Qu'est-ce que l'Acadie
La déportation acadienne de 1755, vidéo / Evangéline, 1755 vidéo
Chanson d'Angèle Arsenault: Grand Pré, 1994 - Paroles / Musique en mp3

Destinée de trois familles déportéss (carte animée)
L'Acadie: La tragédie d'un peuple déporté
Facharbeit et  présentation Power-Point de Cedric Reimers
Cartes géographiques

Exemple sonore (Chanson, Le petit mari);
L'Hymne de l'Acadie
Sons, vidéos, textes, cartes
Sites Acadiens
Evangéline - Vidéo



Le poème Évangéline (1847) (PDF) du poète américain H.W. Longfellow traduit dans plus de 130 langues permettra à des centaines de milliers d'Américains et d'Européens  de découvrir la tragique histoire du peuple acadien.
Chanson de Michel Conte, interprété par Marie-Jo Thério / Isabelle Roy  Vidéo 1 Vidéo 2   Texte de la chanson
(Cf. aussi le livre d'Antoine Maillet, Pélagie-la-Charrette, 1979, traduction allemande en 2002, Mit der Hälfte des Herzens, dtv)

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 La déportation est annoncée               Les familles sont séparées: Le départ vers l'exil
Claude Picard, Série: Déportation des Acadiens, Lieu historique de Grand-Pré (N.-É.)  L'ordre de Déportation 1755 / The Deportation Order 1755Claude Picard, Série: Déportation des Acadiens, Lieu historique de Grand-Pré (N.-É.)  On incendie leurs villages 1755 / Settlements are burned 1755

Les maisons sont brûlées

Claude Picard, Série: Déportation des Acadiens, Lieu historique de Grand-Pré (N.-É.) Le départ vers l'exil 1755 / Ships take Acadians into exil 1755

Sources: Avec l'aimable autorisation de Maurice Basque, Directeur des Études acadiennes à l'Université de Moncton, © http://www.umoncton.ca/etudeacadiennes/centre/cea.html, ( faire une recherche par mots clés), Légendes, contes et traditions populaires en Acadie - Site interactif©CyberAcadie. L'Acadie en images: http://frontenac.ameriques.free.fr/acadie_en_images.php Cf. Poirier, Pascal (1993/1995) : Le Glossaire acadien. Edition critique établie par Pierre M. Gérin. Moncton : Éditions d'Acadie/Centre d'études acadiennes. Publication électronique :http://www2.umoncton.ca/cfdocs/cea/livres/doc.cfm?livre=glossaire 500 p. Cf. aussi le site du chanteur Zachary Richard. Cf. les ouvrages d'Ingo Kolboom (1999, 2001, 2005), de Maurice Basque (1999, 2005 ) ( Bulletin Contact-Acadie, no 34, 2004), et de Michel Roy (1989)dans notre bibliographie. Cf. aussi les publications du Centre d'études acadiennes. Cf. la Trame chronoloqique et des parcours thèmatiques. Destinée de trois familles déportées (Carte animée)
Cf. aussi les Frontières fluctuantes de l'Acadie, 1603-2004: Carte interactive.

Illustration de la lecture de l'ordre de déportation des Acadiens par le colonel Winslow dans l'église de Grand-Pré. Source : DOUGHTY, Arthur G. Chronicles of Canada, vol. 9, Toronto, Glasgow, Brook & Company, 1916, p. iv.

L'histoire des Acadiens. Textes adaptés et modifiés par  Manfred Overmann
Nous attribuons le nom Acadia ou Arcadia à l'explorateur italien Giovanni da Verrazzano (1485-1528) qui explora le littoral nord-américain au début du seizième siècle. Deux sources possibles expliquent le choix de ce nom. Certains prétendent que le nom vient des Amérindiens que Verrazzano rencontra lors de son voyage et qui répétaient souvent le mot Quoddy ou Cadie pour désigner le lieu qui les entourait. Une autre hypothèse veut que la beauté de l'endroit porta l'explorateur à se croire en Arcadie de l'ancienne Grèce, genre de paradis terrestre de l'Antiquité.



L'Acadie d'aujourd'hui - Société nationale de l'Acadie
                        


L'Acadie (1604-1763)

L'Histoire de l'Acadie s'échelonne sur une période allant de son exploration par Giovanni da Verrazano en 1524
jusqu'à la cession définitive du territoire qui passe aux Anglais en 1713 et la grande Déportation en 1755.

Les premiers colons européens du territoire, connus plus tard comme Acadiens, sont des sujets français provenant principalement des régions de Pleumartin et de Poitiers. L'Acadie est colonisé une première fois par la France sur l'île de Sainte-Croix, située dans une rivière du même nom qui coule sur les territoires actuels de l'État du Maine et de la province du Nouveau-Brunswick et une partie du Québec actuel. Cette première colonie française en Amérique fut établie dès 1604 sur le sol de ce qui est connu aujourd'hui comme le Nouveau-Brunswick et la Nouvelle-Écosse.

1603 - Pierre Du Gua de Monts Source : Créateur : André Richard / Type : carte interactive / Date : 2004-01-08





Même si les premiers colons français s'établissent en 1604, des pêcheurs basques, normands et bretons ainsi que des commerçants de fourrures de différentes villes portuaires ont fréquentés les côtes des Maritimes bien avant cette date. La France, alors au prise avec les guerres de religion, n'entre que tardivement dans la course aux colonies d'Amérique. Conscient des problèmes des territoires causés par le commerce des fourrures, le roi accorde à partir de 1588 des monopoles de traite à des groupes de marchands. Peu à peu une idée fait son chemin: utiliser le monopole de traite comme un moyen de financer la colonisation.

C'est sous ces auspices qu'un marchand protestant, Pierre du Gua, sieur de Monts, obtient d'Henri VI un monopole de traite d'une durée de dix ans sur un territoire s'étendant du 40e au 46e dégré de latitude Nord, contre l'obligation d'y établir un certain nombre de colons. De Monts, Samuel de Champlain et Jean de Biencourt de Poutrincourt font partie en 1604 d'une expédition d'environ 80 hommes. Choisissant la baie Française (baie de Fundy), ils décident de s'établir à l'île Sainte-Croix.







La colonie de Sainte-Croix ne survivra pas, en raison semble-t-il de la rudesse de l'hiver et du manque d'eau douce. La moitié des colons meurt à l'hiver de 1605 et il est décidé de relocaliser le groupe à un autre endroit. Cet autre endroit, cette fois situé près de la Baie de Fundy, sera nommé Port-Royal. Les colons quitteront les lieux en 1608 pour s'établir à l'Habitation de Québec dans la vallée du St-Laurent. Port-Royal sera pratiquement abandonnée jusqu'en 1611. Elle fera par la suite partie de l'Acadie jusqu'à la signature des Traités d'Utrecht en 1713.

Source : Créateur : André Richard /Type : carte interactive / Sujet : Carte /Date : 2004-01-08





Au cours des années 1620, le roi Charles Ier d'Angleterre envoya un groupe d'Écossais pour conquérir l'Acadie et pour y fonder une colonie sous le nom de Nova Scotia. Les Francais perdent alors la colonie pour quelques années.

La création de la Compagnie des Cent-Associés par le cardinal de Richelieu en 1627 annonce un retour de la puissance française en Amérique du Nord.. La France, durant le règne de Louis XIII et de Richelieu, prépare la signature du traité de Saint-Germain-en-Laye (1632) qui assure le retour de ses deux colonies d'Amérique: la Nouvelle-France (le Québec actuel) et l'Acadie. Cette dernière, en raison de sa situation géographique, servira à l'avenir de «muraille de Chine» entre la Nouvelle-France et les colonies anglaises. La décision d'implanter le régime seigneurial et la nomination d'Isaac de Razilly comme gouverneur de l'Acadie indique un regain de vie pour la colonie. C'est à ce moment que se déploient des efforts sérieux pour la colonisation de l'Acadie.

En 1654 le roi Louis XIV désigne Nicholas Denys comme gouverneur d'Acadie, en lui accordant des terres et les droits sur tous ses minerais. En 1698 le territoire est à nouveau conquis par des colons anglais au cours de la Guerre de l'alliance mais revient à la France au règlement de paix. Il est de nouveau repris au cours de la Guerre de Succession d'Espagne et sa conquête confirmée par le Traité d'Utrecht en 1713.



1713 Traité d’Utrecht - Source : Créateur : André Richard /Type : carte interactive / Sujet : Carte /Date : 2004-01-08


La signature du traité d'Utrecht en 1713 change l'équilibre des forces en Amérique. Suivant l'article 12, trois territoires sont cédés à L'Angleterre: la baie d'Hudson, Terre-Neuve et l'Acadie. La France conserve cependant un territoire dans le Golfe de Saint-Laurent: l'île Royale, aujourd'hui l'île du Cap-Breton.

Si l'année 1713 signifie la perte de territoires importants pour la France, elle inaugure une nouvelle ère pour les Acadiens. Pour la première fois depuis leur arrivée en Amérique, ils connaissent une période de stabilité et de paix consécutive d'au moins 30 années. C'est la première fois depuis le début du XVIIe siècle que les Acadiens vivent enfin une aussi longue période de tranquilité. Ils manifestent une croissance démographique phénoménale due à un taux de fécondité parmi les plus élevés à l'époque.

Cependant les Anglais craignent que les Acadiens passés sous souveraineté britannique, auxquels ils avaient interdit d'émigrer vers les territoires restés français, puissent leur être déloyaux en temps de guerre. Ils exigèrent d'eux un serment de fidélité, puis un serment de participation au conflit contre les Français, et multiplièrent les vexations. Finalement, le gouverneur anglais Monkton fit détruire 6000 maisons acadiennes en 1755, expulsant les habitants sans ménagement : Ce fut la Déportation des Acadiens, connue sous le nom de grand dérangement. Certains Acadiens sont déportés vers les colonies anglaises de la côte Est de l'Amérique. D'autres sont emprisonnés en Angleterre. Les familles sont souvent séparées. Beaucoup meurent d'épidémie ou de privations pendant l'exode. Plus de 12 000 Acadiens et Acadiennes parmi les 15 000 seront ainsi déportés vers les colonies anglaises et en Europe, tandis que 3000 autres s'échappent en se cachant dans les bois. Ce n'est qu'après le traité de Paris (1763) que des Acadiens purent partir vers la colonie française de Louisiane (où ils devinrent les fondateurs de la culture cajun) et d'autres se réfugier en France, notamment à Belle-Île-en-Mer.






Après 1764, on a accordé aux Acadiens la permission de revenir s'installer en Nouvelle-Écosse ; cependant, ils leur était interdit de s'installer en grand nombre dans un même endroit. Par ailleurs, initialement agriculteurs, ils se sont retrouvés, faute de terres, forcés à se convertir à la pêche. Les Acadiens se sont donc principalement répartis le long de la côte nord de la partie continentale de la Nouvelle-Écosse (aujourd'hui le Nouveau-Brunswick).
D'autres Acadiens ont cherché refuge en France, particulièrement à Nantes. Les îles françaises de Saint-Pierre-et-Miquelon près de Terre-Neuve sont devenues un refuge pour beaucoup de familles acadiennes jusqu'à ce qu'elles aient été expulsées de nouveau par les Britanniques en 1778 et 1793. Il y a également des gens d'ascendance acadienne dans le Maine et au Québec.

Synthèse



L'Acadie est le fruit des efforts de colonisation de la France en Amérique du Nord au 17e et 18e siècle. Cette première colonie française en Amérique fut établie dès 1604 sur le sol de ce qui est connu aujourd'hui comme le Nouveau-Brunswick et la Nouvelle-Écosse.
Cependant, après quelques premiers hivers difficiles, la France choisira de concentrer ses efforts sur le développement de Québec et de la Nouvelle-France.
Entre-temps, l'Acadie continuera de se développer lentement, au gré des disputes entre l'Angleterre et la France pour se l'accaparer. L'Acadie deviendra définitivement britannique dès 1713 par le Traité d'Utrecht.
La population acadienne va tout de même continuer à progresser pour atteindre le nombre de 15 000 lorsque les Anglais décident de les expulser de leurs terres en 1755, période sombre de l'histoire acadienne. Plus de 12 000 Acadiens et Acadiennes seront ainsi déportés vers les colonies anglaises et en Europe, tandis que 3000 autres s'échappent en se cachant dans les bois. Les déportés entreprendront cependant un lent retour suite au Traité de Paris en 1763.

