![]() Qu'est-ce que l'Acadie La déportation acadienne de 1755, vidéo / Evangéline, 1755 vidéo Chanson d'Angèle Arsenault: Grand Pré, 1994 - Paroles / Musique en mp3
![]()
![]() <> La
déportation est annoncée
Les familles sont
séparées: Le départ vers l'exil
Les maisons sont
brûlées
Sources: Avec
l'aimable autorisation
de Maurice Basque, Directeur des Études acadiennes à
l'Université de
Moncton, © http://www.umoncton.ca/etudeacadiennes/centre/cea.html,
( faire une recherche
par mots clés),
Légendes, contes et traditions
populaires en Acadie - Site
interactif; ©CyberAcadie. L'Acadie en
images: http://frontenac.ameriques.free.fr/acadie_en_images.php
Cf. Poirier,
Pascal (1993/1995) : Le Glossaire
acadien. Edition critique établie par Pierre M.
Gérin. Moncton : Éditions
d'Acadie/Centre d'études acadiennes. Publication
électronique :http://www2.umoncton.ca/cfdocs/cea/livres/doc.cfm?livre=glossaire
500 p. Cf. aussi le site du chanteur Zachary
Richard. Cf. les ouvrages d'Ingo Kolboom (1999, 2001, 2005), de
Maurice Basque (1999, 2005 ) ( Bulletin
Contact-Acadie, no
34, 2004), et
de Michel Roy (1989)dans notre bibliographie. Cf.
aussi les publications
du
Centre d'études acadiennes. Cf. la Trame
chronoloqique et des parcours
thèmatiques. Destinée
de trois familles déportées (Carte animée)
Cf. aussi les Frontières fluctuantes de l'Acadie, 1603-2004: Carte interactive. ![]() L'histoire des Acadiens. Textes adaptés et modifiés par Manfred Overmann Nous
attribuons le nom Acadia ou Arcadia à l'explorateur italien
Giovanni da Verrazzano (1485-1528) qui explora le littoral
nord-américain au début du seizième siècle.
Deux sources possibles
expliquent le choix de ce nom. Certains prétendent
que le nom vient des
Amérindiens que Verrazzano
rencontra lors de son voyage et qui répétaient souvent le
mot Quoddy ou
Cadie pour désigner le lieu qui les entourait. Une autre
hypothèse veut
que la beauté de l'endroit porta l'explorateur à se
croire en Arcadie
de l'ancienne Grèce, genre de paradis terrestre de
l'Antiquité.
![]() L'Acadie (1604-1763)
L'Histoire
de l'Acadie s'échelonne sur une période allant de
son exploration par Giovanni da Verrazano en 1524 jusqu'à la cession définitive du territoire qui passe aux Anglais en 1713 et la grande Déportation en 1755. ![]() Les premiers colons européens du territoire, connus plus tard comme Acadiens, sont des sujets français provenant principalement des régions de Pleumartin et de Poitiers. L'Acadie est colonisé une première fois par la France sur l'île de Sainte-Croix, située dans une rivière du même nom qui coule sur les territoires actuels de l'État du Maine et de la province du Nouveau-Brunswick et une partie du Québec actuel. Cette première colonie française en Amérique fut établie dès 1604 sur le sol de ce qui est connu aujourd'hui comme le Nouveau-Brunswick et la Nouvelle-Écosse.
![]() Même
si les premiers
colons
français
s'établissent en 1604, des pêcheurs basques, normands et
bretons ainsi
que des commerçants de fourrures de différentes villes
portuaires ont
fréquentés les côtes des Maritimes bien avant cette
date. La France,
alors au prise avec les guerres de religion, n'entre que tardivement
dans la course aux colonies d'Amérique. Conscient des
problèmes des
territoires causés par le commerce des fourrures, le roi accorde
à
partir de 1588 des monopoles de traite à des groupes de
marchands. Peu
à peu une idée fait son chemin: utiliser le monopole de
traite comme un
moyen de financer la colonisation.
C'est sous ces auspices qu'un marchand protestant, Pierre du Gua, sieur de Monts, obtient d'Henri VI un monopole de traite d'une durée de dix ans sur un territoire s'étendant du 40e au 46e dégré de latitude Nord, contre l'obligation d'y établir un certain nombre de colons. De Monts, Samuel de Champlain et Jean de Biencourt de Poutrincourt font partie en 1604 d'une expédition d'environ 80 hommes. Choisissant la baie Française (baie de Fundy), ils décident de s'établir à l'île Sainte-Croix. ![]() ![]() ![]() ![]() La
colonie de Sainte-Croix ne
survivra
pas, en raison semble-t-il de la rudesse de l'hiver et du manque d'eau
douce. La moitié des colons meurt à l'hiver de 1605 et il
est décidé de
relocaliser le groupe à un autre endroit. Cet autre endroit,
cette fois
situé près de la Baie
de Fundy, sera nommé Port-Royal.
Les colons quitteront les lieux en 1608 pour s'établir à
l'Habitation
de Québec dans la vallée du St-Laurent. Port-Royal sera
pratiquement
abandonnée jusqu'en 1611. Elle fera par la suite partie de
l'Acadie
jusqu'à la signature des Traités
d'Utrecht en
1713.
![]() ![]() Au cours des années
1620, le
roi Charles Ier
d'Angleterre envoya
un groupe d'Écossais pour conquérir l'Acadie et pour y
fonder une
colonie sous le nom de Nova
Scotia. Les Francais perdent
alors la colonie pour quelques
années.
La création de la Compagnie des Cent-Associés par le cardinal de Richelieu en 1627 annonce un retour de la puissance française en Amérique du Nord.. La France, durant le règne de Louis XIII et de Richelieu, prépare la signature du traité de Saint-Germain-en-Laye (1632) qui assure le retour de ses deux colonies d'Amérique: la Nouvelle-France (le Québec actuel) et l'Acadie. Cette dernière, en raison de sa situation géographique, servira à l'avenir de «muraille de Chine» entre la Nouvelle-France et les colonies anglaises. La décision d'implanter le régime seigneurial et la nomination d'Isaac de Razilly comme gouverneur de l'Acadie indique un regain de vie pour la colonie. C'est à ce moment que se déploient des efforts sérieux pour la colonisation de l'Acadie. En 1654 le roi Louis XIV désigne Nicholas Denys comme gouverneur d'Acadie, en lui accordant des terres et les droits sur tous ses minerais. En 1698 le territoire est à nouveau conquis par des colons anglais au cours de la Guerre de l'alliance mais revient à la France au règlement de paix. Il est de nouveau repris au cours de la Guerre de Succession d'Espagne et sa conquête confirmée par le Traité d'Utrecht en 1713. ![]() La
signature du traité
d'Utrecht en
1713 change
l'équilibre des forces en Amérique. Suivant l'article 12,
trois
territoires sont cédés à L'Angleterre: la baie
d'Hudson, Terre-Neuve et
l'Acadie. La France conserve cependant un territoire dans le Golfe de
Saint-Laurent: l'île Royale, aujourd'hui l'île du
Cap-Breton.
Si
l'année 1713 signifie la perte de territoires importants pour la
France, elle inaugure une nouvelle ère pour les Acadiens. Pour
la
première fois depuis leur arrivée en Amérique, ils
connaissent une
période de stabilité et de paix consécutive d'au
moins 30 années. C'est
la première fois depuis le début du XVIIe siècle
que les Acadiens
vivent enfin une aussi longue période de tranquilité. Ils
manifestent
une croissance démographique phénoménale due
à un taux de fécondité
parmi les plus élevés à l'époque.
Cependant
les Anglais craignent que
les
Acadiens passés sous souveraineté
britannique, auxquels ils avaient interdit d'émigrer vers les
territoires restés français, puissent leur être
déloyaux en temps de
guerre. Ils exigèrent d'eux un serment de
fidélité, puis un serment de
participation au conflit contre les Français, et
multiplièrent les
vexations. Finalement, le gouverneur anglais Monkton fit
détruire 6000
maisons acadiennes en 1755,
expulsant les habitants sans ménagement : Ce fut la
Déportation
des Acadiens, connue
sous le nom de grand
dérangement. Certains
Acadiens sont
déportés vers les colonies anglaises de la côte Est
de l'Amérique.
D'autres sont emprisonnés en Angleterre. Les familles sont
souvent
séparées. Beaucoup meurent d'épidémie ou de
privations pendant l'exode. Plus
de 12 000 Acadiens et
Acadiennes
parmi les 15 000 seront ainsi déportés vers les colonies
anglaises et
en Europe, tandis que 3000
autres s'échappent en se cachant dans les bois.
Ce
n'est qu'après le traité de Paris (1763) que des
Acadiens purent
partir vers la colonie française de Louisiane (où ils
devinrent les fondateurs de la culture cajun) et d'autres se
réfugier
en France, notamment
à Belle-Île-en-Mer.
![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() Après 1764, on a accordé aux Acadiens la permission de revenir s'installer en Nouvelle-Écosse ; cependant, ils leur était interdit de s'installer en grand nombre dans un même endroit. Par ailleurs, initialement agriculteurs, ils se sont retrouvés, faute de terres, forcés à se convertir à la pêche. Les Acadiens se sont donc principalement répartis le long de la côte nord de la partie continentale de la Nouvelle-Écosse (aujourd'hui le Nouveau-Brunswick). D'autres Acadiens ont cherché refuge en France, particulièrement à Nantes. Les îles françaises de Saint-Pierre-et-Miquelon près de Terre-Neuve sont devenues un refuge pour beaucoup de familles acadiennes jusqu'à ce qu'elles aient été expulsées de nouveau par les Britanniques en 1778 et 1793. Il y a également des gens d'ascendance acadienne dans le Maine et au Québec. L'Acadie
est le
fruit
des efforts de colonisation de la France en Amérique du Nord au
17e
et 18e
siècle. Cette première colonie française en
Amérique fut établie dès
1604 sur le sol de ce qui est connu aujourd'hui comme le
Nouveau-Brunswick et la Nouvelle-Écosse.
