassot sous l'extrémité inférieure de la goutterelle. On n'avait pas à attendre bien longtemps avant de ne voir s'écouler dans le récipient l'eau sucrée de l'érable. Si Dame Nature était favorable, les seaux se remplissaient vite et on pouvait alors faire la tournée de l'érablière. Chaque seau était alors vidé dans un grand récipient placé sur un traîneau que tirait le cheval et, la sève, ainsi recueillie, était alors amenée à la cabane pour être bouillie et transformée en sirop. On versait l'eau d'érable dans un grand bassin sous lequel était allumé un feu qu'il fallait entretenir. À mesure que l'évaporation se produisait, l'eau atteignait une belle couleur brune, elle formait ce qu'on appelait du réduit. Ce réduit, après avoir été coulé à travers une épaisse flanelle, était mis dans de grands bidons. Lorsqu'on en avait une quantité suffisante, on le mettait de nouveau sur le feu, pour faire du sirop . C'était une opération délicate. Le feu ne devait pas s'éteindre. On écumait le réduit au fur et à mesure, on l'agitait, on l'empêchait de gonfler. Il était prêt lorsque le liquide "filait". Si l'on voulait faire du sucre, il fallait faire bouillir un peu plus longtemps. Le sirop épaississait, il se transformait alors en tire. Quel bonheur de savourer cette tire si on l'étendait sur la neige. Elle devenait alors cassante et si on l' enroulait autour de la palette pour la lécher, c'était un pur délice. Si on continuait de faire bouillir le contenu de la chaudière encore 30 à 40 minutes, la tire devenait granuleuse. Il fallait alors la retirer du feu, la laisser refroidir légèrement, la brasser puis la verser dans des moules en bois qu'on humectait avec de l'eau d'érable. On n'avait plus qu'à laisser prendre puis à démouler. La cabane à sucre était toujours le rendez-vous de la parenté et des nombreux amis. On venait y manger de la trempette, du sucre chaud, de la tire sur la neige, des oeufs cuits dans le sirop... On y veillait souvent très tard parce qu'on se racontait de bonnes histoires, on y chantait des chansons à répondre. Aujourd'hui les goutterelles et les seaux ont été remplacés par tout un système de tubulures qui amènent l'eau d'érable directement à la cabane. Les bouilloires sont en acier inoxydable. Les fournaises sont plus modernes et plus sécuritaires. Les cabanes à sucre sont devenues d'immenses restaurants où l'on nous sert une variété de mets typiquement québécois. Mais on a tous un oncle, un cousin, un ami de nos parents qui possède encore une "vraie cabane", comme dans le temps et lorsqu'arrive le temps des sucres, on monte à la cabane pour se sucrer le bec et raviver nos souvenirs d'enfance. (© Avec l'aimable autorisation de Bibiane Grenier) L'ERABLE Parti du nord, l'hiver, en frissonnant, Déroule aux champs son froid manteau de neige! L'arbuste meurt, et le hêtre se fend. Seul au désert, comme un roi sur son siège, Un arbre encore ose lever son front. Par les frimas couronné d'un glaçon; Cristal immense, où brillent scintillantes D'or et de feux mille aigretes flottantes, Flambeau de glace, étincelant la nuit, Pour diriger le chasseur qui le suit: Du Canada c'est l'érable chéri, L'arbre sacré, l'arbre de la patrie. Mais quand zéphyr amollit les sillons, Que le printemps reparaît dans la plaine, Le charme cesse; ils tombent ces glaçons, Comme des bals la parure mondaine Dont la beauté s'orne tous les hivers. L'arbre grisâtre échauffé par les airs, Verse des pleurs de sa souche entr'ouverte, Comme un rocher suinte une écume verte; Mais douces pleurs, nectar délicieux, C'est un breuvage, un mets digne des dieux; Du Canada, c'est l'érable chérie, L'arbre sacré, l'arbre