Les Acadiens et Acadiennes sont toujours nombreux à habiter les Provinces des maritimes du Canada et à contribuer à l'épanouissement de la langue française. On en y compte plus de 300 000 francophones dont plus des deux tiers habitent le Nouveau-Brunswick actuel, au Nord et le long de la côte Est. D'autres communautés se trouvent en Nouvelle-Écosse et à l'Île-du-Prince-Édouard. Ils sont très actifs dans tous les domaines, tant économique, social que culturel.
L'année 1994 a marqué l'histoire de l'Acadie moderne alors que s'est tenu au Nouveau-Brunswick le tout premier Congrès mondial acadien, réunissant des milliers d'Acadiens et d'Acadiennes de tous les coins de la planète. On compte aujourd'hui un million de personnes se disant de descendance acadienne à travers le monde.
En 1999, l'Acadie a eu l'honneur d'accueillir le 8e Sommet de la Francophonie. Il s'est tenu à Moncton, Nouveau-Brunswick. Ce forum international qui a lieu tous les deux ans réunit les chefs d'États francophones et de pays ayant en commun l'usage du français pendant trois jours de discussions sur des questions d'intérêt mutuel. Ce fut une marque de reconnaissance pour un peuple qui se bat depuis plus de 300 ans pour ses terres, ses droits et sa langue.
De plus, en 1999, les cousins Cajuns de la Lousiane ont à leur tour accueilli la grande famille acadienne dans le cadre du 2e Congrès mondial acadien.
En 2004 eurent lieu  les grandes célébrations du 400eanniversaire de la fondation de l'Acadie en 2004 et le 3e Congrès mondial acadien se tint en Nouvelle-Ecosse. 
Source: http://grandderangement.skyrock.com/

Sujets d'étude

1.   Situez l’Acadie, le Mississipi, les villes de Québec et de Montréal sur une carte muette.
2.   Quelle est la capitale de l’Acadie ?
3.   Citez deux grands  voyageurs, autres que Verrazano, qui ont aussi contribué à la découverte du Québec.
4.   Qui fréquentait les côtes des Maritimes avant les premiers colons français ?
5.   Décrivez l’expédition de 1604.
6.   Pourquoi la colonie de Sainte-Croix est-elle déplacée vers Port-Royal en 1605 ? 
7.   Qu’est-ce que la « Nova Scotia » ?
8.   Quel titre et quel rôle donne Henry IV à Pierre Dugua de Mons ?
9.   Décrivez en 5-6 lignes le contexte historique des « grandes découvertes ».
10. Quelles sont les deux hypothèses avancées par les historiens pour justifier le nom d’ « Acadie » ?
11. Comment appelle-t-on aujourd’hui l’ancienne Acadie ?
12. Par quel traité l’Acadie devient-elle britannique ?
13. Dans quelle mesure le traité d’Utrecht change-t-il l’équilibre des forces en Amérique du Nord ?
14. Que se passa-t-il lorsque l’Acadie devînt britannique ?
15. Où sont déportés les Acadiens ?
16. Pourquoi les a-t-on expulsé ?
17. Quel nom a-t-on donné à la déportation massive des Acadiens ?
18. Que permet le traité de Paris ?
19. Dans quelle mesure l’année 1994 a-t-elle constitué un « tournant » dans l’histoire acadienne ?
20. Quels évènements vont dans cette même direction ?
21. Qui est Sir William Alexander ? Faites une petite recherche biographique et présentez en 5-6 lignes le personnage et son rôle dans l’histoire acadienne.
22. Effectuez une recherche et décrivez en 5 à 10 lignes ce qu’on appelle la culture cajun. 
23. Quels événements marquent l’année 2004 pour les Acadiens ?



Zachary Richard

Chanson pour les enfants d'Acadie

Cher enfant, j’ai fait cette  chanson pour toi,
Pour que tu prenne la bonne chance
Que j’ai perdu de trouver la belle paix
Quej’ai connu quand j’étais jeune.
Cher enfant, combien de temps je dois souffrir
Pour ouvrir les yeux ce ceux
qui veulent me faire mourir
Avec leur tyrannie.
Le long de la côte,
Les phares sont éteints,
Je ne suis rien qu’un pauvre pecheur perdu.
L’Acadie, je t’appel.
Peux tu m’entendre
Crier, crier l’Acadie.
Cher enfant,
Combien de temps je dois attendre,
Pour trouver l’amour qui va me faire danser,
Toute la nuit, toute la vie.
Danse, danser, danser.
 
Zachary Richard, Les Editions du Marais Bouleur
Zachary Richard

Réveille


Réveille, réveille,
C’est les goddams qui viennent,
Voler la récolte.
Réveille, réveille,
Hommes acadiens,
Pour sauver le village.

Mon grand-grand-grand père
Est venu de la Bretagne,
Le sang de ma famille
Est mouillé l’Acadie.
Et là les maudits viennent
Nous chasser comme des bêtes,
Détruire les familles,
Nous jeter tous au vent.

Réveille, réveille,
C’est les goddams qui viennent,
Voler la récolte.
Réveille, réveille,
Hommes acadiens,
Pour sauver le village.

J’ai entendu parler
De monter avec Beausoleil.
Pour prendre le fusil
Battre les sacrés maudits.
J’ai entendu parlé
D’aller dans la Louisianne
Pour trouver de la bonne paix
Là-bas dans la Louisianne.

Réveille, réveille,
C’est les goddams qui viennent,
Voler la récolte.
Réveille, réveille,
Hommes acadiens,
Pour sauver le village.

J’ai vu mon pauvre père.
Il était fait prisonnier.
Pendant que ma mère, ma chère mère
Elle braillait.
J’ai vu ma belle maison
Était mise aux flammes,
Et moi je suis resté orphelin,
Orphelin de l’Acadie.

Réveille, réveille,
C’est les goddams qui viennent,
Voler la récolte.
Réveille, réveille,
Hommes acadiens,
Pour sauver le village.
Réveille, réveille,
C’est les goddams qui viennent,
Voler les enfants.

Paroles et musique : Zachary Richard
Album : Travailler c’est trop dur : Anthologie 1976-1999.
Les Editions du Marais Bouleur.
You Tube (5'29) ou (4'42)
Josée Vachon

French in America – Josée Vachon
Paroles et musique : Josée Vachon
 
Tout le long, maluron, malurette
Tout le long, maluron, malurai. (bis)
 
Venez tous, jeunes filles et garçons, je vais vous raconter
L'histoire de notre immigration ici au U.S.A.
De grands aventuriers, des pays étrangers
Le long du grand Mississippi, venus coloniser.
 
Et, en 1755, des villages acadiens
Brulés un soir inattendu, par les Anglais vilains
Des familles séparées, en bateaux, exilées
Et par la mer, emportées dans un pays lointain.
 
Du Québec vers la Nouvelle-Angleterre, des habitants
Venus travailler l'usine, il y a plus de 100 ans
Dans leurs "p'tits Canadas", par leur langue et leur foi
Vivant la survivance mais, au moins, pour un moment.
 
"Speak white", on nous disait pour enlever notre héritage
C'est par l'assimilation qu'on trouve les avantages
The borders between lands are not all that we have crossed
Now, we must be taught the language that our mothers lost.
 
Today our fathers look at us and sigh with despair
To think that everything they love we simply do not share
The spirit never dies, our culture will survive
Each of us must choose how much to keep alive.

Chanson en mp3


Pour approfondir: Texte didactisé I -  La tragédie acadienne (1753-1763)
Texte didactisé
II -  Le grand dérangement (1755) et   III  cliquez ici

Lettre du secrétaire colonial, William Cotterell, au gouverneur Hopson, concernant le serment d'allégeance distribué aux Acadiens par l'enseigne Wroth
GAUDET, Placide. « Généalogie des familles acadiennes », Rapport des archives canadiennes, vol. 2, 1905, Ottawa, C. H. Parmelee, 1909, p. 114-115.


Hier die große Karte von unten einfügen

1763 – Traité de Paris et Proclamation Royale  - Source : Créateur : André Richard /Type : carte interactive / Sujet : Carte /Date : 2004-01-08


Pour aller plus loin:


1774 – Acte de Québec - Source : Créateur : André Richard /Type : carte interactive / Sujet : Carte /Date : 2004-01-08
1784 - Nouveau-Brunswick et Cap-Breton - Source : Créateur : André Richard /Type : carte interactive / Sujet : Carte /Date : 2004-01-08
1867 - Confédération canadienne- Source : Créateur : André Richard /Type : carte interactive / Sujet : Carte /Date : 2004-03-04
1979 - La province de l'Acadie- Source : Créateur : André Richard /Type : carte interactive / Sujet : Carte /Date : 2002-03-04

< style="font-family: arial;">L'histoire des Acadiens
 © Daniel L. Robichaud: CyberAcadie

Éparpillement des Acadiens
Le "Grand Dérangement" (1755 à 1763)
La Guerre de Sept Ans (1756 à 1763)
Le Manifeste de Beaubassin (Déportation ou Génocide)
Chronologie de 1740 à 1763
Éparpillement des Acadiens  (1755-1763)
  Introduction

Les historiens ont l'habitude de retenir 1755 comme la date charnières de l'histoire des Acadiens. Mais replacé dans le contexte global des provinces Maritimes, le phénomène de la "Déportation" apparaît plutôt comme la suite d'une série d'événements remontant au moins à 1749, c'est-à-dire à la fondation de Halifax (Nouvelle-Écosse) par les Britanniques.

Il faut se rappeler que de 1713 à 1749 la Nouvelle-Écosse péninsulaire, quoique appartenant légalement à l'Angleterre, n'en demeurait pas moins un territoire au visage français. Il y avait bien un gouvernement colonial anglais à Port-Royal, que l'on avait rebaptisé Annapolis Royal, mais son rayonnement ne dépassait pas beaucoup la capitale elle-même: les campagnes et ses habitants étaient restés français. Les Acadiens continuaient à vivre de la pêche, de l’agriculture, un peu de la traite des fourrures avec les Indiens, et ils s'administraient eux-mêmes dans une assez large mesure. À maintes reprises, l'Angleterre leur avait demandé de devenir des sujets britanniques par un serment de fidélité inconditionnelle. Les Acadiens s'y opposaient avec ténacité et ne voulaient prêter qu'un serment de fidélité conditionnelle: alléguant que les Anglais les avaient empêchés d'émigrer en territoire français comme le prévoyait une directive de la Reine Anne d'Angleterre, les Acadiens en effet ne voulaient consentir qu'à rester neutres en cas de conflit entre la France et l'Angleterre. Et l'Angleterre de demeurer impuissante devant ces nouveaux sujets qui voulaient rester neutres.

En 1749 cependant, l'Angleterre décide, une fois pour toutes, de "britanniser" sa colonie acadienne. Elle transfère sa capitale d'Annapolis Royal à Halifax, meilleur port de mer qui permet aux Britanniques de recommencer à neuf, loin des pressions acadiennes. De plus, elle entreprend, dès 1751, un effort d'immigration: elle mène sa campagne de publicité non seulement auprès des protestants de la Nouvelle-Angleterre, mais aussi dans les territoires allemands appartenant à la couronne britannique (fondation de Lunenburg, N.-É., en 1753). Enfin, elle ordonne à son gouverneur de mettre sur pieds des institutions de type britannique, en particulier une législature coloniale, ce qui sera chose faite en 1758 malgré les tergiversations du gouverneur Charles Lawrence.

Nouvelle capitale, nouveau stock d'immigrants pour contrebalancer l'influence acadienne, institutions de type britannique, tout cela ne réglait pas le "problème" acadien, mais indiquait clairement la détermination britannique d'en finir avec ces "French Neutrals". C'est ainsi que l'Angleterre demande encore une fois aux Acadiens un serment de fidélité inconditionnelle. Nouveau refus des Acadiens. Mais les événements allaient se précipiter. Anglais et Français avaient en effet commencé à s'affronter dans la vallée de l'Ohio dès 1754, ce qui, joint aux pressions de la forteresse de Louisbourg, menaçait de prendre l'Angleterre comme dans un étau. Que feraient, en cas de conflit, les Acadiens? II fallait donc régler, du point de vue de l'Angleterre, le "problème acadien", et cela était d'autant plus facile que l'Angleterre avait accru son emprise en Acadie depuis 1749.

Ainsi alors s'explique la Déportation commencée à Grand-Pré en 1755 et qui ne devait se terminer qu'en 1761: un désir manifeste de l'Angleterre de "britanniser" sa colonie; la persistance des Acadiens a gardé leur qualité de Français; une conjoncture militaire qui apparaissait au départ défavorable aux Britanniques.

Sur les 8,000 à 10,000 Acadiens des provinces maritimes, les trois quarts furent soit déportés dans les colonies anglaises (États-Unis actuels), soit emprisonnées dans les prisons de Halifax ou de Londres. Le reste réussit à se réfugier dans les bois du Nouveau-Brunswick ou à fuir vers le Québec actuel.


  Éparpillement des Acadiens (1755-1761)


Nous avons vu, dans l'introduction, que l'Angleterre avait décidée, en 1749, de "britanniser" sa colonie de la Nouvelle-Écosse. Le Guerre de Sept Ans (1756-1763), que des auteurs américains nomment aussi "The French and Indiens War", devait par ailleurs accélérer le processus de cette "britannisation". La guerre, dont les origines sont davantage nord-américains qu'européennes, permit en effet à l'Angleterre, après des échecs initiaux (1756-1758), de se substituer finalement à la France dans toute l'Amérique septentrionale. Dans le région des provinces Maritimes, la France gardait encore le Cap-Breton, appelée alors île Royale, et l'Île du Prince-Édouard, désignée alors île Saint-Jean. La chute de Louisbourg en 1758 scella le sort de ces deux possessions françaises.