Cependant, après quelques premiers hivers difficiles, la France choisira de concentrer ses efforts sur le développement de Québec et de la Nouvelle-France. Entre-temps, l'Acadie continuera de se développer lentement, au gré des disputes entre l'Angleterre et la France pour se l'accaparer. L'Acadie deviendra définitivement britannique dès 1713 par le Traité d'Utrecht. La population acadienne va tout de même continuer à progresser pour atteindre le nombre de 15 000 lorsque les Anglais décident de les expulser de leurs terres en 1755, période sombre de l'histoire acadienne. Plus de 12 000 Acadiens et Acadiennes seront ainsi déportés vers les colonies anglaises et en Europe, tandis que 3000 autres s'échappent en se cachant dans les bois. Les déportés entreprendront cependant un lent retour suite au Traité de Paris en 1763. Les Acadiens et Acadiennes sont toujours nombreux à habiter les Provinces des maritimes du Canada et à contribuer à l'épanouissement de la langue française. On en y compte plus de 300 000 francophones dont plus des deux tiers habitent le Nouveau-Brunswick actuel, au Nord et le long de la côte Est. D'autres communautés se trouvent en Nouvelle-Écosse et à l'Île-du-Prince-Édouard. Ils sont très actifs dans tous les domaines, tant économique, social que culturel. L'année 1994 a marqué l'histoire de l'Acadie moderne alors que s'est tenu au Nouveau-Brunswick le tout premier Congrès mondial acadien, réunissant des milliers d'Acadiens et d'Acadiennes de tous les coins de la planète. On compte aujourd'hui un million de personnes se disant de descendance acadienne à travers le monde. En 1999, l'Acadie a eu l'honneur d'accueillir le 8e Sommet de la Francophonie. Il s'est tenu à Moncton, Nouveau-Brunswick. Ce forum international qui a lieu tous les deux ans réunit les chefs d'États francophones et de pays ayant en commun l'usage du français pendant trois jours de discussions sur des questions d'intérêt mutuel. Ce fut une marque de reconnaissance pour un peuple qui se bat depuis plus de 300 ans pour ses terres, ses droits et sa langue. De plus, en 1999, les cousins Cajuns de la Lousiane ont à leur tour accueilli la grande famille acadienne dans le cadre du 2e Congrès mondial acadien. En 2004 eurent lieu les grandes célébrations du 400eanniversaire de la fondation de l'Acadie en 2004 et le 3e Congrès mondial acadien se tint en Nouvelle-Ecosse. Source: http://grandderangement.skyrock.com/ Sujets d'étude 1. Situez l’Acadie, le Mississipi, les villes de Québec et de Montréal sur une carte muette. 2. Quelle est la capitale de l’Acadie ? 3. Citez deux grands voyageurs, autres que Verrazano, qui ont aussi contribué à la découverte du Québec. 4. Qui fréquentait les côtes des Maritimes avant les premiers colons français ? 5. Décrivez l’expédition de 1604. 6. Pourquoi la colonie de Sainte-Croix est-elle déplacée vers Port-Royal en 1605 ? 7. Qu’est-ce que la « Nova Scotia » ? 8. Quel titre et quel rôle donne Henry IV à Pierre Dugua de Mons ? 9. Décrivez en 5-6 lignes le contexte historique des « grandes découvertes ». 10. Quelles sont les deux hypothèses avancées par les historiens pour justifier le nom d’ « Acadie » ? 11. Comment appelle-t-on aujourd’hui l’ancienne Acadie ? 12. Par quel traité l’Acadie devient-elle britannique ? 13. Dans quelle mesure le traité d’Utrecht change-t-il l’équilibre des forces en Amérique du Nord ? 14. Que se passa-t-il lorsque l’Acadie devînt britannique ? 15. Où sont déportés les Acadiens ? 16. Pourquoi les a-t-on expulsé ? 17. Quel nom a-t-on donné à la déportation massive des Acadiens ? 18. Que permet le traité de Paris ? 19. Dans quelle mesure l’année 1994 a-t-elle constitué un « tournant » dans l’histoire acadienne ? 20. Quels évènements vont dans cette même direction ? 21. Qui est Sir William Alexander ? Faites une petite recherche biographique et présentez en 5-6 lignes le personnage et son rôle dans l’histoire acadienne. 22. Effectuez une recherche et décrivez en 5 à 10 lignes ce qu’on appelle la culture cajun. 23. Quels événements marquent l’année 2004 pour les Acadiens ?
Pour approfondir:
Texte
didactisé
I - La
tragédie
acadienne
(1753-1763)
Texte didactisé II - Le grand dérangement (1755) et III cliquez ici Lettre du secrétaire colonial, William Cotterell, au gouverneur Hopson, concernant le serment d'allégeance distribué aux Acadiens par l'enseigne Wroth GAUDET, Placide. « Généalogie des familles acadiennes », Rapport des archives canadiennes, vol. 2, 1905, Ottawa, C. H. Parmelee, 1909, p. 114-115. Hier die große Karte von unten einfügen ![]() Pour aller plus loin: ![]()
< style="font-family: arial;">L'histoire des Acadiens © Daniel L. Robichaud: CyberAcadie Éparpillement des Acadiens Le "Grand Dérangement" (1755 à 1763) La Guerre de Sept Ans (1756 à 1763) Le Manifeste de Beaubassin (Déportation ou Génocide) Chronologie de 1740 à 1763
Introduction Les historiens
ont l'habitude de
retenir 1755 comme la date charnières de l'histoire des
Acadiens. Mais
replacé dans le contexte global des provinces Maritimes, le
phénomène
de la "Déportation" apparaît plutôt comme la suite
d'une série
d'événements remontant au moins à 1749,
c'est-à-dire à la fondation de
Halifax (Nouvelle-Écosse) par les Britanniques. Il faut se rappeler que de 1713 à
1749 la Nouvelle-Écosse péninsulaire, quoique appartenant
légalement à
l'Angleterre, n'en demeurait pas moins un territoire au visage
français. Il y avait bien un gouvernement colonial anglais
à
Port-Royal, que l'on avait rebaptisé Annapolis Royal, mais son
rayonnement ne dépassait pas beaucoup la capitale
elle-même: les
campagnes et ses habitants étaient restés
français. Les Acadiens
continuaient à vivre de la pêche, de l’agriculture, un peu
de la traite
des fourrures avec les Indiens, et ils s'administraient eux-mêmes
dans
une assez large mesure. À maintes reprises, l'Angleterre leur
avait
demandé de devenir des sujets britanniques par un serment de
fidélité
inconditionnelle. Les Acadiens s'y opposaient avec
ténacité et ne
voulaient prêter qu'un serment de fidélité
conditionnelle: alléguant
que les Anglais les avaient empêchés d'émigrer en
territoire français
comme le prévoyait une directive de la Reine Anne d'Angleterre,
les
Acadiens en effet ne voulaient consentir qu'à rester neutres en
cas de
conflit entre la France et l'Angleterre. Et l'Angleterre de demeurer
impuissante devant ces nouveaux sujets qui voulaient rester neutres. En 1749 cependant, l'Angleterre
décide, une fois pour toutes, de "britanniser" sa colonie
acadienne.
Elle transfère sa capitale d'Annapolis Royal à Halifax,
meilleur port
de mer qui permet aux Britanniques de recommencer à neuf, loin
des
pressions acadiennes. De plus, elle entreprend, dès 1751, un
effort
d'immigration: elle mène sa campagne de publicité non
seulement auprès
des protestants de la Nouvelle-Angleterre, mais aussi dans les
territoires allemands appartenant à la couronne britannique
(fondation
de Lunenburg, N.-É., en 1753). Enfin, elle ordonne à son
gouverneur de
mettre sur pieds des institutions de type britannique, en particulier
une législature coloniale, ce qui sera chose faite en 1758
malgré les
tergiversations du gouverneur Charles
Lawrence. Nouvelle capitale, nouveau stock
d'immigrants pour contrebalancer l'influence acadienne, institutions de
type britannique, tout cela ne réglait pas le "problème"
acadien, mais
indiquait clairement la détermination britannique d'en finir
avec ces
"French Neutrals". C'est ainsi que l'Angleterre demande encore une fois
aux Acadiens un serment de fidélité inconditionnelle.
Nouveau refus des
Acadiens. Mais les événements allaient se
précipiter. Anglais et
Français avaient en effet commencé à s'affronter
dans la vallée de
l'Ohio dès 1754, ce qui, joint aux pressions de la forteresse de
Louisbourg, menaçait de prendre l'Angleterre comme dans un
étau. Que
feraient, en cas de conflit, les Acadiens? II fallait donc
régler, du
point de vue de l'Angleterre, le "problème acadien", et cela
était
d'autant plus facile que l'Angleterre avait accru son emprise en Acadie
depuis 1749. Ainsi alors s'explique la
Déportation commencée à Grand-Pré en 1755
et qui ne devait se terminer
qu'en 1761: un désir manifeste de l'Angleterre de "britanniser"
sa
colonie; la persistance des Acadiens a gardé leur qualité
de Français;
une conjoncture militaire qui apparaissait au départ
défavorable aux
Britanniques. Sur les 8,000 à 10,000 Acadiens des
provinces maritimes, les trois quarts furent soit
déportés dans les
colonies anglaises (États-Unis actuels), soit
emprisonnées dans les
prisons de Halifax ou de Londres. Le reste réussit à se
réfugier dans
les bois du Nouveau-Brunswick ou à fuir vers le Québec
actuel. Éparpillement
des
Acadiens (1755-1761) Nous
avons vu, dans l'introduction, que l'Angleterre avait
décidée, en 1749, de "britanniser" sa colonie de la
Nouvelle-Écosse. Le
Guerre de Sept Ans (1756-1763), que des auteurs américains
nomment
aussi "The French and Indiens War", devait par ailleurs
accélérer le
processus de cette "britannisation". La guerre, dont les origines sont
davantage nord-américains qu'européennes, permit en effet
à
l'Angleterre, après des échecs initiaux (1756-1758), de
se substituer
finalement à la France dans toute l'Amérique
septentrionale. Dans le
région des provinces Maritimes, la France gardait encore le
Cap-Breton,
appelée alors île Royale, et l'Île du
Prince-Édouard, désignée alors
île Saint-Jean. La chute de Louisbourg en 1758 scella le sort de
ces
deux possessions françaises. Mais
deux ans déjà avant la déclaration formelle de la
guerre, Anglais et Français avaient commencé à
s'affronter. L'Ohio
avait d'abord servi de théâtre militaire en 1754.
Craignent d'être
prise dans un étau, les autorités anglaises
dépêchèrent en 1755 le
colonel Monckton
attaquer le fort Beauséjour qui tomba en juin 1755. Les
événements
devaient se précipiter par le suite: après la chute dit
fort
Beauséjour, les autorités anglaises entreprirent de
déporter toute la
population de la Nouvelle-Écosse péninsulaire. Cinq
à six mille
Acadiens devaient ainsi être déracinés. La
population de Louisbourg,
environ 2,000 habitants, fut rapatriée en France, comme ce fut
le cas
de celle de l'Île Saint-Jean, ces deux colonies étant
encore légalement
possessions françaises. Dans le cas de l'île Saint-Jean,
toutefois,
cette colonie comprenait, en plus des quelques centaines de colons qui
s'y étaient établis depuis quelques années,
près de 5,000 colons
acadiens qui avaient réussi à se soustraire aux
recherches des troupes
de Lawrence
en Nouvelle-Écosse; la plupart seront rapatriés en
France, mais une
bonne partie aboutira dans les prisons anglaises de l'Angleterre. L'on
a beaucoup écrit, non sans faire appel aux sentiments,
pour tenter établir la responsabilité de la
Déportation. Les uns y ont
vu l'½uvre de Lawrence
seul, d'autres ont insisté sur le rôle-clé de la
Nouvelle-Angleterre,
d'autres enfin ont plutôt mis en lumière la politique de
Londres. À
une époque où le croit des gens et des
nationalités
comptait pour bien peu de chose, il faut plutôt insérer la
question
acadienne, comme l'a écrit Guy Frégault, dans le cadre de
deux Empires,
l'un français et l'autre anglais, qui poursuivaient a la
même époque la
même politique (la colonisation de l'Amérique du nord),
avec les même
moyens. Même la France ne répugnait pas à
l'idée de la Déportation:
dans son projet avorté de la conquête du New York en 1689,
la France
prévoyait en effet déporter une partie des colons; de
même en 1746 et
en 1751 des officiers français avaient reçu l'ordre de
déporter les
Acadiens qui refuseraient d'embrasser la cause française. Il est
vrai
qu'aucune déportation ne fut exécutée, mais ces
directives de la France
à ses représentants illustrent quand même la
mentalité du temps. En
ce qui concerne l'Angleterre et la déportation des
Acadiens, les journaux de l'époque, tel le London Magazine en
1749,
mentionnait de temps à autre la déportation comme
solution éventuelle.