de la patrie. L'été s'avance avec ses verts tapis; Et libre enfin du bourgeon qui la couvre, En festins verts sur chaque rameau gris, Comme un trident une feuille s'entr'ouvre; L'arbre s'ombrage, épaisit ses rameaux, Fait pour l'amour des voûtes, des berceaux. Sur le chasseur, l'émigré qui voyage, Le paysan, il étend son feuillage, Dôme serré qui brave tour à tour Les vents d'orage et les rayons du jour. Du Canada, c'est l'érable chérie, L'arbre sacré, l'arbre de la patrie. L'automne enfin sur l'aile d'Aquilon, Comme un nuage emporte la feuillée, Et verse à flots sur l'humide vallon, Brume, torrent, froid, brouillard et gelée. L'érable aussi dépouille son orgueil, Et des forêts sait partager le deuil; Mais en mourant, sa feuille, belle encore, Des feux d'Iris et du fard de l'aurore, Tombe et frémit en quittant son rameau, Comme le vent siffle aux mâts d'un vaisseau; Du Canada, c'est l'érable chéri, L'arbre sacré, l'arbre de la patrie. Pierre Petitclair (1813-1860) Sujets d'étude:
Erable, sucrerie Extraits de Jean Rivard, le défricheur, récit de la vie réelle d'Antoine Gérin-Lajoie, paru pour la première fois dans les "Soirées Canadiennes", (Extrait, p.
62)
« Enfin, vers le milieu de mars, le froid commença à
diminuer d'une
manière sensible, les rayons du soleil devinrent plus chauds, la neige
baissait
à vue d'oeil et Jean Rivard put songer à mettre à exécution le projet
formé par
lui dès l'automne précédent et qui lui souriait depuis plusieurs mois,
celui de
faire du sucre d'érable. »
Au lieu d'immoler sous les coups de la hache ces superbes vétérans de la forêt, il valait mieux, disait Pierre, les faire prisonniers et en tirer la plus forte rançon possible. Nos défricheurs improvisèrent donc au milieu du bosquet une petite cabane temporaire, et après quelques jours employés à compléter leur assortiment de goudrelles, ou goudilles, d'auges, casseaux et autres vases nécessaires, dont la plus grande partie avait été préparée durant les longues veillées de l'hiver, tous deux, un bon matin, par un temps clair et un soleil brillant, s'attaquèrent à leurs deux cents érables. Jean Rivard, armé de sa hache, pratiquait une légère entaille dans l'écorce et l'aubier de l'arbre, à trois ou quatre pieds du sol, et Pierre, armé de sa gouge, fichait de suite au-dessous de l'entaille la petite goudrelle de bois, de manière à ce qu'elle pût recevoir l'eau sucrée suintant de l'arbre et la laisser tomber goutte à goutte dans l'auge placée directement au-dessous. Dès les premiers jours, la température étant favorable à l'écoulement de la sève, nos défricheurs purent en recueillir assez pour faire une bonne brassée de sucre. Ce fut un jour de réjouissance. La chaudière lavée fut suspendue à une crémaillère, sur un grand feu alimenté par des éclats de cèdre, puis remplie aux trois quarts d'érable destinée à être transformée en sucre. Il ne s'agissait que d'entretenir le feu jusqu'à parfaite ébullition du liquide, d'ajouter de temps en temps à la sève déjà bouillonnante quelques gallons de sève nouvelle, de veiller enfin, avec une attention continue, aux progrès de l'opération : tâche facile et douce pour nos rudes travailleurs. » (Extrait, p.
67)
« Ce résultat fit grandement plaisir à
Jean
Rivard. Outre qu'il
était assez friand de sucre d'érable, - défaut partagé d'ailleurs par
un grand
nombre de jolies bouches, - il éprouvait une satisfaction d'un tout
autre genre
: il se trouvait, à compter de ce jour, au nombre des producteurs
nationaux ;
il venait d'ajouter à la richesse de son pays, en tirant du sein des
arbres un
objet d'utilité publique qui sans son travail y serait resté
enfoui. »Sujets d'étude:
|