Mais deux ans déjà avant la déclaration formelle de la guerre, Anglais et Français avaient commencé à s'affronter. L'Ohio avait d'abord servi de théâtre militaire en 1754. Craignent d'être prise dans un étau, les autorités anglaises dépêchèrent en 1755 le colonel Monckton attaquer le fort Beauséjour qui tomba en juin 1755. Les événements devaient se précipiter par le suite: après la chute dit fort Beauséjour, les autorités anglaises entreprirent de déporter toute la population de la Nouvelle-Écosse péninsulaire. Cinq à six mille Acadiens devaient ainsi être déracinés. La population de Louisbourg, environ 2,000 habitants, fut rapatriée en France, comme ce fut le cas de celle de l'Île Saint-Jean, ces deux colonies étant encore légalement possessions françaises. Dans le cas de l'île Saint-Jean, toutefois, cette colonie comprenait, en plus des quelques centaines de colons qui s'y étaient établis depuis quelques années, près de 5,000 colons acadiens qui avaient réussi à se soustraire aux recherches des troupes de Lawrence en Nouvelle-Écosse; la plupart seront rapatriés en France, mais une bonne partie aboutira dans les prisons anglaises de l'Angleterre.

L'on a beaucoup écrit, non sans faire appel aux sentiments, pour tenter établir la responsabilité de la Déportation. Les uns y ont vu l'½uvre de Lawrence seul, d'autres ont insisté sur le rôle-clé de la Nouvelle-Angleterre, d'autres enfin ont plutôt mis en lumière la politique de Londres.

À une époque où le croit des gens et des nationalités comptait pour bien peu de chose, il faut plutôt insérer la question acadienne, comme l'a écrit Guy Frégault, dans le cadre de deux Empires, l'un français et l'autre anglais, qui poursuivaient a la même époque la même politique (la colonisation de l'Amérique du nord), avec les même moyens. Même la France ne répugnait pas à l'idée de la Déportation: dans son projet avorté de la conquête du New York en 1689, la France prévoyait en effet déporter une partie des colons; de même en 1746 et en 1751 des officiers français avaient reçu l'ordre de déporter les Acadiens qui refuseraient d'embrasser la cause française. Il est vrai qu'aucune déportation ne fut exécutée, mais ces directives de la France à ses représentants illustrent quand même la mentalité du temps.

En ce qui concerne l'Angleterre et la déportation des Acadiens, les journaux de l'époque, tel le London Magazine en 1749, mentionnait de temps à autre la déportation comme solution éventuelle. La correspondance entre le "Board of Trade" et les autorités de Halifax contient également d'assez fréquentes références à cette solution extrême avant même qu'an ne la mit en pratique. De sorte que Lawrence, lorsqu'il se résolut enfin à chasser les Acadiens de l'Acadie, n'avait certes pas peur d'un blâme de l'Angleterre. Les événements devaient lui donner raison sur ce point: mise au courant de l'initiative de Lawrence, l'Angleterre ne fit rien pour l'en dissuader et les déportations se poursuivirent jusqu'en 1761, et quant à Lawrence lui-même, il fut promu au grade de Gouverneur en 1756. Le Gouverneur-général de la Nouvelle-France, Vaudreuil-Cavagnal, essaiera bien en 1760 de faire arrêter les déportations: lorsque celui-ci soumit ses conditions de capitulation au général Jeffrey Amherst, il demanda qu’"aucuns Canadiens, Acadiens, ni Français (...) ne puissent être portés, ni transmigrer dans les colonies anglaises, (... )" . Le général anglais écrira dans la marge "Accordé, excepté à l'égard des Acadiens".

Les Acadiens déportés aux États-Unis ne furent pas toujours bien accueillis. En effet, les autorités coloniales américaines n'avaient en général pas été consultées quant à l'arrivée des Acadiens. Souvent mal organisée, la Déportation passait surtout pour une charge fiscale supplémentaire aux yeux des colons américains. De plus, l'arrivée de Français et de catholiques dans des colonies farouchement protestantes brisait une homogénéité religieuse que l'on avait établie parfois avec peine. Ainsi, en 1762, cinq goélettes avec 1500 Acadiens en route vers Boston durent revenir à Halifax à cause du refus du Massachusetts de les accepter. Dans de nombreux cas, les Acadiens restaient des semaines et des mois sur les bateaux ancrés dans les ports, en proie à la faim et aux maladies. Le Maryland, toutefois, se montra davantage accueillant: cette colonie protestante se souvenait sans doute qu'elle avait été jadis fondée pour et par des immigrants catholiques britanniques. En tout, environ 6000 Acadiens furent déportés dans les colonies américaines.

Un deuxième groupe d'Acadiens fut tout simplement gardé prisonnier à Halifax où on les employa à fortifier la capitale contre les attaques françaises pendant qu'un autre groupe était amené prisonnier en Grande-Bretagne. Situation pénible que ces prisonniers en Angleterre. Mal nourri, mal soigné dans des prisons humides et froides, un bon nombre y mourut. Dans la prison de Bristol, par exemple, sur 300 Acadiens, 184 n'en sortirent pas vivants. À la fin des hostilités, ces Acadiens prisonniers en Angleterre seront rapatriés en France où certains s'établiront à belle Île en Mer (Bretagne) ou tenteront de fonder une colonie dans le Poitou. Cette tentative de colonisation au Poitou sera vaine, la plupart des Acadiens préférant se diriger vers la Louisiane.

Un troisième groupe d'Acadiens réussit enfin à échapper à la déportation. Certains s'enfuirent en effet dans les bois du Nouveau-Brunswick actuels où, durant un temps, ils menèrent tant bien que mal une guérilla inefficace contre les soldats anglais, surtout dans la région de la rivière Miramichi et de la baie des Chaleurs. C'est d'ailleurs dans la baie des Chaleurs que fut tiré le dernier coup de canon de la France pour la conservation de son Empire en Amérique. D'autres se réfugièrent à la rivière Saint-Jean, près de Sainte-Anne notamment (aujourd'hui appelé Fredericton), mais les troupes de Monckton les en délogèrent et ils durent pousser plus loin au nord, vers le Québec actuel. Les registres de baptême témoignent du passage de ces familles qui cherchaient un lieu sûr dans une Nouvelle-France elle-même déchirée par la guerre.
 

Léon Thériault (Département d'histoire Université de Moncton, Moncton, N.-B.)

Source : Petit manuel d'histoire d'Acadie, de1755 à 1767, Librairie Acadienne, Université de Moncton, Léon Thériault, 1976 - Daniel L. Robichaud: CyberAcadie : L'histoire  des Acadiens -http://www.cyberacadie.com/acadie_1755_1763.htm

  Le "Grand Dérangement" (1755 à 1763)
Destinée de trois familles déportées (Carte animée)


  La "Déportation" occupe une place très importante dans l'histoire acadienne. De 1755 à 1763, la plus grande partie du peuple acadien a été déportée dans les colonies américaines, en Angleterre et en France. Les Acadiens, exilés ou fugitifs, ont traversé une longue période d'errance à la recherche d'une nouvelle terre d'accueil. Les Acadiens survivants de cette période l'ont qualifiée de "grand dérangement".



L'Acadie, colonie fondée en 1604, se distingue par son emplacement géographique. À l'époque où la France et l'Angleterre colonisent le continent nord-américain, l'Acadie se situe entre deux colonies importantes et antagonistes: la NouvelleAngleterre au sud et la Nouvelle-France au nord. Ainsi pendant toute son histoire, l'Acadie est malgré elle entraînée dans une série de conflits militaires.

Le premier foyer principal de peuplement acadien a été la région de Port-Royal. À partir de 1670, la population essaime vers le fond de la baie Française. Elle occupe la région de Beaubassin vers 1672 et celle du bassin des Mines vers 1686. Cette expansion correspond à l'essor démographique de la population acadienne qui passe de 400 en 1671 à 2 900 en 1714.

De 1604 à 1713, l'Acadie change de mains à sept reprises. Laissés souvent à leur sort, les Acadiens développent un esprit d'indépendance. Or, jusqu'en 1710, malgré les conquêtes, la présence anglaise ne se manifeste que par les visites de marchands et de pêcheurs qui exploitent les richesses du territoire acadien. Les choses prennent cependant un tour différent après la capitulation de Port-Royal en 1710. On y installe alors des troupes anglaises et on rebaptise l'endroit Annapolis Royal.

En 1713, le traité d'Utrecht, signé entre la France et l'Angleterre, cède l'Acadie aux Britanniques. La France perd aussi la baie d'Hudson et Terre-Neuve, mais conserve l'Île Royale (Cap-Breton) et l'Île Saint-Jean (Île-du-Prince-Édouard). De plus, elle maintient une présence sur le territoire actuel du Nouveau-Brunswick, région disputée par les Anglais.

Le traité d'Utrecht laisse le choix, aux Acadiens du territoire rebaptisé "Nova Scotia", de prêter serment à la Couronne britannique ou de quitter les lieux dans un délai d'un an. La France développe l'Île Royale et tente d'abord (de 1713 à 1720) d'y attirer les Acadiens, mais ceux-ci détiennent des terres fertiles et sont déçus de la qualité des terres proposées. Peu après, les autorités françaises, qui anticipent un retour offensif en Nouvelle-Écosse, songent qu'il est préférable d'y laisser les Acadiens.

De leur côté, les Anglais, alors peu intéressés à coloniser la Nouvelle-Écosse, n'ont pas intérêt à laisser les Acadiens renforcer la présence française à l'Île Royale. Ils les dissuadent de partir en leur interdisant de construire des bateaux et de vendre leurs propriétés et leur bétail. La principale préoccupation anglaise est d'amener les Acadiens à prêter le serment d'allégeance.



La question du serment va hanter les Acadiens pendant plusieurs années. Ils refusent de prêter un serment sans condition puisqu'ils tiennent à conserver leur liberté religieuse et à être exemptés du port d'armes en cas de guerre. Finalement en 1730, le gouverneur Philipps accepte ces conditions sous promesse verbale, et les Acadiens deviennent des sujets neutres.

Pendant une trentaine d'années, la NouvelleÉcosse connaît la paix et se développe à un rythme exceptionnel. Si bien qu'en 1755, on compte environ 13 000 Acadiens. Ceux-ci n'inquiètent pas outre mesure les autorités anglaises; ce sont plutôt les Amérindiens qui leur causent des soucis. Gagnés à la cause française, ces derniers sont demeurés sur le pied de guerre contre les Anglais. Par ailleurs, la Nouvelle-Angleterre accepte mal l'ampleur qu'a prise Louisbourg au cours des années. Cette forteresse est devenue un centre commercial très important et un sérieux concurrent pour les colonies anglaises.

 La tension monte

En 1744, la guerre éclate entre la France et l'Angleterre. Tour à tour, Louisbourg et la Nouvelle-France lancent des attaques contre la Nouvelle-Écosse, mais la prise de Louisbourg par la Nouvelle-Angleterre en 1745 leur inflige un sérieux revers. En 1746, la France tente de reprendre à la fois l'Île Royale et la Nouvelle-Écosse, mais essuie encore un échec lorsque le duc d'Anville voit sa flotte décimée par une tempête.

Au grand mécontentement des colonies anglaises, le traité d'Aix-la-Chapelle, signé en 1748, rend Louisbourg à la France. Ce traité a des conséquences importantes pour les Acadiens. Ceux-ci sont en vaste majorité restée neutre, mais la situation devient précaire puisque la France et l'Angleterre ont décidé de consolider leur position dans la région.

Suite aux pressions exercées par les colonies anglaises, le "Board of Trade" décide de britanniser la Nouvelle-Écosse. En 1749, on fonde Halifax pour apporter un contrepoids à Louisbourg. L'arrivée d'environ 2 000 colons et d'un fort contingent militaire change le visage de la province. À nouveau, on exige que les Acadiens prêtent un serment sans réserves. Le gouverneur Cornwallis se bute à la ténacité acadienne; ceux-ci ne modifient pas leur position. De plus, le plan de colonisation britannique au nord de la rivière Mésagouèche est contrecarré par la présence française dans cette région.

En effet, la France tente de garder un lien de communication entre Québec et Louisbourg et veut refouler la progression des Anglais vers le Canada. En 1749, on envoie Boishébert relever les fortifications à l'embouchure du fleuve Saint-Jean. Le but des autorités françaises est de bloquer l'isthme de Chignectou et de créer une nouvelle Acadie française en enjoignant les Acadiens à émigrer sur le territoire actuel du Nouveau-Brunswick.

Tour à tour, Français et Anglais se fortifient dans la région disputée. Les Anglais s'installent à GrandPré en 1749, à Pigiguit en 1750 et à Beaubassin en 1751. Du côté français, on construit les forts Beauséjour et Gaspareau en 1751. Face à cette attitude agressive, des familles acadiennes se réfugient dans les territoires français avoisinants, notamment à l'Île Saint-Jean.

De 1752 à 1754, la situation demeure calme. On ne tient pas à ce que les Acadiens aillent grossir les établissements français et le gouverneur Hopson ne soulève pas la question du serment. Toutefois sous Charles Lawrence, nommée lieutenant-gouverneur en 1754, la situation se transforme rapidement.

Contrairement à ses prédécesseurs, Lawrence envisage ouvertement la déportation. Ce militaire de carrière songe d'abord à la défense de la colonie et entend régler le problème du serment. À l'été 1754, il avise ses supérieurs de sa position: les Acadiens ne prêteront jamais de serment à moins d'y être contraints. Or, ils occupent les meilleures terres de la Nouvelle-Écosse. Lawrence conteste donc leur droit à la propriété et suggère leur départ.