La correspondance entre le "Board of Trade" et les autorités de
Halifax
contient également d'assez fréquentes
références à cette solution
extrême avant même qu'an ne la mit en pratique. De sorte
que Lawrence,
lorsqu'il se résolut enfin à chasser les Acadiens de
l'Acadie, n'avait
certes pas peur d'un blâme de l'Angleterre. Les
événements devaient lui
donner raison sur ce point: mise au courant de l'initiative de
Lawrence, l'Angleterre ne fit rien pour l'en dissuader et les
déportations se poursuivirent jusqu'en 1761, et quant à
Lawrence
lui-même, il fut promu au grade de Gouverneur en 1756. Le
Gouverneur-général de la Nouvelle-France,
Vaudreuil-Cavagnal,
essaiera bien en 1760 de faire arrêter les déportations:
lorsque
celui-ci soumit ses conditions de capitulation au général
Jeffrey
Amherst, il demanda qu’"aucuns Canadiens, Acadiens, ni
Français
(...) ne puissent être portés, ni transmigrer dans les
colonies
anglaises, (... )" . Le général anglais écrira
dans la marge "Accordé,
excepté à l'égard des Acadiens". Les
Acadiens déportés aux États-Unis ne furent pas
toujours
bien accueillis. En effet, les autorités coloniales
américaines
n'avaient en général pas été
consultées quant à l'arrivée des Acadiens.
Souvent mal organisée, la Déportation passait surtout
pour une charge
fiscale supplémentaire aux yeux des colons américains. De
plus,
l'arrivée de Français et de catholiques dans des colonies
farouchement
protestantes brisait une homogénéité religieuse
que l'on avait établie
parfois avec peine. Ainsi, en 1762, cinq goélettes avec 1500
Acadiens
en route vers Boston durent revenir à Halifax à cause du
refus du
Massachusetts de les accepter. Dans de nombreux cas, les Acadiens
restaient des semaines et des mois sur les bateaux ancrés dans
les
ports, en proie à la faim et aux maladies. Le Maryland,
toutefois, se
montra davantage accueillant: cette colonie protestante se souvenait
sans doute qu'elle avait été jadis fondée pour et
par des immigrants
catholiques britanniques. En tout, environ 6000 Acadiens furent
déportés dans les colonies américaines. Un
deuxième groupe d'Acadiens fut tout simplement gardé
prisonnier à Halifax où on les employa à fortifier
la capitale contre
les attaques françaises pendant qu'un autre groupe était
amené
prisonnier en Grande-Bretagne. Situation pénible que ces
prisonniers en
Angleterre. Mal nourri, mal soigné dans des prisons humides et
froides,
un bon nombre y mourut. Dans la prison de Bristol, par exemple, sur 300
Acadiens, 184 n'en sortirent pas vivants. À la fin des
hostilités, ces
Acadiens prisonniers en Angleterre seront rapatriés en France
où
certains s'établiront à belle Île en Mer (Bretagne)
ou tenteront de
fonder une colonie dans le Poitou. Cette tentative de colonisation au
Poitou sera vaine, la plupart des Acadiens préférant se
diriger vers la
Louisiane. Un
troisième groupe d'Acadiens réussit enfin à
échapper à la
déportation. Certains s'enfuirent en effet dans les bois du
Nouveau-Brunswick actuels où, durant un temps, ils
menèrent tant bien
que mal une guérilla inefficace contre les soldats anglais,
surtout
dans la région de la rivière Miramichi et de la baie des
Chaleurs.
C'est d'ailleurs dans la baie des Chaleurs que fut tiré le
dernier coup
de canon de la France pour la conservation de son Empire en
Amérique.
D'autres se réfugièrent à la rivière
Saint-Jean, près de Sainte-Anne
notamment (aujourd'hui appelé Fredericton), mais les troupes de
Monckton
les en délogèrent et ils durent pousser plus loin au
nord, vers le
Québec actuel. Les registres de baptême témoignent
du passage de ces
familles qui cherchaient un lieu sûr dans une Nouvelle-France
elle-même
déchirée par la guerre.Léon Thériault (Département d'histoire Université de Moncton, Moncton, N.-B.) Source : Petit manuel d'histoire d'Acadie, de1755 à 1767, Librairie Acadienne, Université de Moncton, Léon Thériault, 1976 - Daniel L. Robichaud: CyberAcadie : L'histoire des Acadiens -http://www.cyberacadie.com/acadie_1755_1763.htm
La
"Déportation" occupe une place très
importante dans
l'histoire acadienne. De 1755 à 1763, la plus grande partie du
peuple
acadien a été
déportée dans les colonies américaines, en
Angleterre et en France. Les
Acadiens,
exilés ou fugitifs, ont traversé une longue
période d'errance à la
recherche d'une
nouvelle terre d'accueil. Les Acadiens survivants de cette
période
l'ont qualifiée de
"grand dérangement". L'Acadie,
colonie fondée en 1604, se distingue par son emplacement
géographique.
À l'époque où
la France et l'Angleterre colonisent le continent
nord-américain,
l'Acadie se situe entre
deux colonies importantes et antagonistes: la NouvelleAngleterre au sud
et la
Nouvelle-France au nord. Ainsi pendant toute son histoire, l'Acadie est
malgré elle
entraînée dans une série de conflits militaires. Le
premier foyer principal de peuplement acadien a été la
région de
Port-Royal. À partir
de 1670, la population essaime vers le fond de la baie
Française. Elle
occupe la région
de Beaubassin vers 1672 et celle du bassin des Mines vers 1686. Cette
expansion correspond
à l'essor démographique de la population acadienne qui
passe de 400 en
1671 à 2 900 en
1714. De 1604
à 1713, l'Acadie change de mains à sept reprises.
Laissés souvent à
leur sort, les
Acadiens développent un esprit d'indépendance. Or,
jusqu'en 1710,
malgré les conquêtes,
la présence anglaise ne se manifeste que par les visites de
marchands
et de pêcheurs qui
exploitent les richesses du territoire acadien. Les choses prennent
cependant un tour
différent après la capitulation de Port-Royal en 1710. On
y installe
alors des troupes
anglaises et on rebaptise l'endroit Annapolis Royal. En 1713,
le traité d'Utrecht, signé entre la France et
l'Angleterre, cède
l'Acadie aux
Britanniques. La France perd aussi la baie d'Hudson et Terre-Neuve,
mais conserve l'Île
Royale (Cap-Breton) et l'Île Saint-Jean
(Île-du-Prince-Édouard). De
plus, elle
maintient une présence sur le territoire actuel du
Nouveau-Brunswick,
région disputée
par les Anglais. Le
traité d'Utrecht laisse le choix, aux Acadiens du territoire
rebaptisé
"Nova
Scotia", de prêter serment à la Couronne britannique ou de
quitter les
lieux dans
un délai d'un an. La France développe l'Île Royale
et tente d'abord (de
1713 à 1720)
d'y attirer les Acadiens, mais ceux-ci détiennent des terres
fertiles
et sont déçus de
la qualité des terres proposées. Peu après, les
autorités françaises,
qui anticipent
un retour offensif en Nouvelle-Écosse, songent qu'il est
préférable d'y
laisser les
Acadiens. De leur
côté, les Anglais, alors peu intéressés
à coloniser la Nouvelle-Écosse,
n'ont pas
intérêt à laisser les Acadiens renforcer la
présence française à l'Île
Royale. Ils
les dissuadent de partir en leur interdisant de construire des bateaux
et de vendre leurs
propriétés et leur bétail. La principale
préoccupation anglaise est
d'amener les
Acadiens à prêter le serment d'allégeance. La
question du serment va hanter les Acadiens pendant plusieurs
années.
Ils refusent de
prêter un serment sans condition puisqu'ils tiennent à
conserver leur
liberté
religieuse et à être exemptés du port d'armes en
cas de guerre.
Finalement en 1730, le
gouverneur Philipps
accepte ces conditions sous promesse verbale, et les Acadiens
deviennent des sujets neutres. Pendant
une trentaine d'années, la NouvelleÉcosse connaît
la paix et se
développe à un rythme
exceptionnel. Si bien qu'en 1755, on compte environ 13 000 Acadiens.
Ceux-ci n'inquiètent
pas outre mesure les autorités anglaises; ce sont plutôt
les
Amérindiens qui leur
causent des soucis. Gagnés à la cause française,
ces derniers sont
demeurés sur le
pied de guerre contre les Anglais. Par ailleurs, la Nouvelle-Angleterre
accepte mal
l'ampleur qu'a prise Louisbourg au cours des années. Cette
forteresse
est devenue un
centre commercial très important et un sérieux concurrent
pour les
colonies anglaises. La
tension
monte En 1744,
la guerre éclate entre la France et l'Angleterre. Tour à
tour,
Louisbourg et la
Nouvelle-France lancent des attaques contre la Nouvelle-Écosse,
mais la
prise de
Louisbourg par la Nouvelle-Angleterre en 1745 leur inflige un
sérieux
revers. En 1746, la
France tente de reprendre à la fois l'Île Royale et la
Nouvelle-Écosse,
mais essuie
encore un échec lorsque le duc d'Anville voit sa flotte
décimée par une
tempête. Au grand
mécontentement des colonies anglaises, le traité
d'Aix-la-Chapelle,
signé en 1748, rend
Louisbourg à la France. Ce traité a des
conséquences importantes pour
les Acadiens.
Ceux-ci sont en vaste majorité restée neutre, mais la
situation devient
précaire
puisque la France et l'Angleterre ont décidé de
consolider leur
position dans la
région. Suite aux
pressions exercées par les colonies anglaises, le "Board of
Trade"
décide de britanniser
la Nouvelle-Écosse. En 1749, on fonde Halifax pour apporter un
contrepoids à Louisbourg.
