Les textes qui suivent sont tirés de : Ecoute (5/2000) : Spécial Québec, München : Spotlight Verlag : 19-20
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Sowohl in der Politik als auch im Geschäfts- und Arbeitsleben ist Französisch heute die vorherrschende Sprache in Quebec. Und doch ist eine Zukunft sehr ungewiss!
Von Christian Rioux.


À la fin des années cinquante, le voyageur qui arrivait à Montréal observait que l’anglais dominait les grands magasins et sur les murs. Bref, la parlée par 85% des Québécois était invisible ! Quarante ans plus tard, le même visiteur n’en croit pas ses yeux. Le français est présent partout. Il est non seulement prédominant dans la plupart des échanges publics, mais il s’affiche dans 94% des vitrines. Ce changement est le fruit de la Révolution tranquille qui a secoué le Québec à partir des années soixante et mené à l’adaptation des lois linguistiques dix ans plus tard. Rappelons ici que les six millions de francophones du Québec vivent dans un océan de 275 millions d’anglophones. En outre, la plupart des Québécois vivent à 30 minutes en voiture de la première puissance économique et culturelle du monde. Malgré le dynamisme des communautés francophones, le français n’est la langue maternelle que de 5% des Canadiens vivant hors du Québec. Et ce chiffre diminue chaque année. Dans les neuf autres provinces canadiennes, le français est aujourd’hui moins parlé à la maison que le chinois.


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La Charte de la langue française

C’est pour éviter cette mort lente que la Charte de la langue française a fait du français, en 1977, la seule langue officielle du Québec. Face aux prévisions pessimistes des démographes, l’Assemblée nationale affirmait ainsi sa volonté de faire en sorte que la langue de la majorité devienne la langue de l'État, du travail, de l’enseignement, des communications, du commerce et des affaires.

Depuis 25 ans, tous les partis au pouvoir estiment que la simple égalité des langues saurait garantir la survie du français. Ils ont donc voulu assurer une prédominance du français dans la vie publique. L’adoption de la Charte de la langue française fut l’amorce d’un vaste mouvement de francisation sur les lieux de travail, dans les institutions et auprès des immigrants.



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En français, mais pas seulement!

Cela n’empêche pas la Charte de reconnaître le droit des nations autochtones et de la majorité anglophone du Québec de développer leur langue et leur culture d’origine. Les Anglo-Québécois possèdent sur l’ensemble du territoire québécois un vaste réseau scolaire public ; ils ont le droit d’être servis dans leur langue dans les services publics.

Ces droits font l’objet d’un consensus, ce qui n’exclut pas les désaccords. Mais ceux-ci se sont atténués au fur et à mesure que les Anglo- Québécois acceptaient la réalité française du Québec. Les grandes manifestations nationalistes des années soixante appartiennent aujourd’hui au passé. De même, depuis vingt ans, les désaccords ont pris la forme d’une saga juridique.

La Charte adoptée en 1977 prévoyait l’usage exclusif du français dans l’affichage public et commercial, sauf certaines exceptions (par exemple les institutions de la communauté anglophone ainsi que les municipalités où la population est majoritairement anglophone). En 1988, la Cour suprême du Canada déclara inconstitutionnels les articles de la Charte interdisant une autre langue que le français dans l’affichage public. En 1993, l’Assemblée nationale québécoise a finalement accepté un compromis : l’affichage dans une autre langue que le français est permis à condition qu’ il assure la « nette prédominance » du français.






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Les immigrants, enjeu linguistique

L’autre point sensible concerne l’intégration des immigrants, le Canada et le Québec étant des terres d’immigration. Dans les années soixante, presque tous les nouveaux venus choisissaient de s’intégrer à la majorité anglophone. Seule une minorité optait pour le français. Lorsque les Québécois francophones prirent leur essor, l’immigration devinait un enjeu politique, d’autant plus que le taux de natalité des francophones, autrefois très élevé, annonςait un inévitable déclin. Dès 1969, la loi impose l’enseignement du français dans les écoles anglaises. Mais cela ne réglait pas le cas des immigrants qui continuaient de grossir la communauté anglophone. En 1977, la Charte oblige les enfants  dont l’un des parents n’a pas fréquenté l’école primaire anglaise au Québec, à s’inscrire à l’école française. Contesté par la Cour suprême canadienne, cet article de loi a été remanié pour permettre aux Canadiens ayant étudié en anglais dans une autre province, d’inscrire leurs enfants à l’école anglaise. Finalement, pour contrer le déclin démographique et un des taux de natalité les plus bas au monde, le Québec mise largement sur l’immigration francophone.




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Et demain ?

De récentes données montrent que l’intégration des immigrants défavorise encore les francophones. Le fragile équilibre linguistique est particulièrement malmené à Montréal où certains démographes, comme Marc Termote, prédisent que le français sera minoritaire dans une vingtaine d’années. La question linguistique n’est donc pas près de disparaître de l’actualité québécoise. En deux décennies, le français est néanmoins devenu la langue principale des lois et des institutions, de l’affichage et du travail. Ce qui n’a pas nuit au caractère multiculturel du Québec. Au contraire. Montréal est la ville du Canada où la connaissance d’une troisième langue est la plus répandue. Le Québec reste le seul territoire d’Amérique où l’on peut voir simultanément les dernières productions d’Hollywood et de Paris, lire John Irving dans le texte et se passionner pour les poèmes de Gaston Miron.



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