Pendant ce temps, les tensions s'accroissent en Amérique du Nord, et les autorités se préoccupent surtout de la défense de la vallée de l'Ohio. Lawrence prépare donc rapidement l'attaque avec Shirley, gouverneur du Massachusetts. Ce dernier recrute 2 000 hommes pour renforcer les troupes régulières. Au mois de juin 1755, Robert Monckton, commandant de l'expédition, prend les forts Beauséjour et Gaspareau. Boishébert choisit de détruire son fort plutôt que de le rendre aux Anglais et se replie plus haut sur le fleuve Saint-Jean.

 La Déportation

L'attitude anglaise envers les Acadiens s'est durcie depuis que la guerre a éclaté en Amérique. Avec l'anéantissement des forces françaises dans la région, Lawrence décide de régler une fois pour toutes la question du serment et, du même coup, le sort des Acadiens.

Peu avant la prise du fort Beauséjour, le capitaine Murray, en poste au fort Edward à Pigiguit, confisque les armes et les bateaux des Acadiens des Mines. Le 3 juillet, des délégués viennent rencontrer Lawrence et son conseil pour présenter une pétition à ce sujet. Profitant de l'occasion, Lawrence insiste pour que les délégués prêtent serment, mais ceux-ci refusent de signer sans consultation générale. Du coup, ils sont emprisonnés. On convoque ensuite une centaine de députés de la région d'Annapolis et des Mines qui, les 25 et 28 juillet, refusent également de prêter un serment sans condition; ils sont emprisonnés à leur tour.

Le conseil décide à l'unanimité de déporter les Acadiens dans les différentes colonies américaines. Le plan de Lawrence est d'expulser les Acadiens et de les remplacer par des colons de la NouvelleAngleterre. Le 31 juillet, il donne ses instructions et déploie les forces anglaises (2 000 Coloniaux et 250 soldats britanniques) de la façon suivante: le colonel Robert Monckton à l'isthme de Chignectou, le colonel John Winslow dans le district des Mines, le capitaine Alexander Murray à Pigiguit et le major John Handfield, déjà en poste à Annapolis, est chargé de son district.

Lawrence donne l'ordre de capturer les hommes et de les détenir en attendant le départ des bateaux. Pour empêcher la population de fuir, on confisque les embarcations, on saisit le bétail et les céréales et on surveille les routes. Il y a résistance acadienne et amérindienne, mais les forces dirigées par Boishébert sont trop faibles pour éviter la tragédie.

À Beaubassin, Monckton s'installe au fort Beauséjour, rebaptisé Cumberland. Le11 août, obéissant à la convocation émise un peu plus tôt par Monckton, 400 hommes se présentent au fort. On leur annonce qu'ils sont considérés rebels, qu'on confisque leurs terres et cheptel et qu'ils sont désormais prisonniers.

La région confiée à Monckton compte de nombreux établissements éparpillés sur les rivières Chipoudy, Petcoudiac et Memramcook, ce qui permet à plusieurs familles acadiennes de fuir. Les militaires chargés de fouiller ces endroits ramènent peu de prisonniers mais brûlent tout sur leur passage: maisons et récoltes. À la Petcoudiac par exemple, l'expédition commandée par le capitaine Frye doit faire face aux hommes de Boishébert. Frye se retire au fort Cumberland, emportant quelque 23 femmes et enfants avec lui et détruisant plus de 200 bâtiments et une grande quantité de blé et de lin.

Le 10 septembre, on commence l'embarquement. Le 13 octobre, une flotte de 10 navires quitte l'isthme de Chignectou à destination de la Caroline du Sud, de la Pennsylvanie et de la Géorgie avec à son bord environ 1 100 personnes. Après un arrêt aux Mines, pour embarquer d'autres Acadiens, les navires partent finalement le 27 octobre.

Aux Mines, Winslow et Murray se partagent la tâche. Winslow s'installe à Grand-Pré le 19 août et établit ses quartiers dans l'église et le presbytère. Le 5 septembre, Winslow et Murray convoquent tous les hommes: 418 sont faits prisonniers à l'église de Grand-Pré et 183 au fort Edward. Winslow est soucieux du fait que le nombre de prisonniers dépasse celui des soldats. Informé de l'aventure de Frye et craignant une rébellion, il décide de diviser les prisonniers et fait monter 230 jeunes hommes à bord des cinq bateaux présents.



Comme dans la région de Chignectou, certaines familles réussissent à prendre la fuite. À l'arrivée de nouveaux transports, le 8 octobre, on entreprend l'embarquement. C'est un temps de confusion et de désolation. Le 1er novembre, plus de 1500 Acadiens entassés sur des bateaux sont déportés au Maryland, en Pennsylvanie et en Virginie. Murray réussit à embarquer toute la population de Pigiguit (environ 1000). À Grand-Pré, il ne reste plus que 600 personnes qui, le 13 décembre, sont déportées à leur tour. On procède ensuite à la destruction des villages.

À Annapolis Royal cependant, les événements sont moins contrôlés. Hanfield a décidé de ne regrouper les hommes qu'une fois les transports arrivés et bon nombre d'habitants en ont profité pour fuir. Le 3 novembre, on incendie les villages des deux côtés de la rivière et après une battue, on capture 600 personnes. Au mois de décembre, plus de 1600 Acadiens sont déportés au Massachusetts, au Connecticut, à New York et en Carolines du Nord et du Sud.



Dans la hâte et la confusion, plusieurs familles sont démantelées. La déportation est synonyme de destruction et de mort. Toutefois, ce n'est pas tant l'opération militaire que les voyages sur les navires qui sont la cause d'un grand nombre de mortalités. Par exemple, le "Cornwallis" qui quitte Beaubassin avec 417 Acadiens à son bord ne compte à son arrivée à Charleston que 210 survivants, ce qui illustre bien les conditions de vie sur les bateaux. La mauvaise alimentation, l'entassement et la maladie, notamment une épidémie de petite vérole, emportent de nombreuses vies.

Il est difficile de calculer exactement le nombre de déportés. Quant aux Acadiens embarqués à destination des colonies américaines on avance cependant les chiffres suivants: 900 au Massachusetts, 675 au Connecticut, 200 à New York, 700 en Pennsylvanie, 860 au Maryland, 290 en Caroline du Nord, 955 en Caroline du Sud, 320, en Géorgie et 1 150 en Virginie. Toutefois, la Virginie a refusé d'accueillir les Acadiens et en 1756, les a envoyés en Angleterre,

La Déportation se poursuit. En 1756 par exemple, on emmène environ 70 personnes de Poboncoup. Les Acadiens réfugiés à l'Île Saint-Jean n'échappent pas au malheur. La seconde déportation massive a lieu en 1758. Après la prise de Louisbourg, Lord Rollo s'arrête à l'île Saint-Jean afin d'en déporter la population. Pendant qu'on vide les grands centres, environ 600 personnes réussissent à fuir vers la Miramichi et vers le Canada. Néanmoins, les Anglais mettent la main sur 3 500 Acadiens qu'ils envoient en Angleterre et en France. En cours de route, deux des neuf navires du convoi sombrent avec 700 personnes à leur bord.

De 1758 à 1763, les réfugiés sont pourchassés et déportés. À Halifax, on détient environ 2 000 Acadiens en attendant l'expulsion. En 1760, on déporte 300 prisonniers en France. La dernière déportation a lieu en 1762 alors que 1300 Acadiens sont envoyés à Boston. Le Massachusetts refuse cependant de les accueillir et ils sont ramenés à Halifax où ils sont détenus comme prisonniers de guerre.

Bon nombre d'entre eux sont employés à travailler sur d'anciennes terres acadiennes ou aux fortifications de la citadelle.

Les gouverneurs des colonies sont informés de l'arrivée des déportés par une lettre que Lawrence a confiée aux capitaines des navires. Cet afflux d'exilés est loin de les enthousiasmer puisque les colonies sont majoritairement protestantes et anticatholiques. De plus, la présence des Acadiens n'est guère appréciée à une époque où un conflit, notamment la guerre de Sept Ans, oppose Français et Anglais.

Éparpillés dans les colonies, les Acadiens vivent à la charge de l'État, leur sort étant confié à ceux qui s'occupent des pauvres. Il arrive que l'on retire des enfants de leur famille afin qu'ils soient placés chez des paroissiens riches. Plusieurs familles sont ainsi séparées. À la recherche de parents, plusieurs errent à travers les colonies. Certains présentent des pétitions aux autorités. Bon nombre refusent d'être absorbés dans ces milieux anglophones. Au Maryland et en Pennsylvanie, les déportés demandent à être traités comme des prisonniers de guerre.

Dans les colonies du sud, l'assistance et la surveillance des réfugiés sont moins bien organisées et l'accueil est encore plus hostile que dans les colonies du nord. En Virginie, la crainte que les Acadiens n'organisent une cabale avec les esclaves motive la décision des autorités de les renvoyer en Angleterre. En 1756, les gouvernements de la Caroline du Sud et de la Géorgie autorisent le départ d'environ 250 Acadiens à bord de petites embarcations. Inquiet, Lawrence envoie une lettre circulaire aux gouverneurs leur demandant d'empêcher le retour des déportés en NouvelleÉcosse. La plupart sont capturés à New York et au Massachusetts, mais une cinquantaine réussissent quand même à gagner le fleuve Saint-Jean.

Les Migrations

Au retour de la paix en 1763, on assiste à une vague de migration acadienne hors des colonies américaines. Certains arrivent à retourner en Nouvelle-Écosse, mais il est difficile d'en estimer le nombre. Les migrations les plus connues s'énumèrent comme suit : en 1763, 116 Acadiens du Massachusetts s'installent aux Îles Saint-Pierre-et-Miquelon. Bon nombre émigrent depuis New York vers Saint-Domingue, où plusieurs périssent sous le climat tropical. En 1766, 216 Acadiens de la Nouvelle-Écosse arrivent en Louisiane (colonie française cédée à l'Espagne en 1762) où l'on accueille aussi en 1767 des Acadiens du Maryland. En 1766, environ 90 exilés du Massachusetts se rendent à Québec.

Le sort réservé aux déportés en France et en Angleterre est tout aussi mouvementé. Les 1,100 Acadiens rejetés par la Virginie en 1755 sont transportés dans les villes de Liverpool, Southampton, Faimouth et Bristol où on les installe dans des entrepôts. Ce groupe est ravagé par une épidémie de petite vérole en 1756 et ne compte plus à sa libération, en 1763, qu'environ 866 personnes. De ceux-ci, 753 se rendent en France où se trouvent déjà environ 3 500 déportés dispersés dans les ports de Boulogne, St-Malo, Rochefort, Morlaix, Lorient, Belle-Ile-en-Mer, Le Havre, Cherbourg, La Rochelle et Bordeaux.

La France leur verse une pension et, pendant une vingtaine d'années, elle tente de les relocaliser en Guyane Française, aux Îles malouines (Îles Falkland), à Saint-Domingue, en Bretagne, à Belle-Île-en-Mer, au Poitou et en Corse. Cependant, ces projets connaissent peu de succès. L'Amérique attire la plus grande part des déportés. En 1763 par exemple, 100 Acadiens émigrent aux Îles Saint-Pierre-et-Miquelon et en 1774, d'autres acceptent l'invitation de marchands-pêcheurs jersiais et deviennent employés dans leur entreprise dans le Golfe Saint-Laurent. La vague d'émigration la plus importante a lieu en 1785 quand l'Espagne, qui cherche à renforcer sa position en Louisiane, y amène 1600 Acadiens.

En 1763, la guerre cesse entre la France et l'Angleterre, mettant ainsi un terme aux déportations. En huit ans environ 10,000 Acadiens ont été déportés, soit environ 75% de la population acadienne. Leurs terres sont désormais occupées par quelque 8,000 nouveaux colons ou Planters de la Nouvelle-Angleterre. À l'époque, l'expulsion d'une communauté au lendemain d'une conquête n'était pas une mesure exceptionnelle. Ce qui caractérise la Déportation acadienne, c'est que, contrairement à l'usage, les Acadiens n'ont pas été relocalisés dans un territoire français, mais plutôt en milieu hostile, soit dans des possessions anglaises. De plus, les Acadiens ont été déportés plus de quarante ans après la conquête de l'Acadie et on leur a confisqué leurs biens et propriétés, les laissant ainsi totalement démunis.

Les Acadiens qui ont échappé à la Déportation ne connaissent pas un sort plus enviable. Bien que la France leur offre peu de support militaire, la population acadienne et amérindienne continue de s'opposer aux Anglais. Boishébert dirige par centaines les réfugiés sur les fleuves Saint-Jean et Miramichi, et l'on retrouve ainsi des îlots de résistance acadienne, notamment le long de la baie des Chaleurs.

Acadiens et Amérindiens guerroient contre les Anglais et réussissent tant bien que mal à les tenir en respect. Cachés dans les bois, les réfugiés vivent misérablement. Aux prises avec la faim, le froid, la maladie et l'épuisement, bon nombre périssent. Toutefois, certains s'évadent au Canada où ils s'installent, entre autres, dans la région des TroisRivières et en Gaspésie.

La prise de Louisbourg est lourde de conséquences pour les différents établissements acadiens. Les forces anglaises lancent des expéditions punitives et ces incursions prennent souvent l'allure de chasses à l'homme. À l'automne 1758, plus de 2,000 militaires dirigés par Monckton se rendent au fleuve Saint-Jean. La population, laissée à elle-même, fuit et remonte plus haut sur le fleuve. Les Britanniques ont surestimé les forces françaises. L'année suivante, la garnison est alors réduite à 300 hommes et elle poursuit sa campagne de destruction jusqu'au village de Saint-Anne.