L'arrivée d'environ 2 000 colons et d'un fort contingent
militaire
change le visage de la
province. À nouveau, on exige que les Acadiens prêtent un
serment sans
réserves. Le
gouverneur Cornwallis
se bute à la ténacité acadienne; ceux-ci ne
modifient pas leur
position. De plus, le plan de colonisation britannique au nord de la
rivière Mésagouèche est contrecarré par la
présence française dans
cette région. En effet,
la France tente de garder un lien de communication entre Québec
et
Louisbourg et veut
refouler la progression des Anglais vers le Canada. En 1749, on envoie
Boishébert
relever
les fortifications à l'embouchure du fleuve Saint-Jean. Le but
des
autorités françaises
est de bloquer l'isthme de Chignectou et de créer une nouvelle
Acadie
française en
enjoignant les Acadiens à émigrer sur le territoire
actuel du
Nouveau-Brunswick. Tour à
tour, Français et Anglais se fortifient dans la région
disputée. Les
Anglais
s'installent à GrandPré en 1749, à Pigiguit en
1750 et à Beaubassin en
1751. Du côté
français, on construit les forts Beauséjour et Gaspareau
en 1751. Face
à cette attitude
agressive, des familles acadiennes se réfugient dans les
territoires
français
avoisinants, notamment à l'Île Saint-Jean. De 1752
à 1754, la situation demeure calme. On ne tient pas à ce
que les
Acadiens aillent
grossir les établissements français et le gouverneur
Hopson
ne soulève pas la question
du serment. Toutefois sous Charles
Lawrence, nommée lieutenant-gouverneur en 1754, la
situation se transforme rapidement. Contrairement
à ses prédécesseurs, Lawrence
envisage ouvertement la déportation. Ce militaire de
carrière songe d'abord à la défense de la colonie
et entend régler le
problème du
serment. À l'été 1754, il avise ses
supérieurs de sa position: les
Acadiens ne
prêteront jamais de serment à moins d'y être
contraints. Or, ils
occupent les
meilleures terres de la Nouvelle-Écosse. Lawrence
conteste donc leur droit à la
propriété et suggère leur départ. Pendant
ce temps, les tensions s'accroissent en Amérique du Nord, et les
autorités se
préoccupent surtout de la défense de la vallée de
l'Ohio. Lawrence
prépare donc
rapidement l'attaque avec Shirley,
gouverneur du Massachusetts. Ce dernier recrute 2 000
hommes pour renforcer les troupes régulières. Au mois de
juin 1755, Robert
Monckton,
commandant de l'expédition, prend les forts Beauséjour et
Gaspareau. Boishébert
choisit
de détruire son fort plutôt que de le rendre aux Anglais
et se replie
plus haut sur le
fleuve Saint-Jean. La
Déportation L'attitude
anglaise envers les Acadiens s'est durcie depuis que la guerre a
éclaté
en Amérique.
Avec l'anéantissement des forces françaises dans la
région, Lawrence
décide de régler
une fois pour toutes la question du serment et, du même coup, le
sort
des Acadiens. Peu avant
la prise du fort Beauséjour, le capitaine Murray,
en poste au fort Edward à Pigiguit,
confisque les armes et les bateaux des Acadiens des Mines. Le 3
juillet, des délégués
viennent rencontrer Lawrence
et son conseil pour présenter une pétition à ce
sujet.
Profitant de l'occasion, Lawrence
insiste pour que les délégués prêtent
serment, mais
ceux-ci refusent de signer sans consultation générale. Du
coup, ils
sont emprisonnés.
On convoque ensuite une centaine de députés de la
région d'Annapolis et
des Mines qui,
les 25 et 28 juillet, refusent également de prêter un
serment sans
condition; ils sont
emprisonnés à leur tour. Le
conseil décide à l'unanimité de déporter
les Acadiens dans les
différentes colonies
américaines. Le plan de Lawrence
est d'expulser les Acadiens et de les remplacer par des
colons de la NouvelleAngleterre. Le 31 juillet, il donne ses
instructions et déploie les
forces anglaises (2 000 Coloniaux et 250 soldats britanniques) de la
façon suivante: le
colonel Robert
Monckton à l'isthme de Chignectou, le colonel John
Winslow dans le
district des Mines, le capitaine Alexander Murray à Pigiguit et
le major John
Handfield,
déjà en poste à Annapolis, est chargé de
son district. Lawrence
donne l'ordre de capturer les hommes et de les détenir en
attendant le
départ des
bateaux. Pour empêcher la population de fuir, on confisque les
embarcations, on saisit le
bétail et les céréales et on surveille les routes.
Il y a résistance
acadienne et
amérindienne, mais les forces dirigées par
Boishébert
sont trop faibles pour éviter la
tragédie. À
Beaubassin, Monckton
s'installe au fort Beauséjour, rebaptisé Cumberland. Le11
août,
obéissant à la convocation émise un peu plus
tôt par Monckton,
400 hommes se
présentent au fort. On leur annonce qu'ils sont
considérés rebels,
qu'on confisque
leurs terres et cheptel et qu'ils sont désormais prisonniers. La
région confiée à Monckton
compte de nombreux établissements éparpillés sur
les
rivières Chipoudy, Petcoudiac et Memramcook, ce qui permet
à plusieurs
familles
acadiennes de fuir. Les militaires chargés de fouiller ces
endroits
ramènent peu de
prisonniers mais brûlent tout sur leur passage: maisons et
récoltes. À
la Petcoudiac
par exemple, l'expédition commandée par le capitaine Frye
doit faire
face aux hommes de Boishébert.
Frye se retire au fort Cumberland, emportant quelque 23 femmes et
enfants
avec lui et détruisant plus de 200 bâtiments et une grande
quantité de
blé et de lin. Le 10
septembre, on commence l'embarquement. Le 13 octobre, une flotte de 10
navires quitte
l'isthme de Chignectou à destination de la Caroline du Sud, de
la
Pennsylvanie et de la
Géorgie avec à son bord environ 1 100 personnes.
Après un arrêt aux
Mines, pour
embarquer d'autres Acadiens, les navires partent finalement le 27
octobre. Aux
Mines, Winslow
et Murray
se partagent la tâche. Winslow
s'installe à Grand-Pré le 19
août et établit ses quartiers dans l'église et le
presbytère. Le 5
septembre, Winslow
et Murray
convoquent tous les hommes: 418 sont faits prisonniers à
l'église de
Grand-Pré et 183 au fort Edward. Winslow
est soucieux du fait que le nombre de
prisonniers dépasse celui des soldats. Informé de
l'aventure de Frye et
craignant une
rébellion, il décide de diviser les prisonniers et fait
monter 230
jeunes hommes à bord
des cinq bateaux présents. Comme
dans la région de Chignectou, certaines familles
réussissent à prendre
la fuite. À
l'arrivée de nouveaux transports, le 8 octobre, on entreprend
l'embarquement. C'est un
temps de confusion et de désolation. Le 1er novembre, plus de
1500
Acadiens entassés sur
des bateaux sont déportés au Maryland, en Pennsylvanie et
en Virginie. Murray
réussit
à embarquer toute la population de Pigiguit (environ 1000).
À
Grand-Pré, il ne reste
plus que 600 personnes qui, le 13 décembre, sont
déportées à leur tour.
On procède
ensuite à la destruction des villages. À
Annapolis Royal cependant, les événements sont moins
contrôlés. Hanfield
a décidé de
ne regrouper les hommes qu'une fois les transports arrivés et
bon
nombre d'habitants en
ont profité pour fuir. Le 3 novembre, on incendie les villages
des deux
côtés de la
rivière et après une battue, on capture 600 personnes. Au
mois de
décembre, plus de
1600 Acadiens sont déportés au Massachusetts, au
Connecticut, à New
York et en
Carolines du Nord et du Sud. Dans la
hâte et la confusion, plusieurs familles sont
démantelées. La
déportation est synonyme
de destruction et de mort. Toutefois, ce n'est pas tant
l'opération
militaire que les
voyages sur les navires qui sont la cause d'un grand nombre de
mortalités. Par exemple,
le "Cornwallis" qui quitte Beaubassin avec 417 Acadiens à son
bord ne
compte à
son arrivée à Charleston que 210 survivants, ce qui
illustre bien les
conditions de vie
sur les bateaux. La mauvaise alimentation, l'entassement et la maladie,
notamment une
épidémie de petite vérole, emportent de nombreuses
vies. Il est
difficile de calculer exactement le nombre de déportés.
Quant aux
Acadiens embarqués à
destination des colonies américaines on avance cependant les
chiffres
suivants: 900 au
Massachusetts, 675 au Connecticut, 200 à New York, 700 en
Pennsylvanie,
860 au Maryland,
290 en Caroline du Nord, 955 en Caroline du Sud, 320, en Géorgie
et 1
150 en Virginie.
Toutefois, la Virginie a refusé d'accueillir les Acadiens et en
1756,
les a envoyés en
Angleterre, La
Déportation se poursuit. En 1756 par exemple, on emmène
environ 70
personnes de
Poboncoup. Les Acadiens réfugiés à l'Île
Saint-Jean n'échappent pas au
malheur. La
seconde déportation massive a lieu en 1758. Après la
prise de
Louisbourg, Lord
Rollo
s'arrête à l'île Saint-Jean afin d'en
déporter la population. Pendant
qu'on vide les
grands centres, environ 600 personnes réussissent à fuir
vers la
Miramichi et vers le
Canada. Néanmoins, les Anglais mettent la main sur 3 500
Acadiens
qu'ils envoient en
Angleterre et en France. En cours de route, deux des neuf navires du
convoi sombrent avec
700 personnes à leur bord. De 1758
à 1763, les réfugiés sont pourchassés et
déportés. À Halifax, on
détient environ 2
000 Acadiens en attendant l'expulsion. En 1760, on déporte 300
prisonniers en France. La
dernière déportation a lieu en 1762 alors que 1300
Acadiens sont
envoyés à Boston. Le
Massachusetts refuse cependant de les accueillir et ils sont
ramenés à
Halifax où ils
sont détenus comme prisonniers de guerre. Bon
nombre d'entre eux sont employés à travailler sur
d'anciennes terres
acadiennes ou aux
fortifications de la citadelle. Les
gouverneurs des colonies sont informés de l'arrivée des
déportés par
une lettre que Lawrence
a confiée aux capitaines des navires. Cet afflux d'exilés
est loin de
les
enthousiasmer puisque les colonies sont majoritairement protestantes et
anticatholiques.
De plus, la présence des Acadiens n'est guère
appréciée à une époque où
un conflit,
notamment la guerre de Sept Ans, oppose Français et Anglais. Éparpillés
dans les colonies, les Acadiens vivent à la charge de
l'État, leur sort
étant confié
à ceux qui s'occupent des pauvres. Il arrive que l'on retire des
enfants de leur famille
afin qu'ils soient placés chez des paroissiens riches. Plusieurs
familles sont ainsi
séparées. À la recherche de parents, plusieurs
errent à travers les
colonies. Certains
présentent des pétitions aux autorités. Bon nombre
refusent d'être
absorbés dans ces
milieux anglophones. Au Maryland et en Pennsylvanie, les
déportés
demandent à être
traités comme des prisonniers de guerre. Dans les
colonies du sud, l'assistance et la surveillance des
réfugiés sont
moins bien
organisées et l'accueil est encore plus hostile que dans les
colonies
du nord. En
Virginie, la crainte que les Acadiens n'organisent une cabale avec les
esclaves motive la
décision des autorités de les renvoyer en Angleterre. En
1756, les
gouvernements de la
Caroline du Sud et de la Géorgie autorisent le départ
d'environ 250
Acadiens à bord de
petites embarcations. Inquiet, Lawrence
envoie une lettre circulaire aux gouverneurs leur
demandant d'empêcher le retour des déportés en
NouvelleÉcosse. La
plupart sont
capturés à New York et au Massachusetts, mais une
cinquantaine
réussissent quand même
à gagner le fleuve Saint-Jean.
