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La rébellion des Patriotes de 1837-1838

Diaporama

DISCOURS PATRIOTIQUE DE LOUIS-JOSEPH PAPINEAU
Texte paru dans Le Minerve, le 2 novembre 1837 (cliquez ici)

http://www.mcq.org/histoire/julie_papineau/images/papineau.jpgDepuis l’Acte constitutionnel de 1791, les conflits entre la majorité parlementaire francophone et les anglophones loyalistes qui souhaitent l’unification des deux provinces sont permanents. Les loyalistes sont ainsi nommés pour leur loyauté envers la monarchie britannique. Ils ont en effet, pour une grande majorité, émigré au Canada après la déclaration d’indépendance des colonies américaines, de façon à rester dans un régime éminemment monarchique et britannique.  Les luttes  entre francophones et Loyalistes portent sur les thèmes du bilinguisme, sur le monopole économique des marchands anglais dans les secteurs du bois et des fourrures, sur l’éducation, en bref sur tous les aspects arbitraires d’un système qui favorise évidemment la population britannique et minoritaire de la province. Les parlementaires francophones les plus décidés à combattre l’ordre établi se regroupent dans le Parti des Canadiens dès 1805 avec à leur tête à partir de 1810 le député modéré Louis-Joseph Papineau (1786-1871).

Puissant orateur et personnification de l’ambition nationaliste des Canadiens francophones, Papineau est issu d’une famille bourgeoise de Montréal. Il entame sa carrière politique en 1809 lors de son élection à la Chambre d’Assemblée du Bas- Canada. Dès 1815, il est élu Président de la Chambre et la crise de 1822 le projette au centre de l’actualité. Le parti des Loyalistes ayant envoyé à Londres un projet d’union, Papineau et John Nelson représentants d’une majorité s’y rendent pour le contester. Le projet n’est pas retenu car causerait trop de troubles dans les provinces et Papineau revient en Héro à Montréal alors que son intervention n’est de toute évidence pas le facteur principal du rejet. En 1826 la Parti des Canadiens devient Parti des Patriotes et Papineau y reste très présent malgré des opinions parfois très conservatrices qui l’opposent par exemple à la branche libérale du parti que dirige La Fontaine. Il présente en 17 février 1834 ses « 92 résolutions » à la chambre et réclame un gouvernement entièrement responsable et élu pour le Bas-Canada. Une crise parlementaire commence alors avec des conflits de plus en plus violents entre les partis qui conduisent en 1836 à un blocage complet de la chambre et de la province. Le contexte de crise économique provoqué par la faillite des banques américaines attise encore le conflit qui se propage dans la population.  

Des assemblées populaires se créent alors autour des meneurs du Parti des Canadiens. Papineau y  plaide pour un mouvement populaire et non armé et encourage la population à boycotter tous les produits anglais et les magistrats canadiens à démissionner. Le mouvement de rébellion sort du cadre citadin de Montréal et s’étend dans la province où les assemblées se multiplient. Le 23 octobre 1837 à Saint-Charles sont réunies 5000 personnes autour de Papineau et de Wolfred Nelson. Le clergé, prenant conscience de l’ampleur du mouvement, se range alors du côté des anglais par peur d’une révolution et le gouvernement ordonne l’arrestation des chefs patriotes. Les combats armés commencent alors.  

Archives nationales du Canada, C396Les armes sont distribuées du côté anglophone grâce à la milice du Doric Club et les Patriotes francophones en font de même avec des groupes comme « les Fils de la Liberté » qui se lancent dans le combat dès le 6 novembre 1737. L’armée intervient rapidement afin de ramener l’ordre et pousse les patriotes à se retrancher à la fin novembre à Saint-Denis où ils connaissent une victoire de courte durée puis à Saint-Charles où ils sont écrasés.  La dernière bataille est livrée au nord de la province, dans le village de Saint-Eustache, le 13 décembre. Les 200 patriotes présents se trouvent rapidement isolés dans l’église à laquelle les Britanniques mettent le feu, les Patriotes y périssent tous, tandis que le village et sa région sont entièrement détruits par les troupes anglaises.  

La politique de terreur réussit et la population patriote s’effondre tandis que les chefs de la rébellion s’enfuient aux Etats-Unis et tentent, en 1838, de conquérir l’indépendance de la province qu’ils ont déjà déclarée. A leur tête se trouve le proclamé général et futur président de la république du Bas-Canada Robert Nelson (frère de Wolfred). S’ensuivent des combats perdus d’avance face à une armée bien préparée et renforcée, et une répression sanglante de la part des milices anglo-protestantes qui s’acharnent sur la population civile, patriote ou non. Papineau, dont la tête est mise à prix dès 1836, s’exile en Amérique puis en France. Il est  amnistié et réélu au Parlement du Canada Uni en 1848 puis déchu en 1854, Louis Joseph Papineau reste une figure héroïque de la rébellion malgré un conservatisme affirmé par exemple par son refus de signer la déclaration d’indépendance du Bas-Canada en 1837, car celle-ce préconisait l’abolition du droit seigneurial. Il est même qualifié de « poltron déserteur » par certains membres de la branche révolutionnaire du parti après sa fuite en 1837 et son refus de continuer la lutte en 1838. La population patriote quant à elle se retranche davantage  dans la soumission, la religion, l’agriculture et le conservatisme durant plus d’un siècle après l’échec des révoltes.

Pour plus d'information consultez le site consacré aux Patriotes (cliquez ici)
Les rébellions en images (cliquez ici)
Claude Gauthier chante les Patriotes (cliquez ici)

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