À la capitulation de Québec en 1759, plusieurs Acadiens se rendent aux autorités et sont emprisonnés dans les forts anglais. En 1760, après avoir livré bataille contre l'expédition de Byron, le poste de Restigouche capitule. L'année suivante, le capitaine McKenzie attaque les hameaux de Richibouctou à Restigouche, mettant un terme à la résistance acadienne.

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Source: "La Déportation des Acadiens", Publié en vertu de l'autorisation du ministère de Approvisionnement et Services Canada, 1986, environnement Canada (Parcs)
Daniel L. Robichaud:  CyberAcadie: L'histoire des Acadiens. http://www.cyberacadie.com/acadie_le_grand_derangement.htm
Peintures : Toutes les peintures sont de Claude Picard, Série: Déportation des Acadiens, Lieu historique de Grand-Pré (N.-É.)
1- Le départ vers l'exil 1755 / Ships take Acadians into exil 1755
2- Le serment d'allégeance 1730 / Oath of Allegiance 1730
3- L'ordre de Déportation 1755 / The Deportation Order 1755
4- On incendie leurs villages 1755 / Settlements are burned 1755



  La Guerre de Sept Ans (1756 à 1763)
La guerre de Sept Ans (1756-1763) est la première guerre à l'échelle mondiale. Le conflit oppose la Grande-Bretagne, la Prusse et Hanovre à la France, à l'Autriche, à la Suède, à la Saxe, à la Russie et, finalement, à l'Espagne. La Grande-Bretagne refuse d'engager le gros de ses troupes sur le continent, comptant sur des mercenaires prussiens et allemands pour défendre l'électorat de Hanovre au nom de George II. Le plan de guerre de la Grande-Bretagne vise à détruire les forces navales et la marine de commerce de la France et à s'emparer de ses colonies, pour ainsi anéantir sa rivale commerciale. En Europe, la France s'est engagée à défendre l'Autriche, mais cette dernière ne peut rien pour les colonies françaises d'outre-mer.

 
Les hostilités éclatent en 1754 dans la vallée de l'Ohio, lorsqu'un major de la milice de Virginie, George Washington, se fait prendre dans une embuscade par un petit détachement français. Par la suite, il doit accepter les termes humiliants dictés par le commandant français envoyé pour lui demander des comptes. Puis, les Britanniques dépêchent en Amérique deux régiments, sous les ordres du major général Edward Braddock. D'autres troupes sont levées dans les colonies et une attaque sur quatre fronts se prépare contre les Français au Fort Beauséjour, à la frontière de la Nouvelle-Écosse, contre leurs forts du lac Champlain et du Niagara et, enfin, contre le fort Duquesne, sur l'Ohio.
 
Découvrant ces préparatifs, les Français ordonnent l'envoi de six bataillons sous le commandement du baron Armand Dieskau pour renforcer la défense de Louisbourg et du Canada. Les Britanniques enjoignent alors le vice-amiral Edward Boscawen de partir avec son escadrille pour intercepter et capturer le convoi français, même si la guerre n'est pas encore déclarée. Il ne peut saisir que deux navires. Les Britanniques connaissent encore moins de succès sur terre. L'armée britannique qui fait route vers le lac Champlain est arrêtée par les Français près du lac George, mais Dieskau est blessé et fait prisonnier. L'assaut projeté contre Niagara échoue à cause d'erreurs de tactique, et l'armée de 1500 hommes de Braddock est défaite par un petit détachement de Français et d'Amérindiens. Les Britanniques ne connaissent la victoire qu'en Acadie, où ils réussissent à prendre le fort Beauséjour et sa petite garnison. Les colons acadiens sont ensuite rassemblés par les troupes de la Nouvelle-Angleterre et déportés.
 
En avril 1756, de nouvelles troupes françaises arrivent au Canada sous le commandement du marquis de Montcalm. Le mois suivant, la Grande-Bretagne déclare la guerre. La stratégie du commandant en chef et gouverneur général, le marquis de Vaudreuil, consiste à maintenir les Britanniques sur la défensive et le plus loin possible des établissements des colons canadiens. Vaudreuil prend les forts anglais d'Oswego sur le lac Ontario et, grâce à cette victoire, étend son emprise sur les Grands Lacs. Au même moment, des détachements d'Amérindiens et de Canadiens ravagent les établissements américains près des frontières. Les Américains ne peuvent contrer ces attaques et les Britanniques doivent envoyer plus de 23 000 soldats en renfort aux colonies et engager presque toute leur marine dans le blocus des ports français. Le but des Français est d'immobiliser d'importantes troupes anglaises, tout en ne déployant qu'une petite armée alliée aux Canadiens et aux Amérindiens; les Français comptent ainsi protéger des attaques leurs colonies les plus importantes.
 

En août 1757, les Français prennent d'assaut le fort William Henry sur le lac George. L'année suivante le major général James Abercromby, à la tête d'une armée de plus de 15 000 britanniques et américains, subit une cuisante défaite au fort Carillon (Ticonderoga) aux mains de Montcalm et de ses 3 500 hommes. Mais pour les Français, la chance tourne. Sur le lac Ontario, le Fort Frontenac (Kingston, Ontario) est détruit en août 1758 avec les approvisionnements destinés aux postes de l'ouest. Ailleurs, Louisbourg et la Guadeloupe tombent aux mains des Britanniques. Dans la région de l'Ohio, les Amérindiens, alliés des Français, concluent une paix séparée avec les Britanniques, obligeant ainsi les Français à abandonner le fort Duquesne. Des navires de ravitaillement parviennent à Québec tous les ans, mais la France n'envoie presque plus de troupes de renfort. Les Français espèrent qu'une invasion de la Grande-Bretagne forcera les Britanniques à négocier.
 
En 1759, deux armées britanniques marchent sur le Canada, tandis qu'une troisième s'empare de Niagara. Le major général James Wolfe, de la marine royale, arrive à Québec avec 9 000 hommes; pendant ce temps, le général Jeffery Amerst avance sur le lac Champlain jusqu'à Crown Point. Après un été de manoeuvres infructueuses, Wolfe force Montcalm à livrer bataille aux portes de Québec, le 13 septembre. Cet affrontement se solde par l'écrasante défaite française de la Bataille des plaines d'Abraham. La ville se rend quelques jours plus tard. Le chevalier de Lévis prend le commandement des troupes françaises et, en avril de l'année suivante, réussit à écraser l'armée britannique sur les mêmes champs de bataille. Le 16 mai, Lévis doit lever le siège de la ville à l'arrivée de frégates anglaises, ce qui anéantit tout espoir de renforts français. L'armée française bat en retraite vers Montréal, et doit capituler en faveur d'Amherst, le 8 septembre 1760. Les troupes britanniques deviennent ainsi libres de servir ailleurs. En 1762, la Martinique tombe aux mains des Britanniques et seule l'intervention de l'Espagne permet à la France de sauver ses autres îles des Antilles.
 
La France et l'Espagne organisent une expédition de grande envergure en vue d'envahir l'Angleterre, mais les victoires de la marine britannique à Lagos, au Portugal, en août, et à la baie de Quiberon, en France, en novembre 1759, mettent fin à ce projet. Cependant, la Grande-Bretagne, épuisée par la guerre, croule sous une dette nationale énorme. Le ministre de la Guerre, William Pitt, est démis de ses fonctions en 1761 par le nouveau roi, George III, et des pourparlers de paix sont amorcés.
 
Le premier ministre français, le duc de Choiseul, est décidé à récupérer la Martinique et la Guadeloupe et à conserver un centre d'opérations pour la pêche sur les Grands Bancs de Terre-Neuve. Il désire également prendre possession de l'Ile du Cap-Breton, mais doit se contenter de Saint-Pierre-et-Miquelon. Choiseul est prêt à céder le Canada à la Grande-Bretagne, convaincu que les colonies américaines, n'ayant plus besoin de la protection de l'armée britannique, déclareront rapidement leur indépendance. Pour la France, la perte du Canada n'est rien en comparaison de ce que serait la perte des colonies américaines pour la Grande-Bretagne. Le roi d'Espagne s'entête, et pour le forcer à signer la paix, la France lui cède le vaste territoire de la Louisiane pour compenser la perte de la Floride.<>

Malgré une certaine opposition en Grande-Bretagne de la part de ceux qui prévoient ce que Choiseul a prédit en privé, c'est la Guadeloupe, et non le Canada, qui est rendue à la France par le Traité de Paris (1763). Douze ans plus tard, les colonies américaines se soulèvent contre la Grande-Bretagne. Ironie du sort, ce n'est que grâce au soutien de l'armée française qu'elles pourront accéder à l'indépendance.

Sources : L'Encyclopédie canadienne, Fondation Historica du Canada. Auteurs JOHN G. REID, ALLAN GREER -  Daniel L. Robichaud:  CyberAcadie: L'histoire des Acadiens  http://www.cyberacadie.com/acadie_guerre_de_sept_ans.htm  


 Manifeste de beaubassin
( publier le 25 octobre 2002 dans l'Acadie-Nouvelle ) 
27 octobre 1755 : Départ de Beaubassin des premiers navires.
NOUS, ACADIENS ET ACADIENNES, SOMMES LES SURVIVANTS D'UN GÉNOCIDE. Un génocide se définit comme étant " la destruction systématique d'un peuple ou d'un groupe ethnique "; cette définition reflète tout à fait les événements de 1755, car l'intention des Britanniques à l'époque était bel et bien de détruire un peuple et sa culture. Les Acadiens et les Acadiennes ont été chassé.e.s, dépossédé.e.s, affamé.e.s et tué.e.s ; leurs récoltes et leurs maisons ont été brûlées et leur bétail volé ou tué. De plus, pour s'assurer de la disparition des Acadiens et Acadiennes en tant que peuple, les Britanniques ont pris soin de les répartir systématiquement en petits groupes pour les forcer à se disperser dans les treize colonies anglo-américaines, tout en leur refusant le droit de se déplacer. Ils faisaient ainsi éclater une société basée sur la famille et forçaient l'assimilation des Acadiens et des Acadiennes aux anglophones des autres colonies britanniques du continent. À la lumière de tous ces faits, il est clair que les autorités britanniques ont été les responsables d'un génocide.
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La moitié de notre peuple a perdu la vie en raison des conséquences directes ou indirectes de cet exil imposé par les Britanniques. Ainsi, sur une population estimée entre 15 000 à 18 000 personnes, - 7 500 à 9 000 individus - en majorité les plus faibles, des enfants - ont perdu la vie. Divers facteurs expliquent ce taux élevé de décès : l'entassement des gens sur les navires (où la nourriture et l'eau étaient insuffisantes), les épidémies causées par l'insalubrité des conditions de voyage, le meurtre de sang froid de nombreux Acadiens et Acadiennes, ainsi que l'ordre donné par Lawrence 1 d'affamer les Acadiens et les Acadiennes caché.e.s dans les bois. La perte de nos ancêtres a donc été immense : on les a dépossédés de leurs terres fertiles, de leurs biens, de leurs possessions et ils ont dû subir l'éclatement de leur société, la désintégration de leur culture, ainsi que des pertes énormes en vies humaines. Les Britanniques se sont servis d'un terme banal en nommant ce crime " déportation ". Nous avons été complices de cette distorsion des faits en utilisant nos propres expressions dans le but d'atténuer notre tragédie, c'est-à-dire en utilisant le qualificatif de " Grand Dérangement ".
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Note : 1 "Si les moyens de douceur ne réussissent pas, vous aurez recours aux mesures les plus énergiques pour les embarquer et pour enlever à ceux qui prendront la fuite, toute possibilité de se mettre à l'abri, en brûlant leurs maisons et en détruisant dans le pays tout ce qui pourrait leur servir de subsistance (…)" Lettre de Lawrence à Winslow, août 1755.

De leur côté, les vainqueurs tentent de redéfinir leur propre histoire dans le but de se justifier auprès des nouvelles générations. Ils essaient également de nous contraindre, nous, les descendants des victimes, à accepter cette réécriture de l'histoire en menaçant des plus grandes sanctions ceux qui oseraient dire la vérité. 2 Cette menace de sanctions a été suffisante pour générer, au sein de notre peuple, un silence qui dure depuis plus de 250 ans. Jusqu'à ce jour, les écoles n'offrent qu'un récit très limité de notre histoire, et ce, par " respect " envers le peuple vainqueur. Ainsi, nous ne parlons pas de l'horreur d'un " génocide ", mais bien de " déportation ". Les livres les plus audacieux qualifient l'événement de " nettoyage ethnique ".

Note : 2 Pour ne donner qu'un exemple parmi plusieurs autres, citons la campagne de refrancisation lancée à Moncton en 1934 par certains membres de l'Assomption. Ces derniers avaient écrit des lettres incitant la population acadienne à demander des services en français dans les magasins. En réponse, les anglophones de Moncton ont immédiatement commencé à boycotter les commerce appartenant à des Acadiens. Devant cet état des choses, les Acadiens ont abandonné la lutte.