Les Migrations Au retour
de la paix en 1763, on assiste à une vague de migration
acadienne hors
des colonies
américaines. Certains arrivent à retourner en
Nouvelle-Écosse, mais il
est difficile
d'en estimer le nombre. Les migrations les plus connues
s'énumèrent
comme suit : en
1763, 116 Acadiens du Massachusetts s'installent aux Îles
Saint-Pierre-et-Miquelon. Bon
nombre émigrent depuis New York vers Saint-Domingue, où
plusieurs
périssent sous le
climat tropical. En 1766, 216 Acadiens de la Nouvelle-Écosse
arrivent
en Louisiane
(colonie française cédée à l'Espagne en
1762) où l'on accueille aussi
en 1767 des
Acadiens du Maryland. En 1766, environ 90 exilés du
Massachusetts se
rendent à Québec. Le sort réservé aux
déportés en France et
en
Angleterre est tout aussi
mouvementé. Les 1,100 Acadiens rejetés par la Virginie en
1755 sont
transportés dans
les villes de Liverpool, Southampton, Faimouth et Bristol où on
les
installe dans des
entrepôts. Ce groupe est ravagé par une
épidémie de petite vérole en
1756 et ne
compte plus à sa libération, en 1763, qu'environ 866
personnes. De
ceux-ci, 753 se
rendent en France où se trouvent déjà environ 3
500 déportés dispersés
dans les
ports de Boulogne, St-Malo, Rochefort, Morlaix, Lorient,
Belle-Ile-en-Mer, Le Havre,
Cherbourg, La Rochelle et Bordeaux. La France leur verse une pension et,
pendant
une vingtaine d'années, elle tente
de les relocaliser en Guyane Française, aux Îles malouines
(Îles
Falkland), à
Saint-Domingue, en Bretagne, à Belle-Île-en-Mer, au Poitou
et en Corse.
Cependant, ces
projets connaissent peu de succès. L'Amérique attire la
plus grande
part des déportés.
En 1763 par exemple, 100 Acadiens émigrent aux Îles
Saint-Pierre-et-Miquelon et en 1774,
d'autres acceptent l'invitation de marchands-pêcheurs jersiais et
deviennent employés
dans leur entreprise dans le Golfe Saint-Laurent. La vague
d'émigration
la plus
importante a lieu en 1785 quand l'Espagne, qui cherche à
renforcer sa
position en
Louisiane, y amène 1600 Acadiens. En 1763, la guerre cesse entre la France
et
l'Angleterre, mettant ainsi un terme
aux déportations. En huit ans environ 10,000 Acadiens ont
été déportés,
soit environ
75% de la population acadienne. Leurs terres sont désormais
occupées
par quelque 8,000
nouveaux colons ou Planters de la Nouvelle-Angleterre. À
l'époque,
l'expulsion d'une
communauté au lendemain d'une conquête n'était pas
une mesure
exceptionnelle. Ce qui
caractérise la Déportation acadienne, c'est que,
contrairement à
l'usage, les Acadiens
n'ont pas été relocalisés dans un territoire
français, mais plutôt en
milieu hostile,
soit dans des possessions anglaises. De plus, les Acadiens ont
été
déportés plus de
quarante ans après la conquête de l'Acadie et on leur a
confisqué leurs
biens et
propriétés, les laissant ainsi totalement démunis. Les Acadiens qui ont échappé
à la
Déportation
ne connaissent pas un sort plus
enviable. Bien que la France leur offre peu de support militaire, la
population acadienne
et amérindienne continue de s'opposer aux Anglais.
Boishébert
dirige par centaines les
réfugiés sur les fleuves Saint-Jean et Miramichi, et l'on
retrouve
ainsi des îlots de
résistance acadienne, notamment le long de la baie des Chaleurs. Acadiens et Amérindiens guerroient contre
les
Anglais et réussissent tant bien
que mal à les tenir en respect. Cachés dans les bois, les
réfugiés
vivent
misérablement. Aux prises avec la faim, le froid, la maladie et
l'épuisement, bon nombre
périssent. Toutefois, certains s'évadent au Canada
où ils s'installent,
entre autres,
dans la région des TroisRivières et en Gaspésie. La prise de Louisbourg est lourde de
conséquences pour les différents
établissements acadiens. Les forces anglaises lancent des
expéditions
punitives et ces
incursions prennent souvent l'allure de chasses à l'homme.
À l'automne
1758, plus de 2,000 militaires dirigés par Monckton
se rendent au fleuve Saint-Jean. La population,
laissée à elle-même, fuit et remonte plus haut sur
le fleuve. Les
Britanniques ont
surestimé les forces françaises. L'année suivante,
la garnison est
alors réduite à
300 hommes et elle poursuit sa campagne de destruction jusqu'au village
de
Saint-Anne. À la capitulation de Québec en 1759,
plusieurs
Acadiens se rendent aux
autorités et sont emprisonnés dans les forts anglais. En
1760, après
avoir livré
bataille contre l'expédition de Byron,
le poste de Restigouche capitule. L'année
suivante, le capitaine McKenzie attaque les hameaux de Richibouctou
à
Restigouche,
mettant un terme à la résistance acadienne.
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La guerre de Sept Ans (1756-1763) est la
première guerre à l'échelle mondiale. Le conflit
oppose la
Grande-Bretagne, la Prusse et Hanovre à la France, à
l'Autriche, à la
Suède, à la Saxe, à la Russie et, finalement,
à l'Espagne. La
Grande-Bretagne refuse d'engager le gros de ses troupes sur le
continent, comptant sur des mercenaires prussiens et allemands pour
défendre l'électorat de Hanovre au nom de George II. Le
plan de guerre
de la Grande-Bretagne vise à détruire les forces navales
et la marine
de commerce de la France et à s'emparer de ses colonies, pour
ainsi
anéantir sa rivale commerciale. En Europe, la France s'est
engagée à
défendre l'Autriche, mais cette dernière ne peut rien
pour les colonies
françaises d'outre-mer. ![]() En août 1757, les Français prennent
d'assaut
le fort William Henry sur le lac George. L'année suivante le
major
général James Abercromby, à la tête d'une
armée de plus de 15 000
britanniques et américains, subit une cuisante défaite au
fort Carillon
(Ticonderoga) aux mains de Montcalm et de ses 3 500 hommes. Mais pour
les Français, la chance tourne. Sur le lac Ontario, le Fort
Frontenac
(Kingston, Ontario) est détruit en août 1758 avec les
approvisionnements destinés aux postes de l'ouest. Ailleurs,
Louisbourg
et la Guadeloupe tombent aux mains des Britanniques. Dans la
région de
l'Ohio, les Amérindiens, alliés des Français,
concluent une paix
séparée avec les Britanniques, obligeant ainsi les
Français à
abandonner le fort Duquesne. Des navires de ravitaillement parviennent
à Québec tous les ans, mais la France n'envoie presque
plus de troupes
de renfort. Les Français espèrent qu'une invasion de la
Grande-Bretagne
forcera les Britanniques à négocier.Sources : L'Encyclopédie canadienne, Fondation Historica du Canada. Auteurs JOHN G. REID, ALLAN GREER - Daniel L. Robichaud: CyberAcadie: L'histoire des Acadiens http://www.cyberacadie.com/acadie_guerre_de_sept_ans.htm NOUS, ACADIENS ET ACADIENNES,
SOMMES LES
SURVIVANTS D'UN GÉNOCIDE. Un génocide se
définit comme étant
" la destruction systématique d'un peuple ou d'un groupe
ethnique ";
cette définition reflète tout à fait les
événements de 1755, car
l'intention des Britanniques à l'époque était bel
et bien de détruire
un peuple et sa culture. Les Acadiens et les Acadiennes ont
été
chassé.e.s, dépossédé.e.s,
affamé.e.s et tué.e.s ; leurs récoltes et
leurs maisons ont été brûlées et leur
bétail volé ou tué. De plus, pour
s'assurer de la disparition des Acadiens et Acadiennes en tant que
peuple, les Britanniques ont pris soin de les répartir
systématiquement
en petits groupes pour les forcer à se disperser dans les treize
colonies anglo-américaines, tout en leur refusant le droit de se
déplacer. Ils faisaient ainsi éclater une
société basée sur la famille
et forçaient l'assimilation des Acadiens et des Acadiennes aux
anglophones des autres colonies britanniques du continent. À
la lumière de tous ces faits, il est clair que les
autorités
britanniques ont été les responsables d'un
génocide. ------ La
moitié de notre peuple
a
perdu la
vie en raison des conséquences directes ou indirectes de cet
exil
imposé par les Britanniques. Ainsi, sur une population
estimée
entre 15 000 à 18 000 personnes, - 7 500 à 9 000
individus - en
majorité les plus faibles, des enfants - ont perdu la vie.
Divers
facteurs expliquent ce taux élevé de décès
: l'entassement des gens sur
les navires (où la nourriture et l'eau étaient
insuffisantes), les
épidémies causées par l'insalubrité des
conditions de voyage, le
meurtre de sang froid de nombreux Acadiens et Acadiennes, ainsi que
l'ordre donné par Lawrence 1
d'affamer
les Acadiens et les
Acadiennes
caché.e.s dans les bois. La perte de nos ancêtres a donc
été immense :
on les a dépossédés de leurs terres fertiles, de
leurs biens, de leurs
possessions et ils ont dû subir l'éclatement de leur
société, la
désintégration de leur culture, ainsi que des pertes
énormes en vies
humaines. Les Britanniques se sont servis d'un terme banal en
nommant ce crime " déportation ". Nous avons
été complices de
cette distorsion des faits en utilisant nos propres expressions dans le
but d'atténuer notre tragédie, c'est-à-dire en
utilisant le
qualificatif de " Grand Dérangement ". ------
De
leur côté, les
vainqueurs
tentent de
redéfinir leur propre histoire dans le but de se justifier
auprès des
nouvelles générations. Ils essaient
également de nous
contraindre, nous, les descendants des victimes, à accepter
cette
réécriture de l'histoire en menaçant des plus
grandes sanctions ceux
qui oseraient dire la vérité. 2
Cette menace de
sanctions a
été
suffisante pour générer, au sein de notre peuple, un
silence qui dure
depuis plus de 250 ans. Jusqu'à ce jour, les écoles
n'offrent qu'un
récit très limité de notre histoire, et ce, par "
respect " envers le
peuple vainqueur. Ainsi, nous ne parlons pas de l'horreur d'un "
génocide ", mais bien de " déportation ". Les livres les
plus audacieux
qualifient l'événement de " nettoyage ethnique ".