Quel est donc l'effet de ces mensonges sur l'évolution de notre peuple ? Pour nous, soussigné.e.s, la conséquence est évidente : nous vivons une perte de contact avec notre histoire d'avant 1755, c'est-à-dire que nous avons été forcés de nier, de façon collective, les éléments tragiques de la période allant de 1755 à 1763. Nous pouvons affirmer que le peuple acadien souffre en quelque sorte d'amnésie collective : nous ne fêtons pas nos héros et nos héroïnes, nous ne soulignons pas les réalisations importantes que le peuple acadien a faites comme colonisateur. Nous n'insistons pas non plus sur le succès de l'alliance et de l'amitié entre le peuple mi'kmaq et le peuple acadien, amitié qui a survécu à tous les fléaux des conquêtes et que seuls les actes meurtriers commis par les autorités britanniques ont pu rompre. Les Mi'kmaqs et les Acadiens avaient édifié une culture née de la symbiose entre les deux peuples, culture qui se définissait en dehors de la tradition monarchiste et qui prenait place dans un contexte solidaire et égalitaire.
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L'image réelle de l'Acadie d'avant 1755 a malheureusement été remplacée par l'image fabuliste d'Évangéline. Ce personnage fictif, créé par Longfellow, confirme l'image d'un peuple conquis. Évangéline n'est pas un récit héroïque, mais bien un récit dépeignant un peuple soumis et victimisé, et c'est cette image que nous cultivons jusqu'à ce jour. Comment expliquer autrement que la seule université acadienne porte le nom de l'un des responsables les plus sanglants de la Déportation, soit Robert Monckton? Pourquoi n'existe-t-il pas de monument commémoratif aux 7 500 à 9 000 morts de la Déportation ? Ces faits ne s'expliquent que par l'amnésie collective dont est atteint le peuple acadien.
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En ne reconnaissant pas l'importance de la Déportation et de ses conséquences, nous ne pouvons nous approprier comme il se doit l'histoire de notre peuple. Cette conscience de notre histoire est essentielle, car sans elle, il nous est impossible de vivre notre présent et d'anticiper notre avenir. La mémoire collective du peuple acadien ne peut être retrouvée qu'à condition que les Acadiens et les Acadiennes deviennent intimement conscients de l'horreur des événements qui ont ensanglanté les côtes de l'Acadie. La perte de nos ancêtres a été immense : ils ont été dépossédés de leurs terres fertiles, de leurs biens, de leurs possessions et ont dû subir l'éclatement de leur société, la désintégration de leur culture, ainsi que des pertes énormes en vies humaines.
 Pour tenter de justifier ses actions, les autorités britanniques sont allées jusqu'à prétendre que les Acadiens avaient refusé de prêter le serment d'allégeance à la Couronne. La lecture des documents de l'époque démontre en fait que cela n'était qu'un prétexte à la Déportation. Dans un premier temps, le peuple acadien avait déjà prêté serment d'allégeance. D'autre part, Lawrence avait clairement indiqué son désir de déporter les Acadiens. Dans une lettre datée du 9 août 1755, il affirme: " I will propose to them the Oath of Allegiance a last time. If they refuse, we will have in that refusal a pretext for the expulsion. If they accept, I will refuse them the Oath, by applying to them the decree which prohibits from taking the Oath all persons who have once refused to take it. IN BOTH CASES I SHALL DEPORT THEM ". 3

Note : 3 "Je leur proposerai le serment d'allégeance une dernière fois. S'ils refusent, nous aurons dans ce refus un prétexte pour les expulser. S'ils acceptent, je leur refuserai le serment, en appliquant le décret qui interdit à quiconque ayant déjà refusé de prêter serment d'allégeance de le prêter. DANS LES DEUX CAS JE LES DÉPORTERAI". (Note : traduction des auteurs).

 Les raisons qui expliquent la déportation sont multiples et complexes. Mais deux motifs clairs sont invoqués par les Britanniques pour justifier la Déportation. Tout d'abord, la correspondance de Lawrence démontre explicitement que la Déportation a été une mesure prise contre un peuple que les Britanniques voyaient comme une dangereuse menace à la sécurité du territoire de la Nouvelle-Écosse, du fait de l'alliance du peuple acadien avec les Mi'kmaqs, sa proximité avec le Canada et ses liens étroits avec la France. Un autre motif des Britanniques pour déporter le peuple acadien a été l'appropriation illégale des terres fertiles que possédaient nos ancêtres : " Si nous réussissons à les expulser, cet exploit sera le plus grand qu'aient accompli les Anglais en Amérique, car au dire de tous, dans la partie de la province que ces Français habitent, se trouvent les meilleures terres du monde. Nous pourrions ensuite mettre à leur place des bons fermiers anglais, et nous verrions bientôt une abondance de produits agricoles dans cette province. " 4

Note : 4 Lettre datée du 9 août 1755, publiée dans la New-York Gazette le 25 du même mois et dans la Pennsylvania Gazette le 4 septembre.


 Mais, ce qui nous permet de réclamer justice, c'est que la Déportation allait à l'encontre même de la loi britannique. Il est indéniable que la Déportation était illégale et ce, pour les raisons suivantes :

1) En 1755, les Acadien.ne.s étaient des sujets britanniques. En temps de paix, la loi stipule qu'on ne peut porter atteinte à leurs droits.
2) Toujours du point de vue de la loi britannique, le vol des terres acadiennes constitue aussi un acte illégal.
3) Suite aux ordres de Lawrence, de nombreux Acadiens ont subi d'importants sévices et d'autres ont été exécutés . 5
4) Suite à la rébellion armée d'une douzaine d'Acadiens, les Britanniques ont décidé de punir tout un peuple innocent, femmes et enfants compris, faisant ainsi de tous les Acadiens et Acadiennes un peuple de rebelles. Or, selon la loi de l'époque, seule la personne trouvée coupable d'un crime devait être punie pour ce crime.

Note : 5 Lawrence offrait l'équivalent de 30 $ pour un scalp d'Acadien et 25 $ pour un scalp d'Acadienne, d'enfant acadien ou de Mi'kmaq.


Pour nous, il est clair que la Déportation a été le résultat d'une action délibérée à l'encontre de toute convention politique et morale de l'époque et dont l'intention était de punir un peuple qui était différent. Il est maintenant temps que le silence et les mensonges sur le génocide acadien cessent. Comme il nous est impossible de fonder notre essor sur l'image fictive d'Évangéline, il est de première importance de revendiquer notre histoire dans sa totalité. Il nous faut donc redéfinir en termes concrets les événements de 1755 à 1763. Il faut reconnaître que le peuple acadien a été victime d'un crime contre l'humanité et reconnaître en conséquence la culpabilité des responsables de la Déportation tout en prenant conscience des pertes culturelles, matérielles et humaines que nos ancêtres ont subies.
Depuis 1960, l'Acadie a connu un essor économique et culturel et a vu la reconnaissance de ses droits linguistiques par l'État canadien. L'essor du peuple acadien s'est accompagné du développement des relations entre Acadien.ne.s et Anglophones; ces relations se veulent dorénavant égalitaires et se fondent sur la reconnaissance des richesses et de leurs contributions réciproques. S'agirait-il alors, comme le proposent certains, de cultiver ces relations en faisant abstraction de la Déportation? Il est évident qu'adopter une telle voie, c'est opter pour des relations sans conflit. Pourtant, continuer dans cette voie c'est aussi entretenir l'image du peuple acadien tel qu'il est symbolisé par l'image d'Évangéline. En procédant ainsi, nous ne serons jamais capables de nous percevoir comme des citoyen.ne.s à part entière. Nous n'avons donc d'autres choix que de condamner les responsables de la Déportation et de nous réapproprier notre histoire en commémorant les épreuves de nos ancêtres. Ce n'est qu'à ces conditions que nous pourrons assumer un statut véritablement égal au sein de notre pays multiculturel et multiethnique.
Il faut toutefois rappeler que les Anglophones - d'origine écossaise, irlandaise, anglaise ou autre - ont eux aussi eu à subir ce mensonge historique. Contre leur gré, ils ont été placés dans un système de relations inégales avec le peuple acadien, système qui a altéré le meilleur des deux cultures respectives. L'odieuse époque du maire Jones de Moncton n'est qu'un exemple parmi d'autres qui ont porté atteinte à l'honneur des Anglophones des provinces Maritimes. C'est pourquoi, nous croyons que seule la réconciliation avec l'histoire traumatisante qui uni les communautés acadiennes, anglophones et amérindiennes permettra l'essor de ces trois communautés.

Nous, soussigné.e.s, déclarons donc :
a)  Que la période d'assujettissement et d'exil du peuple acadien est terminée et que nous sommes dorénavant prêts à reprendre notre place pleine et entière au sein dela famille canadienne.
Nous, soussigné.e.s, demandons :
a)  au peuple acadien de se réapproprier son histoire
b)  que la mémoire des victimes de la Déportation (entre 7 500 et 9 000 morts) soit honorée;
c)  que les responsables de la Déportation soient déclarés coupables de crime contre l'humanité;
d)  aux peuples anglophone et mi'kmaq de participer à cette redécouverte de notre histoire commune, et
e)  que les peuples acadiens et anglophones reconnaissent les actes génocidaires perpétrés par les Britanniques de 1755 contre le peuple mi'kmaq.
Signataires:
Marie-Claire DUGAS
Charles EMMRYS
Isabelle DUGAS
Donatien GAUDET
Mario TOUSSAINT

Source: Daniel L. Robichaud: CaberAcadie: L'histoire des Acadiens. http://www.cyberacadie.com/acadie_manifest_de_beaubassin.htm


Chronologie de 1740 à 1763
( Chronologie sommaire de l'Acadie 1740 à 1763)

 
La tension monte
 
1740 - Des forces de la Nouvelle-Angleterre attaquent et s'emparent de la forteresse de Louisbourg, dans l'Île Royale.
 
1745- L'agressivité des Français à l'été de 1744, le mécontentement des troupes ainsi que les lacunes quant à la défense de la forteresse de Louisbourg, que soulèvent certains rapports, ont vraisemblablement influencé William Shirley, gouverneur du Massachusetts, à recommander l'attaque de Louisbourg. C’est en mai que la Nouvelle-Angleterre, avec le Massachusetts en tête, décide de lever contre Louisbourg une armée de plus de 4 000 hommes, bloquant la forteresse et l'assiégeant pendant 49 jours avant d’en prendre possession. La Grande-Bretagne encouragea cette expédition en offrant son appui naval à l’expédition, tout comme New York, le New Jersey et la Pennsylvanie, qui lui fournissent de l'argent, des armes et des provisions. Les Anglais vont occuper Louisbourg pendant les quatre années suivantes. Les Français ripostent en détruisant Saratoga dans la vallée de l’Hudson.

1748 - L’Angleterre et la France signent la Paix d’Aix-la-Chapelle, mettant fin à la guerre de Succession d’Autriche. En échange de Madras, conquis en Inde par les Français, et de places stratégiques en Europe, sur la frontière des Pays-Bas, les Anglais restituent Louisbourg à la France ainsi que l’île St-Jean.
 
1749 - Le colonel Edward Cornwallis succède à Philipps comme gouverneur de la Nouvelle-Écosse et choisit Halifax comme nouvelle capitale pour contrer Louisbourg.
 
1750 - Construction du fort Lawrence par les Anglais sur l'isthme de Chignectou. En 1751, les Français construisent celui de Beauséjour en face de celui de Gaspareau à la baie Verte. On estime à 10000 le nombre d'Acadiens habitant dans la région du Canada atlantique actuelle. La moitié vivent dans la région du bassin des Mines. Ils ont déjà endigué 13000 acres de terre.
 
1753 - Charles Lawrence est nommé lieutenant-gouverneur de la Nouvelle-Écosse.

 Le Grand Dérangement

(Pour en savoir plus sur le Grand Dérangement ou "Déportation des Acadiens", j'ai créé une page qui traite de ce sujet et plus, car c'est un des évènements majeurs de l'histoire des Acadiens...)



1755- Les Britanniques décident d'en finir avec la présence acadienne en Nouvelle-Écosse. Les troupes britanniques menées par le lieutenant Robert Monkton s'emparent d'abord du Fort Beauséjour.

     - Le Colonel Charles Lawrence fait rassembler les habitants de l'Acadie pour les aviser de leur expulsion. Les Acadiens sont embarqués sur des navires à destination des colonies britanniques de la côte atlantique où ils seront gardés et éventuellement dispersés. Quelque 6 000 à 7 000 Acadiens sur 13 000 seront expulsés en 1755. Quelques milliers d'autres subiront le même sort au cours des années suivantes. À l'aide de leurs alliés Micmacs, certains Acadiens fuient dans les bois; d'autres, sous la direction de Beausoleil, poursuivent la lutte et mènent une série d'opérations de guérilla contre les Britanniques.
1756-1760 - Le conflit gagne l'Europe et la Guerre de Sept ans débute en 1756. Malgré leur infériorité numérique et l'absence d'un appui de la Métropole qui concentre ses forces en Europe, les Français remportent des victoires pendant les deux premières années du conflit. Louisbourg et deux forts à l'ouest tombent en 1758, puis les Anglais remportent la bataille des Plaines d'Abraham, et prennent le contrôle de Québec en 1759.
 
1758 - Prise de Louisbourg et déportation en France des Acadiens du Cap-Breton et de l'île Saint-Jean. Chasse à l'homme, aux Acadiens, pour les forcer à se rendre et leur faire prendre le chemin de l'exil. À peu près, la moitié des 15000 à 16000 d'Acadiens sont morts de maladie, de noyade, de misère, et de faim.
 

1760- Ce qui reste de l'armée française se réfugie à Montréal sous les ordres du gouverneur Rigaud de Vaudreuil. Au printemps, le commandant François de Lévis, s'empare de Sainte-Foy et espère recevoir du secours de la France une fois le fleuve dégelé. Au contraire, les premiers bateaux à atteindre Québec sont anglais et Lévis doit retourner à Montréal. À la fin de l'été, trois armées anglaises assiègent la ville. Vaudreuil capitule le 18 septembre 1760. La Nouvelle-France n’existe plus.

     - Le dernier affrontement entre Français et Britanniques en Acadie prend place à l’été, à Ristigouche, dans la baie des Chaleurs, et met en scène des flottilles anglaises et françaises. Remportant ces derniers combats, les Britanniques s’approprient le Canada tout entier.

1762- Un contingent de 1 300 Acadiens est envoyé à Boston. Ce sont les derniers Acadiens qui subissent la Déportation. Le Massachusetts refusant toutefois de les accueillir, ils sont ramenés à Halifax et détenus comme prisonniers de guerre.

1763- Le traité de Paris, signé le 10 février, met fin à la guerre de Sept Ans. La France cède officiellement le Canada à la Grande-Bretagne. Le vaste empire français en Amérique du Nord se réduit dorénavant aux seules îles de Saint-Pierre et Miquelon, au large de Terre-Neuve.

 
Source: CDROM L'Acadie , Le maître Guillaume
Daniel L. Robichaud: CyberAcadie: L'histoire des Acadiens  http://www.cyberacadie.com/chronologie_1740_1763.htm
Source: Extrait de L'Acadie-Nouvelle, par Père Anselme Chiasson
Peinture 1: Le paradis terrestre 1635-1755, Peinture de Claude Picard, Série: Déportation des Acadiens, Lieu historique national de Grand-Pré (N.-É.)
Peinture 2: Déprotation des Acadiens 1755, Peinture d'Edna Hébert.

Histoire acadienne moderne 
(Extrait de la Facharbeit de Cedric Reimers)

A cause de la déportation de 1756, les Acadiens sont dispersés aux États-Unis, au Canada, en France, en Angleterre et dans leurs colonies. Mais ils n’oublient pas leurs racines et quoique sans patrie, leurs descendants   persistent à s’appeler Acadiens pendant des siècles. Eux aussi pourraient adopter la devise du Québec « Je me souviens » …
Grâce au poème « Évangéline », publié en 1847 par l’Américain Henry-Wadsworth Longfellow, le grand public est confronté avec l’histoire fictive d’une Acadienne et avec la destinée des Acadiens en général et le poème est un grand succès en Amérique et en Europe[1].
En 1881 il y a une première convention d’Acadiens, et en 1884, lors d’une autre, on choisit un drapeau acadien. C’est le tricolore étoilé qui rappelle aux Acadiens que « non seulement (…) ses enfants sont français, mais qu’ils sont aussi Acadiens » [2].
Dans notre siècle la bataille des Acadiens connaît une renaissance. En 1975 Michel Fugain écrit la chanson « Les Acadiens »[3]. Elle thématise la fierté incassable des Acadiens d’aujourd’hui, et est connue dans le monde entier.
En 1980, on peut lire dans la Nouvelliste de Trois-Rivières qu’ « Aujourd'hui, on estime à 6,5 millions le nombre de descendants de ces Acadiens déportés. »[4]
A la fin du 20e siècle les Acadiens ont pu fêter de grandes victoires: en 1996, pour la première fois un Acadien est élu gouverneur général du Canada[5] et en 1999 « l’Acadie », en coopération avec le Nouveau-Brunswick et le Canada, organise le 8e Sommet de la Francophonie à Moncton[6].
Le seul motif d’amertume est l’assimilation des Cajuns, des descendants des Acadiens qui se sont réfugiés en Louisiane ou qui y ont déménagé en espérant  retrouver de la famille après avoir été renvoyés en France lors du « Grand Dérangement ». Leur caractère francophone disparaît de plus en plus et bientôt personne ne saura plus parler français en Louisiane.

[1] http://etoile.acadie.net/evangi.htm, page consultée le 22 mars 2001
[2] http://www3.nb.sympatico.ca/gagodin/Acadie.htm, page consultée le 9 mars 2001
[3] http://www.paroles.net/text/A/MicFug15.htm, page consultée le 11 mars 2001
[4] http://site.voila.fr/vincent.thibodeau/page4.html, page consultée le 11 mars 2001
[5] http://etoile.acadie.net/contemporain.htm, page consultée le 22 mars 2001
[6] ibidem


Liens sur l'Acadie:© http://www.pomverte.com/Acadinfo.htm

2. CyberAcadie : L'histoire des Acadiens
3. Musée Acadien : Histoire Acadienne (1604 - 1755)
4. Musée Acadien : L'histoire (1534 - 2000)
5. Les collections numérisées du Canada : L'odyssée acadienne
6. Université de Moncton : Folklore - biographie, faits, chansons, contes et croyances populaires
7. Guide de l'Acadie : Chronologie de l'histoire (1534 - 2005)
8. Université de L'Acadie : Résumé de l'histoire (1603 - 2002)
9. Les collections numérisées du Canada : Île Sainte-Croix - La vie avant la colonisation, les débuts de la colonisation,
     histoire, lieux historiques et cartes géographiques
10. Musée acadien du Québec à Bonaventure : L'histoire
11. Musée acadien et archives : L'histoire
12. L'Acadie : L'histoire
13. Acadiens de Boulogne : L'histoire
14. Acadie 2003-2005 : L'histoire
15. Francophonies canadiennes : Trame chronologique, profils biographiques et constellations
16. Fenêtre virtuelle sur l'histoire acadienne : L'histoire acadienne (1534 - 1997)
17. Les origines Françaises des premières familles Acadiennes : Petit rappel historique (1524 - 1755)
18. Jean Trudel : Bref description des évènements (1534 - 1982)
19. Jean Trudel : Bref description des évènements (1500 - 1999)
20. Jean-Claude Béliveau : Un peu d'histoire
21. Village Historique Acadien : Un peu d'histoire
22. Site Rivard : Un peu d'histoire
23. Musée Nouvelle-Écosse : La colonisation
24. Musée Nouvelle-Écosse : L'agriculture
25. Musée Nouvelle-Écosse : La maison
26. Archives virtuelles des Acadiens : La culture, l'histoire et la géographie
27. Les origines Françaises des premières familles Acadiennes : Principaux personnages
28. Collège del'Acadie : Jean Mandé Sigogne
29. Jean-Claude Béliveau : Expressions Acadiennes et Québécoises
30. Musée acadien et archives : Vieux mots acadiens
31. Culture & Communication : Louisiane française (1682 - 1803)
32. Bibliothèque et Archives Canada : Pourquoi les Acadiens ont été forcés de quitter la Nouvelle-Écosse ?



Extraits de poésie
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L'Acadie
http://www.espace-francophone.com/cadeaux-virtuels/1998_1999/pommier.html


Ce pays, c'est le soleil au coucher, qui peint la mer en orangé.
C'est une étoile dorée, suspendue à un ciel bleu, blanc, rouge de fierté.
C'est un paysage de beauté, portant la paix dans le monde effarouché.
Ce pays c'est un océan de fraîcheur, qui nourrit de ses entrailles les pêcheurs.
C'est un sentiment de bonheur, qui nous berce avec ardeur.
C'est une culture de chaleur, qui se vit à toute heure.
C'est un sourire qui demeure, qui fait vibrer nos coeurs.
Ce pays, c'est un peuple qui chante, qui s'accorde avec le parfum des plantes.
C'est un violon qui m'enchante de sa musique charmante.

C'est une farandole vibrante d'hommes et de femmes de la mer montante.
C'est la tendresse apaisante, que l'ont ressent à travers de ses mains caressantes.
Ce pays, c'est un souvenir que je chéris, qui ne quittera jamais mes nuits.
C'est la beauté de la vie, qui nous fait craindre l'ennui.

C'est le souvenir de mes amis, qui m'accueillent avec leurs sourires jolis.
Ce pays, vous qui me lisez, je vous le dis, porteur de mes amours qu'il fût choisit,

...c'est l'ACADIE...

Acadie
Tiré de Raymond (Guy) LeBlanc, Cri de terre. Poèmes, Moncton, Éditions d'Acadie, 1992, p.53.
S'il m'est difficile de vous vivre en mon tangage d'horizon
Gens de mon pays chimère sans frontières et sans avenirs
C'est que je suis trop petit pour vous faire renaître en moi
Hommes sans visages femmes sans seins
Enfants sans langage
S'il m'est douloureux de vous tendre mes deux mains
Pour vous rejoindre vous toucher où que vous soyez
C'est que vous êtes trop loin et dispersés partout
Gens de mon pays dans l'absence de vous-mêmes
S'il m'est impossible à cette heure de danser avec vous
Au rythme d'une gigue à vos chansons de folklore
Gens de mon pays ne m'en voulez pas
Je songe à vos illusions et à vos rêves qu'on étouffe
S'il m'est angoissant de vous regarder droit dans les yeux
Au cadran d'un soleil déplacé divisant le jour
C'est que l'Acadie vous berce en ses souvenirs
En ses ombres en sa nuit irréelle symphonie
Gens de mon pays
Sans identité
Et sans vie


À notre Acadie

Tiré de N.-P. Landry, Poèmes acadiens, Montréal, Fides, 1955, p. 17-18.
Amour mystérieux
Du pays des aïeux,
De ta divine flamme,
Forge et trempe notre âme !
Ô pays de douleurs
Qui modela nos cœurs,
Pays baigné de larmes,
Meurtri de mille alarmes,
Malgré la trahison,
L'assaut et la prison
Sois fort dans ton silence !
Va ! Marche ! Recommence !
Dans un rayon divin,
Vers Dieu, suis ton chemin !
Acadie indomptable,
Toujours plus redoutable,
Ta résurrection
Fait l'admiration
Des nations du monde
Que ta foi soit féconde !
Revenu de l'Exil,
Vainqueur de tout péril,
Ton peuple, de vaillance,
A ton sol se fiance
Et regarde venir,
Triomphant, l'avenir.
Ô terre la plus belle,
Acadie immortelle,
Sois toujours, sous les cieux,
Fidèle à tes aïeux !
Comme la mer remonte,
Ta jeunesse qui monte,
Sentant battre son coeur,
D'une brûlante ardeur,
Dira, de ton histoire,
Le martyre et la gloire !




ÉVANGELINE
Paroles et musique: Michel Conte
Album: Plus grand que les mots, 2003 Blue Sky Media BBC-001
Vidéo
Vidéo 2 Les étoiles étaient dans le ciel

Toi dans les bras de Gabriel
Il faisait beau, c'était dimanche
Les cloches allaient bientôt sonner
Et tu allais te marier
Dans ta première robe blanche
L'automne était bien commencé
Les troupeaux étaient tous rentrés
Et parties toutes les sarcelles
Et le soir au son du violon
Les filles et surtout les garçons
T'auraient dit que tu étais belle
Évangéline, Évangéline

Mais les Anglais sont arrivés
Dans l'église ils ont enfermé
Tous les hommes de ton village
Et les femmes ont dû passer
Avec les enfants qui pleuraient
Toute la nuit sur le rivage
Au matin ils ont embarqué
Gabriel sur un grand voilier
Sans un adieu, sans un sourire
Et toute seule sur le quai
Tu as essayé de prier
Mais tu n'avais plus rien à dire
Évangéline, Évangéline

Alors pendant plus de vingt ans
Tu as recherché ton amant
À travers toute l'Amérique
Dans les plaines et les vallons
Chaque vent murmurait son nom
Comme la plus jolie musique
Même si ton coeur était mort
Ton amour grandissait plus fort
Dans le souvenir et l'absence
Il était toutes tes pensées
Et chaque jour il fleurissait
Dans le grand jardin du silence
Évangéline, Évangéline

Tu vécus dans le seul désir
De soulager et de guérir
Ceux qui souffraient plus que toi-même
Tu appris qu'au bout des chagrins
On trouve toujours un chemin
Qui mène à celui qui nous aime
Ainsi un dimanche matin
Tu entendis dans le lointain
Les carillons de ton village
Et soudain alors tu compris
Que tes épreuves étaient finies
Ainsi que le très long voyage
Évangéline, Évangéline

Devant toi était étendu
Sur un grabat un inconnu
Un vieillard mourant de faiblesse
Dans la lumière du matin
Son visage sembla soudain
Prendre les traits de sa jeunesse
Gabriel mourut dans tes bras
Sur sa bouche tu déposas
Un baiser long comme ta vie
Il faut avoir beaucoup aimé
Pour pouvoir encore trouver
La force de dire merci
Évangéline, Évangéline

Il existe encore aujourd'hui
Des gens qui vivent dans ton pays
Et qui de ton nom se souviennent
Car l'océan parle de toi
Les vents du sud portent ta voix
De la forêt jusqu'à la plaine
Ton nom c'est plus que l'Acadie
Plus que l'espoir d'une patrie
Ton nom dépasse les frontières
Ton nom, c'est le nom de tous ceux
Qui, malgré qu'ils soient malheureux
Croient en l'amour et qui espèrent
Évangéline, Évangéline
Évangéline, Évangéline



Évangéline est une chanson qui fait vibrer une corde sensible chez les Acadiens. C'est une histoire d'exil, d'espoir et d'amour reprise par les plus grandes voix d'Acadie, dont Marie-Jo Thériault, Rose-Marie Landry, Isabelle Roy et Annie Blanchard.