Quel est donc l'effet
de
ces mensonges sur
l'évolution de notre peuple ? Pour nous,
soussigné.e.s, la
conséquence est évidente : nous vivons une perte
de contact
avec notre histoire d'avant 1755, c'est-à-dire que
nous avons
été forcés de nier, de façon collective,
les éléments tragiques de la
période allant de 1755 à 1763. Nous pouvons affirmer que
le peuple
acadien souffre en quelque sorte d'amnésie collective : nous ne
fêtons
pas nos héros et nos héroïnes, nous ne soulignons
pas les réalisations
importantes que le peuple acadien a faites comme colonisateur. Nous
n'insistons pas non plus sur le succès de l'alliance et de
l'amitié
entre le peuple mi'kmaq et le peuple acadien, amitié qui a
survécu à
tous les fléaux des conquêtes et que seuls les actes
meurtriers commis
par les autorités britanniques ont pu rompre. Les Mi'kmaqs et
les
Acadiens avaient édifié une culture née de la
symbiose entre les deux
peuples, culture qui se définissait en dehors de la tradition
monarchiste et qui prenait place dans un contexte solidaire et
égalitaire. ------ L'image réelle
de
l'Acadie
d'avant 1755 a
malheureusement été remplacée par l'image
fabuliste d'Évangéline. Ce
personnage fictif, créé par Longfellow, confirme l'image
d'un peuple
conquis. Évangéline n'est pas un récit
héroïque, mais bien un récit
dépeignant un peuple soumis et victimisé, et c'est cette
image que nous
cultivons jusqu'à ce jour. Comment expliquer autrement que la
seule
université acadienne porte le nom de l'un des responsables les
plus
sanglants de la Déportation, soit Robert Monckton? Pourquoi
n'existe-t-il pas de monument commémoratif aux 7 500 à 9
000 morts de
la Déportation ? Ces faits ne s'expliquent que par
l'amnésie collective
dont est atteint le peuple acadien. ------ En ne reconnaissant pas
l'importance de la
Déportation et de ses conséquences, nous ne pouvons nous
approprier
comme il se doit l'histoire de notre peuple. Cette conscience
de notre histoire est essentielle, car sans elle, il nous est
impossible de vivre notre présent et d'anticiper notre avenir.
La
mémoire collective du peuple acadien ne peut être
retrouvée qu'à
condition que les Acadiens et les Acadiennes deviennent intimement
conscients de l'horreur des événements qui ont
ensanglanté les côtes de
l'Acadie. La perte de nos ancêtres a été immense :
ils ont été
dépossédés de leurs terres fertiles, de leurs
biens, de leurs
possessions et ont dû subir l'éclatement de leur
société, la
désintégration de leur culture, ainsi que des pertes
énormes en vies
humaines. Pour tenter de
justifier ses actions, les
autorités britanniques sont allées jusqu'à
prétendre que les Acadiens
avaient refusé de prêter le serment d'allégeance
à la Couronne. La
lecture des documents de l'époque démontre en fait que
cela n'était
qu'un prétexte à la Déportation. Dans un premier
temps, le peuple
acadien avait déjà prêté serment
d'allégeance. D'autre part, Lawrence
avait clairement indiqué son désir de déporter les
Acadiens. Dans une
lettre datée du 9 août 1755, il affirme: " I will
propose to them
the Oath of Allegiance a last time. If they refuse, we will have in
that refusal a pretext for the expulsion. If they accept, I will refuse
them the Oath, by applying to them the decree which prohibits from
taking the Oath all persons who have once refused to take it. IN BOTH
CASES I SHALL DEPORT THEM ".
3
Les raisons qui
expliquent la déportation
sont multiples et complexes. Mais deux motifs clairs sont
invoqués par
les Britanniques pour justifier la Déportation. Tout d'abord, la
correspondance de Lawrence démontre explicitement que la
Déportation a
été une mesure prise contre un peuple que les
Britanniques voyaient
comme une dangereuse menace à la sécurité du
territoire de la
Nouvelle-Écosse, du fait de l'alliance du peuple acadien avec
les
Mi'kmaqs, sa proximité avec le Canada et ses liens
étroits avec la
France. Un autre motif des Britanniques pour déporter le peuple
acadien
a été l'appropriation illégale des terres fertiles
que possédaient nos
ancêtres : " Si nous réussissons à les
expulser, cet exploit sera
le plus grand qu'aient accompli les Anglais en Amérique, car au
dire de
tous, dans la partie de la province que ces Français habitent,
se
trouvent les meilleures terres du monde. Nous pourrions ensuite mettre
à leur place des bons fermiers anglais, et nous verrions
bientôt une
abondance de produits agricoles dans cette province. "
4
Mais, ce qui nous
permet de réclamer
justice, c'est que la Déportation allait à l'encontre
même de la loi
britannique. Il est indéniable que la Déportation
était illégale et ce,
pour les raisons suivantes :
Pour nous, il est
clair
que la Déportation a
été le résultat d'une action
délibérée à l'encontre de toute convention
politique et morale de l'époque et dont l'intention était
de punir un
peuple qui était différent. Il est maintenant temps que
le silence et
les mensonges sur le génocide acadien cessent. Comme il nous est
impossible de fonder notre essor sur l'image fictive
d'Évangéline, il
est de première importance de revendiquer notre histoire dans sa
totalité. Il nous faut donc redéfinir en termes
concrets les
événements de 1755 à 1763. Il faut
reconnaître que le peuple acadien a
été victime d'un crime contre l'humanité et
reconnaître en conséquence
la culpabilité des responsables de la Déportation tout en
prenant
conscience des pertes culturelles, matérielles et humaines que
nos
ancêtres ont subies. Depuis 1960, l'Acadie a connu
un
essor économique et
culturel et a vu la reconnaissance de ses droits linguistiques par
l'État canadien. L'essor du peuple acadien s'est
accompagné du
développement des relations entre Acadien.ne.s et Anglophones;
ces
relations se veulent dorénavant égalitaires et se fondent
sur la
reconnaissance des richesses et de leurs contributions
réciproques.
S'agirait-il alors, comme le proposent certains, de cultiver ces
relations en faisant abstraction de la Déportation? Il est
évident
qu'adopter une telle voie, c'est opter pour des relations sans conflit.
Pourtant, continuer dans cette voie c'est aussi entretenir l'image du
peuple acadien tel qu'il est symbolisé par l'image
d'Évangéline. En
procédant ainsi, nous ne serons jamais capables de nous
percevoir comme
des citoyen.ne.s à part entière. Nous n'avons
donc d'autres
choix que de condamner les responsables de la Déportation et de
nous
réapproprier notre histoire en commémorant les
épreuves de nos
ancêtres. Ce n'est qu'à ces conditions que nous pourrons
assumer un
statut véritablement égal au sein de notre pays
multiculturel et
multiethnique. Il faut toutefois rappeler
que
les Anglophones
- d'origine écossaise, irlandaise, anglaise ou autre - ont eux
aussi eu
à subir ce mensonge historique. Contre leur
gré, ils ont été
placés dans un système de relations inégales avec
le peuple acadien,
système qui a altéré le meilleur des deux cultures
respectives.
L'odieuse époque du maire Jones de Moncton n'est qu'un exemple
parmi
d'autres qui ont porté atteinte à l'honneur des
Anglophones des
provinces Maritimes. C'est pourquoi, nous croyons que seule la
réconciliation avec l'histoire traumatisante qui uni les
communautés
acadiennes, anglophones et amérindiennes permettra l'essor de
ces trois
communautés.Nous, soussigné.e.s, déclarons donc : a) Que la période d'assujettissement et d'exil du peuple acadien est terminée et que nous sommes dorénavant prêts à reprendre notre place pleine et entière au sein dela famille canadienne. Nous, soussigné.e.s, demandons : Marie-Claire DUGAS Charles EMMRYS Isabelle DUGAS Donatien GAUDET Mario TOUSSAINT Source: Daniel L. Robichaud: CaberAcadie: L'histoire des Acadiens. http://www.cyberacadie.com/acadie_manifest_de_beaubassin.htm (
Chronologie sommaire
de l'Acadie 1740 à 1763)
Le
Grand
Dérangement (Pour en savoir plus sur le Grand Dérangement ou "Déportation des Acadiens", j'ai créé une page qui traite de ce sujet et plus, car c'est un des évènements majeurs de l'histoire des Acadiens...) ![]() - Le Colonel Charles Lawrence fait rassembler les habitants de l'Acadie pour les aviser de leur expulsion. Les Acadiens sont embarqués sur des navires à destination des colonies britanniques de la côte atlantique où ils seront gardés et éventuellement dispersés. Quelque 6 000 à 7 000 Acadiens sur 13 000 seront expulsés en 1755. Quelques milliers d'autres subiront le même sort au cours des années suivantes. À l'aide de leurs alliés Micmacs, certains Acadiens fuient dans les bois; d'autres, sous la direction de Beausoleil, poursuivent la lutte et mènent une série d'opérations de guérilla contre les Britanniques. 1760- Ce qui reste de
l'armée
française se réfugie à Montréal sous les
ordres du gouverneur Rigaud de Vaudreuil.
Au printemps, le commandant François de Lévis, s'empare
de Sainte-Foy
et espère recevoir du secours de la France une fois le fleuve
dégelé.