La chanson conte La déportation réellement vécue du peuple ACADIEN, en 1755, de leur Acadie natale, du village de de Grand-Pré (Nouvelle-Écosse), et, plus précisément,  cela conte l'histoire d'une Acadienne, Évangéline, qui a toujours recherché toute sa vie, par la suite, son grand Amour, son Fiancé de toujours, Gabriel, et qu'à la fin, étant aux soins de malades dans un centre, elle retrouve Gabriel et le reconnaît, étendu dans ses bras, malade, juste avant qu'il ne meure.



  Grand Pré, 1994
Paroles et musiques : Angèle Arsenault
Chanson en mp3
 
On porte toujours en soi un peu de son pays
Et moi je n'oublie pas que je suis d'Acadie
Si mon histoire est triste, ce n'est pas votre faute
Mais soyons des artistes, écrivons-en une autre
Qui sera bien plus belle, beaucoup moins dramatique
Avec des arcs-en-ciel, d'la danse et d'la musique
À partir d'aujourd'hui, bâtissons l'avenir
En gardant du passé nos plus beaux souvenirs
 
Grand Pré, c'est là que tout a commencé
Grand Pré, c'est là que nous avions rêvé
Grand Pré, de bâtir un monde nouveau
À l'abri des tempêtes, au bord de l'eau
Grand Pré, c'était un peu le paradis
Grand Pré, les Indiens, c'étaient nos amis
Grand Pré, à l'abri des arbres géants
Dans le Bassin des Mines, à l'origine
Du nouveau continent
 
Non, ils sont pas venus, les soldats, c'est pas vrai
Car dans la petite église, tous les hommes priaient
Les femmes à la maison préparaient le fricot
Les enfants dans les champs surveillaient les troupeaux
Non, elle n'est pas venue, la si terrible guerre
Qui déchire les familles et crée tant de frontières
Si c'est ça mon histoire, je refuse d'y croire
Je préfère oublier ce qui est arrivé
 
Grand Pré, tout un peuple qu'on a déporté
Grand Pré, une page d'histoire qu'on a déchirée
Grand Pré, les maisons, les fermes, brûlées
Tout c'qu'on avait bâti s'est effondré
Grand Pré, où sont les Leblanc, les Légères
Sont-ils en Louisiane ou à Belle-Ile-en-Mer
Grand Pré, comment faire pour garder l'espoir
Allons-nous nous revoir, comment savoir
Où se trouve l'Acadie
 
Dans les prisons de Londres et dans le port de Nantes
Pendant de longues années, ils vécurent dans l'attente
De pouvoir retourner chez eux en Amérique
On les a bien nommés, les piétons de l'Atlantique
Ces braves paysans qui venaient du Poitou
Du Berri, d'la Touraine, d'la Bretagne, de l'Anjou
Ils avaient tout quitté pour un peu d'liberté
On les a condamnés à vivre en exilés
 
Grand Pré, je ne veux pas vous faire pleurer
Grand Pré, mais je ne peux pas oublier
Grand Pré, que mes ancêtres étaient Français
Et tout ce qu'ils voulaient c'est vivre en paix
Grand Pré, nous n'étions que quelques milliers
Grand Pré, nous n'avons pas abandonné
Grand Pré, aujourd'hui nous pouvons rêver
Trois millions d'Acadiens et d'Acadiennes continuent à chanter
 
Nous avons survécu
Nous sommes les invaincus
Nous nous sommes relevés
Nous avons triomphé
Nous connaissons la guerre
La faim et la misère
Mais nous n'avons ni frontière
Ni haine, ni regard en-arrière
Nous marchons droit devant
Vers le soleil levant
Fiers de notre héritage
Parlant notre langage
Marchant à notre pas
Chantant Alléluia
Enfants de l'Acadie
Notre histoire nous a grandis
Notre histoire n'est pas finie



Chronologie historique


Géographiquement, 1'Acadie n 'existe plus. Elle comprenait les trois provinces de la Nouvelle-Ecosse, du Nouveau-Brunswick et de l'Ile-du-Prince-Edouard (Canada) et une partie du Maine (E.U.).
Les Acadiens existent, eux, tant au Canada que par leur descendance en Louisiane et en France.
 
1524
Sous François 1er, le navigateur florentin VERRAZZANO explore ces côtes du Nord de 1'Amérique, fréquentées de longue date parles pécheurs de morue et chasseurs de baleine.
Il est tellement séduit qu'il donne à la contrée le nom d'Arcadie, par allusion au pays du bonheur de la Grèce antique.
Une autre hypothèse fait provenir le mot Cadie d'une déformation de l'indien "Quoidie" désignant un lieu propice au campement.
G. Massignon, dans sa thèse "Les Parlers français d'Acadie", précise que: "le terme l'Acadie, ou La Cadie, fut usité par la suite pour désigner le territoire connu aujourd'hui sous le nom de Provinces Maritimes du Canada."

PREMIER ETABLISSEMENT

L'Acadie fut la première colonie que les Français établirent sur le continent Nord américain.

l604

Après son exploration de la Baie Française (Baie de Fundy), Samuel de Champlain repart en compagnie de Jean de Poutrincourt, sous les ordres de Pierre de MONTS, lieutenant général du roi Henri IV.

Ils abordent à La Hève (N.E.) puis s'installent sur l'île Ste-Croix, dans la baie, avant de fonder Port-Royal (Annapolis).

1607

La colonie entretenait avec les Indiens des rapports amicaux, qui favorisaient le commerce des peaux, sa vocation première. Jean de POUTRINÇOURT, qui vient de succéder au sieur de Monts, commence à recruter mais se voit retirer le monopole de la traite, et les colons rentrent en France.

Alors Champlain établit à Ouébec la colonie "laurentienne", c'est à dire canadienne, au moment où les Anglais s'implantent sur les cotes de Virginie.

1613

Ces derniers occupent Port-Royal, repris l'année suivante, quand toutes les tentatives de Poutrincourt ont échouées. Son fils, Charles de BIENCOURT, prendra la relève trois ans plus tard, sans mieux réussir à peupler l'Acadie.

1628

Un de ses compagnons, Charles de LA TOUR, qui s'est fait l'héritier de l'entreprise accepte la concession de l'Acadie des mains du roi d'Angleterre, lequel s'est approprié tout le Nord de l'Amérique.

De son côté le cardinal de Richelieu fonde la Compagnie de la Nouvelle France, dite des Cent-Associés, pour coloniser le pays.

1632

L'Acadie est rétrocédée à la France, par le traité de St-Germain-en-Laye, "ainsi que tous les lieux occupés en Nouvelle France".

Le roi Louis XIII, sous l'impulsion du Cardinal et du R.P. Joseph, mande au Vice-Amiral Isaac de RAZILLY "de fonder la colonie.

SECONDE NAISSANCE

C'est au cours de cette seconde et véritable installation, que la région loudunaise est directement impliquée dans l'histoire d'Acadie.

1632

Nommé lieutenant-général et vice-roi de la Nouvelle France, I. de RAZILLY part avec S. de Champlain, le tourangeau Nicolas Denys et C. deMenou d'Aulnay.

La "Gazette de France" de Th. Renaudot s'en fait l'écho. Deux exemplaires en photocopie sont exposés à la Maison de l'Acadie:
Le premier nous informe du départ "d'Auray, en Basse Bretagne (Morbihan), du dit jour 16 juillet 1632" de deux vaisseaux et d'un troisième équipé à La Rochelle, pour l'Acadie.
Le second, en date du 14 août, annonce leur arrivée à Port-Royal en même temps qu'il fait la promotion du pays, disant "qu'ils se promettent (...) de faire bientôt envie aux autres de les suivre".
Les premiers voyages amenèrent surtout des "engagés", recrutés notamment en Bretagne, Touraine et Poitou, et chargés de préparer les installations pour la colonie agricole.
Ils se répartirent autour de Port-Royal et de La Rêve, qu'avait fondé I.de Razilly et où il allait décéder.

1635

Claude de LAUNAY-RAZILLY crée une société pour le peuplement de l'Acadie à laquelle Richelieu s'associe, puis poursuit l'oeuvre de son frère défunt avec son successeur, Charles MENOU D'AULNAY.

1636

Arrivent à bord du "Saint-Jean" les premières familles signalées en Acadie, certaines repartiront dès l'année suivante.

Le "rôle" du navire, c'est à dire la liste des passagers, indique entre autres les MARTIN et TRAHANT, originaires de Bourgueil (Indre &Loire). Egalement les MOTIN, parmi lesquels la fille d'un associé des Razilly qui épousera leur cousin, Charles Menou d'Aulnay.

RECRUTEMENT LOUDUNAIS

L'oeuvre de peuplement de ce dernier a fait véritablement du Sud-Loudunais, le berceau de l'Acadie.

1642

C. de Launay-Razilly cède ses droits à son cousin d'Aulnay, Gouverneur de 1'Acadie, qui fait recruter des colons sur les terres de sa mère, entre La Chaussée et Martaizé.

"L'Aveu au Roi" de N. de Jousserand, sorte d'inventaire de ses biens à Martaizé, montre qu'en 1634, pas moins de 9 familles de ses fermiers y portaient des noms qui figurent en 1671, dans le premier recensement acadien.
C'est en mai 1642, écrit M Caillebeau, qu'on peut imaginer devant l'église de La Chaussée, le rassemblement d'une douzaine de chariots contenant les jeunes ménages loudunais.
Le notaire, Vincent Landry, est présent de même que le seigneur du Bourg, M. Le GODELIER, qui va conduire les émigrants jusqu'en Acadie.
Sa demeure existe encore à La Chaussée, face au château de La Bonnetière, qui date des l3è - l5è s. et ne manqua pas d'être concerné par l'aventure.

1644

Ma1gré la mort de Richelieu et Le Godelier, C. Menou d'Aulnay continue le recrutement en Loudunais, disposant sur place de l'aide de Vincent LANDRY.

Un mémoire de cette année-là, stipule "qu'il y a 20 ménages français, qui sont passés avec leurs familles pour commencer à peupler les pays, dans lesquels le sieur d'Aulnay en ferait passer bien davantage, s'il avait plus de biens".

1650

A sa mort, c'est une quarantaine de familles, soit une bonne partie d'origine loudunaise, que lui et les Razilly ont installées en Acadie, au prix de leur fortune.

Rien qu'à La Chaussée, plus de la moitié des actes paroissiaux de 1626 à 1650, concernent une vingtaine des 53 noms de famille recensés en Acadie vingt ans plus tard.
Certains de ces actes visent personnellement de futurs Acadiens: Vincent BRUN et Renée BRAUD, Jeanne CHEBRAT, ainsi que Françoise GAUDET, Martine GAUTIER, Perrine et René LANDRY...

OCCUPATIONS ANGLAISES

Les Anglais profitèrent de la faiblesse de la présence française en Acadie, comme plus tard en Nouvelle France.

1654

L'occupation britannique de la presqu'île acadienne freine une nouvelle fois l'essor du peuplement1 sans l'interdire tout à fait. Les colons se tournent plut8t vers Québec, soit comme Acadiens à la recherche d'épouses catholiques ou soit qu'ils viennent de France. Un certain nombre sont également originaires du Loudunais, tels que les FILLASTREAU ou les GOUIN, qui sont d'Angliers.

1671

Suite au traité de Bréda (l667), l'Acadie redevient française et COLBERT envoie à bord de "l'Oranger" une cinquantaine de recrues. D'autres arriveront aussi du Canada, mais cette fois, l'émigration se termine. Au recensement effectué à cette date, l'Acadie comprenait à peine 450 personnes tandis qu'on en comptait pas loin de 75000 (en l675) du côté anglais.

1713

Le traité d'Utrecht fait de la presqu1~le acadienne la Nouvelle-Ecosse, définitivement, mais ce n'est que plus tard (1749) qu'elle connaîtra la colonisation anglaise.

L'île Royale (Cap-Breton) et celle du Prince Edouard ( Saint-Jean à l'époque ) restent à la France ainsi que l'actuel Nouveau-Brunswick, qui n'est encore peuplé que d'Indiens.

GRAND DERANGEMENT

Le refus des Acadiens de Nouvelle-Ecosse de prêter serment d'allégeance au roi d'Angleterre fut à l'origine de leur exode.

1755

Nouveau conflit franco-anglais en Amérique du Nord, les Acadiens tiennent tant à rester neutres et catholiques qu'ils sont expulsés. 8000 d'entre eux (5000 ayant réussi à fuir) sont déportés dans les autres colonies britanniques et en Angleterre, ainsi qu'en France à La Rochelle ou Saint-Malo.

Certains s'établiront à Belle-Ile-en-Mer (Morbihan), d'autres à Châtellerault, Archigny, LaPuye, dans la région voisine de leur patrie d'origine. Beaucoup en repartiront, les uns vers la Nouvelle-Ecosse ou St Pierre-et-Miquelon, les autres en Louisiane où ils allaient devenir les "Cajuns".
Un autre destin les attendait, en somme une autre histoire.