Au contraire, les premiers bateaux à atteindre Québec
sont anglais et
Lévis doit retourner à Montréal. À la fin
de l'été, trois armées
anglaises assiègent la ville. Vaudreuil
capitule le 18 septembre 1760. La Nouvelle-France n’existe plus.- Le dernier affrontement entre Français et Britanniques en Acadie prend place à l’été, à Ristigouche, dans la baie des Chaleurs, et met en scène des flottilles anglaises et françaises. Remportant ces derniers combats, les Britanniques s’approprient le Canada tout entier. 1762- Un contingent de
1 300
Acadiens est envoyé à Boston. Ce sont les derniers
Acadiens qui
subissent la Déportation. Le Massachusetts refusant toutefois de
les
accueillir, ils sont ramenés à Halifax et détenus
comme prisonniers de
guerre. 1763- Le traité
de Paris, signé le
10 février, met fin à la guerre de Sept Ans. La France
cède
officiellement le Canada à la Grande-Bretagne. Le vaste empire
français
en Amérique du Nord se réduit dorénavant aux
seules îles de
Saint-Pierre et Miquelon, au large de Terre-Neuve.Histoire
acadienne moderne
(Extrait de la Facharbeit de Cedric Reimers) A cause de la déportation de 1756, les Acadiens sont dispersés aux États-Unis, au Canada, en France, en Angleterre et dans leurs colonies. Mais ils n’oublient pas leurs racines et quoique sans patrie, leurs descendants persistent à s’appeler Acadiens pendant des siècles. Eux aussi pourraient adopter la devise du Québec « Je me souviens » … Grâce au poème « Évangéline », publié en 1847 par l’Américain Henry-Wadsworth Longfellow, le grand public est confronté avec l’histoire fictive d’une Acadienne et avec la destinée des Acadiens en général et le poème est un grand succès en Amérique et en Europe[1]. En 1881 il y a une première convention d’Acadiens, et en 1884, lors d’une autre, on choisit un drapeau acadien. C’est le tricolore étoilé qui rappelle aux Acadiens que « non seulement (…) ses enfants sont français, mais qu’ils sont aussi Acadiens » [2]. Dans notre siècle la bataille des Acadiens connaît une renaissance. En 1975 Michel Fugain écrit la chanson « Les Acadiens »[3]. Elle thématise la fierté incassable des Acadiens d’aujourd’hui, et est connue dans le monde entier. En 1980, on peut lire dans la Nouvelliste de Trois-Rivières qu’ « Aujourd'hui, on estime à 6,5 millions le nombre de descendants de ces Acadiens déportés. »[4] A la fin du 20e siècle les Acadiens ont pu fêter de grandes victoires: en 1996, pour la première fois un Acadien est élu gouverneur général du Canada[5] et en 1999 « l’Acadie », en coopération avec le Nouveau-Brunswick et le Canada, organise le 8e Sommet de la Francophonie à Moncton[6]. Le seul motif d’amertume est l’assimilation des Cajuns, des descendants des Acadiens qui se sont réfugiés en Louisiane ou qui y ont déménagé en espérant retrouver de la famille après avoir été renvoyés en France lors du « Grand Dérangement ». Leur caractère francophone disparaît de plus en plus et bientôt personne ne saura plus parler français en Louisiane. [1] http://etoile.acadie.net/evangi.htm, page consultée le 22 mars 2001 [3] http://www.paroles.net/text/A/MicFug15.htm,
page consultée le 11 mars 2001
[4] http://site.voila.fr/vincent.thibodeau/page4.html,
page consultée le 11 mars 2001
[5] http://etoile.acadie.net/contemporain.htm,
page consultée le 22 mars 2001
[6]
ibidem
Liens sur
l'Acadie:© http://www.pomverte.com/Acadinfo.htm 2. CyberAcadie :
L'histoire des Acadiens
3. Musée Acadien : Histoire Acadienne (1604 - 1755) 4. Musée Acadien : L'histoire (1534 - 2000) 5. Les collections numérisées du Canada : L'odyssée acadienne 6. Université de Moncton : Folklore - biographie, faits, chansons, contes et croyances populaires 7. Guide de l'Acadie : Chronologie de l'histoire (1534 - 2005) 8. Université de L'Acadie : Résumé de l'histoire (1603 - 2002) 9. Les collections numérisées du Canada : Île Sainte-Croix - La vie avant la colonisation, les débuts de la colonisation, histoire, lieux historiques et cartes géographiques 10. Musée acadien du Québec à Bonaventure : L'histoire 11. Musée acadien et archives : L'histoire 12. L'Acadie : L'histoire 13. Acadiens de Boulogne : L'histoire 14. Acadie 2003-2005 : L'histoire 15. Francophonies canadiennes : Trame chronologique, profils biographiques et constellations 16. Fenêtre virtuelle sur l'histoire acadienne : L'histoire acadienne (1534 - 1997) 17. Les origines Françaises des premières familles Acadiennes : Petit rappel historique (1524 - 1755) 18. Jean Trudel : Bref description des évènements (1534 - 1982) 19. Jean Trudel : Bref description des évènements (1500 - 1999) 20. Jean-Claude Béliveau : Un peu d'histoire 21. Village Historique Acadien : Un peu d'histoire 22. Site Rivard : Un peu d'histoire 23. Musée Nouvelle-Écosse : La colonisation 24. Musée Nouvelle-Écosse : L'agriculture 25. Musée Nouvelle-Écosse : La maison 26. Archives virtuelles des Acadiens : La culture, l'histoire et la géographie 27. Les origines Françaises des premières familles Acadiennes : Principaux personnages 28. Collège del'Acadie : Jean Mandé Sigogne 29. Jean-Claude Béliveau : Expressions Acadiennes et Québécoises 30. Musée acadien et archives : Vieux mots acadiens 31. Culture & Communication : Louisiane française (1682 - 1803) 32. Bibliothèque et Archives Canada : Pourquoi les Acadiens ont été forcés de quitter la Nouvelle-Écosse ? *************************** L'Acadie http://www.espace-francophone.com/cadeaux-virtuels/1998_1999/pommier.html Ce pays,
c'est le
soleil au coucher, qui
peint la mer en orangé.
C'est une étoile dorée, suspendue à un ciel bleu, blanc, rouge de fierté. C'est un paysage de beauté, portant la paix dans le monde effarouché. Ce pays c'est un océan de fraîcheur, qui nourrit de ses entrailles les pêcheurs. C'est un sentiment de bonheur, qui nous berce avec ardeur. C'est une culture de chaleur, qui se vit à toute heure. C'est un sourire qui demeure, qui fait vibrer nos coeurs. Ce pays, c'est un peuple qui chante, qui s'accorde avec le parfum des plantes. C'est un violon qui m'enchante de sa musique charmante. C'est une farandole vibrante d'hommes et de femmes de la mer montante. C'est la tendresse apaisante, que l'ont ressent à travers de ses mains caressantes. Ce pays, c'est un souvenir que je chéris, qui ne quittera jamais mes nuits. C'est la beauté de la vie, qui nous fait craindre l'ennui. C'est le souvenir de mes amis, qui m'accueillent avec leurs sourires jolis. Ce pays, vous qui me lisez, je vous le dis, porteur de mes amours qu'il fût choisit, ...c'est l'ACADIE... Acadie Tiré de Raymond (Guy) LeBlanc, Cri de terre. Poèmes, Moncton, Éditions d'Acadie, 1992, p.53. S'il m'est difficile de vous vivre en mon tangage d'horizon Gens de mon pays chimère sans frontières et sans avenirs C'est que je suis trop petit pour vous faire renaître en moi Hommes sans visages femmes sans seins Enfants sans langage S'il m'est douloureux de vous tendre mes deux mains Pour vous rejoindre vous toucher où que vous soyez C'est que vous êtes trop loin et dispersés partout Gens de mon pays dans l'absence de vous-mêmes S'il m'est impossible à cette heure de danser avec vous Au rythme d'une gigue à vos chansons de folklore Gens de mon pays ne m'en voulez pas Je songe à vos illusions et à vos rêves qu'on étouffe S'il m'est angoissant de vous regarder droit dans les yeux Au cadran d'un soleil déplacé divisant le jour C'est que l'Acadie vous berce en ses souvenirs En ses ombres en sa nuit irréelle symphonie Gens de mon pays Sans identité Et sans vie À notre Acadie Tiré de N.-P. Landry, Poèmes acadiens, Montréal, Fides, 1955, p. 17-18. Amour mystérieux Du pays des aïeux, De ta divine flamme, Forge et trempe notre âme ! Ô pays de douleurs Qui modela nos cœurs, Pays baigné de larmes, Meurtri de mille alarmes, Malgré la trahison, L'assaut et la prison Sois fort dans ton silence ! Va ! Marche ! Recommence ! Dans un rayon divin, Vers Dieu, suis ton chemin ! Acadie indomptable, Toujours plus redoutable, Ta résurrection Fait l'admiration Des nations du monde Que ta foi soit féconde ! Revenu de l'Exil, Vainqueur de tout péril, Ton peuple, de vaillance, A ton sol se fiance Et regarde venir, Triomphant, l'avenir. Ô terre la plus belle, Acadie immortelle, Sois toujours, sous les cieux, Fidèle à tes aïeux ! Comme la mer remonte, Ta jeunesse qui monte, Sentant battre son coeur, D'une brûlante ardeur, Dira, de ton histoire, Le martyre et la gloire ! ÉVANGELINE Paroles et musique: Michel Conte Album: Plus grand que les mots, 2003 Blue Sky Media BBC-001 Vidéo Vidéo 2 Les étoiles étaient dans le ciel Toi dans les bras de Gabriel Il faisait beau, c'était dimanche Les cloches allaient bientôt sonner Et tu allais te marier Dans ta première robe blanche L'automne était bien commencé Les troupeaux étaient tous rentrés Et parties toutes les sarcelles Et le soir au son du violon Les filles et surtout les garçons T'auraient dit que tu étais belle Évangéline, Évangéline Mais les Anglais sont arrivés Dans l'église ils ont enfermé Tous les hommes de ton village Et les femmes ont dû passer Avec les enfants qui pleuraient Toute la nuit sur le rivage Au matin ils ont embarqué Gabriel sur un grand voilier Sans un adieu, sans un sourire Et toute seule sur le quai Tu as essayé de prier Mais tu n'avais plus rien à dire Évangéline, Évangéline Alors pendant plus de vingt ans Tu as recherché ton amant À travers toute l'Amérique Dans les plaines et les vallons Chaque vent murmurait son nom Comme la plus jolie musique Même si ton coeur était mort Ton amour grandissait plus fort Dans le souvenir et l'absence Il était toutes tes pensées Et chaque jour il fleurissait Dans le grand jardin du silence Évangéline, Évangéline Tu vécus dans le seul désir De soulager et de guérir Ceux qui souffraient plus que toi-même Tu appris qu'au bout des chagrins On trouve toujours un chemin Qui mène à celui qui nous aime Ainsi un dimanche matin Tu entendis dans le lointain Les carillons de ton village Et soudain alors tu compris Que tes épreuves étaient finies Ainsi que le très long voyage Évangéline, Évangéline Devant toi était étendu Sur un grabat un inconnu Un vieillard mourant de faiblesse Dans la lumière du matin Son visage sembla soudain Prendre les traits de sa jeunesse Gabriel mourut dans tes bras Sur sa bouche tu déposas Un baiser long comme ta vie Il faut avoir beaucoup aimé Pour pouvoir encore trouver La force de dire merci Évangéline, Évangéline Il existe encore aujourd'hui Des gens qui vivent dans ton pays Et qui de ton nom se souviennent Car l'océan parle de toi Les vents du sud portent ta voix De la forêt jusqu'à la plaine Ton nom c'est plus que l'Acadie Plus que l'espoir d'une patrie Ton nom dépasse les frontières Ton nom, c'est le nom de tous ceux Qui, malgré qu'ils soient malheureux Croient en l'amour et qui espèrent Évangéline, Évangéline Évangéline, Évangéline Évangéline est une chanson qui fait vibrer une corde sensible chez les Acadiens. C'est une histoire d'exil, d'espoir et d'amour reprise par les plus grandes voix d'Acadie, dont Marie-Jo Thériault, Rose-Marie Landry, Isabelle Roy et Annie Blanchard. La chanson conte La déportation réellement vécue du peuple ACADIEN, en 1755, de leur Acadie natale, du village de de Grand-Pré (Nouvelle-Écosse), et, plus précisément, cela conte l'histoire d'une Acadienne, Évangéline, qui a toujours recherché toute sa vie, par la suite, son grand Amour, son Fiancé de toujours, Gabriel, et qu'à la fin, étant aux soins de malades dans un centre, elle retrouve Gabriel et le reconnaît, étendu dans ses bras, malade, juste avant qu'il ne meure. Grand Pré, 1994 Paroles et musiques : Angèle Arsenault Chanson en mp3 On porte toujours en soi un peu de son pays Et moi je n'oublie pas que je suis d'Acadie Si mon histoire est triste, ce n'est pas votre faute Mais soyons des artistes, écrivons-en une autre Qui sera bien plus belle, beaucoup moins dramatique Avec des arcs-en-ciel, d'la danse et d'la musique À partir d'aujourd'hui, bâtissons l'avenir En gardant du passé nos plus beaux souvenirs Grand Pré, c'est là que tout a commencé Grand Pré, c'est là que nous avions rêvé Grand Pré, de bâtir un monde nouveau À l'abri des tempêtes, au bord de l'eau Grand Pré, c'était un peu le paradis Grand Pré, les Indiens, c'étaient nos amis Grand Pré, à l'abri des arbres géants Dans le Bassin des Mines, à l'origine Du nouveau continent Non, ils sont pas venus, les soldats, c'est pas vrai Car dans la petite église, tous les hommes priaient Les femmes à la maison préparaient le fricot Les enfants dans les champs surveillaient les troupeaux Non, elle n'est pas venue, la si terrible guerre Qui déchire les familles et crée tant de frontières Si c'est ça mon histoire, je refuse d'y croire Je préfère oublier ce qui est arrivé Grand Pré, tout un peuple qu'on a déporté Grand Pré, une page d'histoire qu'on a déchirée Grand Pré, les maisons, les fermes, brûlées Tout c'qu'on avait bâti s'est effondré Grand Pré, où sont les Leblanc, les Légères Sont-ils en Louisiane ou à Belle-Ile-en-Mer Grand Pré, comment faire pour garder l'espoir Allons-nous nous revoir, comment savoir Où se trouve l'Acadie Dans les prisons de Londres et dans le port de Nantes Pendant de longues années, ils vécurent dans l'attente De pouvoir retourner chez eux en Amérique On les a bien nommés, les piétons de l'Atlantique Ces braves paysans qui venaient du Poitou Du Berri, d'la Touraine, d'la Bretagne, de l'Anjou Ils avaient tout quitté pour un peu d'liberté On les a condamnés à vivre en exilés Grand Pré, je ne veux pas vous faire pleurer Grand Pré, mais je ne peux pas oublier Grand Pré, que mes ancêtres étaient Français Et tout ce qu'ils voulaient c'est vivre en paix Grand Pré, nous n'étions que quelques milliers Grand Pré, nous n'avons pas abandonné Grand Pré, aujourd'hui nous pouvons rêver Trois millions d'Acadiens et d'Acadiennes continuent à chanter Nous avons survécu Nous sommes les invaincus Nous nous sommes relevés Nous avons triomphé Nous connaissons la guerre La faim et la misère Mais nous n'avons ni frontière Ni haine, ni regard en-arrière Nous marchons droit devant Vers le soleil levant Fiers de notre héritage Parlant notre langage Marchant à notre pas Chantant Alléluia Enfants de l'Acadie Notre histoire nous a grandis Notre histoire n'est pas finie Géographiquement, 1'Acadie n
'existe plus. Elle comprenait
les
trois provinces de la Nouvelle-Ecosse, du Nouveau-Brunswick et de
l'Ile-du-Prince-Edouard (Canada) et une partie du Maine (E.U.).
Les Acadiens existent, eux, tant au Canada que par leur descendance en Louisiane et en France. 1524 Sous François 1er, le navigateur florentin VERRAZZANO explore ces côtes du Nord de 1'Amérique, fréquentées de longue date parles pécheurs de morue et chasseurs de baleine. Il est tellement séduit qu'il donne à la contrée le nom d'Arcadie, par allusion au pays du bonheur de la Grèce antique. Une autre hypothèse fait provenir le mot Cadie d'une déformation de l'indien "Quoidie" désignant un lieu propice au campement. G. Massignon, dans sa thèse "Les Parlers français d'Acadie", précise que: "le terme l'Acadie, ou La Cadie, fut usité par la suite pour désigner le territoire connu aujourd'hui sous le nom de Provinces Maritimes du Canada." PREMIER ETABLISSEMENT L'Acadie
fut la
première colonie que les Français
établirent sur le
continent Nord américain.
l604 Après son exploration de la Baie Française (Baie de Fundy), Samuel de Champlain repart en compagnie de Jean de Poutrincourt, sous les ordres de Pierre de MONTS, lieutenant général du roi Henri IV.Ils abordent à La Hève (N.E.) puis s'installent sur l'île Ste-Croix, dans la baie, avant de fonder Port-Royal (Annapolis). 1607 La colonie entretenait avec les Indiens des rapports amicaux, qui favorisaient le commerce des peaux, sa vocation première. Jean de POUTRINÇOURT, qui vient de succéder au sieur de Monts, commence à recruter mais se voit retirer le monopole de la traite, et les colons rentrent en France.Alors Champlain établit à Ouébec la colonie "laurentienne", c'est à dire canadienne, au moment où les Anglais s'implantent sur les cotes de Virginie. 1613 Ces derniers occupent Port-Royal, repris l'année suivante, quand toutes les tentatives de Poutrincourt ont échouées. Son fils, Charles de BIENCOURT, prendra la relève trois ans plus tard, sans mieux réussir à peupler l'Acadie.1628 Un de ses compagnons, Charles de LA TOUR, qui s'est fait l'héritier de l'entreprise accepte la concession de l'Acadie des mains du roi d'Angleterre, lequel s'est approprié tout le Nord de l'Amérique.De son côté le cardinal de Richelieu fonde la Compagnie de la Nouvelle France, dite des Cent-Associés, pour coloniser le pays. 1632 L'Acadie est rétrocédée à la France, par le traité de St-Germain-en-Laye, "ainsi que tous les lieux occupés en Nouvelle France".Le roi Louis XIII, sous l'impulsion du Cardinal et du R.P. Joseph, mande au Vice-Amiral Isaac de RAZILLY "de fonder la colonie. SECONDE NAISSANCE C'est au cours de cette seconde et véritable installation, que la région loudunaise est directement impliquée dans l'histoire d'Acadie.1632 Nommé lieutenant-général et vice-roi de la Nouvelle France, I. de RAZILLY part avec S. de Champlain, le tourangeau Nicolas Denys et C. deMenou d'Aulnay.La "Gazette de France" de Th. Renaudot s'en fait l'écho. Deux exemplaires en photocopie sont exposés à la Maison de l'Acadie: Le premier nous informe du départ "d'Auray, en Basse Bretagne (Morbihan), du dit jour 16 juillet 1632" de deux vaisseaux et d'un troisième équipé à La Rochelle, pour l'Acadie. Le second, en date du 14 août, annonce leur arrivée à Port-Royal en même temps qu'il fait la promotion du pays, disant "qu'ils se promettent (...) de faire bientôt envie aux autres de les suivre". Les premiers voyages amenèrent surtout des "engagés", recrutés notamment en Bretagne, Touraine et Poitou, et chargés de préparer les installations pour la colonie agricole. Ils se répartirent autour de Port-Royal et de La Rêve, qu'avait fondé I.de Razilly et où il allait décéder. 1635 Claude de LAUNAY-RAZILLY crée une société pour le peuplement de l'Acadie à laquelle Richelieu s'associe, puis poursuit l'oeuvre de son frère défunt avec son successeur, Charles MENOU D'AULNAY.1636 Arrivent à bord du "Saint-Jean" les premières familles signalées en Acadie, certaines repartiront dès l'année suivante.Le "rôle" du navire, c'est à dire la liste des passagers, indique entre autres les MARTIN et TRAHANT, originaires de Bourgueil (Indre &Loire). Egalement les MOTIN, parmi lesquels la fille d'un associé des Razilly qui épousera leur cousin, Charles Menou d'Aulnay. RECRUTEMENT LOUDUNAIS L'oeuvre de peuplement de ce dernier a fait véritablement du Sud-Loudunais, le berceau de l'Acadie.1642 C. de Launay-Razilly cède ses droits à son cousin d'Aulnay, Gouverneur de 1'Acadie, qui fait recruter des colons sur les terres de sa mère, entre La Chaussée et Martaizé."L'Aveu au Roi" de N. de Jousserand, sorte d'inventaire de ses biens à Martaizé, montre qu'en 1634, pas moins de 9 familles de ses fermiers y portaient des noms qui figurent en 1671, dans le premier recensement acadien. C'est en mai 1642, écrit M Caillebeau, qu'on peut imaginer devant l'église de La Chaussée, le rassemblement d'une douzaine de chariots contenant les jeunes ménages loudunais. Le notaire, Vincent Landry, est présent de même que le seigneur du Bourg, M. Le GODELIER, qui va conduire les émigrants jusqu'en Acadie. Sa demeure existe encore à La Chaussée, face au château de La Bonnetière, qui date des l3è - l5è s. et ne manqua pas d'être concerné par l'aventure. 1644 Ma1gré la mort de Richelieu et Le Godelier, C. Menou d'Aulnay continue le recrutement en Loudunais, disposant sur place de l'aide de Vincent LANDRY.Un mémoire de cette année-là, stipule "qu'il y a 20 ménages français, qui sont passés avec leurs familles pour commencer à peupler les pays, dans lesquels le sieur d'Aulnay en ferait passer bien davantage, s'il avait plus de biens". 1650 A sa mort, c'est une quarantaine de familles, soit une bonne partie d'origine loudunaise, que lui et les Razilly ont installées en Acadie, au prix de leur fortune.Rien qu'à La Chaussée, plus de la moitié des actes paroissiaux de 1626 à 1650, concernent une vingtaine des 53 noms de famille recensés en Acadie vingt ans plus tard. Certains de ces actes visent personnellement de futurs Acadiens: Vincent BRUN et Renée BRAUD, Jeanne CHEBRAT, ainsi que Françoise GAUDET, Martine GAUTIER, Perrine et René LANDRY... OCCUPATIONS ANGLAISES Les Anglais profitèrent de la faiblesse de la présence française en Acadie, comme plus tard en Nouvelle France.1654 L'occupation britannique de la presqu'île acadienne freine une nouvelle fois l'essor du peuplement1 sans l'interdire tout à fait. Les colons se tournent plut8t vers Québec, soit comme Acadiens à la recherche d'épouses catholiques ou soit qu'ils viennent de France. Un certain nombre sont également originaires du Loudunais, tels que les FILLASTREAU ou les GOUIN, qui sont d'Angliers.1671 Suite au traité de Bréda (l667), l'Acadie redevient française et COLBERT envoie à bord de "l'Oranger" une cinquantaine de recrues. D'autres arriveront aussi du Canada, mais cette fois, l'émigration se termine. Au recensement effectué à cette date, l'Acadie comprenait à peine 450 personnes tandis qu'on en comptait pas loin de 75000 (en l675) du côté anglais.1713 Le traité d'Utrecht fait de la presqu1~le acadienne la Nouvelle-Ecosse, définitivement, mais ce n'est que plus tard (1749) qu'elle connaîtra la colonisation anglaise.L'île Royale (Cap-Breton) et celle du Prince Edouard ( Saint-Jean à l'époque ) restent à la France ainsi que l'actuel Nouveau-Brunswick, qui n'est encore peuplé que d'Indiens. GRAND DERANGEMENT Le refus des Acadiens de Nouvelle-Ecosse de prêter serment d'allégeance au roi d'Angleterre fut à l'origine de leur exode.1755 Nouveau conflit franco-anglais en Amérique du Nord, les Acadiens tiennent tant à rester neutres et catholiques qu'ils sont expulsés. 8000 d'entre eux (5000 ayant réussi à fuir) sont déportés dans les autres colonies britanniques et en Angleterre, ainsi qu'en France à La Rochelle ou Saint-Malo.Certains s'établiront à Belle-Ile-en-Mer (Morbihan), d'autres à Châtellerault, Archigny, LaPuye, dans la région voisine de leur patrie d'origine. Beaucoup en repartiront, les uns vers la Nouvelle-Ecosse ou St Pierre-et-Miquelon, les autres en Louisiane où ils allaient devenir les "Cajuns". Un autre destin les attendait, en somme une autre histoire. |
